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Mes forces et mes faiblesses
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Mes forces et mes faiblesses
Je ressens les choses trop fort.
Depuis toujours, j’ai cette impression d’être branchée sur une intensité que beaucoup ne voient pas, ou ne comprennent pas. Là où certains passent à côté d’un regard, d’un silence, d’un changement dans une voix, moi je le ressens immédiatement. Comme si les émotions des autres entraient directement en moi sans filtre. C’est épuisant parfois, mais c’est aussi ce qui fait profondément la personne que je suis.
Longtemps, je me suis demandé pourquoi.
Pourquoi ressentir autant ? Pourquoi analyser autant ? Pourquoi être capable de comprendre la douleur des autres alors que parfois eux-mêmes n’arrivent même pas à la nommer ?
Je suis HPE.
Et pendant longtemps, j’ai cru que c’était une faiblesse. Parce qu’être hypersensible dans un monde qui apprend à cacher, à se durcir, à se taire, ça donne souvent l’impression d’être “trop”. Trop émotive. Trop intense. Trop profonde. Trop entière.
Pourtant, aujourd’hui, je comprends autre chose : ce haut potentiel émotionnel ne m’a pas détruite. Il m’a sauvée.
Mes traumatismes auraient pu faire de moi quelqu’un de froid, de dur, ou de méchant. Ils auraient pu me pousser à reproduire la douleur, à me fermer au monde, à ne plus croire en personne. Mais chez moi, c’est l’inverse qui s’est produit. La souffrance n’a pas éteint mon empathie ; elle l’a renforcée.
Parce que quand on connaît certaines blessures, on apprend à reconnaître celles des autres. Même celles qu’ils cachent derrière un sourire.
Dans mon métier auprès des enfants, je le vois chaque jour.
Il y a ceux qui rient fort, ceux qui débordent de vie, et puis il y a les autres. Ceux qui se retiennent déjà. Ceux qui apprennent trop tôt à enfermer leurs émotions. Ceux qui baissent les yeux, qui n’osent pas parler, qui gardent tout à l’intérieur.
Alors j’essaie de leur apprendre quelque chose d’essentiel : ressentir n’est pas une honte.
Pleurer n’est pas une faiblesse.
Avoir peur, être triste, être en colère, être heureux… tout cela fait partie de la vie.
On peut apprendre à maîtriser ses émotions sans les étouffer.
Parce que maîtriser ne veut pas dire cacher.
Je crois profondément que les enfants ont besoin d’adultes capables d’écouter ce qu’ils ressentent, pas seulement ce qu’ils montrent.
Chez les pompiers aussi, mon HPE me sert tous les jours.
Beaucoup regardent d’abord la blessure physique, ce qui est normal. Mais moi, je regarde aussi ce qu’il y a derrière les yeux. Le choc. La peur. Le tremblement qu’on essaie de retenir. Parce qu’une personne peut aller “bien” physiquement et être complètement détruite intérieurement.
Et souvent, ce sont ces moments-là qui donnent du sens à ma vie.
Quand quelqu’un me dit :
“C’est la première fois que je peux parler comme ça avec quelqu’un.”
Ou :
“Tu m’as comprise.”
Je ne prétends jamais comprendre parfaitement la souffrance d’une personne. Chaque vécu est unique. Mais je peux essayer de me mettre à sa place. Je peux écouter sans juger. Et aujourd’hui, je pense que c’est l’une des plus grandes forces des personnes HPE : cette capacité à ressentir l’humain derrière les mots.
L’injustice, en revanche, reste quelque chose qui me déchire profondément.
Parce que pour moi, l’empathie devrait être la base de tout.
Ma phrase a toujours été simple : ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse.
Alors oui, je survis parfois plus que je ne vis.
Oui, je me sens souvent en décalage avec ce monde.
Mais malgré tout, je continue d’avancer avec cette envie d’être la meilleure personne possible.
Pas parfaite.
Juste humaine.
Je veux que mon fils sache que la vie mérite d’être vécue, même quand elle fait mal. Même quand la tristesse prend toute la place. Parce qu’on se souvient souvent plus longtemps de nos blessures que de notre bonheur. Le bonheur, on le vit dans l’instant. La douleur, elle, laisse des traces plus profondes.
Et pourtant, il faut continuer à chercher la lumière.
J’aimerais réussir à publier mon livre sur le HPE.
Pas pour être connue. Pas pour attirer l’attention. Mais parce que je sais qu’il existe des personnes qui se sentent seules dans leur façon de penser, de ressentir, d’aimer ou de souffrir. Et si mon histoire peut permettre à une seule personne de se sentir comprise, alors tout cela aura eu un sens.
Je ne veux pas quitter cette terre en laissant derrière moi de la haine ou de la destruction.
Je veux partir en me disant que j’ai essayé de réparer plus que de blesser. Que les personnes que j’aimais savaient que je les aimais. Parce que je n’ai jamais eu honte de dire “je t’aime”. La vie est trop fragile pour garder l’amour silencieux.
Je suis un phénix blanc.
Pas celui qui renaît en détruisant tout autour de lui.
Moi, je renais autrement.
Je me nourris de mes blessures pour devenir quelqu’un de meilleur.
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