Salutations

  • Publié par alexlob le 1 avril 2024 à 16 h 05 min

    Bonjour à toutes et tous.
    Je décide de sauter un pas et de m’inscrire sur ce site, qui regroupe des “HP ——” (à compléter selon les préférences de chacun … et susceptibilités), des zèbres, des surdoués etc…

    Autant d’appellations que je n’aime pas particulièrement puisqu’elles sont par nature réductrices.
    M’enfin, elles ont au moins le mérite de l’identification aisée à un “groupe” par nature hétérogène et multiforme.

    Après un long parcours d’incompréhension de la singularité qui est la mienne (de moi même face à moi même; de moi même face au monde; du monde face à moi même et toutes déclinaisons que vous maîtrisez),
    Après un formel diagnostic (autre mot que je n’aime pas, je ne suis pas malade, merci) posé après évaluation chez Cogitoz à Marseille,
    Après une forme d’acceptation de ma condition et après moult efforts de normalisation apparente (comprendre facilitation des modalités d’usage social entre autre, pour faire plaisir aux gens “normaux” qu’on se doit de subir au quotidien avec bonhommie – à défaut de plaisir),
    J’en arrive à tout de même à ne jamais tout à fait me sentir à ma place.
    L’ennui sous diverses formes reste toujours en embuscade.
    Les relations humaines ne sont pas toujours simples ou fluides etc…
    Là dessus je suppose que vous êtes tous experts, donc j’élude.

    A ce stade, j’en ai ras le (mot au choix du lecteur) de me sentir en sous régime permanent.

    Donc j’ose espérer que la fréquentation de ce site et des personnes qui l’animent pourrait être d’une quelconque utilité.
    Mais je dois dire aussi que j’ai assez longtemps résisté à l’idée d’y venir.
    Je trouve ennuyeuse l’idée de se définir par une singularité de fonctionnement globale des boyaux de la tête…. et corollaire, douteuse l’idée de se réunir “entre nous”, comme si on n’était pas des gens normaux.

    Bref.

    Je tente l’expérience et j’espère qu’elle sera riche.
    En tous les cas, je ressens le besoin de pouvoir à l’occasion lâcher les chevaux et arrêter de jouer le rôle bien policé que “les gens” attendent d’un personne “normale” (que je suis et ne suis pas tout à la fois, ça va sans dire).

    ++

    Alexandre

    clolaral a répondu il y a 1 semaine 8 Membres · 10 Réponses
  • 10 Réponses
  • phifou

    Membre
    1 avril 2024 à 16 h 39 min

    Bonjour Alexandre,

    Le plaisir de ce site, pour moi, c’est d’abord de lire des témoignages comme le tien, en se disant : « ah oui, tout à fait ça, moi aussi je dis pareil… » bref de se sentir moins seul dans sa différence ! Voire, d’en profiter pour mieux se comprendre à travers cela . Bienvenue 🥳

  • peneloppe

    Membre
    1 avril 2024 à 17 h 11 min

    Bonjour,
    Personne n’est “normal” puisque chacun est unique. Le truc sympa c’est de converser avec des personnes que l’on comprend et qui nous comprennent ou du moins avec qui… bref : ressemblance ou complémentarité et ça n’est si pas facile.

    Je n’ai aucune cases c’est encore plus compliqué ^^

  • amann

    Membre
    1 avril 2024 à 19 h 07 min

    Welcome Alex 😊

  • oiseau-chat

    Membre
    3 avril 2024 à 12 h 31 min

    Bonjour Alexandre,

    Je partage avec vous beaucoup de constats et sentiments que vous avez exprimé. Je trouve ici peu de velléités critiques quant à l’étiquetage, la psychologisation et l’entre-soi.
    Lorsqu’une communauté arrive en phase de décomposition, pour les individus livrés à eux-mêmes la question de l’identité émerge naturellement. C’est après la perte d’une entité supra-individuelle définissante, et à défaut de pouvoir par soi-même opérer une synthèse, qu’on en vient à se définir par des parties de nous-mêmes : couleur de peau, sexe/genre, QI, vécus, etc. D’où la possibilité pour ce genre de site d’émerger, et de recomposer des communautés qui régénèrent le sentiment d’appartenance, même sur une base partielle.

    Difficile d’y échapper. En revanche, je crois qu’en être conscient est déjà une preuve qu’on sera à même d’éviter l’enfermement.

    Concernant le sentiment d’être constamment en ‘sous-régime’, c’est un sentiment que je partage au quotidien. Je ne me trouve que réellement satisfait quand mes capacités ont été mises à l’épreuve, et que je suis épuisé intellectuellement. Personnellement, je souhaiterais que toute cette énergie produise quelque chose de substantiel à la fin de ma journée, et de ma vie. Sinon, je crois, ce serait traverser nos existences tels des ordinateurs de chair et d’os.
    Je n’ai encore lu nulle part de critique du concept ‘HP’ insistant sur la notion de potentiel. Pourtant je crois que cette idée est très importante pour comprendre son propre épanouissement (HP ou non). Ce n’est pas être “frappé du sceau” qui nous met automatiquement au-dessus de la mêlée, c’est bien ce qu’on fait du potentiel, et non le potentiel en lui-même. Et c’est bien l’accomplissement de ce dernier qui validerait la supériorité intellectuelle revendiquée par certains – même si on est aujourd’hui plus modestes – souvent faussement – en parlant de différence ou de singularité.

    Ainsi, en l’absence de réalisation de nos capacités et d’édification singulière, il me semble que nous sommes, en effet, soumis aux mêmes problèmes que tout le monde. C’est-à-dire, dans ce monde, l’aliénation, la misère humaine, l’errance, etc.

  • alexlob

    Membre
    3 avril 2024 à 17 h 32 min

    Salut

    merci pour vos réponses d’accueil.

    Y a pas mal de sujets sur lesquels rebondir (boing boing marsupilamesque)

    C’est “reposant” de lire qu’on partage des perceptions et des incompréhensions.

    J’aime assez l’idée (qui me traverse régulièrement) du potentiel.
    A la fois elle est prometteuse et à la fois assez gonflante.
    Nous vivons en effet dans un monde qui s’enorgueillit d’avoir des cerveaux à QI (sic) élevés et des “hauts potentiels”, pour mieux s’assurer de leur couper les ailes.
    Si bien que de potentialités, il en reste peu si on ne s’applique pas à ruer dans les brancards.
    Corollaire, ce fameux sentiment d’inconfort constant.

    Avec en bruit de fond, cette injonction depuis aussi loin que je m’en souvienne de “ne pas être comme je suis”.
    N’utilise pas des mots compliqués, fais des phrases simples, arrête de te poser des questions etc etc etc adlib.

    Bref, merci des mots que vous avez pris le temps de poser pour moi en particulier et à destination de tous ceux qui auront pris le temps de nous lire et qui savent aussi d’y reconnaitre, tout ou partie 🙂

  • Membre Inconnu

    Membre
    3 avril 2024 à 21 h 55 min

    Fuis

  • Membre Inconnu

    Membre
    5 avril 2024 à 14 h 29 min

    Bonjour Alexandre,

    Après moultes tergiversations, j’ai enfin sauté moi aussi le pas de me faire tester. Zèbre je suis et avec une escadrille de questionnements.

    Si je suis loin d’être aux prémices de mon existence et si le résultat date d’une semaine, les lectures d’un mois, je me sens nouveau né et fort désemparé. Il me faudra sans doute le reste de mon existence pour digérer l’information…

    Pour le reste j’adhère à ta présentation ( heuuu, on se dit tu ?) , tu as les mots pour le dire.

    Au plaisir d’échanger

    Pierre

  • alexlob

    Membre
    6 avril 2024 à 9 h 07 min

    Salut @Pierreas

    se faire tester objectivement et obtenir le résultat, quel qu’il soit, c’est une étape importante en effet.
    Je pense que ceux qui se voyaient HP***quelque chois et à qui on dit qu’ils sont aussi normaux que la moyenne doivent se trouver déçus mais pour les “vrais”, ça me semble un moment particulier.

    De mon expérience, ça m’a beaucoup reposé que le truc soit enfin posé et qu’il devienne en quelques sortes concret.
    C’est venu quand j’avais à peu près 44 ou 45 ans.
    Je ferais pas tout le film de comment j’en suis arrivé à suivre le process du diagnostic mais en gros.
    J’habitais à la Ciotat, à côté de Marseille où il y a une antenne de Cogitoz, l’association de Jeanne Siaud Facchin, ça m’a semblé être le bon endroit pour avancer…. j’y ai aussi suivi des stages et formations en méditation pleine conscience (on peut causer de ça aussi).

    Bref, j’ai fait les tests, ça prend plusieurs séances, avec des tas de discussions avec les psychologues, des exercices en tous genre.
    Puis un jour, le verdict est posé = il est drôlement compliqué votre système, elle a dit la dame et voilà les résultats des tests… alors elle détaille : dans ça c’est entre 170 et 180 (surtout les jeux formels et géométrique en fait), dans ça c’est dans les 150 et 160 (les trucs sémantiques et interprétatifs) et puis dans ça c’est pas terrible par rapport au reste, autour de 130 ou 140 (les trucs de vérification).
    Voilà, c’était fait avec un beau rapport imprimé sur papier à entête qui disait “Monsieur Alexandre présente toutes les caractéristique d’un HP****, avec mention très bien”.

    Youpi !!!

    N’empêche que ça a été drôlement reposant d’arrêter de ne pas comprendre d’où venait la couille magistrale dans mon petit bon de potage (à tel point que par moment, je savais même plus s’il y avait du potage pour tremper ladite couille).
    J’ai depuis appris à vivre en étant “singulier”, pas différent, pas malade mais singulier.

    Inadapté à plein de situations je suis. Mais pas malade.
    Ultra performant dans certains domaines je suis. Et tant mieux.

    Donc, à partir de maintenant, il va t’arriver plein de trucs potentiellement chouettes, c’est à toi de décider où tu regardes et où tu veux aller encore.
    Mais au moins, peut être l’as tu déjà senti, une sorte de pacification intérieure pourrait se produire, qui te mènera peut être à utiliser tes dissonances pour les mettre plus en harmonie avec le monde qui t’entoure.

  • Membre Inconnu

    Membre
    6 avril 2024 à 9 h 55 min

    Bonjour Alexandre et merci pour cette longue réponse.

    Oui, à l’annonce des résultats de THPI, d’abord très incrédule puisque j’ai passé une existence à douter de moi, me trouver aussi intelligent qu’une huitre en fin de vie. Puis, à la réflexion, je me suis dit ” mais c’est bien sûr” ! . Une foultitude de liens se sont mis en place, je validais des masses d’informations que je connaissais au fond. Donc oui, les 3 premiers jours, un apaisement certain m’a enveloppé et ce fût bien agréable. Puis, la digestion reprends et me plonge dans: bon, maintenant, j’en fais quoi ?

    Je vais tenter la méditation en pleine conscience et surtout trouver de quoi nourrir mon cerveau. Le hic est que je n’ai aucune passion, par contre, je m’intéresse à tant de choses. Je pense être d’une polyvalence très prononcée.

    Je ne me sens ni malade, ni handicapé, simplement différent, mais ça, rien de neuf à l’ouest puisque cela toujours été ma réalité. Je me sens parfois seul et aimerai aussi gambader la savane avec d’autres zèbres.

    Je dois filer mais reprendrais volontiers nos échanges.

    Bien à toi

    Pierre

  • clolaral

    Membre
    18 juillet 2024 à 7 h 40 min

    Bonjour,

    Et oui, un jour on saute le pas et on cherche des “gens comme nous”. Cette “différence” vous l’exprimez si bien ! Comme je me retrouve dans ce que vous écrivez ! Et comme c’est apaisant de voir que son propre questionnement est partagé.

    J’aimerai partager avec vous un petit texte écrit à un ami pour essayer de le sensibiliser à notre spécificité.

    Comment on nait “zèbre”

    Je parle extrêmement rarement de ce sujet car peu de personnes sont capables de l’appréhender de manière objective et je pense, j’espère, que vous faites partie de celles qui le peuvent.

    Contrairement aux croyances de la population en général, cette spécificité est plutôt handicapante. J’ai été détectée très tôt “enfant précoce” “surdouée” ou “hpi” comme on dit maintenant, à une époque (il y a plus d’un demi-siècle) où on ne parlait quasiment pas du sujet.

    Or les termes pompeux de “surdoués” ou “haut potentiel” (hpi et/ou hpe ; dans mon cas “et”) sont en effet beaucoup trop félicitants (je sais le mot n’existe pas mais le néologisme est parlant). Ils sont très mal choisis. Certains y préfèrent “zèbre”. Et, comment dire ? zèbre c’est moins pire…

    C’est dur d’accepter une identité qui vous est présentée comme un trophée ; je ne me sens pas “SURdouée” ni “HAUT potentiel”, ces termes ont une connotation de supériorité, alors comment je pourrai les accepter si toute ma vie cette différence ne m’a fait que me sentir inférieure aux autres ?

    Je ne me sentais pas légitime à avoir une étiquette qui paraît aussi valorisante et qui ne paraissait pas du tout me correspondre. Je me suis toujours sentie différente, certains me l’ont aussi bien fait savoir, tout au long de ma vie et ça n’a pas toujours été très agréable. Cet aspect m’a tant ébranlée que je n’ai pas, pendant toutes ces années, cherché à me documenter réellement en profondeur.

    L’idée de “différence” correspond bien mieux à ce que je ressens et vis, qu’un quelconque aspect de supériorité ou de grandeur, et c’est ce que le haut potentiel est : juste une différence de fonctionnement.

    C’est une spécificité qui peut effectivement nous amener à fonctionner de façon plus efficace que la norme dans certains domaines, mais qui est aussi très handicapante et rend nos capacités bien moins effectives dans d’autres, notamment à cause du syndrome de l’imposteur, ou encore de l’intuitivité (le raisonnement ne se fait pas consciemment), entre autres.

    Je pense vraiment que les termes de hp ou surdoué sont mal choisis et faussement vendeurs ; ils entraînent, dans la population en général, une difficulté de compréhension de cette différence ; dans mon cas, ces termes ont induit une très grande lenteur à accepter ces étiquettes comme étant miennes.

    D’où ma réticence à en parler.

    Pourtant je sais que cela peut expliquer mon comportement parfois exaspérant (et oui… j’en suis tout à fait consciente 😏) à toujours vouloir savoir, comprendre, disséquer voire polémiquer (j’adore les joutes verbales) et le faire accepter par quelques personnes bien choisies… ou pas.

    En première instance, je ne suis jamais à l’aise sur le sujet car je ne peux être sûre de la façon dont il va être interprété.

    Je tenais aussi à préciser que ma vérité et mon rapport au monde ne sont en rien immuables et même peuvent évoluer très rapidement en fonction des évènements, des lectures, des ressentis, des conversations, des rencontres ; bref de la vie.

    Merci d’avoir pris le temps.

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