Est-ce qu’il faut trouver un sens à son travail ?

  • Est-ce qu’il faut trouver un sens à son travail ?

    Publié par boa le 5 avril 2024 à 9 h 34 min

    Bonjour à tous,

    Je suis nouveau sur le forum.

    Je me permets de lancer un sujet afin d’échanger avec vous sur le sens qu’on trouve à son travail.

    Pour donner un peu de contexte, j’ai 23 ans, surdoué testé depuis que je suis très jeune.

    Je viens de terminer mes études (master en droit) et je me sens complètement perdu. Je ne m’étais jamais posé trop de questions auparavant concernant ma carrière professionnelle.

    Je trouve que les jobs qu’on me propose (juriste, avocat…) n’ont aucun sens, car on découvre rapidement que c’est de la bureaucratie pour de la bureaucratie, et que le seul moteur de 90 % des personnes exerçant ces professions est exclusivement l’argent, sans respect ni pour les clients, ni pour les institutions, ni pour la vérité.

    J’ai fait plusieurs expériences, dans le commerce en assurance notamment, et j’ai eu exactement le même constat.

    Je me questionne aujourd’hui sur le sens à trouver dans son travail.

    J’aimerais savoir si vous avez eu le même type de réflexion, et les solutions que vous y avez apportées.

    En synthèse, j’ai l’impression de devoir choisir entre une carrière prometteuse financièrement mais dénuée d’intérêt moral et de stimulation intellectuelle, ou s’il faut que je bascule vers une carrière bien moins avantageuse financièrement mais qui me satisferait plus intellectuellement

    (dans mon cas, ce serait reprendre des études, en philosophie ou géopolitique, autant dire que je pars loin du revenu des professions de cadre administratif ).

    Au plaisir d’échanger avec vous.

    Membre Inconnu a répondu il y a 3 semaines, 5 jours 7 Membres · 25 Réponses
  • 25 Réponses
  • alexlob

    Membre
    5 avril 2024 à 10 h 20 min

    De ce que je lis, tu as déjà la réponse.

    Tout le reste réside dans l’évaluation de la dose de compromis que tu es prêt à accepter et le temps que ça peut durer.

    Comme j’ai pas trop de temps, je développe pas trop.

    Mais c’est à toi de savoir quels masques tu acceptes de porter et à quel prix.

    Et si tu entends causer de faux self….

  • boa

    Membre
    5 avril 2024 à 10 h 43 min

    Merci pour ta réponse.
    N’hésite pas à développer quand tu as le temps si tu le souhaites, ça m’intéresse beaucoup de savoir comment d’autres sont passés par là !

    Tu as raison sur la “dose de compromis”, de masque social que je dois porter, qui est un équilibre à trouver (ce n’est pas si binaire que dans mon premier message).

    Et je suis effectivement tombé pendant mes 5 années d’études dans un “faux self” de façon très extrême.

    (J’ai la réputation parmi mes amis d’être un requin terrible, sans foi ni loi, alors que dans la réalité je culpabilise encore de ventes/argumentations pas très éthiques que j’ai pu avoir dans mes expériences professionnelles…).

    Je me demande aussi parfois si la solution n’est pas d’accepter le monde des affaires tel qu’il est, porter un masque social pour gagner de l’argent et s’élever socialement, et remplir ses aspirations profondes sur le temps libre.

    Chercher à monétiser sa passion peut aussi être un écueil et risquer de perdre sa passion et son travail

  • alexlob

    Membre
    5 avril 2024 à 11 h 23 min

    Je reprends, j’ai quelques minutes avant le prochain rendez-vous.

    Eh oui on a tous des obligations…

    Déjà je trouve que pour mieux capter là où tu en es / là où tu te sens et ressens, ce serait sympa que tu nous offre une présentation de toi même en bonne et due forme dans le fil prévu à cet effet. Ça aiderait à savoir mieux à quoi tu roules.

    Bref.

    L’injonction sociale est forte (très… Trop ?) et c’est parfois le lieu où on se figure que la singularité passera inaperçue… Mais c’est peine perdue.

    C’est aussi un lieu où on se figure que les capacités de nos géniaux cerveaux (sic… Faut bien que quelqu’un fasse comme s’il y croyait) sera reconnue à sa juste valeur.

    Autre miroir aux alouettes, ça ne se produira pas.

    Si bien que… On s’oblige et on se fabrique un rôle social qu’on se figure être ce qu’on attend de soi même et de ce qu’attendent les autres et dont on retirera un bénéfice.

    Sauf que comme on n’est pas dupes, en vrai c’est de la merde et on en connaît le goût et l’odeur… Do’c on n’y prend aucun plaisir.

    Si ton but dans la vie c’est d’être blindé de thunes et de te comporter en fils de (merde j’allais écrire un gros mot) alors tu en as probablement les moyens.

    Après à toi de savoir le nombre de miroirs que tu veux avoir chez toi et dans lesquels tu voudras te regarder.

    Enfin, à ce que j’ai observé et à ce qui me semble, si tu es jeune et dynamique etc etc (je te laisse libre d’évaluer la dose de pommade que tu veux qu’on te passe) et si tu es effectivement très efficace et pertinent, peu importe la voie que tu choisiras tant qu’elle est intègre face à ta morale. Le succès et le confort matériel suivront et ta conscience sera heureuse et ta vie plus légère.

    En résumé, si tu veux une vie de merde, oblige toi à faire ce que tu crois que les autres attendent de toi.

    Si tu veux une vie bonne et heureuse, fabrique la toi même.

    À tout prendre si tu choisis d’être un connard, tu seras apprécié comme tel et tu auras réussi ton pari.

    Et si tu choisis la voie de l’intégrité, tu seras apprécié comme tel et tu auras réussi ton pari.

    Reste que in fine, tu peux d’un côté préparer un break down magistral ou de l’autre vivre une vie épanouissante.

    Finalement le choix est pas si dur.

    Et pour terminer, sur ce qui te fait vraiment envie, tu le sais déjà.

    Imagines que tu joues à pile ou face, avec une belle grosse pièce que tu jettes très haut dans le ciel (si bien qu’elle a le temps de redescendre et toi de réfléchir à ce que tu attends d’elle).

    Je suis persuadé que si tu as attribué face à la décision “vie d’enculé mais bien blindé” et pile à la solution “je fais ce que je veux pasque je le vaux bien”, alors tu sais déjà et depuis longtemps de quel côté, pile ou face, tu espères que la pièce va retomber.

    Au point d’être capable de la relancer aussi longtemps qu’elle ne fera pas le même choix que toi.

    En espérant que ça ait été clair et compréhensible.

    Et pas trop mal rédigé malgré le clavier pourri du téléphone et l’écran qui rend les choses chiante à lire et à rédiger.

  • boa

    Membre
    5 avril 2024 à 14 h 01 min

    (Je viens d’aller me présenter dans la section dédiée.)

    J’ai très bien compris tes explications et ça m’aide, je t’en remercie.

    Je me retrouve bien quand tu dis “on n’est pas dupe”, effectivement j’ai (comme beaucoup de surdoués je suppose) une lucidité à toute épreuve, qui m’empêche d’être pleinement satisfait de mes victoires, comme déçu de mes défaites. Je contextualise constamment, et donc je ne peux jamais me leurrer et me faire croire que “je suis quelqu’un de bien”, c’est toujours nuancé…

    Le problème à poursuivre le choix évident (vivre selon ses principes en synthèse), c’est que j’ai peur d’être une fois de plus déçu, et ma lucidité me le dira tout de suite.

    Essayer de vivre de sa passion, c’est découvrir toute l’hypocrisie, le mépris pour la vérité et la justice dès qu’il y a un flux financier.
    Partir faire du journalisme par exemple, qui me passionnerait, je pense que je serai rapidement déçu de constater que 80% des journalistes n’ont pour objectif que de pousser des idéologies et de vendre des abonnements, plutôt que de faire triompher la vérité et d’éclairer leurs lecteurs…

    J’ai aussi un biais parce que je viens personnellement d’un milieu plutôt favorisé (comprendre que j’ai pu constater jeune le pouvoir de l’argent dans notre société.)

    M’imaginer vivre de ma passion, mais n’avoir aucun poids, être ridiculisé par l’influence de gens qui ont la capacité de propager leurs idées alors que les miennes (aussi pertinentes qu’elles puissent devenir) ne sont tout simplement jamais écoutées, parce que je me refuse de prendre les codes du capitalisme me dépite, je l’avoue.

    Mon postulat aujourd’hui était donc plutôt de séparer ces deux notions :
    – Avoir une activité lucrative d’un côté, parce que je ne vais pas changer 98% de la population
    – Avoir une passion qui me fait vibrer pour me nourrir intellectuellement.

    Est-ce que c’est illusoire de raisonner ainsi ?

    Concernant le fait d’être un “connard blindé”, si je prends ce chemin je pense qu’il faut assumer à 100%.
    La société ne mérite pas mieux, et j’ai renoncé à changer le monde.

    J’étais avant le jeune un peu idéaliste qui veut “faire le bien”, mais je vois bien que ça n’intéresse absolument personne (sauf si ça permet de se valoriser bien sûr).

    Au plaisir d’échanger,

  • elsasvenise

    Membre
    5 avril 2024 à 17 h 52 min

    @Alexlob, la liberté de pouvoir se regarder dans la glace a un prix. Être droit dans n’importe quel travail, n’accepter aucune compromission, défendre les plus vulnérables apportent fierté, amour propre, mais stagnation dans sa carrière et quelques souffrances. Et c’est pire pour celles et ceux qui, comme moi, ont du mal avec l’autorité.

  • alexlob

    Membre
    5 avril 2024 à 18 h 03 min

    <div>Étant entendu qu’une vie humaine sans compromission n’existe pas bien entendu.
    </div><div>

    Et je n’y échappe pas.

    Cette question à toujours été en débat chez moi.

    J’ai selon les époques essayé d’adopter l’un ou l’autre modèle.

    Je m’en suis toujours très mal sorti intimement quand le gradient de compromission était élevé.

    Les valeurs morales qui m’habite finissent toujours par l’emportersur le reste.

    Et d’ailleurs je sais bien que j’approche encore une fois d’un moment où je vais devoir arbitrer cette question.

    </div>

  • phifou

    Membre
    5 avril 2024 à 18 h 04 min

    Ha, je viens de voir la discussion après avoir commenté ta présentation. Oui, donc c’est encore plus clair : je me suis retrouvé devant le même choix que toi, travailler dans l’informatique avec mon diplôme d’ingénieur, ou bien vivre ma passion pour la musique. Mes parents me disaient de séparer l’utile et l’agréable et j’ai bien sûr privilégié l’agréable à court terme, je suis devenu intermittent du spectacle. Aujourd’hui, à l’âge de la retraite, je suis convaincu que c’était stupide pour deux raisons : j’ai rencontré la même proportion de cons dans le monde de la musique que dans le monde de l’entreprise (ils ont d’autres snobismes, d’autres faiblesses mais ils me dégoûtaient autant), et deuxièmement, à l’âge où le caractère s’adoucit/s’embourgeoise, où les forces et la motivation se diluent, une carrière en entreprise apporte davantage de confort/opportunités. Bref, je ne peux que t’encourager à donner à ton travail ce sens trivial mais solide : s’alimenter, se loger, évoluer dans la société en profitant des opportunités offertes aux chanceux que nous sommes (ça peut s’arrêter un jour !) et donner un sens plus riche à ta vie à travers d’autres activités (si tu es dégagé des soucis matériels, tu pourras aller loin dans ces plaisirs).

  • phifou

    Membre
    5 avril 2024 à 18 h 06 min

    NB : faire le bien n’intéresse pas personne, juste très peu de gens (ce qui démotive quand même) 😁

  • boa

    Membre
    5 avril 2024 à 20 h 11 min

    Tout d’abord, je constate que c’est un sujet qui vous a tous interrogés, cela me rassure !

    Je suis un peu le seul dans mon entourage à me poser ces questions (je suis aussi le seul HP de mon âge…), c’est donc lié au fait d’être atypique, je suppose, et c’est plaisant de pouvoir échanger avec vous.

    Je vais essayer de répondre en un seul grand message pour ne pas spammer le forum.

    @elsasvenise : Même si tu réponds à @Alexlob, je tiens à préciser que je suis d’accord avec ton message. La stagnation dans sa carrière est presque humiliante pour un surdoué, qui a conscience de ses capacités mais qui est freiné par son inadéquation avec le fonctionnement de la société.

    @Alexlob : Enfermer nos “valeurs morales” peut aussi être une source de stress et de mal-être important. C’est clair qu’il faut trouver un équilibre. Je dis dans mon message précédent que je m’en moque d’être “un connard blindé”, mais au fond je sais que si je ne suis pas déjà sur ce chemin, c’est bien que j’ai des états d’âme (contrairement aux autres, j’ai l’impression…).

    En tout cas, j’écoute ton expérience sur “l’arbitrage” qu’il faut opérer pour avancer sans se renier pour autant et continuer à pouvoir se regarder dans le miroir…

    @phifou : Ton message m’a vraiment fait du bien, je t’en remercie

    Tu confirmes avec ton histoire ce que je supposais : on retrouve des gens aussi peu intéressants (pour rester poli, parce qu’effectivement, j’ai côtoyé des gens qui me dégoûtent dans mes premières expériences pros, mais ce n’est pas le sujet ici…) dans tous les milieux ; ils ont simplement des codes différents. Donc, envisager une reconversion risque de me faire perdre deux ans et de ne pas régler mon problème d’intégrité et de masque social…

    J’arrive à la conclusion que :

    Chercher à lier l’activité qui me fait manger (et plus, parce que l’argent offre du confort, soyons honnêtes) avec un centre d’intérêt risque d’être une déception parce qu’il sera gangréné de gens uniquement intéressés par le profit, comme ailleurs.

    Cependant, il faut rester intègre dans la mesure du possible (même dans une activité purement à but lucratif) pour ne pas nier sa nature profonde et se retrouver à avoir une honte profonde de soi-même.

    Le choix de porter un masque et de prendre le chemin du “connard blindé” doit s’accompagner de hobbies solides (pour moi ce sera la musique et la lecture d’ouvrages politiques) pour ne pas renier ma nature de surdoué qui aime comprendre, écrire et confronter les idées dans le seul objectif intellectuel (et non financier).

    N’hésitez pas à développer ces réflexions, j’apprécie la qualité des échanges ;

    Autre question, si vous avez le temps :

    Est-ce que vous pensez que la conception de la morale est différente pour les surdoués, en raison de leur lucidité plus aiguisée ? Ou cela dépend-il simplement des individus ?

    (Je constate que ma question initiale découle de ma conception de la morale. Pour moi beaucoup de choses sont immorales, alors que les autres trouvent cela normal, d’où ma question.
    Je pense aux pratiques commerciales trompeuses mais légales, comme le dropshipping, les techniques commerciales qui fonctionnent grâce à la méconnaissance des prospects, le marketing de répétition, etc.)

    PS : Je peux paraître un peu binaire en disant “soit le chemin moral” “soit le chemin de la passion”, mais je sais bien que la vie ne se passe jamais comme prévu et que les rencontres et opportunités vont mélanger mes choix.

  • phifou

    Membre
    5 avril 2024 à 20 h 26 min

    Bonne conclusion ! On ne peut pas moraliser le monde, il faut au moins sauver sa peau dignement…

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