Le monde est-il comme on le voit ?

  • Le monde est-il comme on le voit ?

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    joelliberte13

    Membre
    13 janvier 2022 à 13 h 25 min

    Assurément pas car comme le disait une personne, car on croit voir un objet compact et continu, or en réalité il est composé de petits grains de matière aussi espacés que 2 boules de pétanques situées à 3km l’une de l’autre (très approximativement).

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    byaku

    Membre
    13 janvier 2022 à 14 h 41 min

    Uniquement de ” petits grains de matière ” ? Quid des photons et des autres bosons de jauge ?

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    matty

    Membre
    13 janvier 2022 à 17 h 21 min

    Oui à la fois le monde est tel que nous le percevons, mais il est loin de se réduire à nos capacités très restreintes de perception.

    La matière est énergie et dans mon souvenir c’est la force électromagnétique qui malgré le “vide” entre les particules et au sein des particules nous empêche de jouer les passe murailles.

    Mais assurément je ne suis pas un spécialiste, @SeaYou aurait à cout sûre de biens meilleurs références à nous proposer. Enfin je veux dire que ce serait avec grand plaisir que je le lirais.

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    joelliberte13

    Membre
    13 janvier 2022 à 17 h 43 min

    @byaku exact

    @matty Imagine qu’à ma place se trouve un hologramme 3d, mais avec des champs électromagnétiques répulsifs de façon à ce que ma main ne traverse pas le mur. In fine il serait si difficile de faire la différence entre cela et la matière de mon corps, qu’on en arrive à se demander si la matière, quelque part, n’est pas un champ photonique avec champs électromagnétiques répulsifs, ou n’importe quoi d’autre qui donnerait l’impression de matière aux observateurs!

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    matty

    Membre
    13 janvier 2022 à 18 h 03 min

    J’imagine en effet qu’à notre échelle nous ne ferions pas la différence.

    Matière = énergie

    Autant dire que ce que nous nommons matière est une vue limité de la réalité.

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    joelliberte13

    Membre
    13 janvier 2022 à 18 h 57 min

    @matty Autant dire que ce que nous nommons matière est une vue limité de la réalité. Autant dire que ce que nous nommons matière est une vue limité de la réalité.

    En ce qui concerne la réalité et la vérité, inutile de refaire le débat, je l’ai déjà fait ailleurs:

    __________________________________________________

    A] PREMIERE
    PARTIE: définitions

    A1) DEFINITION VERITE (d’un observateur)

    *croyance
    ou témoignage sincère de l’observateur

    exemple:
    2 hommes rencontrent un animal en foret, l’un croit que c’est un chien
    l’autre un loup: chacun a ses croyances et ses paradigmes qui amènent des
    interprétations différentes de ce que l’on perçoit

    *L’observation n’est
    qu’un film que l’on se fait

    *Notre cerveau ne
    nous donne qu’une interprétation des stimuli électriques qu’il
    reçoit en provenance de nos sens, nous livrant une image qui, bien
    que cohérente, n’est justement qu’une interprétation

    *la
    vérité est juste le récit qui remporte le consensus le plus
    large. jusqu’à ce qu’un autre récit le détrône : dans un premier temps le premier témoin étant du village, et
    l’autre citadin, on croira que l’animal est un chien, dans un second
    temps apprenant que le second est zoologue, on croira que l’animal est
    un loup!

    A2) DEFINITION REALITE

    exemple: feu
    rouge perçu par un adulte, avec signification “s’arrêter”

    exemple
    : son et non vibration de l’air

    exemple
    jaune et non une longueur d’onde

    exemple: valeur
    marchande de l’or

    A3) DEFINITION REEL (qui n’existe que si les réalités sont
    convergentes)

    exemple:
    feu rouge perçu par un petit enfant, sans signification,

    exemple:
    propriétés physiques de l’or

    vibration de l’air et non son<

    exemple
    une longueur d’onde et non jaune

    Concernant
    l’exemple des 10 témoins, on pourrait néanmoins pas dire qu’il y a
    bien eu un seul déroulé des événements mais que 10 personnes ont
    perçu différemment ces événements ? Parce que dans ce cas, on
    pourrait dire qu’il y a un Réel malgré tout.

      *le réel pourrait être défini par ce qui est commun à tous les
      observateurs: il
      ne faut pas se reposer sur une expérience personnelle mais sur
      l’agrégation de plein d’observations afin d’en dégager un réel
      commun.

      *l’allégorie de la caverne de Platon: Il y a une réalité sensible, guidée
      par la perception des ombres comme étant la réalité de
      l’humanité. Puis, il y a une réalité intelligible (Le REEL), qui
      ne dépend pas de la perception par nos sens, qui donne une autre
      version de l’humanité.

      _________________________________________________________________________________________

    B] DEUXIEME
    PARTIE: réflexion

    B1) on a une série de “couples” (observateur, phénomène)

    B2)
    le problème est de savoir si 2 couples renvoient à un même
    “réalité”, à un même objet?

    Exemple
    un animal rencontré en foret

    Pour
    Pierre c’est un chien, pour Jean c’est un loup

    B3) La convergence des témoignages amène à penser que l’animal est assurément un canidé, pas un chat On est amené à aller plus loin, et à prendre le pari que quelque part, même si
    on y a pas accès, il
    y
    a un code génétique et que l’animal est soit un chien soit un
    loup, mais
    pas les
    deux en même temps

    B4) Mais “en réalité”, on ne peut faire que des hypothèses,
    qui seront ensuite confirmées ou infirmées par l’expérience.

    ______________________________________________________________________

    C] TROISIEME
    PARTIE: tentative de conclusion

    C1)Une vision traditionnelle <DES VERITES VARIABLES, des REALITES
    convergentes mais UN REEL FIXE

    a)”Il
    existe pourtant une réalité à cet animal. Soit c’est un chien,
    soit c’est un loup” “quelque part”, cet animal
    aurait un code génétique bien précis qui l’identifierait et ce
    serait un chien soit un loup pas les deux en même temps On admet
    l’existence de ce code génétique, même si on n’y a pas accès

    b)Caverne de Platon: “Il y a une réalité sensible, guidée par la
    perception des ombres comme étant la réalité de l’humanité. Puis,
    il y a une réalité intelligible [Le REEL], qui ne dépend pas de la
    perception par nos sens.

    c)la convergence entre chien et loup nous amène à penser que l’animal
    est un canidé et pas un chat d cette certitude nous amènerait à
    aller plus loin, et à lancer le pari que c’est soit un chien soit un
    loup mais pas les deux en même temps

    C2) une vison moins traditionnelle: DES
    VERITES VARIABLES, DES REALITES non convergentes, donc PAS DE REEL
    C’est
    la nature physique de la réalité qui est loin d’être évidente.
    La lumière est-elle une onde ou une particule ? Les deux, oui
    mais… l’une peut devenir l’autre simplement par la présence d’un
    observateur donc pas de réalité aussi “fixe” que nous
    pourrions le penser

    __________________________________________

    D] QUATRIEME
    PARTIE: pour aller plus loin

    Néanmoins, même dans le cas de réalités divergentes on pourrait être amené à
    recréer la notion de réel de la façon suivante.
    Les
    réalités ne seraient plus matérielles mais de simples projets (des
    égrégores) qui n’existeraient que virtuellement, mais qui pourraient
    prendre corps en cas de circonstances favorables.
    Exemple
    le gouvernement lance un ballon d’essai “On va prendre
    telle mesure!”.
    Si il sent
    une opinion défavorable il retire la mesure, si pas de résistance il
    la maintient.

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    SeaYou

    Membre
    14 janvier 2022 à 11 h 34 min

    @Matty Merci beaucoup de m’avoir cité, c’est super sympa…

    Je manque de temps pour tout lire, mon oncle a fait un AVC et il est dans un hôpital à Andorre. Il a 85 ans, triple vacciné et en plus il a été testé positif au covid ! Donc c’est un peu la crise…

    Le sujet du thread est super intéressant, mais aussi très compliqué à vulgariser si l’on s’attaque à la physique. En philosophie, il y a plusieurs courants. Les platoniciens pensent que le monde qu’ils perçoivent est imparfait et éphémère, et que la vérité se trouve dans le monde intelligible.

    Aujourd’hui, on parle souvent de biais, mais déjà dans l’Antiquité, les Anciens avaient remarqué que nos sens nous trompaient. Et à côté, il y a eu les empiristes, pour qui ce qui est vrai et objectivé peut être expérimenté. Et c’est ce que nous faisons en sciences, à savoir des expériences, et qui peuvent être reproduites par n’importe qui.

    Et là, il y a des questions subtiles, car il y a un paradoxe. On ne peut pas dire que notre cerveau nous biaise (à l’instar de certains zététiciens), et dire ensuite que grâce à des protocoles, on peut accéder à des choses justes. Car ce sont nos cerveaux qui ont mis en place ces protocoles. En fait, le serpent se mord la queue.

    Donc… Il faut s’interroger sur ce qu’est le réel, un pré requis avant de se demander si ce que nous percevons est juste, ou une illusion.

    C’est ni plus ni moins la méthode de Descartes. Et se posera tôt ou tard la question du solipsisme. Et si l’on comprend que l’expérience est importante, il faudra nécessairement apporter des précisions ou des distinctions (il y a plusieurs types d’expérience), pour éviter les contradictions.

    Et une fois que conceptuellement ce sera relativement clair, il est en effet intéressant de le confronter avec des données factuelles. Et si ça ne cadre pas, ça voudra dire qu’il faudra se remettre en question.

    En l’occurrence, ce que nos sens perçoivent, ce sont des ondes, l’info est codée en signal électrique (c’est du binaire), qui est décodée par notre cerveau. Et entre ce que nous voyons et la ‘réalité’ physique, il y a en effet tout un monde…

    Le chaud n’existe pas en dehors de nos sens, c’est juste un rayonnement infrarouge. C’est pareil pour les couleurs, ce sont juste des ondes électromagnétiques qui émettent dans le spectre du visible, mais d’autres espèces animales perçoivent différemment et leur réel n’a rien à voir avec le nôtre.

    Maintenant, le réel que nous percevons, tout comme nos rêves d’ailleurs, ne sont pas le produit de notre volonté. Donc comment expliquer cette relative uniformité dans la reconstitution des données par nos cerveaux ? D’autant plus que ce sont des processus inconscients…

    Et il ne suffit pas de dire que c’est l’évolution ou que c’est comme ça, car ça ne répond à rien ^^

    Bon, je pose plus de questions que je n’apporte de réponses, car c’est un topic en mille feuilles, il y a énormément de pistes à explorer avant de d’essayer à une approche frontale.

    Et en sciences, mon épistémologie consiste d’abord à définir, ce qui signifie tout simplement donner du sens, pour savoir concrètement de quoi on parle ; avancer les déductions en se basant sur la logique, et ensuite voir comment on peut les confirmer par l’expérience, ce qui n’est pas toujours facile ou possible.

    Mais avec le réel, ce n’est plus comme au siècle dernier ou comme dans l’Antiquité, nous avons des casques de réalité virtuelle. Et à partir du travail des développeurs, chacun expérimentent la même chose, avec bien sûr un filtre subjectif. C’est un argument envers une certaine universalité du réel, en tant qu’humain. Comme je le disais, derrière les évidences, et surtout les habitudes, il y a des questions subtiles, car ce n’est pas aussi évident qu’il n’y paraît…

    Dans mes travaux, qui concernent d’avantage le domaine de la logique, mon axe de réflexion s’est dirigé sur le langage. Car tout protocole de communication se doit de respecter le principe de non-contradiction, pour qu’on puisse se comprendre. Et comme nous communiquons sur le réel, ce dernier se doit aussi d’être non-contradictoire. Et là, on ne peut plus opter pour du psychologisme, car le réel s’impose à nous, ce n’est pas nous qui décidons de ses lois.

    Et c’est d’autant plus profond qu’il n’y a aucune équivalence de nature entre une idée ou une pensée qui est dans notre esprit, un mot qui est issu d’une langue, véhicule de cette pensée, la parole qui est l’expression phonétique du mot, et la chose concrète qu’il désigne. Tous les liens dans le processus sont analogiques, cela repose sur de la ressemblance. Et pourtant ça fonctionne, car tout obéit aux mêmes principes.

    Et là, par définition, on se trouve dans le champ de la métaphysique.

    C’est vraiment passionnant comme topic ^^

    Je dois vous laisser,
    excellente journée à tous !

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    Dhimminy_Cricket

    Membre
    14 janvier 2022 à 13 h 13 min

    Bonjour @joelliberte13

    Alors, inutile de dire que je suis treeeeees loin d’avoir une culture monumentale de l’état de la science mais comme ce type de questionnements m’a suivi une bonne partie de mon enfance, toute mon adolescence, une partie de mon adultité (c’est quoi le mot à utiliser sans introduire “âge” devant? C’est une vraie question hein) et que ça continue d’être le cas aujourd’hui, même si c’est dans une moindre mesure, je me permets d’y réagir.

    Principalement, j’ai grandi en me demandant si ce que percevait notre oeil représentait la réalité des choses… Je me suis d’abord questionné sur la réalité des couleurs que nous percevions, en faisant forcément le lien avec les daltoniens. Pour les daltoniens, je me disais que si eux percevaient ça, ce n’était peut-être pas dû qu’a une maladie. Que leur cerveau était dupé parce qu’il y avait des raisons qu’il le soit. Alors merci de noter que je tente de retranscrire ce que je me disais quand j’étais jeune hein et que je n’en suis plus forcément là aujourd’hui. Aujourd’hui, je considère que la réalité correspond à ce que l’écrasante majorité de mes semblables voient et je n’ai plus envie de continuer à creuser la question.

    Autre point toujours orienté sur l’oeil, la réalité des formes que nous percevons. En très gros : est-ce qu’un rond est un rond? Est-ce qu’un cube est un cube? Est-ce que je marche vraiment sur quelque chose de globalement plat là?

    D’où je partais pour me questionner là-dessus? Sur l’idée que peut-être que la forme de notre oeil donnait une perception du réel qui n’était pas forcément représentatif. Que du coup, cette forme biaisée donnait une information biaisée à notre cerveau qui renvoyait des informations biaisées au reste de notre corps, qui faisait que notre toucher en était affecté (notre oeil dit que c’est rond, le cerveau dit à notre main que ce qu’on touche est arrondi, ce qu’on touche est rond). Là encore, aujourd’hui je n’en suis plus là parce que la réalité c’est celle qui me permet d’échanger avec mes congénères et de faire ou de comprendre des choses qui permettent d’avancer sans trop se tromper (et d’arriver à se corriger via des raisonnements logiques si jamais on se trompe). Il y a aussi que je me dis que la nature est bien faite et que si on a tous globalement cette forme d’oeil, c’est clairement pas pour rien!

    Le truc c’est que je n’ai jamais pris le temps de lire sur ces sujets mais, en même temps (merci Macron pour cette image qui habite mon cerveau à chaque fois que ce terme intervient depuis 5 ans maintenant), je considère que je n’en ai finalement pas eu tant besoin que ça. En vérité, peut-être que si j’avais pu prendre le temps de lire là-dessus, j’aurais pu grandir en libérant mon cerveau de toute ces réflexions polluantes et que j’aurais pu suivre ce qu’on me disait à l’école mais je suis quand même content d’être parvenu à le faire tout seul (même si j’ai bien conscience que ce “tout seul” est en fait conditionné par plein d’autres gens). De toute façon, très clairement, j’ai du mal à me motiver à lire quelque chose écrit par une personne avec laquelle je ne pourrai probablement jamais discuter (comme si elle appartenait à une autre réalité. Un peu comme ces actrices que je trouve belle mais qui ne conditionnent pas réalité mes critères de beauté vu qu’elle n’existent pas réellement pour moi). Ce n’est pas que ça ne m’intéresse pas du tout mais que toute mon énergie est de base orientée vers l’analyse de ce que me disent des gens avec lesquels je vais avoir l’espoir de pouvoir échanger un jour. Bon, manque de bol, ça fait que je vais avoir besoin de beaucoup de temps avant de me libérer l’esprit mais il n’y a pas que de le malchance là-dedans. J’estime avoir la chance aussi de pouvoir ne pas m’arrêter sur des choses que je n’arrive pas à comprendre, même en y consacrant du temps, peu importe à quel point elles peuvent être bien incrustées dans les consciences. Dans ces cas là, je me retrouve souvent (tout le temps?) face à des sujets sur lesquels j’aimerais tellement être convaincu là tout de suite (étant donné que ça m’apporterait un soulagement intellectuel, qui sous entend l’apaisement d’une souffrance causée par la frustration de ne pas savoir) que je vais d’abord y croire très(trop) vite avant de me dire : Euuuuh… Je suis peut-être allé un peu vite… Et puis c’est reparti pour des semaines de questionnements qui vont faire que je vais souler a peu près tout le monde.

    Bref, sujet important pour moi et j’apprécie pas mal le développement que tu as fait ensuite même si je le trouve difficile à lire (le cooooooomble pour quelqu’un qui chie sur le monde quand il poste quelque chose).

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    SeaYou

    Membre
    14 janvier 2022 à 19 h 46 min

    Bonsoir !

    @joelliberte13 Je viens de lire ton dernier message. C’est intéressant. Il y a une volonté de ta part de structurer ta pensée, c’est donc digne d’intérêt. En revanche, si je joue au prof, j’ai peur que ça te gonfle, d’autant plus que tu n’as rien demandé…

    Bon, c’est juste pour apporter de l’eau au moulin, j’ai juste besoin de me changer les idées, ne prends rien de ce que j’écris à titre personnel. Pour les définitions, c’est vraiment cool d’en avoir apporté. Maintenant, il y a deux ou trois petits points qui sont importants à savoir.

    Une définition s’apparente à une vérité universelle. Elle peut être posée comme quand un mathématicien pose ses axiomes. Et à titre perso, je n’ai rien contre ça, Spinoza le faisait aussi dans son Ethique. Elle peut aussi être accompagnée d’une démonstration (modus ponens, raisonnement par l’absurde, il y a l’embarras du choix). Et ensuite arrivent les exemples pour illustrer concrètement notre propos.

    Le truc est que des exemples ne peuvent pas remplacer une définition formelle ou une démonstration, car arrivera toujours la question de savoir comment tu peux généraliser à partir de quelques cas particuliers. Et dans le même ordre d’idée, lorsqu’on a une définition qui nous semble pas mal, il faut la tester en cherchant des contre-exemples qui peuvent l’invalider. C’est important de le faire, car tout notre raisonnement découle des axiomes.

    Donc pour revenir à ce que tu écrivais. La définition de la vérité du point de vue d’un observateur s’apparente plus à la notion de fait (et ce n’est pas tout à fait pareil). Et je sais qu’à l’heure du fact-checking, on encre dans la tête des gens que la vérité est une affaire de faits (qui seraient soit vrais, soit faux), sauf que non. Un fait n’existe pas en soi. Il faut déjà un concept pour le nommer, donc une définition. Et si la définition est foireuse, on peut mal interpréter ce qu’il se passe. En outre, cela zappe tout ce qui relève des démonstrations, comme la philo, la logique ou les maths. Les vérités en mathématiques ne se basent ni sur des faits, ni sur des observations. Et elles sont justes de manière universelle. Le théorème de Pythagore ne change pas selon l’époque ou l’endroit.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que les anciens philosophes distinguaient justement les vérités (universelles) de l’opinion ou des croyances (qui ne concernent que le point de vue de l’individu). En sachant qu’une opinion, même si elle ne se base sur aucune démonstration, peut être tout-à-fait correcte. Si je dis que je n’aime pas la vanille (car c’est dégueulasse ^^), je ne mens pas, je dis la vérité. C’est mon opinion et elle est vraie. Mais ça n’en fait pas une vérité universelle, ce n’est pas ce type de vérités qui nous intéresseront en philo ou en sciences. Donc voilà pour la petite remarque, la notion de vérité, dans la Grèce antique, concernait plutôt la logique et les démonstrations abstraites. On peut ne pas être d’accord, mais il ne faut pas non plus les zapper, car ce type de vérités existe.

    Est-ce que l’observation serait un film que nous nous ferions ? Fait est qu’elles ne dépendent pas de notre volonté. Ce n’est pas nous qui décidons du réel qui nous entoure, il s’impose à nous. Bon, ce n’est pas complètement vrai et il y a du vrai dans ce que tu expliques. En revanche, la vérité n’est pas une affaire de consensus, car nous tomberions dans un sophisme ad populum. Ce n’est pas parce que la majorité des gens pensaient que la Terre était plate par le passé, qu’elle l’était réellement. Je sais que c’est un truc qui est répété par certains zététiciens, qui aiment à rappeler que la vérité en science est une affaire de consensus de la communauté scientifique (donc là on a un argument d’autorité et un sophisme ad populum), sauf que pas du tout. La science ne s’occupe pas de vérité. La vérité est une notion philosophique et métaphysique. En science, on construit des modèles explicatifs du réel, et qui peuvent évoluer, et ce n’est pas tout-à-fait pareil…

    Quant à la Caverne de Platon, elle a été critiquée par Aristote et par d’autres penseurs. Je ne retiendrai que deux grosses objections. La première est qu’il n’y a pas de lien causal entre un modèle abstrait, des Idées, et des phénomènes sensibles ou concrets. Si l’on veut comprendre un phénomène, on étudie ses causes, qui sont concrètes. Et l’autre objection porte sur la nature de la langue, qui véhicule les Idées. Car si une Idée est éternelle et immuable, alors le mot qui nous sert à la désigner se doit d’être lui aussi éternel et immuable. Son sens ou sa sémantique doit donc résister au temps. Chose qui est contredite par l’expérience ! L’Idée du Beau et les mots que nous utilisons pour qualifier la beauté n’ont pas cessé de changer au fil des époques. Les codes esthétiques n’ont rien d’universels, et ils sont plus liés à des histoires de société et de culture, plutôt qu’à des Idées qui existeraient dans un monde abstrait.

    Pour ta réflexion sur les couples, on appelle ça “sujet” et “objet” en phénoménologie ^^ Et ce qui permet d’objectiver quelque chose en science, c’est-à-dire que d’une perception subjective, on accède à un truc plus ou moins objectif et vérifiable par tous : c’est la mesure ! Si on fait tous les deux le même voyage, si moi je regarde un film, pendant que toi tu t’ennuies, notre perception subjective des durées ne sera pas du tout la même. Mais il suffit de regarder notre montre pour se mettre d’accord sur le temps qui s’est écoulé. C’est pareil si nous tentons d’estimer une distance. On ne sera pas forcément d’accord, jusqu’à ce qu’on prenne un instrument de mesure. C’est pour ça que j’écrivais dans mon précédent post qu’il y avait plusieurs types d’expériences…

    Bon, je suis en train d’écrire un pavé…

    Je finis avec la dualité corpusculaire/ondulatoire de la lumière, car c’est un domaine que je connais à peu près ^^ Imagine un lac ! Tu es sur la berge et tu as dans tes mains plein de cailloux de même taille. Tu vas les lancer de façon régulière dans la flotte. Et on sait à l’avance ce qu’on observera : une onde à la surface de l’eau va apparaître et se maintenir. Si l’on veut calculer l’énergie de cette onde, nous avons alors 3 points de vue possibles.

    On peut opter pour un angle assez terre à terre et mesurer simplement la quantité d’eau qui se déplace d’un point A vers un point B. Là, nous parlerons alors de particules (photons, électrons, etc.) Mais nous pouvons aussi mesurer la fréquence de l’onde à la surface du lac ainsi que sa longueur d’onde. Et là, nous parlerons d’onde électromagnétique ou de courant électrique. Mais il y a une autre façon de raisonner, une troisième option, et que nous devons à un certain M. De Broglie. On peut calculer le nombre de cailloux que l’on a, leur taille, et déduire l’énergie générée. Et là, nous parlerons d’impulsions.

    Dans cette analogie, le lac représente l’espace-temps. Et la lumière est à la fois une onde, des particules, et des impulsions ! Sauf que, comme tu peux le voir, il y a un petit truc qui cloche, conceptuellement parlant. Car les cailloux que l’on a lancé, ils ne sont pas dans l’onde, ils en sont la cause. Et nous, bah on est sur la berge, c’est-à-dire en dehors de l’espace-temps ! Alors ce que je suis en train d’écrire peut sonner ésotérique, sauf que cette bizarrerie s’observe dans nos équations, notamment avec la constante de structure fine de la matière, qui est… a-dimensionnelle !

    Personne ne s’aventure pour tenter d’interpréter ça, c’est trop casse-gueule lol Ceci dit, c’est un peu normal, car ce qui fixe les constantes, c’est justement ce qu’il se passe depuis la berge… Ce qui devrait, en principe, nous inviter à revoir notre conception de l’espace… Peut-être existe-t-il plusieurs types d’espace… Cela permettrait, pourquoi pas, de comprendre pourquoi temps et espace sont deux variables distinctes en quantique, alors qu’elles sont liées en relativité… Bon, c’est juste une piste de réflexion, pour le fun, peut-être que des physiciens passeront par là ^^

    Bonne soirée !

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    cinematographe

    Membre
    15 janvier 2022 à 0 h 36 min

    @SeaYou

    Imperfect Perception: Illusions, Gestalt Principles of Grouping, and Language Relativism

    https://www.youtube.com/watch?v=pMUbfFRsLmQhttps://www.youtube.com/watch?v=pMUbfFRsLmQ


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