Mon hospitalisation et l’errance de mon diagnostic de schizophrénie

  • Mon hospitalisation et l’errance de mon diagnostic de schizophrénie

    Publié par chaelly_ le 25 janvier 2023 à 20 h 24 min

    Bonjour, c’est la première fois que je mets les pieds sur ce forum. J’ai vraiment envie de m’exprimer par rapport à la détresse qui m’accompagne depuis plusieurs années. Le partager me semble essentiel : j’ai envie de sensibiliser les autres personnes qui se sentent affectés par une situation probablement similaire. Je vais témoigner la situation qui m’a mené à cette détresse psychologique. J’ai actuellement 17 ans, je passe mon baccalauréat mais j’ai cependant aucune perspective d’avenir. J’ai en effet endurée de nombreuses années d’harcèlement persistant. Entre les coups, les remarques sur mon physique, ma manière d’être, cela a réduit mon estime de moi à néant. J’ai toujours eut des difficultés à m’intégrer et à suivre des règles sociales assez strictes. Depuis la primaire, je me faisais constamment punir par rapport à mon comportement, je passais mon temps à faire le pitre pour dissimuler certaines choses qui me dérangeaient. Comme par exemple le fait de rentrer dans le moule. Les professeurs me décrivaient comme une élève remplie de fantaisie et de créativité malgré ma façon de me comporter. J’entretenais une forte proximité avec le dessin et l’écriture. Bien que je ne montrais pas de l’intérêt à travailler sérieusement, j’avais de très bons résultats. Mais les professeurs me reprochaient mon comportement ainsi que l’irrespect des codes sociaux qui nuisent à mon travail pouvant être excellent. À vrai dire j’ai toujours eut des difficultés concernant la vie en société. J’ai également toujours eut du désintérêt pour l’école qui étouffait cette même excentricité. Bien que j’ai toujours apprécié la participation en cours, quand il s’agissait d’être notée, ça me décourageait énormément. Ça m’a encore empêché de libérer mon potentiel. En bref, j’ai passé une agréable enfance malgré certaines petites difficultés pour m’intégrer. Arrivée au collège, j’ai eut l’impression de débarquer dans une fosse aux lions. Ça été le déclenchement de gros problèmes ajouté à cela ma sensibilité excessive. Je prenais les choses de manière si forte que même les adultes n’arrivaient pas à comprendre ma situation. Mais je le vivais vraiment, les gens étaient très critiques avec moi, je voyais bien du dédain dans leur regard. Mais les adultes ne comprenaient pas la manière dont j’analysais certaines situations. Certaines phrases qui pouvaient sembler normales, moi je les analysaient et je me questionnais sur le point de vu de mon interlocuteur. C’est cette incompréhension qui a décrédibilisé mon discours quand les responsables se questionnaient sur mes crises d’angoisses par rapport à l’harcèlement. Les professeurs me disaient que c’était sûrement moi l’erreur quant à ma difficulté à m’intégrer puisque toute la classe s’entendait bien. J’ai toujours senti ce décalage persistant. Les filles aimaient parler de certaines choses dont je ne ressentais pas vraiment de similitudes. J’étais toujours dans mon monde imaginaire de films d’animation, de monstres, de héros, de shonen, d’astronomie, d’histoire, de sciences… Cette imagination m’a permise de me consacrer pleinement au dessin et j’ai pu gagner un concours de dessin organisé au collège en 6ème. J’écrivais également des histoires depuis la primaire. C’était ma première fierté, j’avais gagné de l’argent et ça me rassurait, bien que je me sentais toujours folle en rapport à mes difficultés à m’intégrer. C’est en 5ème que j’ai commencé à douter de ma manière d’être. Je me haïssais et je me questionnais sur ma taille, j’avais baissé en terme de résultats scolaires sans comprendre. Les professeurs me décrivaient comme une élève perdue, toujours dans la lune et précisant sur les bulletins mon désintérêt pour les cours. Je pense que ça ne me correspondait pas vraiment bien que j’appréciais apprendre de nouvelles choses. Je me réfugiais sur internet, j’essayais de tourner de nombreuses vidéos, j’étais très fan de jeux vidéos. Cette fantaisie me nourrissait, en réalité, mon monde me rendait si heureuse ! Cependant, l’harcèlement, je le subissais toujours : une fille a voulu me rejoindre à l’extérieur du collège pour me frapper, on se moquait de moi en imitant le singe. On m’a donné des gifles, on me touchait le derrière. Mes parents en ont parlé à l’administration mais les responsables prenaient vraiment à la légère ce problème puisque j’étais déjà quelqu’un qui causait beaucoup de conflits mais j’étais surtout inadaptée (même vis à vis des professeurs). Jusqu’à l’élément perturbateur, le point culminant : la 3ème. J’étais très instable, j’avais accumulée tous mes sentiments négatifs pendant toutes ces années et mon anxiété était à son paroxysme. C’était une année si chaotique, comme si toute la passivité de mon entourage vis-à-vis de ma manière de ressentir les choses s’est répercutée sur mon harmonie mentale. J’étais rongée par la peur, je me mutilais, je me réfugiais dans le virtuel, à tel point que ce monde comptait plus que la vie réelle. L’harcèlement avait également atteint des sommets : la classe s’est mise autour de moi pour me parler de manière condescendante, à engrener la situation en inventant des paroles que je n’ai pas dites. De nombreux élèves de ma classe ont commencés à me frapper simultanément, me donner des chiquettes, m’inciter à dire des choses racistes pour faire plus de problèmes, on m’insultait par rapport à ma taille, on m’a classé comme la plus laide de la classe. Toujours cet air dédaigneux. Certains élèves ont créé des groupes dans lesquelles ils ont parlé de moi à d’autres personnes d’un établissement du même secteur. Ils disaient des choses pour empirer la situation. Je me faisais également cyber harcelée mais c’était des amitiés virtuelles. C’était des gens très malpolis, qui appréciaient également rabaisser pour blaguer. Moi je trouvais que c’était la norme (je voyais que les gens se faisaient accepter quand ils avaient de la répartie) du coup j’essayais de m’intégrer dans le groupe de ces utilisateurs. Les insultes étaient inimaginables : sale handicapée, suicide-toi, tu as une tête d’enfant de 8 ans, sale conne… C’était insupportable, je n’ai même pas pu me remettre de l’événement de la classe qui m’a entourée pour m’insulter. J’en ai parlé à mes professeurs, ils ont pas vu cet acharnement et ont logiquement cru l’ensemble de ma classe. Les responsables avaient l’habitude de mes problèmes et de mes conflits donc ils ne prenaient pas cette situation très au sérieux. Quand le CPE principal m’a vu il était étonné : encore toi ? Il m’a disputée parce que je faisais encore des problèmes avec les autres. C’est vrai que j’étais réceptive à leurs critiques mais c’était seulement parce que je ne voulais pas me laisser faire. Les professeurs prenaient ça pour de l’insolence. Jusqu’au jour où on m’a convoquée suite à une énorme crise d’angoisse : je me suis retrouvée chez la principale adjointe à lui raconter mon problème. Elle m’a dirigé vers le nouveau principal. Je dû tout lui raconter mais le problème c’est que, suite à cet événement durant lequel on m’a frappé, j’étais très affectée émotionnellement. J’étais énormément anxieuse. Le proviseur a prit ça pour de la bizarrerie comportementale parce que la situation était tellement forte que je n’arrivais plus à raconter correctement ce qui m’arrivait. Cela avait l’air disproportionné par rapport à la situation qui avait l’air si banale… J’insiste bien sur « avait l’air banale » je ne savais pas exprimer pleinement ce que je ressentais mais c’était vraiment la réalité. Mais on m’a fait douter de cette même réalité. C’est ainsi que le proviseur a dit à mes parents de m’emmener à l’hôpital psychiatrique d’urgence parce que j’étais « désorganisée »… Mes parents ont apprit ça, ils étaient effrayés par rapport à mes angoisses et à ma réticence à aller en cours. Ils ont logiquement écouté mon proviseur qui disait que j’étais anormale. Mes parents m’ont vu affectée par la situation, ils se sont inquiétés et ont fait comme me l’a dit mon proviseur : m’emmener en hôpital psychiatrique suite à une crise émotionnelle. J’ai passé un entretien. On m’a dit que j’allais suivre des séances chez le psychologue etc…mais il n’y’avait plus de place pour les prises en charge psychologiques. J’ai repassé un entretien, cette fois-ci avec des psychiatres, on m’a dit que j’allais passer du temps avec des adolescents pour me reposer. Moi j’étais passive, je m’en fichais, j’étais très indifférente, je prenais cette situation à la légère, jamais je n’aurais pensé que ça allait mené à une telle situation. Ça n’avait pas l’air grave après tout…

    Résultat : je me retrouve en hospitalisation alors que je l’ignorais. On m’avait seulement parlé d’un centre dans lequel je pouvais profiter de diverses activités pour me reposer. J’avais pensé saisir une certaine occasion pour fuir le collège, j’étais réceptive à toute chose. J’ai vraiment angoissé, je me suis retrouvée dans un couloir sans savoir quoi faire, j’étais avec des gens beaucoup plus affectés psychologiquement. J’absorbais toutes leurs émotions négatives telle une éponge émotionnelle. J’étais tellement affectée et traumatisée que j’avais l’air peut-être (vraiment) bizarre. C’est vrai que je réagis excessivement. Mais ça ne justifie pas cette situation. Je me fais harcelée et finalement c’était moi l’erreur, la bête noire ? Après on m’a évidemment diagnostiqué un trouble très grave : une décompensation psychique. Vous imaginez bien ma réaction. Surtout que je m’étais persuadée de ma propre folie à cause de ma difficulté à m’adapter, ça validait encore plus la vision que j’avais de moi-même. On m’a bourrée de médicaments lourds, j’étais sous camisole chimique pendant 2 semaines alors que mon cerveau était en pleine croissance. J’avais 14 ans. Je n’étais pas au courant de la gravité de la prise d’antipsychotiques. J’ai tout fait pour sortir, je me suis montrée irréprochable. Je suis sortie au bout de 3 semaines. J’ai pris beaucoup de poids. Je n’écrivais pas aussi bien qu’avant. J’avais perdu cette vivacité, ce monde remplit de fantaisie. J’étais aveuglée, on était rassurée de me voir calme, zombifiée. Je paris que j’ai perdu de nombreux souvenirs, je faisais plus de fautes d’orthographe que je ne faisais pas avant ma sortie. J’ai revu des messages avant mon hospitalisation et tout juste après, la différence était flagrante : les phrases étaient beaucoup plus amoindries en terme de mots. La dopamine réduite dans mon cerveau à cause des traitements m’a énormément compliqué la vie. Ma créativité était enchaînée, toujours, avec des chaînes aussi imposantes que la manière dont on m’a rejetée. À mon retour les élèves ont commencé a dire que j’avais grossis, les cyber harceleurs ont vu les photos que je postais, ils commentaient des choses tels que « grosse baleine », « ton ventre je paris que c’est un trampoline », « sale grosse ». Je pleure actuellement en écrivant ces phrases. J’ai ensuite revu de nombreux psychologues à mon retour. On m’a dit que c’était finalement une erreur de diagnostic. Je ne suis donc pas schizophrène ? Que suis-je ? Pourquoi je suis si étrange ? On m’a parlé de précocité, de ma manière de ressentir les choses. Enfin je pouvais poser des mots sur ce qui me dérangeait pendant toutes ces années infernales. J’étais soulagée mais en même temps, je n’y croyais pas vraiment. Comment pouvais-je passer d’un tel diagnostic de décompensation psychique à cela de la part des psychologues ?

    Suite à cet événement, j’ai réussi à passer un cap. J’ai changé d’école, de milieu socioculturel. J’ai réussi à me lier d’amitié avec un groupe de personne. J’ai passé cette année, j’ai été accepté dans d’un établissement prestigieux. J’ai pu exprimer mon art. Mais j’ai toujours gardé des séquelles par rapport aux choses en lien avec l’école. J’avais perdu quelques amis. Je n’aimais plus du tout ça, je me forçais à y’aller. En première j’ai aimé un garçon, je voulais m’attacher à une chose qui pouvait me permettre de vaincre ma solitude. J’étais amie avec l’unes de ses amies. Je transgressais toute règle sociale à partir de la première. J’étais infernale. Ces séquelles se sont accumulées, j’ai comme changé drastiquement. Je ne voulais plus rien respecter. J’ai fais une énorme dépression, je n’arrivais plus à me remettre de cet événement. J’avais drastiquement changé de style vestimentaire, j’ai tout fais pour perdre du poids, j’ai commencé à fumer, je sortais faire le mur, je flirtais avec d’autres garçons pour briser cet ennui, je volais des choses dans des magasins, j’essayais de m’accrocher à des groupes de personnes pour ne plus me sentir à l’écart. J’ai rejeté ce que j’étais. J’ai commencé à gagner en popularité. Mais je me détestais. Le garçon m’a envoyée balader quand mon amie, qui était également son amie, lui a tout dit sur mes sentiments. Suite à ça, j’ai arrêté toutes ces conneries. Je me suis renfermée, je ne voulais plus parler à quiconque. J’ai commencé la musculation, j’ai coupé mes cheveux très courts, je les ai teints en noir, j’avais encore plus maigris. J’étais plus en inhibition intellectuelle, j’ai commencé à lire de nombreux ouvrages, à m’intéresser à des chercheurs en sociologie, en psychologie, en astronomie, en histoire… J’ai coupé toute relation. J’avais accumulé des connaissances. Ma famille s’était lassée de ma présence suite à ce que je faisais. Mais je persistais. Actuellement, je n’arrive plus du tout à m’adapter au sein de cette société. J’ai perdu ma lumière intérieur, ma fantaisie, mon imagination, mes souvenirs… Ce qui m’aide encore à persister ce sont mes passions telles que le dessin et l’écriture : écrire des histoires est un réel aspect exutoire concernant mon monologue intérieur. Mais cette camisole, ce conformisme m’empêche de m’adapter. Je ne sais plus si c’est moi qui ne tourne pas rond ou c’est tout simplement le monde qui raffole d’une certaine normalité semblable à une dépendance pathologique d’une drogue. Je suis énormément révoltée. Révoltée contre ce système scolaire machinal et robotique. Révoltée contre cette uniformisation qui rejette chaque once d’humanité chez-nous. Ce rejet social a en effet été compliqué pour moi, d’autant plus que j’ai toujours eut une certaine proximité avec le fait de contrer ces règles imposée. Surtout l’école. J’ai toujours eut un problème avec l’école, j’ai l’impression qu’elle ne m’aime pas. En fait, ce n’est même pas une impression, c’est la réalité. Elle m’a consumée à petit feu. Ce système m’a valu une tentative de suicide. Une obligation est imposée pour chaque individu pour qu’il supporte un tel endroit. Si ce n’est pas le cas, c’est un parias, un marginal, un hors cadre. Je suis tellement fatiguée. Je suis lassée. Je sais que mon discours peut paraître remplie de victimisation, mais c’est vraiment l’intégrité de ma pensée qui s’exprime. Je ne ressens plus la même sensation de monde en couleur d’avant, mes souvenirs se sont envolés pour laisser place à du néant. Avec du recul, j’ai mieux compris la raison de toutes les choses que j’ai pu faire. J’avais l’impression que ce que j’ai vécu m’avait empêché de vivre mon adolescence… D’autres font la fête, d’autres sont en réussite scolaire, d’autres sont appréciés par les autres. Mais moi, je passe mon adolescence à ruminer mes pensées, à me sentir à part, comme si un voile s’était dressé devant moi et les autres. Avec du recul, ça n’a pas réellement changé. Je n’arrive plus à apprécier les relations sociales. Ma meilleure amie m’a abandonné, pourtant, je n’imaginais jamais une chose pareil de sa part. Elle qui me comprenait. Finalement, j’ai seulement besoin d’être comprise. Voilà, j’espère que ce témoignage vous aidera, cela me tient énormément à cause. Je regrette toute cette hospitalisation, tout ce que j’ai vécu, ces médications. J’ai juste peur. Malgré mon intérêt pour le dessin et l’animation, personne ne me pense réellement réussir suite à mon année de première. Je suis actuellement perdue, je veux seulement être rassurée. Merci d’avoir lu ce long message !

    Usager supprimé a répondu il y a 5 jours, 9 heures 5 Membres · 7 Réponses
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    Kitsunebi

    Membre
    25 janvier 2023 à 22 h 45 min

    Bonsoir. Je trouve tes écrits touchants, mais je trouve que c’est compliqué d’y répondre. Chaque personne et vécu est unique, et il est difficile de se mettre à la place de quelqu’un et de le conseiller ou de le rassurer comme il le faudrait, même si on le voudrait. En ce qui me concerne, on m’a tellement dit de fois que c’était “impossible”, alors qu’en fait cela ne l’était pas… Sans essayer, parfois, tu ne peux pas le savoir. Quand j’étais en licence de sociologie, ma meilleure amie de fac a perdu son compagnon d’un cancer généralisé. Elle avait laissé tomber les cours avant le milieu de l’année, mais j’ai réussi à la convaincre de venir une heure avant chaque examen, pour que je lui fasse une synthèse de tous les cours et qu’elle puisse au moins essayer. Et bien elle a eu sa licence, elle aussi ! Donc… Même si parfois on échoue, je pense qu’on peut aussi avoir de bonnes surprises sur ce que nous sommes capables de faire. Bon courage à toi pour tout.

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    chaelly_

    Membre
    26 janvier 2023 à 2 h 18 min

    Bonsoir, merci beaucoup pour ta réponse. Il est effectivement très compliqué de rassurer quelqu’un, surtout pour trouver les bons mots. Le simple fait de lire mon témoignage suffit à m’aider. Alors merci. Pour rebondir à ce que tu as dis concernant l’échec, il est vrai que rien n’est impossible, il y’a une solution à tout. J’essaye de patienter, j’espère pouvoir me relever et réaliser mes objectifs même si ils paraîtront inatteignables à l’égard du commun des mortels. Surtout en comparaison avec ma situation initiale. Je suis fière d’avoir su résister, de pouvoir écrire ces phrases, de persister. Mais c’est vrai que ça laisse des traces. C’est pour cette raison que je dois faire doublement les mêmes efforts que certains camarades dans mon lycée par exemple.

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    Kitsunebi

    Membre
    26 janvier 2023 à 7 h 27 min

    Bonjour,

    Pour moi tout n’est pas faisable et cela peut être dangereux de le penser, mais tu as effectivement déjà prouvé notamment le courage, la résilience, les efforts que tu es capable de fournir ainsi que tes capacités d’adaptation et tes talents, alors pourquoi tu ne pourrais pas réussir ? Tu as tout à gagner à essayer, et pas grand chose à perdre. Tu pourras au mieux réussir et au pire tu auras été capable d’utiliser tes ressources pour progresser ! Tu n’auras pour moi rien perdu. Après, c’est ma façon de voir les choses.

    De plus, quoi que tu dises et/ou fasses et/ou sois, la critique pourra être inévitable, alors inutile de porter des masques souvent bien trop lourds à porter, mieux vaut être et agir comme tu le sens, suivre ta voie et non la tyrannie des autres et simplement garder de la distance avec les personnes dont les comportements te procure du mal-être et qui voudrait t’imposer une image de toi qui ne te correspond pas, qui peut souvent n’être que le reflet de leur propre esprit tourmenté.

    Quand nous sommes adultes, nous sommes responsables de notre propre protection et intégrité, de ce que nous nous mettons dans la tête, et de nos paroles, actions, inactions et silences. Et pas de ceux des autres. Après, tu es jeune et en principe tes parents sont sensés être là pour toi… Mais pour moi ils n’ont jamais été des guides à suivre… Heureusement, nous pouvons être nos propres guides et il faut écarter de nos pensées les attentes que peuvent avoir les autres envers nous, pour s’attacher aux nôtres, tout en acceptant nos imperfections et le fait de ne pas toujours réussir à répondre à ces attentes… Voire les faire évoluer, tout comme nous. De toute façon, qu’on le veuille ou non, nous évoluons, alors autant essayer de faire en sorte que ce soit dans un sens qui nous plaise.

    Quoiqu’il en soit, chacun se fait un portrait de l’autre non figé dans le temps et l’espace avec ce qu’il existe dans son esprit et aussi en fonction des informations dont il dispose, de leur hiérarchisation, de la véracité qu’il leur accorde, l’analyse qu’il en fait… Bref, autant peindre nous-même un portrait de nous qui puisse nous plaire et s’y conformer et/ou le faire évoluer, quitte à redonner des coups de pinceaux voire carrément changer de toile. Ou encore écrire une nouvelle page de notre histoire voire changer de chapitre ou de tome.

    Sinon, le sommeil profond réparateur est moindre chez un HPI, il a donc besoin de plus de sommeil, et aussi de repos, car si son cerveau a un bon rendement et peut consommer moins de glucose que celui des autres, il peut aussi s’épuiser bien plus vite. Normal, vu qu’il est généralement plus rapide et que son esprit peut partir très vite très loin et dans tous les sens. Ce qui peut lui causer trop de questionnements et d’anxiété, mais ce qui peut aussi le rendre très créatif. Donc… J’espère que tu prendras bien soin de ton sommeil, repos… Et de toi, plus généralement !

    Je te souhaite un bel avenir, notamment dans le domaine artistique !

    Bonne continuation à toi !

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    matty

    Membre
    26 janvier 2023 à 11 h 39 min

    L’enfance et l’adolescence sont des périodes compliqué pour les EIP-HPE. On se prend tout en pleine face sans recul, ni sur ce monde ni nos particularités. On ne se comprend pas, on ne comprend pas les autres, c’est une errance qui peut sembler sans fin. On s’épuise à essayer de se “normaliser” mais malgré qlqs semblants de réussites la “rechute” est assurée et on se convainc qu’on ne vaut et ne vaudra jamais rien, que c’est foutu pour cette vie.

    Et puis, et puis, le temps passant, rencontres faisant, compréhensions venant, on réalise que notre singularité est irréductible et ne saurait se conjuguer non avec des moins mais avec des plus. Le tout étant de ne pas lire le mode d’emploi à l’envers, de ne pas à tout prix se fondre dans l’absurdité du monde typique qui nous déprime au plus haut point, de garder loin de soi les avis et les croyances des non hp sur la douance et sur ce qu’il convient de faire pour notre salut. Bref, petit à petit on intègre notre différence, on se reconnaît comme légitime dans nos décalages et surtout on réalise qu’on est nombreux, que l’humanité est plurielle et qu’il convient de, replacer chacun dans son contexte neurologique, ne pas s’attendre à être compris par tous, ni être compatible avec la masse. Notre vie est et restera singulière jusqu’à notre dernier souffle et c’est le cas pour des millions d’autres nous de par le monde. La vie est un mystère ? Tant mieux, trop de simplicité nuit à notre intérêt pour elle.

    L’aventure nous attend donc à chaque coin de rue, à chaque seconde. On prend ou on ne prend pas, libre que nous sommes. Et chaque jour qui passe nous rapproche de nous-mêmes car nous sommes constamment en marche.

    Tu te sens seul ? Au contact des neurotypiques ce sera toujours le cas, alors chercher le zèbre autour de soi peut être salvateur.

    Tu as bien fait de poster.

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    Kitsunebi

    Membre
    26 janvier 2023 à 12 h 08 min

    Je voulais juste rajouter que si je pense aussi qu’on ne peut vraiment se rapprocher de manière épanouissante que d’un autre HPI (on peut aussi avoir de bonnes relations “superficielles”… Mais pour moi ce n’est pas suffisant), il faut faire attention à ne pas se rapprocher non plus de n’importe quel HPI. Le fonctionnement cérébral, c’est une chose, mais la personnalité de l’autre et tout ce qu’il peut avoir mis dans sa tête en sont deux autres (entre autres choses)… 😅

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    tres-lointaine

    Membre
    26 janvier 2023 à 14 h 31 min

    Coucou, une très grosse partie de mon vécu est comme le tien alors je te comprends beaucoup, je surcompatis…
    Moi aussi l’ignominie de cette société m’a détruite en ma profondeur authentique, m’a volé mon innocence.
    Hui je me venge en faisant revivre encore plus fort ma différence, ma richesse, mon originalité ; c’est la société qui nourrit (pourvoit) mes besoins (cause handicap)· C’est coûteux émotionnellement, sentimentalement… Mais je n’ai pas d’autre choix·

    Le problème est tout simplement qu’on vit dans un peuple qui ne réfléchit pas aux choses. Ça vit juste par automatisme comme des animaux. Personne ne prend d’initiative pour améliorer sa propre situation car ça demanderait une faculté d’introspection ainsi que recul, qu’intelligence, donc on se préoccuppe encore moins de la situation globale…

    Les gens comme toi, comme moi, sommes des êtres subtils vivant au sein d’un peuple d’êtres grossiers donc inadapté ; mais maintenant que tu as conscience de tes capacités, ta valeur ainsi que celle du monde il n’y a aucune raison pour que tu ne puisses pas tout concilier avec intelligence pour t’y créer ta place harmonieuse.

    Aussi te lisant il me semblerait que tu puisses être surdouée complexe avec un certain TDA(H) — biensûr ce n’est qu’une hypothèse·
    En tout cas il faut savoir que les erreurs de diagnostic sont fréquentes, la profession mal formée. Particulièrement en ce qui concerne ces méconnues atypicités neurodéveloppementales. Tu es loin d’être la première neuroatypique qui seras d’abord passée par de foireuses cases de troubles psych(olog)iques·

    ♠ ♣ (respectivement amour de compassion puis espoir en le changement du temps)
    PS : on écrit ‾eu‾, pas ‾eut‾

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    Usager supprimé

    Membre
    26 janvier 2023 à 19 h 14 min

    Bonsoir,

    Je trouve que tu as une grande maturité d’écriture pour une jeune fille de seulement 17 ans…et en même temps “tout” ce que tu as vécu fait que tu avais de quoi dire, de quoi écrire.

    J’entends que tu aimerais être rassurée sur l’avenir, mais tu te doutes bien que c’est impossible…

    Alors simplement, je te dirais que je te souhaite, un jour, de passer l’étape qui consiste ne plus avoir (ou à beaucoup moins avoir) ce “besoin d’être comprise” parce que tu te feras suffisamment confiance pour analyser et tirer des leçons de tes expériences, ainsi que pour créer du lien. Sans tenter de te justifier ou de t’excuser d’exister ^^

    Ce sera autant d’énergie que tu pourras réinvestir dans tes passions, dans l’art, dans ce qui te porte véritablement.

    Je te souhaite également, avec le temps, de ne pas porter en toi de regrets car, t’aimant profondément, tu sauras que tout ce que tu as vécu, toutes tes facettes participent à construire celle que tu es, celle que tu aimes au présent.

    Et puis tu sais, on finit toujours par trouver des personnes avec lesquelles échanger des regards francs et de beaux petits instants. ^^ “tout le reste” ne rend ces moment là que d’autant plus savoureux 😉

    Bonne chance ! 🍀