Etre le "mouton noir" dans sa famille ..



  • Etre le "mouton noir" dans sa famille ..

     Max mis à jour il y a 5 jours, 1 heure 9 Membres · 34 Articles
  • isabelle1970

    Member
    13 février 2020 at 11 h 18 min

    C’est mon cas ! J’ai toujours été et suis encore le “mouton noir” de ma famille … avant, sentiment d’injustice, de rejet, d’abandon, je me sentais tellement seule …

    Les adjectifs /mots /phrases que j’entendais ? ” tu es un chameau” ” tu es une langue de vipère” ” à cause de toi, maman a encore fait un problème cardiaque tellement tu l’as énervée” ” tu sais pas te taire ? ” ” tu vois bien que tu es la seule à dire ça ! ” ” tu ressembles vraiment à ton père ( qui, évidemment, était un “paria” de la famille ^^) ” .. etc ..

    Et puis en thérapie, j’ai compris que la “place ” du mouton noir n’était pas du tout anodine .. ha oui, j’adore la systémique !

    Mon travail concernant la compréhension de mon fonctionnement “atypique” m’a aussi permis de mieux comprendre pourquoi je “dérangeais” autant … Mère PN, donc emprise sur toute la “troupe” , moi zèbrelle qui “analysait” et “sentais” les paradoxes .. le tout a un lien .

    Je pose ici un texte sur les “moutons noirs” qui me parle énormément ! La nécessité des moutons noirs, leur utilité au sein d’un système … ( tout compte fait, ça me rend fière de l’avoir été et de l’être encore .. 🙂 )

    Les “moutons noirs” d’une famille sont en fait des libérateurs de leur arbre généalogique. Les membres de la famille qui ne s’adaptent pas aux règles ou aux traditions familiales, ceux qui cherchent constamment à révolutionner les croyances, ceux qui choisissent des routes contraires aux chemins tout tracés des lignées familiales, ceux qui sont critiqués, jugés et même rejetés, ceux-là sont appelés à libérer la famille des schémas répétitifs qui frustrent des générations entières.

    Ces soi-disant “moutons noirs”, ceux qui ne s’adaptent pas, ceux qui hurlent à la rébellion, en réalité, réparent, détoxifient et créent de nouvelles branches florissantes dans leur arbre généalogique… D’innombrables désirs non réalisés, de rêves inachevés ou de talents frustrés de nos ancêtres se manifestent à travers cette révolte.

    Par inertie, l’arbre généalogique fera tout pour maintenir le cours castrant et toxique de son tronc, ce qui rendra la tâche du révolté difficile et conflictuelle… Arrêtez de douter et prenez soin de votre ‘’rareté’’ comme étant la fleur la plus précieuse de votre arbre.

    Vous êtes le rêve de tous vos ancêtres.

    ~ Bert Hellinger (traduction Barbara Gardénia)

  • isabelle1970

    Member
    13 février 2020 at 11 h 29 min

    @bagayaga @RoseDesVents je me permets de vous interpeller .. je me dis que ça va vous parler 🙂 , de plus, c’est nos échanges sur notre rôle de mère à baga et moi , sur le fait que nous ne voulions pas répéter le schéma familial au niveau emprise sans tomber dans l’opposé qui serait le fusionnel, qui m’a fait penser à ce texte, à cette notion de mouton noir et aux bienfaits qu’il peut apporter quand on sert à couper ces chainons générationnels 🙂

  • Max

    Member
    13 février 2020 at 11 h 36 min

    Ce texte est criant de vérité, Sans être “mouton noir”, j’ai toujours été le bizarre, le gamin à problèmes. Mais maintenant, c’est moi qui fais le lien entre mes parents, mes frères et soeurs, je suis celui qui a le courage de me fâcher parce que je l’ai été avec chacun d’entre eux pendant toute mon enfance.

    Je ne connais pas ta famille, mais tu as raison d’être fière de ne pas suivre ses codes aveuglément, tu es indépendante, et si tu as de la chance, ils le reconnaîtront comme l’a fait la mienne…

    PS : je croyais que “chameau” n’existait que dans la bouche de ma mère…

  • isabelle1970

    Member
    13 février 2020 at 11 h 41 min

    @max c’est pour ça que j’ai mis ce texte ici … parce qu’au-delà de mon vécu particulier, je me dis que beaucoup de personnes atypiques doivent avoir ressenti cela : l’impression simplement d’être “à part” au sein de la famille .En ce qui concerne le fait que ma famille le “reconnaitrait” ha ha ! euh non.. de toute façon, j’ai coupé les ponts depuis longtemps et il y a juste ma grande soeur avec qui j’ai un peu de lien, plus aucun lien avec mon frère J’ai par contre une petite soeur ( par remariage de ma mère, donc pas ma soeur en réalité) mais c’est la seule avec qui j’ai réellement un lien “fraternel” . “On choisit pas ses parents , on choisit pas sa famille” Il m’a fallu bcp de temps et de thérapie pour en faire le deuil, mais il est fait et donc je me sens bien 🙂

  • isabelle1970

    Member
    13 février 2020 at 11 h 43 min

    @max quant à “chameau” ben ma mère l’avait très souvent dans la bouche aussi ^^ (elle en bavait tellement elle le disait Laughing)

  • joe44joy

    Member
    15 février 2020 at 8 h 56 min

    Bonjour, mouton noir, tu n’es pas la seule et c’est bon sur ce site de retrouver tes congénères non ?

    Oui, tu l’as été en famille et je te dis chapeau de survivre.

    Je voulais juste te dire comme dans ton texte “tu es la fleur précieuse” mais en écrivant je réalise que tu n’as pas eu de soutien à domicile. Et je ne t’envie pas. Je ne sais pas comment tu as aimé tes parents du coup. Si tu peux me dire comment tu as supporté ça m’intéresserait sur le plan de la curiosité car personnellement je ne sais pas si j’aurais survécu à cela.

    J’ai compris il y a 2 ans ma Douance et celle de mes parents. J’ai été “comprise” et aimée enfant.

    Je te souhaite de bonnes choses dans ta vie, et je t’écris ces mots en pleurant parce que c’est l’amour de ma mère enfant qui m’a fait tenir.

  • Isbale

    Member
    15 février 2020 at 9 h 58 min

    Quel contexte familial difficile @isabelle1970 … Je salue ta résilience !

    Heureusement pour moi, je pense avoir deux parents HP (mon père pour sûr, quant à ma mère elle pense que non mais je pense que si ^^). J’ai toujours eu leur soutien.

    Après l’équivalent français du lycée (je suis suisse), j’ai passé 4 ans à commencer et à arrêter des études, incapable de trouver quelque chose qui me plaisait vraiment (quand on doute tout le temps et pour tout, ça rend la vie très compliquée). J’ai traversé des périodes difficiles mais ai toujours eu leur soutien. À 25 ans, je vais partir pour au moins 6 ans d’études et ce sera le coeur léger car ils seront encore et toujours derrière moi.

    Cela n’a pas été pareil en amitié et en amour. J’imagine que comme beaucoup de gens ici, j’ai été le “mouton noir” à un moment de ma scolarité.

    Le message du texte partagé me parle aussi, mais hors du contexte familial.

  • isabelle1970

    Member
    15 février 2020 at 12 h 00 min

    @joe44joy “aimer mes parents” , c’est compliqué et je vais devoir pour ça amener un peu d’explication sur mon parcours.

    Mes parents ont divorcé quand j’avais 8 ans et ma mère s’est evertuée à faire de l’ “aliénation mentale” vis-à-vis de mon père. Je ne l’ai jamais revu à partir de mes 8 ans. Il est décédé quand j’avais 21 ans. Sous l’emprise de cette mère, j’ai “cru” tout ce qu’elle nous disait de lui. Mais à 25 ans environ, j’ai des personnes de ma famille ( en l’occurence un frère de ma mère et sa femme) qui m’ont parlé de mon père d’une façon dont je n’avais jamais entendue ! il avait été leur ami et m’ont ouvert les yeux sur qui il était réellement. bon, difficile sur le moment vu qu’il était décédé mais j’ai décidé de reprendre contact avec ma grand-mère et 2 oncles (paternel donc). Et j’ai demandé qu’il me raconte qui était mon père, de me donner des choses qui lui appartenait etc. Un de ses oncles a pris soin de mon père l’année avant sa mort et j’ai donc pu aussi découvrir ses derniers moments de vie. J’aurais évidemment bcp d’anecdotes à raconter sur tout cela mais je peux dire que psychologiquement ça m’a fait un bien immense, ça m’a juste reconstruite ,… vu qu’il n’était plus là, et avec l’aide de ma thérapie, je me suis donc “construite” une histoire sur qui était mon père, avec certaines choses qui sont des faits réels et d’autres que j’aime à penser 🙂

    L’amour de ma mère ? Avec le recul je me dis que je ne l’ai jamais aimé “comme une enfant aime sa mère et vice-versa” .. elle est décédée il y a 4 ans et j’avais déjà fait son deuil bien avant , depuis de nombreuses années grâce à des thérapies 🙂

    Merci pour tous ces mots que tu m’écris mais il faut savoir que je me sens vraiment bien, que je ne souffre plus de tout cela, et que je suis passée de “survie” à “vivre” , et je me sens heureuse de connaitre le juste “vivre” 🙂

  • isabelle1970

    Member
    15 février 2020 at 12 h 03 min

    @isbale merci 🙂 tu peux voir dans ma réponse précédente que oui, je suis une résiliente .. c’est peut-être une des rares choses dont je peux avoir un peu de fierté ( j’ai du mal à dire que je suis fière de moi pour qq chose 😉 )

    Je suis à chaque fois heureuse d’entendre des personnes me parler de leurs parents comme étant présents, aimants .. et évidemment, je suis la plus heureuse lorsque mon fils ( 23 ans) me renvoie ça par rapport à moi ! 🙂

  • bagayaga

    Member
    15 février 2020 at 13 h 20 min

    @isabelle1970

    Être le mouton noir^^

    Bien évidement ma chère Izebrelle^^

    Je le suis en général partout où je passe^^ Par mon positionnement qui n’est définitivement pas banal^^ Ça me fait pleurer tiens.

    J’ai souvent les larmes aux yeux en ce moment. Car je revis à nouveau des épisodes traumatisant. Le fais de les écrire ou d’y repenser, ouvre la porte de ses émotions qui étaient bien enfouies. Mais c’est positif parce qu’avant je ne m’interdisais d’y penser et de ressentir. Alors je suis heureuse d’avoir ces émotions. C’est normal diantre! J’ai encaissé longtemps et beaucoup. J’ai un totalement le droit d’être triste, terrifiée, angoissée, enragée. Mon ostéopathe m’avait dit que mon dos est similaire à celui d’Atlas… Tiens, tiens^^ En avoir plein le dos,je connais^^

    C’est très difficile de tenir cette place. Parce que être seule contre tous. Au sein de sa propre famille…

    Forcément nous finissons par avoir le doute. Il faudrait être sot pour ne pas se demander si quelque choses cloche lorsqu’un ensemble de proches de liguent contre vous.

    Alors on finit par se faire violence. En plus de la violence de l’entourage. Et petit à petit nous devenons notre plus gros ennemi. Nous finissons pas nous haïr , nous qui “semons” le malheur par notre simple existence.

    J’ai des souvenirs de me dire. Bon qu’est ce que j’ai bien pu encore faire de mal…

    De toute façon quoi que je puisse faire, c’était toujours mal.

    Et forcément je faisais avoir du mourrons à ma mère.

    Qu’est ce qu’on va faire de toi, comment tu vas t’en sortir, tu n’en rate pas une, tu fais monter ma tension, moi qui me suis sacrifiée pour toi, c’est pas dieu possible tu vas me faire crever. Mais réfléchis avant d’agir, brute épaisse, fais un effort,tu es sale, tu es moche,tu ne ressembles à rien, aucune grâce, lourde et sans classe. Tu es un enfant bterrible, qu’est ce que j’ai fait pour mériter ça.

    Non mais sérieusement. J’ai deux filles. Et pas un instant il me viendrait à la bouche ce genre de phrases.

    J’ai dit une fois à la fille Louise tu es méchante. Car elle m’a sorti un truc de fou, que son père allait trouver une nouvelle femme,qu’elle serait mieux que moi et qu’au moins elle aurait une vrai maman.

    Sur le coup c’est sorti tout seul. J’ai eu deux rivières de larmes et je lui ai dit ce que tu dis me fait très mal au coeur, t’es méchante de me dire ça.

    Et là ma fille s’est mise à pleurer encore plus fort que moi. En s’insurgent que je n’avais pas le droit de lui dire ça.

    Je me suis sentie ultra mal! Je me suis excusée, en expliquant que les paroles qu’elle avait eu n’étaient pas gentilles. Que ça ne faisait bien sûr pas de elle une enfant méchante mais que ça faisait de moi une maman malheureuse. Et je lui ai demandé ce qu’elle entendait par mauvaise mère et si il y avait quelque choses que je pouvais faire pour que cela ce dissipe. Elle voulait que je revienne vivre à la maison avec son père…

    Mais en attendant jamais je n’ai des paroles de violence pour mes enfants et si elles en ont je temporise. En rappelant mon amour.

    Bref. Et ma soeur qui était très jalouse en rajoutait une couche. Tu dessines mal,tu chantes mal,tu écris mal, tes vêtements sont moches, tu es ennuyante…

    Mon frère tu es maladroite,tu n’as aucune dextérité, tu es lente, tu ne sais rien,…

    Ma grand mère sur les cartes postales, j’espère que tu vas êtres gentille avec ta maman, pas faire d’histoire pour te lever, t’habiller,te doucher,manger(TDAH)…

    Et pour finir mon père qui me demandait d’être compréhensive. Plus patiente, de respecter ma mère, de ne pas embêter ma sœur et d’obéir.

    J’aime bien le concept de bouc émissaire que développe Daniel Pennac dans son livre au bonheur des ogres. Son personnage Benjamin Malaussène est le bouc émissaire dans le grand magasin qui l’emploi. Lorsqu’un client est mécontent il leur sert de défouloir…^^

    Ça recoupe ma théorie de l’espace de liberté.

    Je n’attend jamais grand choses des gens en général. Donc je suis quelqu’un de simple et de doux en général. Je laisse entre moi et les autres une steppe infinie de liberté.

    On pourrait croire que les personnes qui en bénéficient le laisse cet espace et en profitent pour se développer librement à l’intérieur… Mais non les personnes en général annexent cet espace.

    Ce qui a le don de me rendre triste. Je reconnais un peu la valeur des personnes qui croisent mon chemin par rapport au degrés d’espace libre qu’elles me laissent^^

    J’ai un peu dévié.

    Mais oui mouton noir et fière de l’être. Même si des fois j’ai flanché.

    Me revoici depuis Juillet à mouton noirer à tout va. Et je pense que ça me permet de me dire que je suis en train d’avoir la position idéale pour moi^^ Celle qui me convient le mieux. D’être une outsider. Oui je ne suis pas madame tout le monde. Et alors? Que ceux à qui sa défroisse les poils du cul aillent voir ailleurs si j’y suis^^ Car désormais je m’en tamponne le coquillard.

    J’ai le droit d’exister avec mes particularités. Ceux qui pensent que je suis une aberration, ben tant pis. On ne peut pas plaire à tout le monde. Par contre si il y a bien un seul être au monde à qui il faut bien plaire c’est à soi♥️

  • isabelle1970

    Member
    15 février 2020 at 13 h 35 min

    @bagayaga …je suis très touchée par tes mots … je “sens” , j’ai littéralement “vécu” tous ces mots /phrases assassines … et je vis cette renaissance, cette pensée “qu’ils aillent se faire f… ceux à qui mon comportement ne plait pas” .. oui, s’aimer soi-même pour mieux aimer les autres , c’est tellement ça !! 🙂

    Je suis passée par je ne sais combien de fois , cette période de larmes intensives sans savoir pourquoi. J’ai le souvenir d’une thérapie ( vers mes 20 ans) où je pleurais 1/2 heure avant d’y aller, je pleurais pendant toute la consultation et je pleurais encore 30 min après .. en fait, je pleurais ces 20 ans sans avoir pleurer, tout simplement … donc oui, c’est très salutaire, très salvateur même ! Ce n’est pas amusant sur le moment , mais après, on se sent + léger 🙂

    Je suis passée par les mêmes phases au niveau colère … bien que j’ai fini par percevoir que parfois, ma colère était en fait de la tristesse que je “transformais” .

    Sache qu’à force de passer par ces phases, elles deviennent de – en – difficiles, de + en + courtes et de + en + apaisantes …

    tu en parlais à byaku (peu receptif à ça 😉 ) mais, fais comme tu lui disais : cajole et surtout réconforte le toi enfant, il n’a que toi et pour l’avoir fait en thérapie (gestalt) c’est très dur mais je sais que maintenant, je peux regarder les photos de moi petite en souriant et non plus en pleurant …

  • bagayaga

    Member
    15 février 2020 at 13 h 52 min

    @isabelle1970

    Oui^^ Je vais beaucoup mieux.

    C’est juste que le témoignage est encore dure.

    Je n’ai pas raconté pendant longtemps. J’ai couvert tout les autres.

    Et avant hier au boulot, ma patronne me demande et ton père il ne peux pas t’aider à t’acheter une mobylette ?( Pas le permis,j’ai besoin d’un deux roues pour trouver du taf)

    Les gens qui sont équilibrés et qui ont une vie typique, ne peuvent pas imaginer la folie d’une famille déviante.

    Je ne sais pas mentir. Si tu me poses une question je répond.

    J’ai commencé par dire, ben non mon père n’a pas trop de moyens.

    Et ma patronne =”Ben il est militaire ton père il doit avoir une bonne retraite?”

    Obligée de rentrer dans les détails…

    -“Ben mes parents sont séparés depuis vingt ans. Mais mon père continue à entretenir ma mère. Et il a plus de huit milles euros de dettes. Au dernières nouvelles. Il vit dans le sud. Donc la vie est chère…”

    Là je sens les larmes me monter aux yeux. J’ai la voix blanche. Parce que je vois la tête de ma patronne.

    C’est toujours quand je vois la tête des gens que je capte la misère de ma vie.

    Ma mère est un Coucou. Elle s’installe et elle prend tout pour elle.

    Je m’en fiche que mes parents ne m’apporte aucunes aide. Déjà parce que ça ne me viendrait pas à l’idée de demander. Je me sens responsable de mon existence. Et je travail à améliorer mon avenir seule. Et j’en tire une grande fierté. De devenir indépendante. Seule.

    Ce qui me rend triste c’est la folie de la situation.

    Mais bon. J’ai coupé les ponts moi aussi. Et c’est rare qu’on m’interroge sur ma famille.

    Dans la fratrie de ma mère, la petite dernière est partie aussi. En coupant les ponts. Elle est morte en 2018. Et un notaire est venu dire à ma mère et sa soeur qu’elle ne souhaitait pas que d’éventuels membres de sa famille ne la retrouve. Même morte.

    Je la comprend très bien.

    Enfin bref!

  • isabelle1970

    Member
    15 février 2020 at 13 h 59 min

    @bagayaga oui, la difficulté se situe aussi que , même si on a coupé les ponts, il y encore et toujours des retours ! (administratifs ou autres) ..; tu sais quoi, la semaine dernière, j’ai reçu un courrier de l’office des pensions de Belgique qui me dit , je cite” nous venons d’apprendre la mort de votre père en 1990 ” !!!!! donc 30 ans plus tard, j’apprends il y a une semaine que j’ai 60 euros à récupèrer de l’assurance pension de mon père … c’est dingue mais c’est ainsi ! J’en souris parce que je me suis réconciliée avec lui ( même si c’était après sa mort) et j’irai chercher ses 60 euros et les donnerai à mon fils <3

  • bagayaga

    Member
    15 février 2020 at 14 h 11 min

    @isabell1970

    C’est une bonne choses^^

  • isabelle1970

    Member
    15 février 2020 at 14 h 20 min

    @bagayaga je ne vais tout de même pas cacher que sur le moment, fameux retour en arrière, stupéfaction et genre de “blocage cérébral” qqs minutes 😉 🙂

  • bagayaga

    Member
    15 février 2020 at 14 h 37 min

    @isabelle1970

    Je comprends ! Le cerveau n’aime pas le changement^^ C’est ce qui est bien dans le fait d’accueillir ses émotions. Ça laisse une antichambre pour ensuite poser la réflexion^^

  • RoseDesVents

    Member
    15 février 2020 at 19 h 45 min

    @isabelle1970

    Magnifiqueeeeeeeeeee ce texte , de l’or ^^. (Oui, j’ai quelques 3 jours de retard, mea culpa, ^^)

    Je prends !

    Chaque mot m’a fait vibrer , mais je n’aurais pas le courage d’en parler comme toi , @bagayaga , et ceux qui l’ont fait en ayant plus de recul parce que déjà sortis de cette boue, moi je m’en extrais doucement^^)

    Persuadée qu’il n y a pas de bourreau sans victime, et que si ces “adultes” irresponsables nous ont brûlé sur leur passage, on a la capacité de faire éclore la rose et de prendre notre vie en main.

    On est des warriors ^^.

    Plein de love sur vous tous ^^.

  • bagayaga

    Member
    15 février 2020 at 20 h 20 min

    @RoseDesVents

    Exactement !

    Je ne sais pas si on peut s’en libérer. On reste au centre de sa toile d’araignée.

    Avec sa famille nucléaire qui gravite autour, directement ou indirectement et si on peut couper le spacial ,on reste pendu au temporel.

    Mais on peut se battre pour que le présent et l’avenir aient la bonne tonalité^^

    Et c’est le sens de mon existence vibrer juste. Et que ma toile d’araignée véhicule de l’amour entre chacun des membres de ma famille à moi et des gens que je côtoie.

    Avec toujours en leit motive cette sensation que mon coeur bat de l’intérieur vers l’extérieur^^

    Le reste c’est du détail. ^^

  • Max

    Member
    15 février 2020 at 22 h 45 min

    Pensez-vous que”mouton noir” est un statut définitif ? Je ne parle pas que de l’environnement familial, mais est-ce qu’avoir grandi dans ce statut nous conditionne pour nos relations sociales futures ?

  • RoseDesVents

    Member
    15 février 2020 at 23 h 01 min

    @max, ça fait plus d’1h (et toute une vie) que je réfléchis à cette question.. xD ça m’a fait sourire de la voir écrite

    “Conditionne”, je sais pas , mais ça laisse des séquelles pour sûr dans notre vision de nous même, des attentes qu’on nourrit vis-à-vis de nos alter..

    J’étais justement en train de me dire que, au vu de toutes les injustices vécues, encaissées, le monde (je pense particulièrement à la famille) contre toi-même avec des preuves flagrantes, (m’enfin c’est toujours mieux de vivre en s’voilant la face et en se délestant de nos responsabilités, pas vrai ?^^), ben j’éprouve un mépris particulier vis-à-vis de toutes ces attitudes et leurs dérivées.. la superficialité, la méchanceté gratuite, le mensonge , l’incohérence, bref tout le bordel. Et que même si c’est dans le sang, ça s’accentue avec un vécu douloureux.

    “On ne vit pas dans notre passé mais il agit sur nous”, comme disait Aurèle.

    Les thérapies, particulièrement les cognitivo-comportementales aident à se défaire de ces conditionnements, mais à voir ce qui nous correspond le mieux. ^^

  • FredoZ

    Member
    16 février 2020 at 11 h 45 min

    @RoseDesVents

    “Les thérapies, particulièrement les cognitivo-comportementales aident à se défaire de ces conditionnements”

    J’ai suivi pendant presque 8 ans une thérapie comportementale “classique”. Sans réel succès…

    Mon problème (et je ne me savais pas HP à l’époque), c’est que la modification des comportements par ce type de thérapie, passe d’abord par leur conscientisation. Hors, dans mon cas, impossible. Les pensées multiples, en arborescence, m’ont empêché de le faire. Je m’explique. Pour conscientiser quelque chose, je dois croire que l’idée que je me fait de la chose, est la bonne, la seule. Mais comment faire quand à chaque fois que l’on croit l’avoir fait, une autre question (une ?) viens déranger la dernière certitude.

    La solution qui a plutôt bien fonctionné avec moi, ce sont les thérapies brèves. L’hypnose Ericksonienne (état d’hypnose semi consciente) et la PNL. En hypnose semi consciente, la conscientisation de mes comportements se faisait bien, car l’état d’hypnose permettait de freiner quasi totalement l’arborescence de mes pensées. En PNL, les techniques d’ancrage (dans mon cas, visuelles) m’ont permis, et me permettent toujours, de stopper mes comportements néfastes. Aujourd’hui, nombre de comportements induits par mes “négritudes ovines” 😉 ne reviennent plus. Et je vis. Enfin.

    Tout ça a pris du temps, 20 ans…presque. Je n’ai jamais lâché, quelques très gros coups durs, mais il y a toujours quelque chose au bout du tunnel. Mais j’ai eu la chance de ne pas être tout seul.

    Savoir qu’on est HP est une chance, moi je le savais pas, et les professionnels que j’ai consulté n’ont pas pu m’aider en adaptant leurs protocoles. Cela permet d’aller voir les bonne personnes, celles qui connaissent nos différences.

  • Anonymous

    Member
    16 février 2020 at 12 h 04 min

    @max @RoseDesVents Au delà d’un conditionnement, on pourrait y voir une expérience, un outil pour traiter les prochains problèmes du genre avec plus d’acuité.

    Quand on me regarde avec des yeux de merlan frit suite à une proposition, je me dis désormais que j’ai peut-être mis le doigt sur quelque chose car les conventionnels qui se penchaient sur la question ne l’ont toujours pas résolu.

    Une position singulière offre un point de vue singulier..

  • RoseDesVents

    Member
    16 février 2020 at 12 h 06 min

    @fredoz

    En fait, c’est surtout dans le sens où ça aide à Se défaire de phobies et d’associations d’idées parasitées par un traumatisme.

    Mais là où je te rejoins complètement, c’est que ça demande d’avoir analysé et pris conscience du problème en profondeur.

    Dans mon cas, ça a relativement fonctionné, mais en ayant suivi une thérapie longue avant. Donc c’était bien moins abrupt et “automatisé”, en termes de ressenti.

    Mais les thérapies s’adaptent au fur et à mesure de notre parcours et des “solutionnements” aux pbs.

    Haha, l’hypnose ericksonienne, j’ai toujours voulu essayer ^^ mais dois apprendre à lâcher prise avant et autant dire que jsuis moins qu’une amatrice dans ce domaine ! C’est pour ça que je suis des thérapies longues avant, et quand je sentirais le moment et l’efficience du processus, je me dirigerais probablement vers ce type de thérapies.

    Ça reste très particulier à l’histoire de chacun aussi ^^.

    Ouiii, j’imagine la libération que ça doit être ! Et les innombrables questionnements que ca doit amener aussi ^^.

    Je l’ai appris très jeune perso ^^. À 7/8ans , et c’était particulièrement “”visible””,mais enfin c’est une autre histoire ^^.

    Bonnes découvertes à toi ^^.

  • isabelle1970

    Member
    16 février 2020 at 12 h 49 min

    @RoseDesVents j’aime beaucoup ce que tu dis par rapport au fait que certaines formes de thérapies correspondent à certains moments de notre vie. Je suis d’accord avec ça et aussi avec le fait qu’il faut surtout s’autoriser à son propre ressentit du moment .. il y a des “mauvais thérapeutes” mais je pense qu’il y a surtout des thérapeutes qui nous conviennent à un moment T et d’autres pas .. juste s’écouter sur ce qu’on ressent vis-à-vis de ce thérapeute et changer si il le faut 🙂

    @fredoz merci pour ton explication de ton parcours … 20 ans pour moi aussi 😉 🙂 mais qu’est-ce que ça vaut le coup !

    @krevitz @max oui je pense qu’en effet avoir vécu comme mouton noir de sa famille ( et l’être encore mais avoir pris conscience du “bien fondé” de ce que l’on dénonce) permet une “acuité” plus présente si on se retrouve face à ce même genre de système. En tout cas, c’est mon cas … je “sens” qu’en effet, après avoir décortiqué en long , en large et en travers la “systémique” de ma famille, je la perçois beaucoup + vite et mieux qu’avant dans d’autres “systèmes” (mais ça me parait évident, comme si j’avais appris la systémique de façon à la fois théorique et en la vivant ..; donc forcément, une connaissance peut-être + accrue )

  • FredoZ

    Member
    16 février 2020 at 20 h 09 min

    @isabelle1970

    oui 20 ans😉😣, des gros coups durs qui te font replonger et toujours plus bas, difficile de trouver l’énergie et la volonté de remonter.

    Dans mon cas, 20 ans d’errance, mais en fait 17 ans de galère à ne pas comprendre pourquoi on trouve pas ce qui ne va pas. De finir par trouver l’origine (quelque part à l’âge de 7 ans), et pas pouvoir dérouler la pelote, en fait ré-enrouler la pelote.

    Ce que je veux dire, c’est que tout s’est accéléré positivement à la découverte de ma zébritude, l’année dernière, en juillet (j’ai 56 ans, merde c’est tard quand même…😂😡). 2 ans avant on diagnostique des troubles de l’humeur (bipolarité type 2), et j’ai pris des anti-dépresseurs pendant 15 ans, et les bipolaires faut pas qu’ils en prennent…chimie mauvaise dans mon cerveau.

    Et puis tout le puzzle se reconstruit en mode auto, là sous mes yeux.

    Surtout du côté du puzzle de ma négritude ovine adolescente, celle qui fait que tu comprends pas pourquoi les autres t’en veulent, parce qu’en fait t’es différent d’eux, et eux le savent mais pas toi. Parce que toi, quand t’es HP sans le savoir, tu penses que tous les autres sont comme toi, parce que pourquoi ce serait toi le mouton noir, et pas eux…

  • bagayaga

    Member
    16 février 2020 at 20 h 19 min

    @fredoz

    Bonjour, je suis touchée par ton histoire et cette découverte si tardive de ton statut de zèbre.

    Cela fait deux fois que tu utilises cette expression : “La négritude ovine adolescente”.

    Qu’entends-tu par là ?

  • FredoZ

    Member
    16 février 2020 at 20 h 38 min

    mouton = ovin

    noir = négritude

    mouton noir = négritude ovine😉

    Désolé pour le néologisme

    J’aime bien ce mot négritude. La Négritude est un mouvement contestataire d’intellectuels noirs (Aimé Césaire, LL Senghor…), dans les années 50 je crois, pour placer le monde du côté des sentiments des peuples noirs et s’approprier leur meurtrissure infligée par l’histoire.

    La meurtrissure infligée par l’histoire : c’est çà mon mouton noir.

  • bagayaga

    Member
    16 février 2020 at 20 h 45 min

    @fredoz

    Oh putain^^ J’adore les néologismes aussi^^

    Pfff ^^ A côté de la plaque la Baga^^

  • isabelle1970

    Member
    16 février 2020 at 21 h 04 min

    @bagayaga merci d’avoir posé la question, je n’avais pas fait tilt non plus ^^

    @fredoz j’ai été diagnostiquée “surdouée” (c’était le mot à l’époque) à 22 ans et je n’ai compris que à entre 40 et 45 ans ce que ça voulait vraiment dire . Comme toi, avant, j’ai été entre autre suivie pendant peu de temps par une psychiatre qui s’est demandé si j’avais bipolaire ou pas –> je savais que non, travaillant en psychiatrie moi-même et j’ai changé de psy ^^ . Je comprends ta tristesse de te dire que tu le découvres “tard” . j’ai eu ce ressenti aussi, une impression d’avoir des années gâchées … mais tout compte fait, vaut mieux tard que jamais ! Et oui j’adore ta métaphore de puzzle : ça remet tout à sa place , ça donne même un éclairage encore meilleur sur ce qui a déjà pu être travaillé en thérapie ( en tout cas pour moi ).

  • Ladyrose

    Member
    20 février 2020 at 17 h 47 min

    Bonjour à toutes et à tous, je tiens à remercier Isabelle pour le texte et la référence partagée.

    Nos vies sont de véritables challenges et je souhaite également partager mon ressenti du jour, car avant que la vie ne s’autorise réellement à émerger dans ma Vie, voilà à quoi elle a ressemblé …sans doute certains se reconnaîtront ils dans ces moments de désillusion. Pour ma part, le vivre au féminin n’a fait qu’accentuer les difficultés. Je serai naturellement ravie de partager avec vous la suite de mes réflexions ainsi que les clés glanées au fil de nos parcours respectifs.

    L’émotion est une énergie qu’il faut accueillir et laisser circuler afin de pouvoir évoluer, tel est le but de cette lettre.

    “Depuis l’âge d’un an, ma vie a été une bataille sans répit et quelle violence, quelle désillusion profonde de découvrir dans les faits, à plus de cinquante ans, que la négation inéluctable de mon Être avait paradoxalement pris naissance en milieu intra-utérin.

    Moi qui n’aspirais qu’à aimer et être aimée, j’avais dû endosser à mon corps défendant et à mon âme trahie, avant même de venir en ce monde, la panoplie de Jeanne d’Arc.

    Imaginez un instant quel Tsunami peut dévaster votre vie lorsque vous apprenez que, quoi que vous puissiez entreprendre, quel que soit le chemin que vous empruntiez, vous soyez condamnée.

    Imaginez qu’après avoir lutté pour la survie durant cinq décennies dans le labyrinthe de la vie, vous surpassant à ouvrir aux détours de chacun des chemins, la porte de l’espoir, bravant pour ce faire avec témérité vos peurs jusqu’aux plus sournoises, vous découvriez que chacun des passages ne mène en réalité inlassablement qu’à un échafaud.

    Imaginez qu’en pleine conscience, après chaque épreuve endurée, vous ayez mené une vie d’ascète en vue de reconstituer votre capital santé, votre force et votre énergie, et que malgré cela, vous soyez condamnée à mourir.

    Je n’évoque pas ici la mort naturelle inéluctable à laquelle sera confronté tout un chacun à la fin de son incarnation, ni celle en vertu de laquelle il puisse être condamné à succomber à une quelconque maladie ou un accident fatal, non, envisagez que vous soyez programmée à vous guillotiner vous-même.

    Quoi que vous tentiez pour braver les épreuves et les difficultés, vous vous retrouvez inlassablement devant un échafaud avec une option unique : la mort, plus ou moins rapide, plus ou moins violente, qui a le pouvoir de se déclencher par tant vos actions comme par votre inaction.

    Cinq décennies à dépasser une à une les épreuves et à évoluer pour finalement mettre en lumière qu’avant même le début de l’histoire tous les dés étaient pipés. Des dizaines d’années de lutte au prix d’un dépassement de soi inouï pour aboutir au constat amer d’une issue fatale inéluctable. Cinquante ans pour porter à la conscience l’illusion de la vie… “

    Merci pour votre attention et pour vos retours

  • bagayaga

    Member
    20 février 2020 at 18 h 06 min

    @ladyrose

    Je ne suis pas sûre d’avoir bien tout compris. Mais dans l’ensemble je comprends ce que tu as voulu dire pour l’avoir vécu. Et sûrement pour avoir encore à le vivre.

    C’est marrant que ton texte sort aujourd’hui, parce que la journée( ces derniers temps), a été sous le signe de l’agression.

    Et aujourd’hui même avec tout l’amour que je peux me porter,ma joie, mon courage et ma force.

    Je suis fatiguée. Fatiguée, épuisée, d’avoir sans cesse en bâton dans l’angle mort.

  • bagayaga

    Member
    20 février 2020 at 18 h 11 min
  • Ladyrose

    Member
    21 février 2020 at 18 h 45 min

    Chère Bagayaga, je te remercie pour ton partage, merci pour la chanson qui résonne sans doute pour beaucoup que pour avoir le courage de livrer tes émotions.

    La fatigue et le découragement qui s’en suit font partie de nos vies jusqu’à la mise en lumière des mécanismes profonds dans lesquels ils prennent leur source. Nous touchons là à la recherche qui a animé ma vie. J’ai enfin pu comprendre après ce demi-siècle d’épreuves dans lesquelles j’ai taquiné la mort à de très nombreuses reprises, comment inverser la vapeur.

    En effet, pour comprendre le sens de la vie, il nous faut – « hélas » – l’avoir éprouvée très cruellement. Les HP sont sensés contribuer bien davantage que les autres individus qui peuplent la collectivité, utiliser toutes leurs forces à bon escients. Hélas, tant la société, que le vécu et l’éducation nous programment à échouer et à être dans le déni de notre pleine puissance. Dans les faits tout nous conditionne à utiliser nos forces mentales, émotionnelles, sensorielles comme des armes pour nous auto-sabotter. Inverser le cours des choses permet de rentrer dans une démarche de croissance, à laquelle je peux me consacrer à présent.

  • Max

    Member
    21 février 2020 at 19 h 00 min

    Merci @ladyrose pour ce beau message d’espoir et de positive-attitude !


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