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Tourner les pages d’un bon livre, quel plus beau voyage ? 📚 Discutons-en entre adultes ... Voir la suite
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Tourner les pages d’un bon livre, quel plus beau voyage ? 📚 Discutons-en entre adultes Haut Potentiel Émotionnel (HPE) et Haut Potentiel Intellectuel (HPI)…
Et retrouvez les plus belles citations sur l’intelligence !
Narre-moi un conte.
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Membre Inconnu
Membre10 juin 2022 à 22 h 15 minLa pauvre gamine ! 😱
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Ben atroce ou pas c’est comme ça. Quand tu ne fais pas ce qu’on te dit de faire, y a un malus qui t’attend au tournant. Autant l’apprendre rapidement^^
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C’est pour ça que je préfère 1000 fois être pieds nus qu’avec des chaussures 🤭😁
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La fée des larmes (que j’ai lu enfant dans un recueil de contes et légendes d’Alsace)
Cette histoire se déroule il y a fort longtemps, lorsque les fées étaient encore visibles par les humains et pouvaient leur accorder des dons.
Dans un petit village vivait un couple de fermiers, qui eurent la joie de voir naître dans leur foyer une petite fille. Le jour de son baptême, trois inconnues se présentèrent à la porte de la ferme, demandant à s’abriter pour la nuit. Les fermiers acceptèrent. Pour les remercier de leur charité, les trois femmes leur révélèrent leur vraie nature, car il s’agissait de fées, et décidèrent d’offrir chacune un don à l’enfant qui dormait dans son berceau.
La première était d’une beauté surnaturelle. Elle s’avança vers le berceau et annonça : « Je te fais le don de la grâce et de la beauté. » Elle caressa alors la joue de l’enfant et le don fut accordé.
La deuxième portait une robe brillant de mille feux. S’approchant du berceau, elle dit : »Je te fais le don de la fortune, afin que jamais tu ne manques de rien. » A son tour, elle caressa la tête de l’enfant afin que le don soit accordé. Les fermiers étaient aux anges.
La dernière, enfin, s’avança. Dans sa robe simple, elle faisait plus pâle figure que ses compagnes, bien que non moins belle. « Quant à moi, je te fais le don des larmes. » annonça-t-elle. A ces mots, les parents de l’enfant s’interposèrent entre la fée et le berceau. « Notre fille n’a pas besoin de larmes! Gardez vote don horrible et partez! » La fée tenta de leur expliquer à quel point ce don était précieux, les larmes permettant d’alléger le fardeau de la vie, mais ils ne voulurent rien entendre et la mirent à la porte.Les années passèrent et l’enfant grandit, devenant une magnifique jeune fille à la beauté sans pareille, comme cela lui avait été accordé par la première fée. Et pourtant, elle paraissait froide et hautaine, car il lui manquait la douceur du sentiment.
Un beau jour, le seigneur voisin passa près de la ferme. Dès qu’il vit la jeune fille, il fut immédiatement séduit par sa beauté, et alla aussitôt demander sa main. Le mariage fut célébré peu de temps après. La jeune fille devint ainsi une châtelaine riche, admirée et célèbre, comme la deuxième fée l’avait prédit.
Mais le seigneur déchanta vite lorsqu’il s’aperçut que rien ne semblait émouvoir sa jeune épouse; ni la beauté d’une rose tout juste éclose, ni l’oisillon tombé du nid, jamais la jeune femme ne versait de larme. Même son sourire était froid. « J’ai l’impression d’avoir épousé une statue, tu es aussi belle et froide qu’elles » lui reprochait-il souvent. Mais la jeune femme ne pouvait lui répondre qu’avec ce même sourire sans émotion qu’il lui reprochait tant.
Ainsi, le seigneur commença à la délaisser, lui préférant la compagnie plus joyeuse d’autres seigneurs avec qui il partageait de longues parties de chasse. La jeune femme se sentait d’autant plus isolée que même ses domestiques la détestaient et se moquaient d’elle. Elle souffrait de plus en plus de cette situation dont elle se sentait responsable.Or, il advint que le seigneur dût partir à la guerre pour défendre la frontière. « Si je dois revenir, tâche d’être plus aimable » soupira-t-il sans trop y croire. Mais la jeune femme se contenta de lui sourire d’un air distant. Vinrent alors les longs jours d’attente ; les jours se transformèrent en semaines, sans qu’aucune nouvelle du seigneur ne parvienne au château. À cela s’ajoutait pour la jeune femme l’attitude des domestiques, qui, le maître étant parti, la respectaient de moins en moins. Des nouvelles sur la fin de la guerre parvinrent enfin au château ; mais hélas avec elles également des rumeurs sur la mort du seigneur au cours d’une bataille.
Ne pouvant supporter l’idée de vivre seule au milieu de gens qui la détestaient, la jeune femme se rendit en cachette au bord du lac qui se trouvait sur la montagne près de la ferme de ses parents, avec l’intention de mettre fin à ses jours. A peine eût-elle touché l’onde qu’une magnifique femme sortit du lac. C’était la fée des larmes. « Je te reconnais, mon enfant, et je sais ce qui te tourmente ». Elle raconta alors à la jeune femme ce qu’il s’était passé tant d’années auparavant. « A présent, c’est à toi de décider d’accepter ou non le don des larmes. » La jeune femme acquiesça; la fée lui caressa les yeux, et le don fut accordé. Aussitôt, une bouffée d’émotions traversa la jeune femme, sa respiration se fit saccadée, et pour la premier fois de sa vie, elle pleura. Et alors qu’elle pleurait, quelle ne fut pas sa surprise de voir devant elle ses larmes se transformer en perles à mesure qu’elles roulaient de ses joues. « Prends ces perles, lui dit la fée des larmes, et fais-en un collier, il réhaussera ta beauté. Rassure-toi, ton époux rentrera demain et tout rentrera dans l’ordre. » La jeune femme remercia la fée des larmes et suivit ses conseils.
Le lendemain, le seigneur revint effectivement au château, blessé mais vivant. L’étonnement l’envahit en voyant sa jeune épouse; elle paraissait habitée par un charme indéfinissable qu’il ne lui avait jamais connu auparavant. Et quand il l’enlaca, ce furent des larmes de joie qui perlèrent aux yeux de sa bien-aimée. Et le bonheur régna enfin au château, car avec le don des larmes, elle avait aussi reçu celui de la compassion, de la pitié, de la bonté et de la douceur du cœur.
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