Je trouve la réflexion de @Falko très juste.
Comme lui, je pense que l’intelligence est multiple, mouvante, jamais figée. Souvent, les personnes réellement intelligentes doutent — non pas d’elles-mêmes dans le sens de l’insécurité, mais parce qu’elles perçoivent trop de nuances pour s’enfermer dans une certitude.
Personnellement, avant d’accepter que j’étais “intelligente”, il m’a fallu du temps, des preuves, des confrontations… et encore aujourd’hui, je sais que je ne le suis pas sur tous les sujets, ni tous les jours. Ça dépend aussi beaucoup du regard de celui qu’on a en face.
Pour moi, une forme d’intelligence, c’est d’avoir un esprit ouvert : savoir se remettre en question, remettre en question ses propres idées et écouter celles des autres. C’est aussi être curieux, en apprentissage permanent, sans jamais croire qu’on est “arrivé”. Et au-delà du mental, c’est faire preuve de respect, de bienveillance, d’empathie, de compassion. Bref, une intelligence du cœur autant que de l’esprit.
Concernant la stabilité, j’aime bien la distinction que Falko évoque. Je crois qu’il y a une stabilité extérieure — qui est une illusion, puisque tout change sans cesse — et une stabilité intérieure.
Celle-ci n’est pas l’absence de mouvement, mais la capacité à rester centré au cœur du mouvement.
Ce qui change, c’est notre mental, notre corps, nos idées, nos émotions… Ce qui ne change pas, c’est cette énergie de vie, cet amour profond (pas celui des romances humaines, mais cette vibration universelle qui relie tout). C’est là, pour moi, la seule vraie stabilité : celle qui vit au milieu du changement.
Et puisque le sujet touche à l’équilibre intérieur, j’ajouterais un mot sur cette idée très présente dans la spiritualité moderne : celle des <em data-start= »716″ data-end= »734″>flammes jumelles.
J’ai longtemps aimé y croire — l’idée qu’il existe quelque part un être qui nous compléterait parfaitement a quelque chose de réconfortant et de poétique. Mais au fil de mes expériences et des enseignements que j’ai reçus, j’ai fini par y voir une belle métaphore plutôt qu’une réalité littérale.
Si le “temps” n’existe que dans notre dimension, et que la Vie (ou Dieu, selon le nom qu’on lui donne) s’est manifestée d’un seul élan, alors tout ce qui est déjà… <em data-start= »1213″ data-end= »1218″>est. Nous ne sommes pas des moitiés en quête de notre autre, mais des expressions partielles d’un tout qui cherche à se souvenir de lui-même.
Ce sentiment de manque, ce désir de fusion, viendrait alors de notre éloignement du divin, de la vie même. Et la seule vraie “réunion”, selon moi, se vit à l’intérieur : quand on se reconnecte à cette présence immuable qui est déjà en nous.
C’est d’ailleurs peut-être ça, la vraie stabilité dont on parlait plus haut : être complet, ici et maintenant, même au milieu du changement.