Jean-Luc Mélenchon est à la gauche ce que fut Jean-Marie Le Pen à la droite pendant des années c’est-à-dire, un épouvantail ou un idiot utile qui interdit toute possibilité de rassemblement. On imagine mal qu’une opposition crédible à gauche puisse désormais donner le change à l’hégémonie des néolibéraux ou proposer une alternative au souverainisme de droite.
Ce dernier a d’ailleurs le vent en poupe et cela me réjouit dans la mesure où sa montée va forcer la droite traditionnelle à se débarrasser des centristes et à proposer une politique plus engagée.
Sur le fond le parti de Jean-Luc Mélenchon n’est pas si éloigné de La République en Marche. Il n’y en a d’ailleurs pas (de fond). Le personnage a composé une opposition avec des mouvements antagonistes et même ennemis. Entre Les indigènes de la République, les écologistes (tendance PSU), les Radicaux de Gauche, les dissidents communistes, etc., les fractures et les divergences sont nombreuses. Or, au lieu d’imposer une ligne politique ou une vision jacobine assumée, Jean-Luc Mélenchon mise sur son seul charisme.
Il y a donc un souverainisme à se réapproprier – un peu comme avait tenté de le faire Jean-Pierre Chevènement – ou un retour à faire vers un socialisme ouvrier semblable à celui qui émailla le début du dix-neuvième siècle. Il faut aussi que la gauche renonce à ses vieux démons (comme le Trotskisme ou sa tendance au moralisme) et qu’elle fasse son autocritique – notamment par rapport aux légendes historiques qu’elle s’est fabriquées.
Jean-Luc Mélenchon au lieu de se rapprocher de sa base s’en éloigne de plus en plus. Ces derniers dérapages démontrent aussi que son souci est de construire non pas un parti, mais une figure.
Et c’est bien ce que Jean-Marie Le Pen a essayé de faire pendant près de 40 ans.