Fontenay -aux- roses

  • Fontenay -aux- roses

    Publié par Usager supprimé le 23 août 2022 à 7 h 34 min

    Cette semaine, j’eus le plaisir de découvrir un classique. J’écris bien “découvrir” car cette chanson il me sembla, quoique entendue plus d’une fois dans le véhicule familial il y a des années de cela, que je l’écoutais pour la première fois.

    Il s’agit de la chanson “Fontenay aux roses” de Maxime Le Forestier.

    J’ai trouvé en sa fin un temps de joie et un contre-temps de rire.

    Alors je vous propose – si vous le désirez ! Si vous êtes disposés ! – de l’écouter, avant d’aller plus loin dans votre lecture, au risque que vous ne puissiez bénéficier de cette chute… délicieuse.

     

    A présent je vous prie de me confirmer par solidarité que vous aussi: vous avez été bernés !

    Bernés oui, et bernés de la plus ôd-ieuse des façons !

    L’affaire était pourtant entendue, sous ses airs de sérénade.

    Une chanson destinée, semblait-il, à quelque douce mésange. Des mots savamment et soigneusement égrainés ça et là, dans les airs, sur le sol et uniquement du très bon grain. Le soin accordé à l’accueil de l’oiseau rare laissait présager ce qu’il adviendrait de sa chair et de ses plumes. Pour détourner les dés-tournants : il y a le bon et le mauvais chasseur…Maxime lui, est véritablement un bon. De surcroît il est fin cuisinier.

    La cour donc il la fait et en celle-ci il reste. Attablé à une terrasse de bistrot avec son café crème, on l’imagine bien prendre un malin plaisir à le prendre…son (pied de) temps et couver des yeux sa favorite qui, au loin, passe.

    Sa favorite….Ah ! Que dis-je là ! Suis-je donc né petit joueur, naïf et chétif ? A jamais le resterai-je ? Elles sont plusieurs en vérité, il y a tout un défilé… et c’est en cela qu’est la chute et le génie de l’artiste.

    Le chanteur a, en réalité, grand appétit et il finit de le confirmer, un sourire en coin de la voix: Amoureux, oui il l’est…de tout un pensionnat !

    C’est alors que tout change de sens ! Il faut rejouer les scènes, rembobiner le film, se retourner et ramasser les graines pour la mésange, tel un poucet.

    Une, n’est pas si jolie en passant le soir à l’angle de sa rue,

    Une, n’est pas parfumée et fleurie, avec un ruban noir, toute de bleu vêtue.

    Là, avez-vous entendu ? La liaison !

    Ce bout de ficelle, l’aviez-vous saisi ?

    C’était un indice de grande importance pourtant ! Parfumée….S.. et…fleurie(s).

    Parfumées et fleuries.

    A la première écoute, elle m’échappa complètement.

    A la seconde, elle me parut grossière.

    A la troisième, elle devint obscène à mes oreilles.

    Je me détesta joyeusement d’avoir manqué cela.

    Toute la chanson en est alors transformée.

    L’imagination du chanteur, devenue fébrile, insensée, l’est…mais par des passages démultipliés, par une foule dans la rue.

    Une, n’est pas imaginée nue, un roman à la main.

    Les paires de fesses et les sublimes nibards se multiplient tant qu’on pourrait en faire des lignes et des lignes à faire ba(n)der un cocaïnomane et utiliser toutes les pages des livres comme des pailles !

    Il en va ainsi de toute la chanson.

    Le “Vous” que l’on pensait soutenu n’est plus, il devient par circonstance, marque du pluriel.

    Le titre lui même prend tout son sens : Maxime ne chante pas à son amie la rose.

    Il chante pour le multiple, l’instantané.

    Il chante pour un buisson de roses, un bouquet de bleuets.

     

     

    Fontenay-aux-Roses, c’est la chanson du sublime salaud. C’est la faim masculine contenue et élevée à un rang gastronomique. Parce qu’il m’a fait rire, parce que l’écriture de cette chanson est sublime, on lui souhaite bien d’avoir réussi à se faire inviter un soir dans l’internat.

    Usager supprimé a répondu il y a 5 mois, 1 semaine 1 Membre · 0 Réponses
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