Le syndrome “PASS” : syndrome de stress prolongé d’adaptation

  • Le syndrome “PASS” : syndrome de stress prolongé d’adaptation

    6106896933ec6 bpthumb titgwenn mis à jour Il y a 3 mois, 4 semaines 1 Membre · 1 Article
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    titgwenn

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    8 août 2021 à 17 h 50 min

    Deuxième discussion proposée à partir d’un post , issu de la même source que le précédent . Je ne connaissais pas ce syndrome , donc pourquoi ne pas le mentionner , afin de pouvoir partager , échanger …

    je suis nouvelle , donc je vous prie de m’excuser si ces sujets ont déjà été abordé . je vous remercie pour votre indulgence .

    Dans mes recherches sur les difficultés vécues au quotidien par les surdoués, j’ai beaucoup rencontré ce besoin de réalisation de soi, qui est à la fois si ardent en même temps que si souvent ressenti comme contrarié par les surdoués…. un besoin de réalisation de soi intense, ressenti alors même que dans le même temps, les besoins de base de la pyramide de Maslowont parfois des difficultés à être satisfaits.

    La cause, c’est souvent la dépression existentielle mise en lumière par K Dabrowski.
    Une dépression existentielle qui, peut-être, trouve ses racines dans le manque d’élan et de désir décrits par Morin et rapportés dans un précédent billet (Du Don au Talent : l’expression d’un potentiel)

    Parmi les documents étudiés, celui que je traduis ici, a été rédigé en 1999 par Arlene R. Taylor, Ph.D., conférencière américaine réputée sur le thème du cerveau depuis une trentaine d’années. Elle évoque son travail avec I.K. Benziger. L’article original (The physiology of falsification of type) est d’ailleurs en consultation sur le site de Mme Benziger.

    Isabel Katherine Benziger, diplômée d’un Ph.D. en psychologie, a grandi dans un environnement très influencé par les travaux de C.G. Jung : sa grand mère maternelle a été l’une de ses étudiantes, en Suisse, en 1933. Sa mère a travaillé avec Murray Stein au C. G. Jung Institute de Chicago.

    (Pour mémoire, CG Jung a identifié 16 grands types de personnalité – ses travaux ont abouti à l’élaboration de l’indicateur MBTI (Myers Briggs Type Indicator)

    C.G. Jung a mis en lumière le profil du “Falsificateur”, pour décrire un individu dont les compétences les plus développées et/ou utilisées étaient en fait hors de ses préférences naturelles. Ce qui, à ses yeux, ne pouvait manquer d’avoir des répercussions sérieuses, à la fois pratiques et physiques, car il y a là « violation de ses dispositions naturelles » : « on peut énoncer que lorsque le profil du falsificateur émerge en tant que résultat d’une influence extérieure, l’individu devient alors névrosé, et on ne peut attendre de guérison que dans le développement d’une attitude (ou de fonctions) qui correspondent à ses inclinations naturelles »

    Ce genre de situation, dans laquelle l’individu est tiraillé entre deux personnages (celui que l’extérieur lui a fait façonner, et ses aspirations internes) s’avère extrêmement douloureux pour le bien-être physiologique de l’organisme, conduisant souvent à un état inhabituel d’épuisement.

    Le Dr. Katherine Benzinger, a développé les observations de CG Young, quant aux coûts induits par cette situation de “falsification”, ou “processus d’adaptation prolongé ou excessif”.

    Dans son rapport sur le thème “ Falsification du Type : Fondements jungiens et physiologiques et coûts mentaux, émotionnels et physiologiques” publié en 1995, elle note ce qui suit :

    Les effets à court terme de la falsification montrent une tendance à l’augmentation de l’irritabilité, des maux de tête et de la difficulté à maîtriser de nouvelles tâches.Les résultats à long terme incluent l’épuisement, la dépression, le manque de joie, un déséquilibre homéostatique pour ce qui concerne l’oxygène, le vieillissement prématuré du cerveau et une vulnérabilité plus grande à la maladie.

    Les observations du Dr Benzinger ont été étayées par les recherches du Dr. Richard Haier. En utilisant un scan P.E.T., il a démontré que le cerveau a besoin de travailler beaucoup plus quand il n’utilise pas les fonctions naturelles prédominantes de la personne (qu’il établit comment étant une aire d’efficacité naturelle exceptionnelle).
    Haier estime ainsi que le cerveau peut travailler jusqu’à 100 fois plus quand un individu se développe et/ou utilise des compétences qui sont hors de son champ naturel d’efficience.

    Une telle demande requiert pour le cerveau d’énormes montants d’énergie et d’oxygène. Ceci ne pousse pas seulement le cerveau à « pousser les feux », mais pourrait bien aussi, avec le temps, rompre l’équilibre homéostatique de l’individu en terme d’utilisation et de distribution d’oxygène.

    Normalement, le cerveau utilise approximativement 20% de l’oxygène capté par les poumons. Les 80% restants sont utilisés pour le processus métabolique et pour la fourniture d’énergie générale du corps.
    A partir du moment où de plus en plus d’oxygène est demandé par le cerveau pour être conforme (le profil falsificateur), il reste de moins en moins d’oxygène pour permettre au reste du corps de continuer à la même vitesse. D’où une variété de symptômes : fatigue, problèmes de digestion, indifférence).
    Bien sûr, avec le temps, ce déséquilibre dans la distribution d’oxygène peut contribuer à changer le fonctionnement individuel d’un mode anabolique à un mode catabolique.

    Le Dr. Arlene Taylor, sur une période de onze ans au cours desquels elle a rencontré de nombreux patients souffrant de dépression, ou d’un apparent syndrome de dépression post-traumatique, a observé que des symptômes spécifiques semblaient être récurrents chez les individus qui falsifiaient / vivaient de façon prolongée dans un état d’adaptation.
    Ses observations l’ont conduite à émettre l’hypothèse que dans certains cas, les individus identifiés comme souffrant de dépression ou d’un syndrome de dépression post-traumatique (PTSD), pouvaient ne pas souffrir de ces maux mais bien plutôt être des « falsificateurs ».
    Selon elle, le falsificateur peut être mieux compris en tant que syndrome séparé, discret et traitable, bien qu’il contribue à l’exacerbation d’une quantité d’autres maladies. Pour certains individus, ce syndrome peut même être mortel .
    Elle a alors nommé « PASS ( (Prolonged Adaption Stress Syndrome)) l’ensemble des symptômes qui semblaient apparaître quand un individu était de type falsificateur.

    Huit symptômes communément observés peuvent être présent à des degrés divers.

    1. FATIGUE. Une adaptation prolongée peut demander au cerveau de travailler jusqu’à 100 fois plus, soit une dépense d’énergie 100 fois supérieure. Manifestations

    Une fatigue qui augmente sans cesse et n’est pas diminuée par le sommeilUn besoin grandissant de sommeil mais une interférence avec la qualité de sommeil obtenueLa diminution des rêvesPerte de sommeil dans la fouléeEpuisementUne tendance à recherche des nourritures spécifiques et/ou à l’ingestion de snacks à forte teneur en sucre et/ou en graisse, afin de trouver de l’ »énergie rapide ». D’où prise de poids avec tout le stress que le surpoids peut générer.Tendance à s’auto médicamenter afin d’altérer la chimie cérébrale – ratios de neurotransmetteurs – et de se sentir mieux. Ceci se réalise souvent par le biais de comportements addictifs ( café, tabac, alcool…)

    2. HYPER-VIGILANCE. Une adaptation prolongée finit par créer un état d’hyper vigilance à partir du moment où le cerveau est en permanence en état d’alerte en vue de se protéger. C’est un mécanisme de sécurité et qui peut s’exprimer de différentes façons:

    Le cerveau peut être temporairement poussé à l’introversion. Ceci demande une énorme dépense d’énergie de se maintenir en état d’alerte (en d’autres termes, de laisser la lentille du cerveau ouverte au maximum), ce qui peut contribuer à la fatigue.Il peut y avoir une augmentation temporaire de la sensibilité aux stimuli environnementaux (lumières, sons, odeurs…) qui peuvent avoir un impact sur les relations aussi bien personnelles que professionnelles.On peut observer un changement dans le type d’activités qui attire l’individu. Des activités jusqu’alors appréciées peuvent être ignorées en faveur de situations moins grégaires. Parfois, l’individu s’isole (peut-être dans un effort de diminuer le nombre de stimulations que le cerveau doit traiter)

    3. ALTERATION DU SYSTEME IMMUNITAIRE Le falsificateur peut être perçu comme quelqu’un qui vit un mensonge jusqu’à un certain point. Mentir peut supprimer le système immunitaire (soit, par exemple, réduire temporairement le thymus), ce qui peut avoir un impact négatif sur la santé. Manifestations possibles :

    Ralentissement de la capacité à guérir (par exemple après une coupure ou une éraflure)Exacerbation des symptômes de maladies auto-immunesSensibilité augmentée aux maladies (rhumes, grippe…)Risque accru de développer un cancer

    4. ALTERATION DE LA MEMOIRE. Le cortisol produit par le stress peut interférer avec les fonctions de mémorisation. Exemples de manifestations :

    Perte de la capacité à mémoriser, de stocker les données en mémoire à long terme, ou de se rappeler quelque chose ultérieurement. Ceci peut inclure une utilisation décroissante de glucose par l’Hippocampe, qui, à son tour, crée une pénurie d’énergie.Diminutions des fonctions de neurotransmission. De façon imagée « les lignes téléphoniques sont coupées ». Ce qui peut réduire la communication neuronale effective. L’esprit devient pâteux et il y a souvent une réduction concomitante de la capacité à se concentrer.Production accrue de radicaux libres qui peuvent en fait tuer les cellules cérébrales de l’intérieur.

    5. CHIMIE CEREBRALE PERTURBEE. L’adaptation prolongée peut interférer avec l’hypothalamus et les fonctions pituitaires qui, à leur tour, peuvent interférer avec l’équilibre hormonal. Manifestations possibles :

    Diminution de l’hormone de croissanceDiminution de la sécrétion d’insulineDiminution des fonctions de reproductionAugmentation de la production de glucocorticoïdes (qui peuvent vieillir prématurément l’hippocampe)Possible altération de la Barrière Sanguine Cérébrale (Blood Brain Barrier -BBB)

    6. DIMINUTION DES FONCTIONS DES LOBES FRONTAUX Une adaptation prolongée (perçue comme un véritable facteur de stress) peut interférer avec les fonctions typiquement associées aux lobes frontaux. Parmi les possibles symptômes :

    Diminution des productions artistiques / créatives (par exemple, panne de l’écrivain)Capacité réduite de réflexionCapacité réduite à sélectionner “la bonne option” dans une situation critiqueInterférences avec la capacité à prendre des décisions logiques/rationnellesAugmentation des blessures dues à la distraction ou aux erreurs commisesVitesse ralentie de réflexion ou de pensée ou diminution de la clarté de la pensée.

    7. DECOURAGEMENT ET/OU DEPRESSION.
    Une adaptation prolongée peut conduire au déclanchement répété d’une forme de réaction au stress sous forme de conservation/retrait.

    Ceci est particulièrement vrai pour les grands introvertis, bien que ceci puisse s’observer également chez les extravertis qui, les années passant, continuent à percevoir un décalage entre ce qu’ils sont en tant qu’individus et les attentes de la société et/ou des épisodes répétés d’échecs.
    Ce qui peut conduire au découragement, en particulier quand la fatigue s’accroît, et peut contribuer au développement de la dépression, et à l’exacerbation de la dépression existentielle.
    Des estimations suggèrent que jusqu’à 20 millions d’individus aux Etats-Unis sont déprimés, 15% d’entre eux étant suicidaires. Une adaptation prolongée est un facteur clé de ce type de comportement.

    8. PROBLEMES D’ESTIME DE SOI.
    Un seul ou la totalité de ces symptômes peut être associé à un sentiment d’échec dans la vie. Ceci peut alors générer une perte d’estime de soi. Les problèmes qui arrivent peuvent être labellisés comme « mauvaise estime de soi » ou « estime de soi démesurée » ou hésiter entre ces deux extrêmes. Parmi les manifestations possibles :

    Problèmes de faible estime de soi résultant par une victimisation caractéristique et/ou essayer d’être indispensable à tout le monde.Estime de soi gonflée résultant d’une attitude caractéristique d’attaquant et/ou devenant défensif très vite après des années d’invalidation.Un ensemble d’attitudes évoluant entre ces deux extrêmes. Ceci peut parfois apparaître quand l’individu est invalidé professionnellement mais valorisé personnellement par un petit groupe d‘amis. La dichotomie qui en résulte peut être perturbante, énervante, et même déconcertante quand l’individu tente (sans succès) d’être perçu comme ayant du succès dans les deux sphères.

    IMPLICATIONS POSSIBLES

    Il a déjà été dit que les facteurs de stress interagissent avec le cerveau selon le principe du 80/20.

    20% de l’effet sur l’esprit et sur le corps est dû au facteur de stress lui-même80% de l’effet sur l’esprit et le corps est du à la perception que l’on a du facteur de stress.

    L’éducation, la compréhension, l’empathie, le soutien émotionnel, le recadrage par soi-même de son expérience sont des outils psychologiques puissants.

    A long terme, cependant, ils sont pratiquement sans effet quand l’individu passe chaque jour des heures et des heures en activités qui demandent à son cerveau de travailler 100 fois plus, quand la vie en fait, contribue à un déséquilibre entre cerveau et corps, quand les systèmes corporels sont délabrés par cette falsification permanente.

    Les individus qui présentent des symptômes du PASS doivent être évalués pour identifier de possibles maladies physiologiques sous-jacentes et (dans le cas du Syndrome de Dépression Post Traumatique) pour vérifier l’existence de traumatismes antérieurs.

    Ils ont aussi besoin d’être évalués quant à l’hypothèse d’une adaptation prolongée, d’une falsification.
    Dans l’affirmative, ils doivent être assistés pour identifier leur surdon et aidés par des stratégies qui peuvent contribuer à réduire l’adaptation. L’idéal, bien sûr, est pour l’individu d’arriver à ne plus se falsifier, et ce, dès que possible. Dans notre culture, pourtant, c’est bien évidemment plus vite dit que fait…. Néanmoins, comprendre que cette adaptation prolongée est le facteur principal de stress peut aider les individus à s’en accommoder de façon plus efficace.

    Sources

    Benziger, Katherine. The Physiological and Psycho-Physiological Bases for Jungian Concepts: An Annotated Bibliography, KBA 1996.

    Benziger, Katherine. Falsification of Type: It’s Jungian and Physiological Foundations & Mental, Emotional and Physiological Costs, KBA 1995.

    Csikszentmihalyi, Mihaly. Flow: The Psychology of Optimal Experience: Steps Towards Enhancing the Quality of Life. Harper & Row Publishers. 1990.

    Hafen, Brent Q. Mind/Body Health: The Effects of Attitudes, Emotions and Relationships. Simon & Schuster / Allyn & Bacon 1996.

    Jung, Carl Gustav. The Psychology of Type. London 1926.

    Justice, Blair, Ph.D. Who Gets Sick: How Beliefs, Moods and Thoughts Affect Your Health. Jeremy P. Tarcher, Inc. Los Angeles, 1987.

    Haier, Richard. Cortical Glucose Metabolic Rate Correlates of Abstract Reasoning and Intelligence, Studied with Positron Emission, by Haier et al. unpublished paper from January 1988.

    Haier, Richard. The Study of Personality With Positron Emission Tomography in Personality Dimensions & Arousal, ed. by Jan Stvelan & Hans J. Eyesenck. Plenum Publishing Company, 1987.

    Logan, Robert K. The Alphabet Effect: The Impact of the Phonetic Alphabet on the Development of Western Civilization. William Morrow and Company, Inc. New York, 1986.

    Sapolsky, Robert M. Why Zebras Don’t Get Ulcers: A Guide to Stress, Stress-Related Diseases, and Coping. W. H. Freeman and Company, New York 1994.

    Schlain, Leonard. The Alphabet Versus the Goddess: The Conflict Between Word and Image. Viking. New York 1998

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