Bonjour?
Je viens d’être testée à 67 ans, après des années d’errance personnelle, de souffrances scolaires et d’étiquettes discriminantes tant maternelles, maritales, que de la part du système scolaire.
C’est grâce à mes 2 enfants précoces que j’ai décidé, seule, de faire tester, mes recherches « d’archéologue » dans le cadre d’un travail sur moi-même pour comprendre mon décalage par rapport aux normo-pensants, mon refus inconscient de croire en la discrimination portée sur ma personne depuis le CP, ma ténacité et curiosité insassiable, mes lectures, mes rencontres, certains excellents psy, le témoignage sur France-inter d’une personne de 60 ans qui avait décidé de sauter le pas pour se faire tester et qui expliquait son émoi, les conséquences sur sa vie d’après-tests, la révélation, la compréhension du « pourquoi ce vécu douloureux », et pour finir, enfin pouvoir mettre des mots sur les maux.
Il est sûr qu’après ces tests, on passe par toutes sortes de phases, des phases pas toujours agréables à vivre.
C’est un processus normal car, de mal-voyant on devient d’un coup d’un seul, voyant, avec ces nouvelles « lunettes ». On découvre subitement, un passé fabriqué sur des bases erronées, l’injustice, venue parfois de personnes sensées nous protéger, les moyens refusés qui nous auraient permis de vivre mieux nos atypismes et autres neurodivergences associés à notre QI, ce fameux QI quel qu’il soit, haut dans certaine domaines et normal dans d’autres, ou super-haut. On découvre qu’il y aurait pu avoir un chemin meilleur source de découvertes plus agréables. On découvre des choix de vie mal-venus, les erreurs commises sur cet aiguillage pas fait pour nous, et le temps perdu passé à souffrir, à chercher le noeud du problème, de ce qui nous semblait ne pas tourner rond chez nous.
On passe de la joie de comprendre que ce que nous pressentions de notre différence n’était pas anormal, pas une tâche, pas un handicap, mais au contraire une compétence, pour se retrouver dans le déni, puis dans la colère, dans l’acceptation, et pour finir dans l’étape cruciale, celle de pouvoir enfin avoir les moyens de s’aiguiller différemment, une fois la « vue » recouvrée. Certains vont changer de métier radicalement, d’autres vont partir loin pour couper les ponts, d’autres …..
Pour ma part, c’est un nouveau défi.
Ayant fait une psychanalyse à mes 42 ans, pour comprendre la maltraitance vécue et pour y survivre, j’ai pu, petit à petit, faire mon chemin, certes long mais logique, vers des outils, découverts comme des suites logiques. Une image que j’ai faite mienne pour expliquer ce parcours, est celle des pas japonais. On ne peut sauter vers le 2e qu’en passant par le 1er.
J’en ai voulu à ma mère, à cette société bancale envers ses enfants, au patriarcat, à l’intolérance qui est une caractéristique humaine assez prégnante, aux professionnels non professionnels….
Aujourd’hui, j’ai compris que c’était un temps précieux qu’à 67 ans je ne pouvais plus gâcher.
Enaé.