Erreur fondamentale (et ultime) d’attribution



  • Erreur fondamentale (et ultime) d’attribution

    5eaef6e686f14 bpthumb jesus-christ mis à jour Il y a 2 jours, 16 heures 2 Membres · 5 Messages
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    jesus-christ

    Membre
    15 septembre 2020 à 23 h 37 min

    Sujet pour le moins intéressant.

    qu’on appelle parfois “effet Julien Lepers” dans certaines situations.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Erreur_fondamentale_d%27attribution

    Notamment un passage pour le moins doublement intéressant :

    Une personne apparemment en colère formule des critiques violentes. Les témoins attribuent ses propos à la colère (cause interne) plutôt qu’à la situation qui a provoqué la colère (cause situationnelle). Ce mode de raisonnement est couramment utilisé pour discréditer une argumentation sans même avoir à la déconstruire logiquement.

    Qui présuppose qu’il arrive parfois, lorsqu’une critique est émise, de transposer des faits sur des émotions, quand bien même l’auteur de la critique serait impartial et neutre. C’est alors chose aisé, semble-t-il, de se tromper en lisant autrui. On prendrait pour agression ce qui n’est qu’argumentation.

    A bien comprendre la distinction entre “cause situationnelle” et “cause interne”, et à quels moment une bascule de l’erreur se produit.

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    raphaelb

    Membre
    17 septembre 2020 à 1 h 01 min

    La colère est une émotion qui exprime le souhait de changer quelque chose, elle est une attitude combative, pleine d’espoir. La tristesse est la stade qui peut la suivre, en tant que renoncement.

    Changer quelque chose, dans la situation de notre exemple (celui cité par jesus-christ), un débat, consiste principalement à changer l’avis de notre interlocuteur.

    Aussi, une colère qui survient pendant un débat, indique avant tout mon désir de faire changer d’avis mon interlocuteur.
    En cela même, elle échoue.
    La violence de la colère se substitue au manque de mots…

    Car quoi de plus difficile que convaincre, lorsque la pensée n’a pas de fondements, ou plutôt ne sait pas les présenter, ou bien même, lorsqu’elle le peut mais que c’est face a un mur de certitude qu’elle se brise?

    Quoi qu’il en soit, rares sont les locuteurs capables d’argumenter (pour reprendre les mots du christ) en étant, vraiment, en colère.

    Si notre interlocuteur ne distingue pas une colère que nous porterions antérieurement à notre discussion d’une colère survenue pendant celle-ci, c’est con.

    Enfin, l’article viki mentionné, est interessant, je vais tacher de “justifier” ce résultat expérimental, ou du moins de le commenter, avec ma grille de représentation:

    Dans l’article, on distingue causes situationnelles et causes internes, mais il s’agit bien de causes que l’on recherche, c’est à dire de ce qui est déterminé par un antécédent.
    Or: -Chacun, est libre en pensé, ceci est globalement reconnu, ou au moins pré-senti.
    Et -Chacun n’est libre en pensé que dans les limites dans sa propre pensé, ceci est moins percu, ou plutôt, moins assimilé.

    “Donc” – Un biais de jugement de la réaction, des choix que l’on a eu dans une situation, est que l’on estime avoir préalablement essayé de choisir (résultat de l’exercice de libre pensé) la meilleur voie que l’on a pu déterminé, la meilleure facon de faire; ce qui pour nous détermine les causes situationnelles comme principales responsables de nos erreurs

    Et -Un biais de jugement de la réaction, des choix que quelqu’un d’autre a eu dans une situation, est que l’on l’estime libre d’avoir choisi mais s’il est confronté à l’échec, même ce qui aura été son meilleur choix pour lui même ne peut pas être avéré comme le meilleur choix pour nous, comme s’il avait été libre d’être autrement…

    Aussi, s’il franchi une difficulté particuliére, le choix ou la réaction qui lui ont permis la réussite, ne peuvent attester être le meilleur choix pour autant, et nous pouvons toujours imaginer que nous aurions fait au moins aussi bien de notre façon… Probablement seule nous manquait la situation, l’opportunité…lol

    Toute cette dialectique n’est possible que pour des individus que cherchent a se valoriser, a établir leur valeur comme résultat d’une “rencontre” avec le monde… Difficile à éviter tant que l’on a pas bâtit ses propres échelles de valeur, tant que l’on est vaniteux envers nous même…

    Rabaisser l’autre pour s’estimer, éprouver des doutes à l’égard de son bonheur pour être joyeux, tout ça peut se vivre avec mauvaise foi et méchanceté, ou s’éviter par la confiance et la dignité (i-e reconnaissance d’une valeur infinie, pour soi comme pour les autres, en tant qu’uniques).

    J-P disait 1943 ans aprés J-C: Je suis ce que je ne suis pas et je ne suis pas ce que je suis…

    A méditer

    J’étendrais aussi la remise en question de la pertinence de la dualité causes situationnelle et causes internes quant au problème que pose l’idée de cause interne, en tant qu’elle ramène à de multiples problématiques en lien avec les idées de liberté, conscience, représentation, et surtout de volonté. Par exemple: est-ce que je veux vouloir? Ai-je choisi ce que je crois être le monde? Suis-je libre du désir?
    Puis-je et dois-je maitriser mes passions? En quoi mes émotions induisent-elles ma volonté? Etc…

    Quoi qu’il en soit, bien que non différenciées objectivement, causes internes et causes situationnelles, peuvent belles et bien être différenciées subjectivement, par chaque personne, dans une situation donné, et ainsi donner un prisme de représentavité de cette personne.

    Ce prisme peut être jugé localement, mais pas absolument, par exemple, globalement: Une personne peut toujours arguer qu’elle n’a pas exprimé le souhait de vivre, et que tout ce qui découle de sa naissance lui a échappé, pour fonder le dogme de la cause situationelle de toute situation de sa vie, c’est à dire l’idée de destin écrit à l’avance.
    Localement: Cette personne n’a pas voulu reculer face aux crs qui la menacait avec des LB d, elle s’est pris un balle dans l’oeil, elle attribue cela a une cause situationnelle. Certains objecteurs diront alors que cette personne est de mauvaise foi car elle aurait trés bien pu, en faisant confiance aux forces de l’ordre, faire marche arrière et rentrer chez elle regarder la télévision, ils dénoncent la cause interne, c’est a dire la responsabilité…

    tandis que d’autres objecteurs argueront que non, la cause est situationnelle car c’est bien sa situation passé, présente, futur, climatique, amoureuse, sexuelle, sociale, culturelle, et professionnelle qui déclenche chez cette personne l’irrépréssible envie de changer le monde, quitte a jouer son oeil a la roulette. Et c’est d’avoir perdu son premier oeil qui le determine d’autant plus et retourner manifester contre les injonctions des gardiens de la paix…

    Bref, c’est une longue histoire, que celle des causes…
    Je vous proposerais peut-être plutôt une approche par les fins et les moyens… si vous osez être responsables…

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    jesus-christ

    Membre
    18 septembre 2020 à 20 h 28 min

    Merci pour votre intervention @raphaelb

    Il y a en outre ce que l’on peut maîtriser ou contrôler (ce sur quoi on a un réel pouvoir, et donc un choix), ce que l’on peut influencer seulement partiellement, et ce sur quoi on a décidément si peu de pouvoir qu’on dira que l’on en a pas du tout.

    Pour l’exemple des CRS contre manifestants, il y a aussi l’orgueil et la volonté individuelle de chacune des parties d’aller jusqu’au bout de ce qu’elles ont commencé, quand bien même il n’y aurait plus la cause initiale, de part et d’autres.

    C.F. : théories de l’engagement. (il me semble que je souhaitais proposer un sujet pour en parler, mais est ce vraiment le cas ?)

    La colère est elle exclusivement déclenchée par le souhait de changer quelque chose ? (je pose à l’interrogative) Voyons voir. Posons la question à l’inverse : peut on être en colère sans vouloir changer quelque chose ? L’une des définition de la colère pouvant être “Violent mécontentement accompagné d’agressivité.“. Gageons déjà que la personne atteinte de colère “subis” celle ci sans pouvoir la contrôler. Ensuite, comprenons par “mécontentement” qu’il s’agit de quelque chose que l’on ne désire point. Quand à l’agressivité, on en retire le fait d’attaquer (quelqu’un ou quelque chose). De fait, si on “subit” la colère, il est tout à fait possible de la contrôler, la réfréner et se maîtriser. Cependant, elle n’est pas nécessairement ni inutile, ni destructrice, et peut certainement trouver son utilité une fois bien maîtrisée.
    Un article propose de répondre à la question “comment maîtriser sa colère” :
    https://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-colere-comment-la-controler-_9869.html

    C’est totalement parallèle au sujet initial, mais cela le complète bien.

    En effet, se laisser dominer par la colère sans rien faire, sans chercher à la comprendre et la dompter (tel un animal sauvage vivant en soi), c’est aussi contribuer à faire toujours plus d’erreur, que l’erreur vienne du soi interprétant autrui, que ce soit autrui interprétant le soi manifestant de la colère (présumée ou réelle).

    Enfin, dans l’exemple que j’ai pris en citation, il faut bien retenir que l’on “croit” qu’une personne est en colère sur la base de ce qu’elle aura, par exemple, exprimé par écrit. Tandis qu’en réalité ce ne sera pas forcément le cas.

    L’interprétation, vu de de l’extérieur, d’une critique comme ayant pour cause ou source le fait que la personne est en colère pouvant donc être erronée. Car on peut tout à fait se montrer acerbe tout en étant d’un calme plat, voir même être joyeux ou de très bonne humeur.

    Comment échapper à ces erreurs d’interprétation ?

    En communiquant, pardi ! Poser la question, et exprimer le sentiment passager que l’on a sur ce qu’on lit à moment donné.

    Par exemple : “J’ai le sentiment, en te lisant, que tu es en colère. Est ce le cas ?” L’autre partie pourra répondre à l’affirmative ou la négative. Mais encore faut il que cette autre partie sache elle réellement si elle est ou non en colère. Apprendre à se connaître soi pru contribuer à faire lecture de l’état émotionnel de l’instant.

    Eh quoi ? Vous ne connaissez pas déjà tout cela ? Qu’attendez vos pour mieux vous connaître ?

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    raphaelb

    Membre
    19 septembre 2020 à 20 h 26 min

    Je sus, je suis

    d’accord avec toi dans les grandes lignes, mais par plaisir de la nuance, je proposerais de préciser quelques visions.
    Aussi, je tacherais ensuite de remonter à ton intervention initiale .

    Tout d’abord je suis d’accord quant au fait qu’être dominé par sa colère, peut-être néfaste.

    Il me semble important, pour maitriser sa colère, de savoir la reconnaitre, pour l’utiliser comme un outil de connaissance de soi, comme un signal qui nous informe sur nous.

    C’est dans ce but que je posais qu’être en colère c’est vouloir changer quelque chose, d’où le trick, lorsqu’on se sent en colère malgré nous, de se demander qu’est ce que l’on souhaiterais voir changer pour apaiser notre colère.

    Par exemple, j’ai pu remarquer dans les discussions, que souvent la colère prend le pas là où les mots manquent, qu’on ne trouve pas les mots pour répondre à une injonction qui nous parait fausse et déplaisante, ou quand l’interlocuteur monopolise tout le temps et ne laisse pas la place pour répondre, voir nous coupe la parole.

    D’ou l’idée, si la colère monte, je dois immédiatement me demander qu’est ce que je veux vraiment changer en l’autre en lui exprimant mes paroles? Pourquoi je tiens a changer quelque chose? Pour quoi changer quelque chose? Est-il disposé à recevoir mes paroles? Est-ce que forcer la parole, jusqu’à la violence, va permettre de mieux convaincre l’autre? Quelle attitude me permettrait de débloquer la situation? L’effort en vaut-il la chandelle? La personne peut-elle être interessée par mon propos? Ma raison me dicte-t-elle les mêmes choix que ma colère?

    D’autre part je suis d’accord avec toi qu’il faut dissocier apparence de colère (colère maitrisée ou mal interprétée?) et colère, et de cela seul le sujet en colère peut avérer l’authenticité, même si les spectateurs s’en feront idée, dans la grande majorité des cas, assez juste.

    Ensuite, pour revenir à nos choux:

    “Une personne apparemment en colère formule des critiques violentes. Les témoins attribuent ses propos à la colère (cause interne) plutôt qu’à la situation qui a provoqué la colère (cause situationnelle). Ce mode de raisonnement est couramment utilisé pour discréditer une argumentation sans même avoir à la déconstruire logiquement.”

    Cet énoncé, aprés ce dont j’ai parlé, et aprés avoir établi une sorte de dualité colère-immédiat/ raison-médiat (raison, peut être aurais-je pu dire langage), je crois que nous ne pouvons en avoir de jugement de valeur, ou moral, ou éthique, sur ce résonnement apparement biaisé qu’est de “discrediter une argumentation sans même avoir à la déconstruire logiquement”

    Je traduis: Quand on me gueule dessus je ne m’emmerde pas à déconstruire logiquement le discours de l’autre… et je ne pense pas avoir à le regretter…
    J’essaie plutôt de comprendre pourquoi il gueule là.

    Cette histoire de “causes”, surtout de causes situationnelle, si elle vient justifier toute colère, au fond c’est une facon de justifier des comportemenst en considérant qu’il nous sont dictés par l’extérieur, de rejeter les points de liberté qui sont en nous et de nous rabaisser au déterminisne biologique, a notre condition purement animale, voire machinique, c’est nier les créations humaines, toute nouveauté, tout devenir.

    La difficulté principale est finalement que cette grille de cause interne/situationnelle, a ses usages possibles dans certains cas ou la distinction est claire (voir les expériences mentionnées sur vviki). Dans d’autres cas, elle est falacieuse si elle se présente comme objective, car nous avons affaire a des interiorités (sujets) qui sont des processus d’interpretation situationnelle (cf le monde comme représentation). Nous ne disposons pas d’un référent objectif pour juger de l’adéquation d’un jugement sur les causes et les causes réèlles.
    Il est toutefois possible de mener une enquête, avec elle, sur les choix potentiel et effectifs qu’à eu une personne a un moment donné, et de d’interroger la pertinance des choix faits et de ceux qui n’ont pas été fait, c’est à dire reparcourir la relation d’une intériorité (sujet) à sa situation…

    Quelque part, il n’y a pas toujours de causes, mais il y des relations, de co-relations.

    Dernière remarque: Langages et corps peuvent être tous deux des puissances, et maintenant souvent les langages forcent les corps, les soumettent, et cela me semble pouvoir être une violence aussi, alors parfois, a bon droit, le corps sait qu’il n’a pas à chercher ses raisons pour vouloir détruire un mensonge.

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    jesus-christ

    Membre
    20 septembre 2020 à 15 h 05 min

    Parfois, il arrive que l’on soit en colère tout “seul” aussi. Sans besoin de l’aide de personne, et parfois de rien non plus. Il s’agit vraisemblablement d’une “cause interne”, mais d’un autre type de “cause interne” que celle énoncée dans l’article (fatigue, digestion, maladie mentale, drogue… etc…), n’ayant alors aucun rapport à une quelconque situation.

    Et la question : est-on de bonne humeur parce que l’on sourit, ou sourit-on parce que l’on est de bonne humeur ? Il semblerait que les deux soient valable en définitive. Tout comme le fait qu’avoir un visage mobile favorise l’extériorisation des émotions, tandis qu’un visage statique au contraire favorisera l’étouffement de ces dernières.
    Faire travailler son visage (muscles, expressions…) pour vivre pleinement ses émotions,
    Rester stoïque, flegmatique, pour tenter de conserver un calme plat, tel le marbre.

    Certaines expressions seraient, en sus, responsable de favoriser non seulement des émotions, mais aussi la concentration, la relaxation, le sommeil, l’excitation…

    Ce qui n’est filament pas loin d’une faute récurrente face à, par exemple, un excellent commercial. Celui ci, souriant, donnera une impression de bienveillance, et laissera croire que l’on est face à un bon camarade. Simplement parce qu’il se comportera comme tel, lui même le vivant comme tel ainsi que ce fut réalité, sans jamais néanmoins perdre l’objectif, de son côté, de “vendre”. Tout comme le client averti ne dois jamais perdre l’objectif d’acheter selon des critères ou règles prédéfinis (par exemple : seulement collecter des infos, et décider d’acheter ou non plus tard).

    Pour le cas du commercial, on serait donc naturellement dans l’idée qu’il est sympa avec soi parce qu’il nous trouve sympa. Alors qu’en réalité c’est pour vendre.

    En extrapolant, c’est aussi un bonne maîtrise ce cela qui fait le “bon” acteur. Comprendre les émotions et leurs manifestations au travers du corps, des poses, des gestes, du visage, des mots, de l’intonation et de la fréquence de la parole…


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