Collapsologie

  • Collapsologie

    Publié par olbius le 30 novembre 2018 à 18 h 17 min

    Et si on parlait collapsologie ?

    Pour rappel, la collapsologie est l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder. On parle aussi de “théorie de l’effondrement“.

    Quel genre de collapsologue êtes-vous ?

    • Convaincu que l’effondrement de notre civilisation est inéluctable, qu’il est déjà trop tard ?
    • Persuadé que l’effondrement est certain mais peut encore être évité ?
    • Sceptique quant à la réalité de l’effondrement que l’on nous annonce un peu partout, effondrement qui est au fond annoncé sans cesse depuis la nuit des temps ?
    • Climato-sceptique résolu ?

    Je me suis dit que la collapsologie, sujet à la mode s’il en est, méritait bien un sujet dédié, et j’ai enfin franchi le pas après avoir lu l’article suivant :

    Un éthologue américain a étudié il y a près de cinquante ans les effets apocalyptiques de la surpopulation chez des rats de laboratoire. Cette expérience très intéressante est à placer en parallèle de l’évolution de la société humaine.

    Il y a un demi-siècle, une théorie sur les rats prédisait l’effondrement de la civilisation humaine

    Quel est votre avis sur la collapsologie / théorie de l’effondrement ?

    hautpotentieldeconneries a répondu il y a 4 mois, 2 semaines 13 Membres · 25 Réponses
  • 25 Réponses
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    olbius

    Organisateur
    5 décembre 2018 à 16 h 31 min

    Un article intéressant, qui va à rebours du discours habituel :
    Information versus Effondrement. Comment tout ne va pas s’effondrer

    Extrait :

    Nous avons montré que le développement des algorithmes s’accélère, et ça devrait continuer en nécessitant de moins en moins de données et d’énergie. Les processus d’effondrement vont aussi s’accélérer, car ils impliquent des boucles de rétroaction positives comme le montrent toutes les études de collapsologie. Ces 2 évolutions de nature exponentielles s’opposent, et il est impossible de prévoir comment elles vont s’imbriquer.

    On peut toutefois imaginer qu’une situation assez stable émerge, dans laquelle continueraient à se développer des sociétés complexes, très technologiques, efficaces en matières premières, probablement impérialistes, peu nombreuses et relativement peu peuplées.

    Un futur hélas pas réjouissant pour la grande majorité des autres habitants de la planète, et notamment sans doute pour nous, Européens.

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    Usager supprimé

    Membre
    5 décembre 2018 à 20 h 57 min

    Quel est votre avis sur la collapsologie / théorie de l’effondrement ?

    Du baratin néolibérale qui ne tient absolument pas compte du facteur humain et notamment, qu’une civilisation c’est avant tout une spiritualité (lire les écris de Spengler et Huntington). C’est une pensée directrice qui s’incarne et qui produit.

    Cela me fait penser, au passage, à la théorie de la fin de l’Histoire qui, au début des années 90, prédisait en même temps l’abolition des frontières et donc des conflits à cause (ou grâce) à la mondialisation. Le onze septembre est venu démentir tout cela et comme on a pu le constater, les guerres se produisent désormais à une autre échelle.
    La nature (ou “la Volonté” selon Schopenhauer) trouve toujours sa voie, celle de l’humain ne se trouve pas dans le nivellement ou l’uniformisation.

    Ce qui est juste, en revanche, c’est de souligner la fragilité des systèmes ou des organismes très évolués. Le darwinisme en a fait la démonstrations…

    Rien ne saurait préserver la Chine ou les Etats-Unis du déclin technologique, pas même les algorithmes parce que ce qui est fondamentalement en jeu se situe dans le réel. Le technologique ne peut rien face à la réalité de la nature ; que cette nature soit d’ordre humaine ou pas.

    Pour battre le programme concocté par Google pour jouer au Go, c’est très simple. Il suffit de débrancher la prise de l’ordinateur qui lui sert de support.

    Une civilisation c’est donc une spiritualité mise en acte ; chose qu’un algorithme ne peut réaliser.

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    olbius

    Organisateur
    5 décembre 2018 à 21 h 21 min

    Donc en gros tout ce qui va à l’encontre de tes croyances est du “baratin néolibéral” ? Au fait, ça veut dire quoi, pour toi, “néolibéral” ?

    celle de l’humain ne se trouve pas dans le nivellement ou l’uniformisation

    Sur ce point je suis d’accord, et précisément c’est en décentralisant et en libérant, ce que permettent les nouvelles technologies, que l’être humain pourra suivre enfin cette voie. Des raisons d’être optimiste, en somme, à condition que l’illettrisme économique, qui renvoie sans cesse les pauvres dans les bras de l’Etat, recule un jour un tant soit peu… Mais dans le pays de l’Education Nationale toute puissante, on part de loin.

    Malgré cela, l’être humain va peut-être réussir à découvrir la notion d’individu, ce qui pourrait correspondre à une sortie de l’enfance… Apprendre à penser l’individu sans le confondre avec le groupe, afin d’éviter toutes les horreurs que communisme et national-socialisme mais aussi féodalisme, par exemple (toutes les formes de servitude, fussent-elles “volontaires”) ont causé à l’espèce humain par le passé.

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    Usager supprimé

    Membre
    5 décembre 2018 à 22 h 48 min

    Donc en gros tout ce qui va à l’encontre de tes croyances est du “baratin néolibéral” ?

    Non cela peut aussi être du baratin marxiste, par exemple… :))

    Au fait, ça veut dire quoi, pour toi, “néolibéral” ?

    On en revient à notre bon vieux dialogue de sourds des origines. Pour le coup je vais élargir ta question à celle-ci : “Au fait, ça veut dire quoi, pour toi, “baratin néolibéral” ?

    Amorçons la réponse par rapport à la sémantique. Le baratin néolibérale s’appuie toujours sur un néologisme pour faire autorité. C’est encore mieux si le terme est un anglicisme. Son argumentation repose sur des présupposés, une logique parcellaire ou une rhétorique scientiste qui visent in fine à faire l’apologie du mondialisme. Ainsi le fait de parler en introduction de “résilience au réchauffement climatique” présuppose qu’il s’agit d’un point indiscutable or le réchauffement climatique fait l’objet d’une très vive controverse.

    De même, le passage où il est question de la transmission des connaissances néglige l’aspect matérielle à savoir, que plus une connaissance se matérialise plus elle s’émancipe de son détenteur, plus elle s’assimile efficacement. Le langage ne suffit donc pas puisqu’il est immatériel et volatile. Toutes les civilisations qui n’ont pas développées l’écriture en dure et qui ne l’ont pas diffusé sont mortes ou sont demeurées à un stade archaïque.

    La connaissance liée à internet ou à l’informatique est elle même volatile et virtuelle. Elle fonctionne avec en prime, une très forte dépendance énergétique. Les sociétés qui encourage la dématérialisation des biens et des connaissances sont d’après moi condamnées à disparaître à cause justement de leur dépendance et de la complexité de leur ADN.
    Les espèces qui survivent au chocs naturelles sont celles dont l’ADN est primaire et dont les besoins sont facilement compensés. Les insectes survivent ainsi à tout…

    Les deux exemples que je viens de prendre attestent qu’il y a présupposé et point de vue parcellaire. Reste à faire la démonstration du contenu idéologique du texte.

    D’après l’auteur les seules puissances susceptible de résister à l’effondrement industriel sont les Etats-Unis et la Chine, deux puissances les plus engagées dans le libre échange et la technologie. Il invite donc, implicitement à les considérer comme des modèles à suivre sous peine de disparaître.

    Je pense mon cher @olbius que tu confonds un certain nombre de choses – si tu me permets cet avis.
    Le centralisme et le jacobinisme, l’état et la nation notamment. Il faut décentraliser, c’est vrai, pour que le travail et les richesses soient mieux réparties. Mais cette redistribution ne peut s’effectuer s’il n’y a pas une vraie interdépendance ou sans un corps pour encadrer les échanges.

    Le néolibéralisme produit des communautés de consommateurs. Il n’y a pas d’identité homosexuelle, pas d’identité religieuse, pas d’identité de genre, pas d’identité raciale, mais des consommateurs regroupés dans différentes illusions.
    Ce qui produit une identité, c’est un ensemble d’éléments (langage, géographie, Histoire, façon de se nourrir, climat, croyances diverses, usages, etc.) qui constituent une pensée et un corps.

    Ce corps c’est la Nation.

    Tu perçois l’état comme une mère nourricière alors que son rôle est de réguler. Si tu considères l’état comme la tête pensante de la Nation (du corps), tu pourras peut-être admettre que sa fonction est d’orchestrer et non pas d’assister. Les états versés dans le néolibéralisme démembrent leur propre corps en une myriade de communautés. Ils ne régulent plus rien et ne produisent plus aucune spiritualité (ou Histoire). Or c’est bien cela qui fait sens… ou qui en procure.

    Les individus sans enracinement, sans matérialités ne sont rien.
    Rien d’autres que des esclaves…
    Des déjà morts.

    Il en va de mêmes des civilisations.

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    Membre
    7 février 2019 à 12 h 27 min

    Hola!
    La collapsologie est un sujet qui m’intéresse particulièrement, c’est dommage d’ailleurs qu’il n’ait pas suscité trop d’intérêt ici..Avez-vous lu “Comment tout peut s’effondrer” de Pablo Servigne et Raphaël Stevens ou “L’avenir de notre liberté” de Jean-Hervé Lorenzi?

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    Usager supprimé

    Membre
    8 février 2019 à 21 h 42 min

    Quelques ouvrages lus qui m’ont intéressé :
    – fin de l’Occident, naissance du monde de Kempf
    – L’effondrement de la civilisation occidentale, Conway et Oreskes
    – Les guerres du climat, de Welzer
    – C’est maintenant, de Jancovici et Grandjean
    – La 6ème extinction, de Kolbert

    et tout juste terminé, Le syndrome de l’autruche de Marshall

    Je note les deux ouvrages cités par “Sapic”

    Il y a aussi quelques romans passionnants sur ce sujet…

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    Usager supprimé

    Membre
    8 février 2019 à 22 h 32 min

    Ça fait un moment que je suis Jean-Marc Jancovici, il participe à pas mal de conférences très intéressantes.

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    jasper

    Membre
    9 février 2019 à 22 h 01 min

    @sapic merci de citer jancovici. je ne le connaissais pas. C’est intéressant ce qu’il dit. Simple et clair et il explique de facon rigoureuse des trucs que je subodorais un peu sans vraiment en tirer toutes les conséquences qu’il tire.

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    jasper

    Membre
    10 février 2019 à 19 h 11 min

    @llaurent @sapic Après une cure de Jancovici , quelque chose m’intrigue beaucoup. Son principe est que, si la production de pétrole baisse, le PIB baisse. Même si le prix à la pompe ne change pas. Il dit quelque part que s’il y a moins de pétrole on met juste moins de machines en route.
    Ca me semble bizarre. Pour moi, moins de pétrole = on achète un pétrole plus cher d’ou un impact économique. Mais lui soutient que le prix ne change pas. Je n’y connais rien dans ces équilibres mais je me demande en permanence en l’écoutant si les courbes PIB vs production pétrolière ne peuvent pas être interprétées dans l’autre sens : chute du PIB -> diminution de la production pétrolière car baisse de la demande.

    Il a l’air de connaître le sujet parfaitement mais je ne comprends pas pourquoi le truc marcherait dans l’autre sens.
    est ce que j’ai mal compris?
    quelqu’un a une explication?

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    Usager supprimé

    Membre
    10 février 2019 à 19 h 40 min

    Si moins de pétrole, on peut pas en acheter autant qu’avant car :
    – moins de disponibilités
    – ressources ne permettant pas de l’acheter plus cher…

    Donc, baisse de la production puisque nos industries fonctionnent au pétrole, pour l’instant…

    Lorsque les richesses immatérielles (concerts, massages, enseignement, soirées contes, promenades, session de découvertes) seront comptabilisées dans le PIB, il y aura des mises à jour…

    Aujourd’hui, le PIB est un PIB matériel…

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