Pourquoi plus personne ne respecte rien (même pas lui-même)?


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  • nylbis

    Membre
    16 août 2025 à 0 h 44 min

    🦓 Oh, houla, attends, je crois que je t’ai confondu avec l’OP. Je vais voir c’était quoi ton message d’origine à toi.
    *cherche, cherche* ah oui mais c’est bon, c’est bien toi qui a posté le sujet. (Faut que j’arrête de fumer la moquette.)

  • bagayaga

    Membre
    17 août 2025 à 15 h 17 min

    @delisea

    Quand tu parles de fait contemporain, tu penses à quoi exactement ?

    Parce qu’un discours qui se répète depuis plus de trois mille ans ressemble plutôt à une « perception » humaine universelle qu’à un fait nouveau…

    Je n’ai pas dit que toute critique était réactionnaire, mais que ce discours précis l’était. Il est vieux comme le monde et sert toujours les mêmes positions :

    idéaliser un passé,

    dévaloriser le présent,

    masquer les causes structurelles.

    Inutile d’altérer et de broder autour de mon discours en me faisant dire ce que je ne dis pas. Homme de paille spotted.

    Il existe vraiment des preuves que les jeunes parlaient mieux avant ?

    Pour de vrai, je me demande comment ça se mesure ?

    J’ai plutôt l’impression que ce n’est pas que les jeunes parlent moins bien, mais qu’aujourd’hui la parole publique n’est plus réservée aux élites comme autrefois. Et que ça leur défrise les poils du uc.

    Du coup, on entend aussi des registres de langage qui étaient invisibles avant. Moi je viens de famille pauvre, d’immigrés, on parlait l’argot. On avait des formulations crues. On m’a appris le langage soutenu pour que je me fonde dans la masse. Mais j’ai poussé dans la crotte, pas dans la soie.

    Je ne nie pas qu’il y ait des problèmes de société, mais la vraie question c’est :

    est-ce qu’on les analyse en termes structurels, ou est-ce qu’on se contente d’un cliché générationnel ?

    En psychologie sociale, on parle de dynamique endo/exogroupes : les générations plus âgées perçoivent toujours celles qui arrivent comme une menace pour leur ordre établi. Moscovici a bien montré comment les minorités ou les groupes nouveaux, perçus comme “déviants”, finissent souvent par imposer des innovations. Je t’invite à t’intéresser à la psychologie sociale. Tu te rendras compte que tout se répète depuis toujours. Qu’on tourne en rond. Et que nos mécanismes sont similaires à ceux des autres espèces animales.

    Les trois “faits objectifs” que tu balances

    langage,

    consumérisme,

    réseaux sociaux,

    ressemblent davantage à des jugements culturels qu’à des données mesurables. Abus de langage du coup.

    Chaque génération a accusé la suivante de parler moins bien et de céder à des modes frivoles : le roman-feuilleton, la belote, la pétanque, le cinéma, la télévision, le walkman, les jeux vidéo… Aujourd’hui c’est TikTok.

    Rien de neuf. Quant au consumérisme et à la dépendance numérique, ce sont des phénomènes structurels produits par le système marchand et technologique que leurs aînés ont bâti. Les jeunes n’en sont pas les coupables, mais les cibles. Et à ce propos ce n’est pas réservé aux jeunes. Les très, très moins jeunes aussi. Lorsque j’étudiais la psychologie à la faculté, j’ai découvert qu’il y avait des possibilités de carrière dans la manipulation marketing. Rien n’est laissé au hasard. Personne n’est épargné. Pas même toi et moi.

    S’il faut accuser quelqu’un, ce sont les chasseurs-cueilleurs-pêcheurs qui ont décidé de capturer des animaux et de les installer dans des basses-cours (Jared Diamond, De l’inégalité parmi les sociétés). Avant ça, pas de stocks, pas de surplus, pas l’énergie nécessaire pour porter des trucs inutiles dans son sac à dos.

    Du coup → ta critique des jeunes ressemble moins à une vigilance saine qu’à une réaction défensive classique…

    Et pour Zweig, je comprends l’idée, mais citer son nom ne change pas la nature du discours. Ce qui est intéressant chez lui, ce n’est pas d’avoir répété le cliché millénaire sur “les jeunes d’aujourd’hui”, mais d’avoir replacé sa mélancolie dans une vision plus large de son époque (Le Monde d’hier). Ce n’est pas une vérité universelle, c’est surtout la nostalgie d’un milieu petit-bourgeois, cultivé, qui voyait disparaître ses privilèges : sécurité matérielle, voyages sans passeport, courtoisie des salons…

    Pour les plus défavorisés, le monde a toujours été violent, instable, injuste, brutal et sans vernis culturel. Ce qu’il présente comme une chute de civilisation, ce n’était peut-être que la fin de sa bulle sociale. Hannah Arendt l’avait déjà souligné : une grande partie des intellectuels viennois vivaient dans une esthétique nostalgique qui les a rendus aveugles aux réalités politiques (Les Origines du totalitarisme).

    La violence et l’animalité qui font frémir les classes sociales aisées, protégées dans leurs carcans philosophiques ascétiques idéalisés, se plaignent toujours de la bestialité des hommes.

    De quoi se plaignent-ils ? Ils n’ont qu’à manger de la brioche entre rêveurs, et laisser les vrais humains vivre. Et essayer de survivre. Car, comme l’a bien montré Dawkins (Le Gène égoïste), avec la reproduction, c’est le seul but de l’existence 🤭

    Donc, donc, donc je ne sais pas trop ce que tu défends ? Une chimère, un mécanisme éculé, un lieu commun fatigant et inintéressant ?

    Si tu veux critiquer mon discours, il va falloir trouver mieux qu’une série de lapalissades et de soi-disant “faits” qui n’en sont pas. Tant que tu restes sur ce terrain, tu ne fais qu’alimenter le cliché que je dénonce.

    Trop de sophismes et d’arguments d’autorité. Ça ne fonctionne pas.

    On ne respecte plus rien, même pas soi-même ?

    La vraie question est pourquoi avons-nous cette perception.

    L’humanité avance depuis longtemps dans son auto-domestication. Ce qui implique que nous soyons dans l’inaction et la léthargie. Assez fatigués de l’existence pour ne plus avoir envie, une fois que l’on a quelques temps libres, de réfléchir et de nous opposer.

    C’est la gestion des huit milliards d’animaux de l’espèce la plus dangereuse du règne animal.

    Bien sûr que c’est triste et immoral… Mais c’est toujours mieux un monde d’obèses inactifs, drogués devant du porno, que le Mad Max probable s’il n’y avait pas tout ça.

    Comment respecter un monde qui nous invite à ne surtout pas nous respecter ?

    La domestication nous protège du chaos, mais elle nous a vidés de notre puissance. On ne vit plus, on se conserve.(Nihilisme)

    Dire que “les jeunes ne respectent plus rien”, c’est comme un esclave dans sa cage qui reproche à son enfant de ne pas l’aider à astiquer les barreaux.

  • ex_

    Membre
    17 août 2025 à 17 h 15 min

    @nylbis
    Pour ne rien te cacher, c’est une réelle question que je me pose et qui me turlupine depuis un certain temps… Ou que j’aille, qui que je croise, j’ai vraiment l’impression qu’environs tout le monde est d’accord de ne pas se respecter (et surtout pas les autres) afin d’arriver à… à koi déjà?

    ou est passé le respect de soit-même et des autres?
    Le commun des mortel a-t’il réellement perdu toute estime de lui même pour en arriver à accepter environs tout et surtout tout ce qui mène vers rien?
    Quand au « respect » basique sociétal ainsi que la « politesse », ou est-elle passé?
    Pourquoi tout ça me choque???
    Est-ce que ça en choque d’autre??? (on dirait bien que non, pas vraiment… )

    pour une fois, ce questionnement était réellement sans arrière pensé ni « Volonté caché ».

    Concernant ce qui se passe online, c’est à mon avis tout pareil que dans la vrai vie mais en un peu plus pire…

  • ex_

    Membre
    17 août 2025 à 17 h 27 min

    @bagayaga
    Chuis totalement d’accord avec toi mais,
    peut-on au moins constater que « l’abrutissement général » c’est accéléré tout récemment et que les « valeurs établies » ont chuté tout aussi vite que le reste?

    Peut-on donc en déduire que que le mécanisme basique de l’offre et de la demande à été « inversé » et que le « client », est subitement devenu « la proie » et que de la, tout ça en découle?

  • bagayaga

    Membre
    17 août 2025 à 18 h 04 min

    J’ai déjà répondu à ça @ex_

    https://youtu.be/azkJmxg8-fM?si=GK0ob6XefllXS5be

  • ex_

    Membre
    17 août 2025 à 18 h 22 min

    Je me laisse penser que le « non mais c’est votre perception faussée qui fait cela. » est, en plus d’une mode, un nouveau moyen de dire « ta gueule! regarde ailleurs. » comme il y en a déjà tant.
    C’est donc officiellement un nouvel espoir pour tourner en rond encore un poil de plus de manière affirmée et volontaire.

  • nylbis

    Membre
    19 août 2025 à 4 h 30 min

    Le sujet est intéressant. Et bien sûr, c’est profondément rassurant que tu le soulève. S’il n’existait pas du tout sur ce forum, ni en public ni en privé, je me poserais des questions.
    Mais comme j’ai essayé d’expliquer, je ne suis pas d’humeur à faire semblant pour plaire aux tendances des autres,
    et bien des drames et des trolls de la culture de l’humour neurchi m’ont ensemble appris à éviter de poster des commentaires sérieux sur des sujets sensibles et brulant dans un groupe public.
    Donc je te propose de continuer cette discussion ailleurs, ou en messages directs.

  • hautpotentieldeconneries

    Membre
    19 août 2025 à 13 h 14 min

    @ex_

    On en revient à ce qui choque. Tu as le droit d’être choqué par ce qui te sembles être la déliquescence des jeunes générations. Pour autant faire de ses perceptions une épiphanie sociologique est tendax comme le démontre baga par toutes les références au passé qui fourmillent d’affirmations de « c’était mieux avant ».

    Qu’est-ce qui différencieraient les jeunes d’aujourd’hui de ceux d’hier? Vraiment? Fondamentalement?

    Au delà des légitimes questionnements sur la futilité humaine en général, jeunes et vioques confondus.

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