Être HP : un handicap ??



  • Être HP : un handicap ??

     calypso mis à jour il y a 6 mois 10 Membres · 39 Messages
  • frisette

    Member
    2 septembre 2019 at 19 h 20 min

    Bonjour,

    J’ai été détectée HP il y a quelques jours et depuis je me pose un millier de questions, notamment une qui me trotte dans la tête avec instance et que j’aimerais partager avec vous :

    Peut-on considérer que le fait d’être à haut potentiel est un handicap dans notre société ?

    Je m’explique :

    Tout d’abord, le haut potentiel se caractérise par une QI supérieur ou égal à 130 (pas uniquement mais il s’agit d’un “critère” si je puis dire). L’écart à la moyenne est donc de 30 points. Si on regarde de l’autre côté de la courbe de Gauss, avec 30 points d’écart à la moyenne, on arrive à 70 de QI, seuil à partir duquel on parle de déficience intellectuelle (ce n’est pas non plus le seul critère mais il entre en jeu). Or la déficience intellectuelle est considérée comme un handicap, pourquoi la sur-efficience ne le serait pas ?

    Pour m’éclairer j’ai été voir la dernière définition en vigueur du handicap :

    “Constitue un handicap toute limitation d’activité ou restriction de participation a la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant”

    Selon cette définition, c’est assez clair, un fonctionnement à haut potentiel ne peut pas être considéré comme un handicap car on ne pas parler d’altération des fonctions mais plutôt de suractivité des fonctions.

    Je reste malgré tout perplexe.. Avant d’être détectée HP, j’ai toujours sentie en moi un sentiment de décalage. La première fois que j’ai travaillé avec des personnes en situation de handicap (séjour adapté), j’ai réellement été bouleversée au point de changer d’orientation. J’avais un sentiment de proximité avec ces personnes à tel point que ça me gênait quelque part : je me sentais plus proche des personnes dites “en situation de handicap” que des personnes dites “normales”… Zut, décidément il y a vraiment quelque chose qui cloche chez moi !

    Aujourd’hui, je ressens toujours un “vécu de handicap”. Ce vécu, j’en ai toujours eu honte, ça m’a toujours culpabilisé et je l’ai toujours caché, adoptant la technique du caméléon pour m’adapter à mon environnement. Aujourd’hui je le comprend mieux et m’autorise à le questionner.

    Pour conclure, je dirai que j’arrive à compenser mes difficultés afin qu’elles passent (plus ou moins..) inaperçues mais je ressens à l’intérieur un vécu de handicap car je ne peux pas participer à la vie en société comme je le souhaite sinon je serai “inadaptée”, non conforme ou encore exclue. Je ne peux donc pas, la plupart du temps, trouver une place pour exprimer qui je suis pleinement. J’ajouterai que ce sentiment varie en fonction de l’environnement que je côtoie et du niveau d’affirmation et de confiance en moi.

    J’espère avoir été claire et j’attends vos retours, merci 🙂 !

  • bagayaga

    Member
    2 septembre 2019 at 20 h 44 min

    Complément d’accord. Avant de me demander si je n’étais pas moi aussi atypique, pendant des années j’ai été considérée comme handicapée et y a moins de trois ans j’ai passé un test pour savoir si je n’étais pas dyspraxique.  Finalement je ne suis même pas dysorthographique. J’ai été mal diagnostiquée.

    Tout ce que tu décris il me semble que beaucoup l’on ressenti dans la vie avant.

    Maintenant les résultats des tests ont étés incroyables. La psychomotricienne m’a dit que je n’etait aucunement handicapée. Et elle s’est avancée à me dire que c’était plutôt l’inverse. Mais que j’étais trop perfectionniste et que je n’avais pas assez confiance en moi. Et a terminé en disant que j’avais une tendance à jaillir,fondre en intelligence. Comme un torrent au printemps et que cela créait les décalages. Mon écriture l’a choquée. Je devais recopier un texte en un temps imparti. Et je suis partie bille en tête dans l’idée de le recopier en entier et si possible avant la fin du chrono. J’étais possédée, le stylo glissait sur la feuille avec un rythme démoniaque, cela provoquait un bruit de locomotive à charbon,je tirais la langue. Ce n’était plus moi, c’était la compétition contre Chronos.^^ Bien entendu j’ai terminé avant le chrono. Ça ne ressemblait à rien. J’avais une crampe dans la main et j’étais essoufflée. En transe. Quand j’ai levé la tête et que j’ai lu le regard de la femme. J’ai vu qu’elle était interloquée. J’ai compris que j’avais quelque choses de spécial.

    Elle voulait tester juste ma graphie. Un dyspraxique aurai peiné pour écrire lentement quelques lignes…

    Il a fallu beaucoup d’années encore pour que je l’intègre. Et il n’y a pas longtemps je me suis dit ,bah oui pourquoi pas merde.

    En attendant depuis je suis plutôt fière et curieuse de lire ici ou ailleurs des témoignages de cette atypicitée. Et je me rend compte que je ne suis pas seule. Ni une handicapée. Je rassemble les morceaux du puzzle. Et cela fait sens.

    Je ne suis pas triste d’être différente et atypique. Et je compte en faire une force désormais. Parce que merde à quoi bon être une machine de guerre ,si on s’auto sabote en permanence ! Par contre je ne le dit pas trop. Car je ne suis pas testée officiellement. Puis je ne pense pas que ce soit bien perçu. Et je n’ai pas envi qu’on me charge la mule intellectuelle parce que soit disant plus intelligente. Je fais ce que je peux. Et c’est déjà bien^^

    Nous ne sommes pas handicapés. Non. Juste différents. Mais comme un gaucher au siècle dernier nous n’avons pas encore de place. Les gauchers ont fini par avoir des outils adaptés à leur latéralité. Alors qui sait?
    <p style=”text-align: center;”>Je ne sais pas quel est notre avenir. Mais c’est tout de même dommage de nous laisser croupir alors que nous pourrions faire quelques choses de nos habilités respectives.</p>
    Croire en nous, ne plus chercher à se fondre dans la masse ,et s’adapter aux autres. La peur du rejet je la connais aussi. Mais je suis trop malheureuse de faire semblant. De ne pas être moi. Je l’ai compris il y a peu. Et je ne me vois plus revenir à cette femme qui n’est pas moi. Et j’avoue être assez épanouie depuis ce contrat moral avec moi^^

  • Anonymous

    Member
    2 septembre 2019 at 20 h 58 min

    Bonsoir Frisette,

    Je vais répondre a côté, peut être, mais finalement n’est ce pas plus une richesse qu’autre chose d’être comme nous sommes ?

    L’handicapé est il celui qui n’arrive pas a expliquer ce qu’il vit d’intense ou celui qui ne pourra jamais le vivre ?

    Je pense qu’on est tous un peu handicapé par qq chose (bien sûr ce que je dis est disproportionné vis à vis du réel handicap physique ou mental reconnu) : par son histoire, par son fonctionnement mental, par son introversion et autres. Tous, même les non zèbres se posent les mêmes questions : pourquoi je suis pas heureux, personne ne me comprend, personne ne m’aime, je suis pas beau, j’suis foutu… (Souchon 😉)etc etc.

    Être HP n’est pas facile tous les jours je te l’accorde, mais être femme ou homme ou enfant ne l’est pas non plus. Un peu trop ci, un peu pas assez cela, coup de blues, maladie, ennui, etc

    Je suis persuadé -meme si je n’en suis seulement qu’au début du sentier- que l’on peut vivre sa zebritude très agréablement.

    Il faut accepter que l’on voit la vie avec des lunettes différentes, un peu plus grossissantes ou détaillantes, accepter que l’on puisse être insaisissables (mais c’est pareil pour tout le monde, sauf chez les Bisounours), accepter de s’adapter aux autres pour s’ouvrir à eux (se rendre socialement accessible). Comme tu as du très bien t’adapter au handicap (de par ton expérience) car ceux qui vivent en situation de handicap ont une humanité inégalée.

    Tout depend d’où tu en es de ta découverte, si elle est fraîche (qq jours pour toi) il y a des certitudes a déconstruire (finalement tu n’es pas : débile, folle, autiste, associable, inadaptée, extraterrestre. Et ça va prendre qq jours de plus pour le virer de ta tête). Au bout d’un moment tu te rends compte que -comme je fais du 43 et que rien ne pourra le changer- je suis HP, j’ai une chance incroyable, j’en fais ma force et ma richesse. Je n’accepte plus de la subir car la société ne la comprenant pas la rejette.

    C’est de l’hyper positivisme peut être mais t’as pas le choix : t’es une femme c’est chiant (être mec c’est plus cool quand même 🤪), t’es petite c’est chiant (au cinoche si il y a un grand devant toi tu vois que dalle), t’aime tricoter des pulls moches avec des biches c’est la loose(tu vas pas draguer du surfeur avec ça c’est sûr).

    Mais t’es toi! , la personne la plus riche au monde à tes yeux, celle pour laquelle tu dois avoir la plus grande tendresse, la plus grande fierté. Et en plus ton cerveau t’emmène au delà de l’horizon, c’est vachement cool ça 👍. C’est pas handicapant quand on le sait…..

    Belle découverte de la beaute de ta zebritude chère Frisette.

    Nicolas

    (En fait je ne sais pas si tu es petite et a des goûts de chiottes en pull de laine, c’est pour égayer le propos 😝)

     

     

     

     

  • frisette

    Member
    2 septembre 2019 at 22 h 02 min

    Merci bagayaga et nicochoco pour vos retours enrichissants 🙂 J’avoue que c’est la première fois que je poste sur ce site et je suis heureuse de lire vos messages plein de bienveillance 😀

    Je pense que vous avez touché un point sensible : accepter ma différence et en faire une force au lieu de la considérer comme un frein ou un souffrance.

    Finalement, c’est plutôt chouette, c’est à moi de décider si je veux faire de mes particularités un handicap ou une force !

    C’est vrai que j’en suis au début de la route et j’imagine en effet qu’il me faudra un peu de temps pour apprivoiser le zèbre que je suis et accepter d’arborer mes rayures !

    Cependant, quand je lis vos messages plein de bon sens, je me dis que c’est une belle route qui m’attend 🙂 Et qui sait, peut-être la prochaine découverte sur moi-même sera une passion pour les pulls en laine ? (non ça ne l’es pas encore :p)

  • bagayaga

    Member
    2 septembre 2019 at 22 h 16 min

    @frisette

    Je te le souhaite ! Eh oui la route est belle^^

  • byaku

    Member
    3 septembre 2019 at 15 h 19 min

    @bagayaga :  ” à quoi bon être une machine de guerre, si on s’auto sabote en permanence ! ”

    C’est ce que j’ai réalisé il y a peu. Enfin, accepté plus que réalisé serait plus juste. J’ai toujours rejeté ma douance jusqu’à l’année dernière. J’ai toujours pensé que je n’étais capable de rien, à part avoir eu de la chance avec un foutu test de QI qui m’avait donné un bon score que je pensais ne pas mériter.
    J’ai adorer lire toute mon enfance, des livres sur les dinosaures, sur les baleines, sur l’astronomie etc … puis en grandissant et en voulant me fondre dans la masse, je me suis mis à croire que lire c’était un truc d’intellectuel, que c’était la honte d’en être un, et que de toute façon je n’en étais pas un … Idem pour le piano … C’est un instrument qui m’a toujours énormément attiré, depuis mes 3 ou 4 ans. J’ai regardé en boucle Fantasia de Disney à cette époque, et ça m’a rendu amoureux des orchestres, du classique etc … Mais je n’ai jamais osé tester le piano jusqu’a il y a … 4 mois ( 30 ans plus tard ) ! Parce que j’avais peur d’être nul, pas fait pour ça, décevant, parce que ça fait bourgeois, parce que ça fait prétentieux ( c’est l’idée que je m’en faisais en analysant ce qu’en disaient les autres ). Et j’avais si peur d’être rejeté et seul, qu’il fallait absolument que j’évite de passer pour un type qui aime le piano, la science, la lecture, les maths …

    Tout ça pour dire que …  La douance, ça peut être une malédiction comme une bénédiction. Et la clef de voûte qui décide de comment on va le vivre … c’est nous 🙂
    Aujourd’hui j’ai accepté d’être, non pas plus intelligent que la majorité des autres, mais différemment intelligent. J’ai accepté d’essayer le piano quitte à me décevoir, et je me retrouve avec une nouvelle passion dans ma vie, et des gens qui ne cessent de m’encenser et me complimenter au vu de la vitesse à laquelle j’apprends.

    J’ai mis presque 30 ans à comprendre qui j’étais, comment je fonctionnais, de quoi j’avais besoin, et inversement, ce qu’il fallait que j’évite. 30 ans … de souffrances intenses, d’impression d’être plus con que tout le monde, handicapé, inutile, nuisible … C’est long, c’est douloureux, ça a faillit avoir ma peau. Mais je souhaite à tous les zèbres de finir par se retrouver eux même comme  j’ai la sensation que c’est en train de m’arriver.

    @frisette Bonne chance à toi. Apprends à te comprendre, à t’aimer, et tu verras le coté agréable que peut offrir notre différence. Et c’est normal que tu te sentes plus proche de personnes handicapés que des gens “normaux”. C’est probablement grâce à l’empathie très développée que nous avons. Tu ressens les gens. Et ces gens là, ils n’ont plus le temps ou le loisir d’être faux, de jouer des rôles, de manipuler, mentir. Ils sont entiers, naturel et pur. J’ai moi aussi toujours eu beaucoup d’affection et de tendresse pour les personnes faibles, fragiles, ou en difficultés … C’est fou, mais on dirait qu’il faut être handicapé, ou avoir frôlé la mort pour que l’être humain abandonne le superficiel et retourne à la source, à ce qu’il devrait être.

  • frisette

    Member
    3 septembre 2019 at 16 h 45 min

    Merci pour ton tėmoignage biaku !

    Je pense comme tu le dis que la clė c’est nous et ça motive de savoir que le pouvoir est en nous 🙂 !

    Il n’y a pluqu’à agir pour construire un monde qui nous convienne 😉

    Ce que tu dis sur le handicap rėsonne en moi, ce sont des personnes tellement vraies qui donnent et partagent leur humanitė simplement sans masque social !

    En y rėflėchissant, je pense que les personnes dites “normales” sont en fait très attachėes à leur ėgo qui les rend superficielles et les distancient d’elles-mêmes et du coup des autres. Car être soi même à 100%, c’est accepter ses faiblesses et limites et donc renoncer à la toute-puissance. Hors, appartenir au groupe majoritaire confère un ėgo qui fait croire à cette toute puissance. Les personnes à la marge, ayant frolė la mort ou handicapėes sont obligės de renoncer à leur toute-puissance et sont donc plus elles-mêmes et donc plus humaines. Il s’agit d’une rėflexion, je dis cela sans prėtention et sans être sure de moi !

  • byaku

    Member
    3 septembre 2019 at 18 h 19 min

    @frisette ”  Il s’agit d’une rėflexion, je dis cela sans prėtention et sans être sure de moi ! ”

    Si tu es sur de toi. Parce que c’est un constat, et non une hypothèse. Tout les gens qui voient plus loin que le bout de leur nez et qui possèdent une once d’empathie savent très bien que c’est vrai.

    Je comprend que tu précises ne pas être sur de toi, même si ce n’est pas le cas. Mais je pense qu’ici tu peux te passer des systèmes de défenses habituels :p On a tous déjà bouffé un peu de ce fameux ” quelle prétention “, même quand ce n’en était pas xD. Si on ne peut pas s’exprimer librement ici, ou le pourrait on ?

  • frisette

    Member
    3 septembre 2019 at 18 h 33 min

    Figure toi que j’ai hėsitė à mettre cette phrase mais je crois que je suis trop habituėe aux incomprėhensions 😂
    <p style=”text-align: left;”>Je vais apprendre à lever mes systèmes de dėfense ici comme tu le dis justement ! Moi qui est toujours  cherchė un lieu où m’exprimer librement, j’ai du mal à y croire 😜</p>

  • byaku

    Member
    3 septembre 2019 at 18 h 40 min

    Je ne suis pas les autres. Je ne suis pas absolument certain de ce que je dis ( je suis moi même assez nouveau ici ). Mais j’ai bon espoir. Les zèbres me semblent autrement plus compréhensifs et tolérants que les autres. A condition de ne pas se sentir pris pour des cons.
    En tout cas pour moi y’a pas de problèmes à dire absolument tout ce qu’on pense sans s’emmerder a savoir ” Est-ce que ça se dit ? Pour qui on va me prendre ? “. Je suis ici pour rencontrer et échanger avec des gens qui me ressemblent enfin. On va pas commencer à se méfier, à se mentir, à se protéger ( y’en a marre !!! xD ).

  • bagayaga

    Member
    3 septembre 2019 at 18 h 59 min

    @frisette

    C’est absolument pertinent ce que tu dis.

    J’ai aussi travaillé avec des adultes en situation de handicape,j’étais animatrice théâtre en séjour estivale. Deux fois trois semaines en août quand j’avais fraîchement la vingtaine.

    C’était très intense on va pas se compter fleurette. Peu de moyens, et la volonté de l’association était de mélanger tout les handicapes. Donc à la fois pertinent et complètement insensé !

    Cela dit ,j’ai eu une belle découverte de ce monde que je n’avais pas eu l’occasion de côtoyer d’aussi près. Mise à part la schizophrenie de mon frère aîné.

    J’ai eu un coup d’amour énorme pour les trisomiques. Tellement des artistes. Incroyables et tout cet amour. Et ce regard merveilleux sur le monde. La simplicité. De la tristesse car beaucoup de rejets. Mais une philosophie de vie admirable.

    Les autistes aussi. Un autre monde,des autres codes. Un autre langage en fonction du degré. Une sensibilité attachante. Je retrouve ce lien avec mon bébé. Cette fragilité qui rend la main de l’autre indispensable. Armée d’un bon bouclier.

    Les personnes avec des maladies psychiques. Grande fragilité, sensibilité et un décalage. Il faut jongler et surtout se méfier de ce qu’on peut leur projeter.

    Et les handicapés physiques. Beaucoup de souffrance car l’esprit court plus vite que le corps qui est leur entrave. Mais de l’esprit et de l’humour.

    Ces séjours m’ont apporté tellement. J’ignore si je ne me suis pas plus nourrie que l’inverse. Des grosses leçon de vie.

    Le bémol c’est la fatigue que cela engendre. Car je ne sais pas vous mais mon investissement était total. J’ai tout donné. Il m’a fallu bien dix jours pour récupérer de l’énergie,de la cognition et du sommeil^^ Et j’ai compris que ce pourrait pas être un métier. Car pas assez de recul et de mesure. Peur de m’étioler vitesse grand V. Donc le format séjours,voir sorties me paraît le plus adapté en fonction de mon débit effrainé d’investissement.

    De reparler de tout ca, me donne envie de nouveau m’investir. Car c’est une vraie douche émotionnelle et spirituelle de côtoyer ces personnes.

    Et entre nous les personnes qui souhaitent les côtoyer sont rares.

    @byaku

    Idem! Trente ans à me dévaluer et à me mettre au niveau de mes congénères… Heureusement j’avais des amis pertinents. Mais pas assez coriaces tout de même. Je fatigue vite mes interlocuteurs. Alors je finis par les inviter à parler d’eux. Et j’essaye de les aider dans leurs écueils. Et tout mon bordel j’essaye de le laisser graviter en silence.

    Je suis admirative de ton don pour le piano.

    Ça met du baume au cœur de voir des gens qui s’accomplissent.

  • maroan

    Member
    4 septembre 2019 at 6 h 00 min

    Bonjour,

    Merci @frisette pour avoir lancé cette discussion.Je viens d’être diagnostiqué et j’en suis encore à la phase de me découvrir dans les tableaux de l’HP. Vertige de me dire que mon être que je pensais connaître et mon indépendance d’esprit sont dictés par cette personnalité. J’ai toujours eu beaucoup de facilités sauf dans ma relation aux autres me sentant dans un décalage irréparable.  Et je découvre  que c’est un tout dont les éléments sont intimement reliés. A partir de ce moment, je reprends des moments de ma vie où je retrouve de l’empathie excessive, de l’hyperstimulation intellectuelle, une grande résilience une rigueur morale et d’autres traits de personnalité HP.A nouveau,  vertige… J’ai deux enfants dont un brillant le plus jeune. Hier l’instit de l’aîné me parle d’EIP.

    Lorsque je vois lemonde d’indélicats je suis très soucieux pour mes deux zèbres et j’envie votre confiance. Je suis sans doute sombre car je n’ai pas encore décidé d’une  attitude. bonne journée à tous.

     

  • jabberwocky

    Member
    4 septembre 2019 at 14 h 51 min

    Peut-on considérer que le fait d’être à haut potentiel est un handicap dans notre société ?

    La question telle qu’elle est posée propose une logique de victimisation qui me dérange profondément. A force de parler d’handicap à tort et à travers, on risque par ailleurs de galvauder le terme.

    Les hauts potentiels peuvent avoir des difficultés relationnelles sociales ou professionnelles, personne ne le conteste. A un certain degré de douance, les traits autistiques développés peuvent même constituer des arduités très sérieuses ou être significatives de souffrances.

    A l’exception des individus affectés par le syndrome asperger, toutes les difficultés dont je fais l’inventaire relèvent du cas par cas.

    Quand le haut potentiel est en effet détecté et encadré à temps, il peut se vivre sans trop dommages et s’avérer épanouissant. Selon aussi les individus, leur tempérament et tout un tas d’autres facteurs, ceux qui ont été testés tardivement peuvent vivre la découverte de leur sureficience comme une libération et voir leur vie prendre une direction ascendante.

    Le haut potentiel n’est donc pas systématiquement handicapant.
    <p style=”text-align: center;”></p>
    Je comprends ta logique frisette, sauf qu’une personne disposant d’un QI inférieur ou égal à 70 n’a pas les atouts dont nous disposons. A moins d’avoir pour elle des habilités physiques, rien ne compense sa déficience.

    La première fois que j’ai travaillé avec des personnes en situation de handicap (séjour adapté), j’ai réellement été bouleversée au point de changer d’orientation. J’avais un sentiment de proximité avec ces personnes à tel point que ça me gênait quelque part : je me sentais plus proche des personnes dites “en situation de handicap” que des personnes dites “normales”… Zut, décidément il y a vraiment quelque chose qui cloche chez moi !

    Cela ne relève pas a priori de la douance, mais d’une empathie exacerbée dont les causes peuvent être multiples. Je ne crois pas, en ce qui me concerne, que ce trait de caractère – du moins, à ce niveau – soit systématiquement présent chez tous les HP.

    Dans l’exemple que tu prends, tu te projettes d’abord dans la souffrance des autres. Ta propre singularité vient ensuite consolider ton sentiment de proximité.

    Tout ceci, bien sûr, ne valide pas l’hypothèse plus ou moins suggérée à travers ton exemple, selon laquelle tu serais handicapée parce que ta sensibilité te porte vers eux.

    Aujourd’hui, je ressens toujours un “vécu de handicap”. Ce vécu, j’en ai toujours eu honte, ça m’a toujours culpabilisé et je l’ai toujours caché, adoptant la technique du caméléon pour m’adapter à mon environnement.

    Sans minimiser tes peines et tes difficultés, je trouve que ton propos relève en l’occurrence de la victimisation. Avec un peu de distance et de sagesse tu admettras que la douance est un atout et que tes propres désagréments ne sont pas gravés dans le marbre – contrairement à un véritable handicapé.

    A moins que tu sois asperger, ce dont je doute fortement…

    Je crois simplement que tu as tout à apprendre de tes capacités et qu’avec le temps, la volonté, tu en tireras beaucoup de forces.

    Pour conclure, je dirai que j’arrive à compenser mes difficultés afin qu’elles passent (plus ou moins..) inaperçues mais je ressens à l’intérieur un vécu de handicap car je ne peux pas participer à la vie en société comme je le souhaite sinon je serai “inadaptée”, non conforme ou encore exclue. Je ne peux donc pas, la plupart du temps, trouver une place pour exprimer qui je suis pleinement. J’ajouterai que ce sentiment varie en fonction de l’environnement que je côtoie et du niveau d’affirmation et de confiance en moi.

    Tu confesses quelque part que tu refoules et que tu tentes de te conformer à la réalité des autres. Tu es donc, en partie, responsable de ce que tu vis.

    En t’assumant, en te déployant, en travaillant sur toi et sans doute aussi avec un peu d’aide, tu finiras par trouver des personnes qui te correspondront. Il suffit d’un petit groupe d’interlocuteurs – trois ou quatre personnes parmi tes proches – pour que cela change considérablement la donne.

    Et comme tu l’admets à la fin de ton message, ton sentiment varie aussi selon le regard que tu portes sur toi.

    Tu te vois comme une handicapée…

    … Et ce n’est qu’une illusion.

  • byaku

    Member
    4 septembre 2019 at 15 h 44 min

    ” Sans minimiser tes peines et tes difficultés, je trouve que ton propos relève en l’occurrence de la victimisation. Avec un peu de distance et de sagesse tu admettras que la douance est un atout et que tes propres désagréments ne sont pas gravés dans le marbre – contrairement à un véritable handicapé. ”

    @jabberwocky Je pense que en essayant de la faire relativiser, tu commets quelques maladresses. Je pense qu’il est difficile de pouvoir affirmer de telles choses. Dans la vie, il y a peu de choses dont on est sur, mais avec la mort ( physique ) entre autres, il y a aussi le fait qu’on ne sera jamais complètement à la place de quelqu’un d’autre que nous même. On peut essayer de comprendre les autres, des fois on doit vachement se rapprocher de la réalité de l’autre, mais jamais on ne sera complètement à la place d’autre chose que de nous même. A partir de là, un surdoué ne peut pas se permettre d’affirmer qu’il est plus aisé d’être surdoué que retardé mental, ou à l’inverse, qu’il est moins ardu d’être retardé et insouciant que surdoué et extra lucide par exemple. Parce qu’on n’en sait rien au final. Chacun a ses particularités, chacun doit avoir ses atouts et ses talons d’Achille.

    J’ai passé une bonne partie de ma vie à envier ceux que j’appelais autrefois ( j’ai changé ^^ ) les simples d’esprits. Je me disais que ca avait l’air tellement simple de vivre pour eux. Un pauvre saucisson Justin Bridou, des chips de sous marque, de la bière ou de whisky de merde, et quelques potes a qui raconter qui on a faillit baiser ce week end en boite, quelle taille faisait le poisson qu’on a pris avant hier, quelle jantes mettre sur sa Golf III GTi pour que ça le fasse ( Oui j’ai grandis en campagne, c’était un peu le profil type d’une bonne partie des gens de mon village ) …
    Voila comment ça se passait, et ayant eu des potes qui ont finit comme ça et qui le sont encore, j’ai pu participer à ce genre de soirées/apéro. J’ai bien vu que c’était suffisant à leur bonheur. Ce que moi je percevais comme de la pauvreté intellectuelle et de la médiocrité … eux l’attendaient toute la semaine. J’étais jaloux de ne pas pouvoir me satisfaire de ça, jaloux de souffrir et d’avoir la nausée en passant ce genre de moments quand je voyais autour de moi mes potes heureux, épanouis.
    Puis avec le temps, je me suis rendu compte qu’il y avait autre chose au delà de tout ça. Il y avait ces choses simples qui leur procuraient du bonheur auxquels je n’avais pas accès, ce sens du pratique et de l’organisation qu’ils possédaient tous et pas moi, mais  il y avait d’autres choses que j’avais et qu’ils n’avaient pas. Et quand on est une petite merde arrogante comme je l’étais, on ne se rend même plus compte de notre propre chance. Je pouvais apprendre à peu prêt tout et n’importe quoi en très peu de temps et sans trop m’investir. Je pouvais voir du sublime dans des choses qui pour eux étaient banals. Comme m’extasier devant un paysage, un monument, une bâtisse, une peinture ou une musique. J’ai réalisé aussi que même si mes peines et mes douleurs semblaient bien plus intenses chez moi que chez eux, à l’inverse, mes joies et mon bonheur pouvait m’envahir à des degrés qui me semblaient également inaccessible pour eux.

    Bref, j’ai beaucoup écrit comme d’hab :/ ( j’sais pas faire autrement … dsl encore ). Tout ça pour dire, que ce n’est pas aussi simple. Il n’y a pas de chanceux ou malchanceux, de personnes avec plus d’atouts que d’autres. Il y a des atouts à être surdoué pour un certains nombre de choses, et des inconvénients … et certains, contrairement à ce que tu as dis, son bien gravé dans le marbre. Si quelqu’un a la solution pour empêcher un cerveau sur-efficient de tourner sans arrêt, de percevoir les failles dans tous ce qu’il voit, d’avoir des difficultés à canaliser ses émotions, QU’IL ME DONNE LA FUC***G NOTICE xD. Dur de demander à un retardé mental de parler dans un Français excellent, et lui faire faire des études en mathématiques par exemple. Et dur de demandé à un sur-efficient de ne penser à rien, de relativiser sur la faim dans le monde, la guerre, l’extinction de beaucoup d’espèces animales etc … 🙂

    Je Précise que je ne veux surtout pas me fâcher avec toi @jabberwocky. Je donne simplement mon avis qui est différent du tien hein, je n’veux pas d’ennuies ^^
    ” Tu te vois comme une handicapée…

    … Et ce n’est qu’une illusion. ”
    Je finis en accord complet avec toi la dessus <3

  • jabberwocky

    Member
    4 septembre 2019 at 20 h 06 min

    A partir de là, un surdoué ne peut pas se permettre d’affirmer qu’il est plus aisé d’être surdoué que retardé mental, ou à l’inverse, qu’il est moins ardu d’être retardé et insouciant que surdoué et extra lucide par exemple.

    Il y un concept que tu devrais examiner byaku. Cela s’appelle la pudeur…

    Sérieusement, même si je vois lointainement ce que tu veux dire, je pense que tu fais un gros amalgame. Celui qui en bave le plus entre un trisomique et toi, celui qui est vraiment handicapé, c’est lui. Point barre.

     

    Parce qu’on n’en sait rien au final.

    Il suffit d’un peu de bon sens, je t’assure…

     

    Chacun a ses particularités, chacun doit avoir ses atouts et ses talons d’Achille.

    Et alors ? Ça veut dire selon toi, que tout talons d’Achille est nécessairement comparable à un handicape à partir du moment où les personnes concernées pensent le vivre comme tel ?

    […] J’étais jaloux de ne pas pouvoir me satisfaire de ça, jaloux de souffrir et d’avoir la nausée en passant ce genre de moments quand je voyais autour de moi mes potes heureux, épanouis.

    Ça fait de toi un handicapé ?

    Ta souffrance, tes difficultés sont à mettre sur le même plan que celles éprouvées par un tétraplégique ?

    […] J’ai réalisé aussi que même si mes peines et mes douleurs semblaient bien plus intenses chez moi que chez eux, à l’inverse, mes joies et mon bonheur pouvait m’envahir à des degrés qui me semblaient également inaccessible pour eux.

    Tu as donc des difficultés certaines – que je ne nie pas – et des facilités, pour ne pas dire des avantages. Bien, bien…

    Si quelqu’un a la solution pour empêcher un cerveau sur-efficient de tourner sans arrêt, de percevoir les failles dans tous ce qu’il voit, d’avoir des difficultés à canaliser ses émotions, QU’IL ME DONNE LA FUC***G NOTICE xD.

    Demande-la à ton armurier, si c’est tellement insupportable ! 🤪

     

    Et dur de demandé à un sur-efficient de ne penser à rien, de relativiser sur la faim dans le monde, la guerre, l’extinction de beaucoup d’espèces animales etc …

    Oui, oui le mal c’est mal ! La guerre grosse malheur ! La faim dans le monde rhaaa-la-là ! la dernier Paolo Coelho mon Dieu ! Les animaux ouin, ouin ! L’injustice injuste je suis contre ! Pourquoi le rap, mais pourquoi !? Marlène Schiappa, au secours ! Les salauds, ils ont arrêté The Knick ! J’ai plus de Winston rouge merde, je vais devoir filer en Belgique histoire de les payer moins cher et adresser au passage un bras d’honneur à tous les cons-passés-présents-futurs qui nous font la morale sur les méfaits de la clope alors qu’il y a 10000 fois plus de benzène  – substance ô combien cancérigène – au sortir d’un pot d’échappement de bagnole !

    (Ronflements bruyants et disgracieux)😴

    Je précise que je ne veux surtout pas me fâcher avec toi @jabberwocky. Je donne simplement mon avis qui est différent du tien hein, je n’veux pas d’ennuies…

    Trop tard pour les ennuis ! 😁

    Par contre, je ne me fâche jamais quand je discute. Je ne verse pas mes émotions dans ce genre de chose…😉


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