Et si être trop intelligent empêchait d’être heureux ?

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    jeanniec

    Membre
    11 février 2019 à 11 h 36 min

    Envie de citer l’ami Brel dans “La chanson de Jacky” : “Être une heure seulement, rien qu’une heure : beau ! Beau ! Beau et con à la fois !” 🙂
    Bon blague à part, c’est une question que je me suis souvent posée, celle de l’intelligence qui rendrait malheureux à force d’être trop conscient de mille choses, toujours à se poser des questions, à vouloir mieux faire, être meilleur, sauver le monde etc. Plutôt que de se résoudre au triste constat qu’on est plus heureux en étant con (si tant est que le bonheur ait une définition absolue, et qu’on puisse dire qui est con et qui ne l’est pas — ce dont je doute), j’essaie au quotidien de trouver une juste mesure entre réflexion et distance salutaire. Pas du lâcher prise niais, mais à quel moment une pensée devient plus nocive que constructive, à quel moment une réflexion tombe dans la rumination et risque de nos faire tomber dans un tragique constat d’impuissance. C’est un travail d’équilibre au quotidien que de vouloir penser toujours mieux, se cultiver, faire mieux… sans se laisser bouffer. Pas de recette miracle malheureusement, mais un vrai boulot sur toi. Puis le bonheur, plutôt que de le voir comme quelque chose d’absolu (ce qui le rend inatteignable), j’essaie de le percevoir comme par petits morceaux : de petites satisfactions ici et là. Avoir fait une sortie, vu un ami, fait quelque chose pour quelqu’un, fait un beau tableau, lu un bon livre… Cela me paraît plus salvateur que de se demander si l’on est heureux avec un grand H, surtout pour quelqu’un d’hypersensible qui n’ose pas se dire heureux si autour de soi tellement de choses vont mal et qu’on les ressent puissance 1000. Sans se mettre des œillères, tenter de faire au mieux pour soi, autour de soi, à niveau raisonnable ~
    Pardon pour ces élucubrations qui peut-être ne seront pas utiles xD

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    Usager supprimé

    Membre
    23 février 2019 à 13 h 10 min

    L’idée au fond pour échapper à cette “mélancolie du surdoué”, c’est de cultiver sa singularité, de l’apprivoiser, de lui donner un sens et de ne surtout pas considérer sa sensibilité comme une faiblesse : pour être mieux avec les autres, il faut respecter son fonctionnement et ne pas se laisser enfermer dans les interprétations que l’on fait de vous. “

    Je ne sais pas si l’on peut cultiver sa singularité ; l’apprivoiser n’est pas si facile que cela.
    Comprendre et apprendre à accepter notre Être, en se détachant totalement du “regard” et “jugements” appréciatifs ou dépréciatifs que les autres peuvent poser sur nous…la liberté d’Être ce que nous sommes.

    Ce ne sont peut-être pas les champs et degrés de “l’intelligence” qui viennent obscurcir les champs du Bonheur et du Bien-Être, mais peut-être davantage les champs de la “Conscience” plus “profonds” qui “surlignent de traits cernés”, notre impuissance face à une réalité qui nous fait souffrir…et que nous aimerions tant transformer et améliorer ?

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    alaric

    Membre
    19 décembre 2021 à 8 h 17 min

    @olbius

    J’ai beaucoup souffert et je souffre encore de ma supériorité intellectuelle mais cela se manifeste surtout dans ma relation aux autres. Comme l’immense majorité des gens n’ont pas mes capacités d’analyse, de raisonnement et de perception j’ai souvent l’impression de me retrouver face à un mur d’incompréhension indestructible.

    En fait, je n’essaye même pas ou presque de discuter vraiment avec la plupart des gens puisque je sens que c’est de peu d’intérêt. Par conséquent je m’adapte, je porte un masque et je discute de sujets triviaux.

    J’ai un intéressement différent de la plupart des gens et de mon environnement immédiat. Je suis très porté sur la culture et le savoir. Et encore, essentiellement le savoir scientifique et philosophique.

    Sans relâche depuis l’adolescence je constate que le manque d’intelligence des autres est source de malheur et de souffrance pour eux-mêmes, pour les autres et pour moi-même.

    En fait, je suis torturé par tout un tas de choses stupides depuis déjà longtemps. Je subis un environnement intellectuellement (et souvent aussi moralement) inférieur.

    Je ne sais pas si quelqu’un ici se retrouve dans mes mots (et mes maux) mais je suis désolé si je vous semble trop élogieux envers moi-même, j’ai essayé d’être le plus factuel possible.

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    Usager supprimé

    Membre
    19 décembre 2021 à 9 h 42 min

    Bonjour @alaric

    Il y a quelque chose qui m’interpelle dans ce que tu viens d’écrire. En effet tu dis que le manque d’intelligence des autres est source de malheur et de souffrances pour eux même. Pourtant tu nous dis ensuite que tu es torturé et que tu souffres. Pourtant tu es intelligent. N’est ce pas contradictoire?

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    hautpotentieldeconneries

    Membre
    19 décembre 2021 à 11 h 12 min

    Yo 🤘

    Ne pas être heureux n’est pas une caractéristique de l’intelligence. On peut être con comme un manche et malheureux, et prix Nobel de chimie et heureux. La singularité de l’intelligence dans le malheur est de vouloir comprendre / analyser / decripter le pourquoi du mal être. Ça devient problématique quand ça devient “la tâche de fond” de notre cerveau et qu’on est envahi par cette spirale dépressive. Les “normopensants” (quel terme à la con d’ailleurs) ont sans aucun doute le même mécanisme à l’œuvre mais on va dire qu’un cerveau efficient raffine ce processus ad noseam.

    Ensuite, vivre au près d’abrutis est la généralité, on choisit des amis, des compagnes/compagnons justement pour ne pas prendre cette vérité dans la tronche tous les jours. Quand on a du mal à tisser ce genre de relation, alors j’imagine que la masse des blaireaux est un poids.

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    silotine

    Membre
    19 décembre 2021 à 11 h 28 min

    bonjour Olbius,.. J’ai eu la certitude de mon hp il y a 3 ans seulement …. quel soulagement de pouvoir m’expliquer à moi même pourquoi de difficultés . Souffrance serait un mot trop fort pour moi. Ma plus grande difficulté réside dans le fait que ma sensibilité à l’environnement est extrême , quand je dis environnement je veux dire TOUT ce qui m, entoure: couleur, odeur , êtres humains, animaux, vent,TOUTE mon HYPER ACUITE permanente qui me rend souvent pessimiste et incomprise par les autres . Je suis très gaie,drôle, utilisant l’humour regulièrement et l’on apprécie ma compagnie … mais je sui INCAPABLE d’être INSOUCIANTE et c’est bien là mon malheur.

    J’essaie d’apprendre le lâcher prise mais….

    Je ressens ce que tu dis de toi parfaitement

    silotine

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    alaric

    Membre
    19 décembre 2021 à 13 h 39 min

    @alaric : j’ai aussi souffert durant très longtemps de ma supériorité intellectuelle ressentie. Notamment à travers un sentiment de solitude écrasant. Pas au niveau cognitif (je pensais que mes facilités venait du fait que j’avais été élevée par mon père et c’est d’ailleurs ce qu’on me disait, que c’était normal que je sois aussi forte puisque mon père était un prof polyglotte et polymathe… C’était ça ou on m’accusait de tricher, car pour certains profs ce n’était pas possible d’avoir de telles notes ou d’avoir réussi à faire certaines choses seule) mais au niveau de mes capacités d’observation (et j’ai d’ailleurs un raisonnement perceptif exceptionnel). J’étais complètement mégalo, oui. Mais j’ai bien compris la leçon : notre vision des autres, de ce qu’ils pensent, ressentent et sont est personnelle et c’est une projection bourrée de biais cognitifs.

    En tout cas, pour moi la majorité des hommes n’étaient que des imbéciles qui se croyaient plus intelligents que les autres, alors que je les trouvais si stupides… Mais il y a des hommes que je trouve intelligents, waouh ! 😱

    Tu as un père prof polyglotte et polymathe alors tu en as de la chance 🙂 , parce-que moi mon père n’a même pas été au collège (et ne s’est pas instruit davantage par lui-même) et une mère à peine alphabétisée: elle a des difficultés à la lecture. Je pense que ce sont les premières personnes avec lesquelles j’ai fait le constat que je percevais bien plus de choses qu’eux. Ensuite, plus mon cerveau gagnait en maturité plus ce cercle de personnes s’étendait.

    A vrai dire, j’ai aussi été accusé à tort de tricherie à l’école ou alors on pensait que je me faisais aider.

    Honnêtement j’ai déjà souffert de mégalomanie et j’en souffre encore aujourd’hui. Je pense que les tests de QI de haut niveau sont une forme de remède à cette mégalomanie, cela permet d’évaluer son niveau et de constater ses limites de façon plus objective. De plus, dans cet univers on peut rencontrer des gens extrêmement forts, on devient plus humble, et on retrouve une admiration pour l’intelligence des autres qu’on a du mal à trouver dans la vie réelle quotidienne.

    Sincèrement il m’est arrivé plus d’une fois d’avoir des pensées comme: “la grande majorité des gens sont stupides” ou “le niveau intellectuel moyen est lamentable”. C’est encore le cas parfois et cela ne me réjouis pas. C’est un constat qui s’impose à moi, un constat qui revient. J’ai pu voir que c’est un constat que d’autres personnes au QI élevé font également.

    J’ai entendu dire (sans avoir aucune source scientifique) que si l’écart de QI est de 30 points ou plus alors l’autre personne vous paraît stupide. 30 points de QI c’est ce qui sépare une personne moyenne (100 de QI) d’une débilité légère (70 de QI).
    Si on applique le même raisonnement dans d’autres proportions alors une personne qui à un QI de 160 ou plus est séparée de 30 points par au moins 98% de la population. Ca explique peut-être le constat que font certaines personnes.

    Ce fut un plaisir de te lire et de te répondre Kitsunebi 🙂. A bientôt.

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    alaric

    Membre
    19 décembre 2021 à 19 h 03 min

    je pense que c’est une erreur de se fier juste au QI global, car les résultats des subtests ne sont pas forcément homogènes, et on peut aussi rater ses tests, en fonction de son état de santé et/ou émotionnel du moment.


    Oui. Je parlais dans le cas où les résultats des tests reflètent vraiment le QI d’une personne.

    C’est sûr que concernant le niveau de langage, le raisonnement perceptif et/ou abstrait ou encore le niveau de la vitesse de traitement de l’information ou encore de la mémoire , s’il y a trop d’écart, alors ça peut générer notamment beaucoup de frustration voire d’agacement… Des 2 côtés.

    Oui.

    Et/mais c’est pareil, mais d’1 seul côté, concernant ce que j’appelle l’intelligence interpersonnelle ou la capacité à se mettre à la place de l’autre, ou encore au niveau des compétences émotionnelles ou encore stratégiques… qui font aussi partie de la cognition… Cette capacité d’adaptation aux autres…

    L’intelligence interpersonnelle fait partie des intelligences multiples d’Howard Gardner. Je ne sais pas si tu pensais à ce concept des intelligences multiples mais je considère ce concept comme plus que de la foutaise. J’y reviendrai si j’en ai envie.
    Je ne sais pas ce que c’est que les compétences émotionnelles. Pour moi l’intelligence émotionnelle (si tu penses à ce concept) est une ineptie, un non-sens qui sert surtout à accorder des talents à des gens qui n’en n’ont pas.

    Sinon, je pense que c’est une erreur de trop montrer son intelligence dans la vie courante, car cela peut faire peur aux gens et/ou leur écraser leur ego s’ils ont l’impression d’être bête ou incompétent à côté de toi. Et cela peut entrainer pas mal d’ennuis ensuite…😅

    Oui. D’ailleurs je suis prudent de ce coté là. En vérité je m’adapte au niveau d’autrui sans leur parler des résultats que j’obtiens aux tests de QI (ou quasiment jamais…) ni aborder des sujets comme l’intelligence. Je pressens que leur faire sentir mon plus haut niveau (au moins au sens du QI) risque d’attirer la jalousie.

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    alaric

    Membre
    19 décembre 2021 à 20 h 21 min

    @alaric : je crois à l’intelligence émotionnelle..

    Les compétences émotionnelles, pour moi c’est identifier les émotions, les siennes et celles des autres, les comprendre et savoir les utiliser. Tout comme nos sentiments…

    Des émotions et sentiments intenses peuvent nous faire perdre notre capacité à raisonner et nos émotions et sentiments influent sur notre perception des choses et des gens, des événements, sur notre prise de décision, nos jugements et peuvent être un puissant vecteur de communication à autrui… Y compris pour les influencer.

    Et si jamais nous ne sommes pas capables de tenir les rênes de nos propres émotions et sentiments, quelqu’un d’autre peut en prendre le contrôle…

    Je ne partage pas cette opinion mais je la respecte.

    je ne suis pas sûre que cela fasse vraiment envie à tout le monde, un QI exceptionnel. 😔

    Je pense que tu as raison.

    Et nous avons tendance à sur-estimer notre intelligence ou la sous-estimer… Tout comme celle des autres.

    Ici aussi je pense que tu as raison.

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    hautpotentieldeconneries

    Membre
    19 décembre 2021 à 22 h 37 min

    @alaric

    “Je ne sais pas ce que c’est que les compétences émotionnelles. Pour moi l’intelligence émotionnelle (si tu penses à ce concept) est une ineptie, un non-sens qui sert surtout à accorder des talents à des gens qui n’en n’ont pas.”

    Ah bon ? Un comédien qui t’arrache des larmes en représentation, un politicien qui soulève des foules, un psychologue qui démêle tes affects, un marketeu qui va déclencher l’envie d’un achat à la con, un escroc qui tond des veuves, n’ont ils pas une forme d’intelligence émotionnelle ?

    🤔

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