Poésie



  • Poésie

     Sansho mis à jour il y a 2 jours, 18 heures 19 Membres · 29 Articles
  • Anonymous

    Member
    5 décembre 2017 at 23 h 42 min

    Un poème découvert dans la série Penny Dreadful qui m’a énormément touché, “I am” de John Clare.
    Récité par le personnage jouant la créature de Frankenstein, un Infp pur souche.
    Quelqu’un en a fait une traduction géniale en Français :

    « Je suis – mais qui je suis, nul ne sait ou s’en soucie ;
    Mes amis me délaissent tel un souvenir vieux :
    De mes propres souffrances je me rassasie-
    Elles enflent et meurent dans un essaim oublieux
    Comme les ombres de nos affres amoureuses-
    Et pourtant je suis et je vis –ballotté, vaporeux,

    Dans le vaste néant du mépris et du bruit,
    Dans l’océan vivant des rêves éveillés
    Sans le moindre bonheur et sans la moindre vie,
    Seul le grand naufrage de mes vies estimées ;
    Et même les êtres que j’aime, les êtres chers,
    Me sont devenus étrangers –et je les perds.

    Je rêve de lieux ou nul homme n’a marché,
    Où nulle femme encore n’a souri ni pleuré,
    Ainsi là avec Dieu, toujours, y demeurer,
    Et rêver tel qu’enfant doucement j’ai rêvé,
    Serein et calme, couché dans un songe éternel,
    L’herbe en dessous –par-dessus, l’arche du ciel. »

    ———————————————————-

    I am—yet what I am none cares or knows;
    My friends forsake me like a memory lost:
    I am the self-consumer of my woes—
    They rise and vanish in oblivious host,
    Like shadows in love’s frenzied stifled throes
    And yet I am, and live—like vapours tossed

    Into the nothingness of scorn and noise,
    Into the living sea of waking dreams,
    Where there is neither sense of life or joys,
    But the vast shipwreck of my life’s esteems;
    Even the dearest that I loved the best
    Are strange—nay, rather, stranger than the rest.

    I long for scenes where man hath never trod
    A place where woman never smiled or wept
    There to abide with my Creator, God,
    And sleep as I in childhood sweetly slept,
    Untroubling and untroubled where I lie
    The grass below—above the vaulted sky.

    A lire aussi :

  • sihem

    Member
    6 février 2018 at 20 h 44 min

    Magnifique poème

  • pascaleg

    Member
    24 février 2018 at 17 h 17 min

    très beau.

  • lepassant

    Member
    3 mars 2018 at 1 h 49 min

    Il vous naît un poisson qui se met à tourner
    Tout de suite au plus noir d’une lame profonde.
    Il vous naît une étoile au-dessus de la tête
    Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
    Que ses soeurs de la nuit les étoiles muettes.

    Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge,
    En plein vol et cachant votre histoire en son coeur
    Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer.
    Il vole sur les bois, se choisit une branche
    Et s’y pose, on dirait qu’elle est comme les autres.

    Où courent-ils ainsi, ces lièvres, ces belettes,
    Il n’est pas de chasseur encor dans la contrée,
    Et quelle peur les hante et les fait se hâter,
    L’écureuil qui devient feuille et bois dans sa fuite,
    La biche et le chevreuil soudain déconcertés ?

    Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche
    Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
    Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres
    Et loge dans son coeur d’étranges battements
    Qui lui viennent de jours qu’il n’aura pas vécus.

    Et vous, que faites-vous, ô visage troublé,
    Par ces brusques passants, ces bêtes, ces oiseaux,
    Vous qui vous demandez, vous, toujours sans nouvelles,
    «Si je croise jamais un de mes amis lointains
    Au mal que je lui fis vais-je le reconnaître ?»

    Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
    Et les mots inconsidérés,
    Pour les phrases venant de lèvres inconnues
    Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
    Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.
    _________

    Voilà, un petit poème de ma création… 🙂

    Hum hum… en fait nan, si vous ne l’aviez pas deviné c’est de Jules Supervielle, Les amis inconnus 😀

  • theophile-m

    Member
    28 mai 2018 at 14 h 34 min

    Henri Michaux, “Pensées”

    Penser, vivre, mer peu distincte;
    Moi – ça – tremble,
    Infini incessamment qui tressaille.

    0mbres de mondes infimes,
    ombres d’ombres,
    cendres d’ailes.

    Pensées à la nage merveilleuse,
    qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
    loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer;

    étrangères en nos maisons,
    toujours à colporter,
    poussières pour nous distraire et nous éparpiller
    la vie.

  • Anonymous

    Member
    2 juin 2018 at 13 h 39 min

    Merci theom, pour le partage de ces mots envolés d’Henry Michaux.
    Je ne connaissais pas ce poète, je me suis donc rendue sur Babelio pour survoler un peu son univers et cela m’a donné envie de le découvrir.

    Je me suis laissée emporter par cette pensée de lui :

    “Si un contemplatif se jette à l’eau, il n’essaiera pas de nager, il essaiera d’abord de comprendre l’eau. Et il se noiera”

  • Anonymous

    Member
    2 juin 2018 at 13 h 50 min

    Au bord de l’eau
    René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

    S’asseoir tous deux au bord d’un flot qui passe,
    Le voir passer ;
    Tous deux, s’il glisse un nuage en l’espace,
    Le voir glisser ;
    À l’horizon, s’il fume un toit de chaume,
    Le voir fumer ;
    Aux alentours, si quelque fleur embaume,
    S’en embaumer ;
    Si quelque fruit, où les abeilles goûtent,
    Tente, y goûter ;
    Si quelque oiseau, dans les bois qui l’écoutent,
    Chante, écouter…
    Entendre au pied du saule où l’eau murmure
    L’eau murmurer ;
    Ne pas sentir, tant que ce rêve dure,
    Le temps durer ;
    Mais n’apportant de passion profonde
    Qu’à s’adorer ;
    Sans nul souci des querelles du monde,
    Les ignorer ;
    Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse,
    Sans se lasser,
    Sentir l’amour, devant tout ce qui passe,
    Ne point passer !

  • Anonymous

    Member
    5 juin 2018 at 14 h 35 min

    Fernando Pessoa “Le gardeur de troupeaux”

    Le mystère des choses, où donc est-il ?

    Où donc est-il, qu’il n’apparaisse point

    pour nous montrer à tout le moins qu’il est le mystère ?

    Qu’en sait le fleuve et qu’en sait l’arbre ?

    Et moi, qui ne suis pas plus qu’eux, qu’en sais-je ?

    Toutes les fois que je regarde les choses et que je pense à ce que les hommes pensent d’elles,

    je ris comme un ruisseau bruit avec fraîcheur sur une pierre.

    Car l’unique signification oculte des choses,

    c’est qu’elles n’aient aucune signification occulte.

    Il est plus étrange que toutes les étrangetés

    et que les songes de tous les poètes

    et que les pensées de tous les philosophes,

    que les choses soient réellement ce qu’elles paraissent être

    et qu’il n’y ait rien à y comprendre.

    Oui, voici ce que mes sens ont appris tout seuls :

    les choses n’ont pas de signification,

    elles ont une existence.

    Les choses sont l’unique sens occulte des choses.

  • Anonymous

    Member
    6 juin 2018 at 14 h 38 min

    L’albatros

    Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d’eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
    Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
    L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

    Charles Baudelaire

  • deepfunpact

    Member
    6 juin 2018 at 16 h 51 min

    @theom J’aime beaucoup le Michaux.

  • Anonymous

    Member
    13 juin 2018 at 14 h 44 min

    EL DESDICHADO

    Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
    Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
    Ma seule Etoile est morte, – et mon luth constellé
    Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

    Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé,
    Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
    La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
    Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie.

    Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
    Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;
    J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène…

    Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
    Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
    Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

    Gérard de Nerval

  • soto

    Member
    13 août 2018 at 11 h 20 min

    Roberto Juarroz – Poésie Verticale. (cliquez sur “Et quoi qu’il arrive, souviens toi toujours …”)

  • Anonymous

    Member
    9 septembre 2018 at 13 h 55 min

    VIE PROFONDE

    Être dans la nature ainsi qu’un arbre humain,
    Étendre ses désirs comme un profond feuillage,
    Et sentir, par la nuit paisible et par l’orage,
    La sève universelle affluer dans ses mains.

    Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face,
    Boire le sel ardent des embruns et des pleurs,
    Et goûter chaudement la joie et la douleur
    Qui font une buée humaine dans l’espace.

    Sentir, dans son cœur vif, l’air, le feu et le sang
    Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre ;
    — S’élever au réel et pencher au mystère,
    Être le jour qui monte et l’ombre qui descend.

    Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise,
    Laisser du cœur vermeil couler la flamme et l’eau,
    Et comme l’aube claire appuyée au coteau
    Avoir l’âme qui rêve, au bord du monde assise…

    ANNA DE NOAILLES
    Extrait de: Le cœur innombrable (1901)

  • lmdoz

    Member
    28 décembre 2018 at 17 h 24 min

    je ne connais que très peu de poêtes, encore moins des bons, mais j’aime la poésie, surtout moderne, aussi je vous propose de découvrir un de mes textes, si vous aimez j’en reposterais d’autres, sinon je comprendrais ^^
    (merci de votre indulgence, cela ne fait que quelques mois que je m’essaye à la poésie, mais avec passion)

    Le papillon de nuit (et la fleur)

    j’erre a coups d’ailes aléatoires
    zigzags délicats dans la nuit noire
    fragilité parée d’intense obscurité
    couleurs masquées de mort, de dangers.

    Papillon de nuit, je suis maudit,
    je ne connais pas le soleil, lévite
    et m’épanouis sous les cieux de minuit
    ivresse d’impatience, de vivre trop vite.

    Admirateur des plus belles fleurs
    qui fleurissent hélas à d’autres heures
    je respire, rêveur, leurs nocturnes saveurs
    mais ne goûte jamais leur mystérieuse douceur.

    Pour l’une d’elles, je me brûlerai les ailes
    juste pour elle, je braverai le jour, rebel
    défierai ce soleil, et danserai, seigneur de son ciel
    juste sur elle, je me poserai, étreinte éternelle.

    allez, un autre dans un style différent car je ne veux pas que vous pensiez que mon style est sombre, il est varié, vif, coloré, et surtout très vivant.

    Pêche à la ligne

    Perdu au milieu de nulle part
    je lache les rames et dérive
    je lache les rimes et démarre
    seul, avec mon art, loin des rives.

    J’enfile mon gilet de sauvetaches
    partage mon regard avec l’horizon
    attends patiemment, que le vent se livre
    qu’il remplisse ma voile, de ses airs trublions
    qu’il m’imprègne ces vers, qu’il m’enivre.

    Je lance mon harpon dans cet océan uniforme
    aux dimensions règlementaires A4
    surface blanche et lisse qui s’agite
    brisée par le son de ma ligne qui palpite.

    Ma lance s’enfonce, engloutit la calme étendue
    fuyant sous les eaux froides de l’artic.
    dans sa trainée, pêche à la traine, point à la ligne,
    un remous décrit des ondes autour de mon esquife,
    quelque chose frémit au bout de ma pointe humide.

    Je sens une forte tension, torsion de la mer, folie passagère
    je m’accroche à mon harpon, résistance téméraire
    puis je décroche, le fil casse, je le perds
    équilibriste sur un pied, qui ne veut pas se poser.

    La créature s’éloigne, ombre grise sous ma barque chavirante
    l’océan redevient blanc, strié d’encre, sillage du monstre
    baleine hors d’atteinte, stylo hors d’haleine…
    je m’écris : “maudit bic !!!”

    pour ceux qui apprécieraient et voudraient en découvrir d’autres, me MP, c’est un réel plaisir d’écrire et un autre de partager 😉

  • lmdoz

    Member
    1 mars 2019 at 23 h 20 min

    pour ceux que ca intéresseraient : https://grandprixpoesie.ratp.fr/participer/

    mais à croire que la poésie est morte avec les siècles vu le nombre de posts sur ce sujet depuis mon dernier passage….
    je suis bien triste que personne ne montre plus de beaux poemes, de divers auteurs ou qu’il a composés…

  • Anonymous

    Member
    4 mars 2019 at 12 h 19 min

    @Imdoz : Non, la poésie ne peut mourir.
    Cela faisait un moment, que je n’étais venue rendre visite à cet espace poétique et viens juste de prendre connaissance de “votre appel” ; ma dernière contribution étant le poème d’Anna Noailles.

    J’aime votre “Papillon de Nuit”, pas si sombre que cela. On y ressent l’espoir, le mouvement, le moindre battement d’ailes…dont on entendrait presque sa danse avec l’air et la lumière…
    Merci pour ce partage.

  • olbius

    Organisateur
    4 mars 2019 at 12 h 35 min

    Allez, je me lance !
    Un poème que j’ai écrit au siècle dernier… Il correspondait à mon “humeur” du moment… 🙂

    Le citadin

    Il rêvait de verdure, fuir cette ville obscène
    Dont les murs, délavés, dégoulinaient de haine.
    Il voulait un été enfin sans blanc manteau,
    Il priait le Seigneur de desserrer l’étau.

    Indigestes ruelles, vomissez vos humains !
    Que ceux-ci s’amoncellent, ils vont prendre un bon bain
    De sueur. Mais qu’importe ! Ils sont là pour l’ivresse
    Du flacon fissuré, victime d’allégresse.

    Lui ne supportait plus cette complicité
    Qui unit un instant la foule hétéroclite.
    Ennemis d’avant-hier, luttant dans la cité,
    La guerre héréditaire à son tour périclite.

    Il ne comprenait plus comment ces braves gens
    Pouvaient se rassembler sans aucune contrainte
    Et se gargariser d’un vocable indigent.
    Il priait le Seigneur de relâcher l’étreinte.

  • rickla

    Member
    4 mars 2019 at 12 h 39 min

    Je ne connais pas grand chose à la poésie, mais j’ai trouvé vos écrits réussis.
    J’apprécie particulièrement pêche à la ligne, du fait de ses multiples lectures.

  • Anonymous

    Member
    4 mars 2019 at 12 h 42 min

    “Qui nous donna des yeux pour voir les astres sans nous donner des bras pour les atteindre ?” ; les premiers mots qui m’ont fait découvrir Florbela Espanca…

    Ce poème est le dernier écrit par Florbela Espanca, elle a mis fin à ses jours, à l’âge de 36 ans.
    Dans quasiment tous ses poèmes et écrits, elle exprime sa tristesse, sa mélancolie d’Être en Vie, d’exister.
    Elle a beaucoup souffert de “ses différences” et a fait l’objet de tant et tant de critiques, jugements, médisances (la poétesse démoniaque).

    “La Mort”

    Mort, Ma Dame Mort
    tellement bonne doit être ton étreinte
    Langoureuse et douce comme un doux ruban
    Et comme une racine, rassurante et forte

    Dame Mort aux doigts de velours
    Ferme moi les yeux qui ont déjà tout vu
    Prends moi les ailes qui ont tout survolé

    Je …

    Je suis celle qui va par le monde égarée
    Je suis celle dont la vie n’a pas de nord
    Je suis la soeur du Rêve, de ce sort
    Je suis la crucifiée, … la douloureuse …

    Ombre de brume légère et dissipée,
    Et que le destin amer, triste et fort
    Pousse brutalement vers la mort !
    Âme en deuil toujours incomprise.

    Je suis celle qui passe et personne ne voit …
    Je suis celle que l’on dit triste sans l’être …
    Je suis celle qui pleure sans savoir pourquoi …

    Je suis peut être la vision que Quelqu’un a rêvé
    Quelqu’un qui est venu au monde pour me voir
    Et qui jamais dans la vie ne m’a rencontré

  • Anonymous

    Member
    4 mars 2019 at 13 h 02 min

    @olbius : j’en étais sûre que tu nous cachais ton Âme poétique (au passage, j’attends toujours le lien pour enfin découvrir l’univers de ton roman…)

    Coup de coeur avoué, sans demi-mots, pour les pensées “mouillées-suées” de cet esprit Vert qui pose son regard sur “Le Citadin” ; ai été emportée par les hauteurs de ce regard qui nous prend par la main, pour nous montrer, ce qu’il voit.

    C’est tellement fluide, tellement bien assemblé, que j’avais l’impression de me déplacer au rythme des pas foulés, non pas par le déplacement des jambes, mais par les pensées qui s’élèvent du sol vers le Ô…

    Et en plus, l’inclinaison de toutes ces lettres qui s’entrelacent…que du Bonheur, entre le Vent et le Vert…seule une lettre diffère…

  • Anonymous

    Member
    4 mars 2019 at 13 h 16 min

    Ce poème m’arrache des larmes à chaque fois que je le relis…

    Buvant seul sous la Lune LI PO

    Parmi les fleurs un flacon de vin
    Je bois seul sans compagnon
    Levant ma coupe j’invite la lune,
    Avec mon ombre nous voici trois.

    Bien que la lune ne sache pas boire
    Et que mon ombre ne sache que me suivre
    J’en fais mes compagnons d’un instant.
    Pour atteindre la joie il faut saisir le printemps.

    Je chante, la lune se promène,
    Je danse, mon ombre titube.

    Avant l’ivresse, nous nous réjouissons ensemble.
    Quand je suis gris, nous nous séparons.
    Ainsi je me lie à ces amis insensibles
    Quand la lune m’attend dans le ciel.

  • Anonymous

    Member
    15 mars 2019 at 22 h 14 min

    La Ville de pierres

    Tu Fu

    Pays ancien entouré de montagnes qui demeurent
    Vagues frappant les murailles, retournant sans écho
    A l’est de la rivière Huai, la lune d’autrefois
    Seule, franchissent encore, à minuit, les créneaux

    Dans Bai-di, les nuages franchissent les portiques
    Sous Bai-di, la pluie tombe à faire crouler le ciel
    Haut fleuve, gorge étroite: éclair et tonnerre se combattent

    Arbres verts, sombres lianes: soleil et lune s’éclipsent
    Chevaux de guerre plus inquiets que chevaux de paix
    Sur mille foyers, il n’en reste qu’une centaine

    Dépouillée jusqu’aux os, une femme crie sa peine
    Dans quel village perdu, sur la plaine d’automne?

  • Anonymous

    Member
    9 avril 2019 at 16 h 06 min

    Matin

    Devant ma fenêtre, la solitude d’un matin
    Casque sur les oreilles, cigarette à la main

    Ce vieux souvenir qui apparaît et me fait mal
    L’Absurde se rit de moi, car tout est éphémère

    Au loin les pins réveillent mon imagination

    Quelque chose se dessine sur mon écran mental
    Dans le brouillard, étrange horizon de Lumière

    Cela est l’Origine et la Destination

    Sans doute, mais…

    Devant mes yeux, la fumée danse avec le vent
    Sourire

    Que ce qui est fragile et éphémère vive d’un brillant éclat !

    D.

  • Anonymous

    Member
    9 avril 2019 at 18 h 42 min

    Salut à tous, j’ai adoré la série Penny Dreadful  et ce poème est touchant.

    La poésie fait partie de l’intelligence du coeur, elle est subtile, délicate et vous touche jusqu’au plus profonde de votre âme.

    Désolée, cela fait très longtemps que je n’écris plus de poèmes, j’ai retrouvé ces quelques vers :

     

    Tu as dans le regard cette lueur qui éclaire mon coeur

    Ton sourire apaise mes tourments

    Et là s’installent les sentiments

    Tu donnes un sens à ma vie

     

    Voici un haîku que j’adore :

    Les herbes mortes sont si calmes

    Quand le givre murmure encore

    Dans les bambous nains

    MABUCHI

     

     

  • Anonymous

    Member
    31 mai 2019 at 11 h 49 min

    “A un ami qui m’interroge.
    Pourquoi vivre au coeur
    de ces vertes montagnes?

    Je souris, sans répondre;
    l’esprit tout serein.

    Tombent les fleurs, coule l’eau,
    mystérieuse voie…

    L’autre monde est là,
    non celui des humains.”

    Li Po

  • Anonymous

    Member
    3 juillet 2019 at 16 h 29 min

    À une Passante” Les Fleurs du Mal /Charles Baudelaire

    La rue assourdissante autour de moi hurlait.
    Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
    Une femme passa, d’une main fastueuse
    Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

    Agile et noble, avec sa jambe de statue.
    Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
    Dans son œil, ciel livide où germe l’ouragan,
    La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

    Un éclair… puis la nuit ! – Fugitive beauté
    Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
    Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

    Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !
    Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
    Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

     

  • Anonymous

    Member
    3 juillet 2019 at 17 h 06 min

    filledelair

    Belle coïncidence !

    Rire

  • bagayaga

    Member
    9 février 2020 at 15 h 12 min

    Comprenne qui voudra-Paul Éluard

    En ce temps-là, pour ne pas châtier

    les coupables, on maltraitait des

    filles. On allait même jusqu’à les

    tondre. »

    Comprenne qui voudra

    Moi mon remords ce fut

    La malheureuse qui resta

    Sur le pavé

    La victime raisonnable

    À la robe déchirée

    Au regard d’enfant perdue

    Découronnée défigurée

    Celle qui ressemble aux morts

    Qui sont morts pour être aimés

    Une fille faite pour un bouquet

    Et couverte

    Du noir crachat des ténèbres

    Une fille galante

    Comme une aurore de premier mai

    La plus aimable bête

    Souillée et qui n’a pas compris

    Qu’elle est souillée

    Une bête prise au piège

    Des amateurs de beauté

    Et ma mère la femme

    Voudrait bien dorloter

    Cette image idéale

    De son malheur sur terre.

    Paul Éluard

  • Sansho

    Member
    15 février 2020 at 13 h 44 min

    “L’an 1 de la Kollaboration”
    Je ne connaissais pas du tout, et je trouve ça génial!
    En fait ça viendrai d’un poète marseillais résistant anonyme en 1941, et ce type de poème est un texte gigogne (qui se lit avec la méthode du vers brisé) 😀


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