Adulte surdoué et dépression



  • Adulte surdoué et dépression

     Biscuit mis à jour il y a 1 mois 30 Membres · 86 Messages
  • paquerettedesbois

    Member
    4 mars 2018 at 0 h 37 min

    @olbius Alors moi perso ça me fait peur en fait… on m’a proposé de la kétamine par rapport à mes douleurs de fibro (et j’ai plusieurs connaissances qui ont sombré dedans)… bah moi j’ai dit non… pour moi c’est une drogue ce truc ça devient addictif et comme ils le disent même pour la douleur il faut sans cesse augmenter les injections…. donc bon… et pour le moment le nombre de personnes qui l’ont testée reste tout à fait anecdotique… donc je reste vraiment perplexe….

  • Anonymous

    Member
    4 mars 2018 at 9 h 35 min

    Bonjour,

    Waow ! effets secondaires quasi instantanés : syndromes dissociatifs! On va se retrouver avec un nombre de personnes à faire des bouffées délirantes…donc à ne pas utiliser chez n’importe qui : pas de psychose connue, pas d’hypertendus, pas de tachycardies,…
    Et comme le dit l’article : pour l’instant pas d’effet sur le moyen terme.

    Je m’étonne que vous n’ayez pas encore évoqué la sismothérapie et la stimulation magnétique transcranienne….Aïe !!! Je me sauve 🙂

  • daedalus

    Member
    23 mars 2018 at 18 h 07 min

    Effectivement la kéta c’est de la drogue, et pas des moindres, les gonzes qui en prennent sont pas franchement jojos à voir au bout de quelques années.. Même si le “médicament” est certainement assez différent de ce qu’on trouve dans la rue, j’imagine.

    Je me demandais si quelqu’un prenait des anti-dépresseurs?

    Récemment j’ai fait une rechute assez sévère qui m’a amené à quelques nouvelles conclusions:
    -les facteurs extérieurs n’y sont pour rien, tout vient de moi
    -il ne me suffit pas d’être assez fort/brave/combattif pour me débarrasser de cette merde, car:
    -c’est une maladie sur laquelle je n’ai pas ou peu de contrôle, contrairement à ce que je pensais depuis 10 ans

    Donc je suis allé voir un médecin en espérant qu’il me donne des tuyaux pour consulter gratos (j’ai pas la maille ma bonne dame!!) mais le mec m’a juste prescrit des antidépresseurs, dans le plus grand des calmes et avec un naturel désarmant, après 10 minutes d’entretien (“vous avez eu une déception amoureuse récemment?” “Vous devriez arrêter le cannabis c’est mal et c’est un facteur aggravant!”) Alors que ta came c’est la panacée pas vrai pépère? Mais je m’égare!

    Bref! J’ai envie de me laisser tenter mais j’hésite beaucoup, si quelqu’un pouvait m’aiguiller?

  • jabberwocky

    Member
    23 mars 2018 at 20 h 28 min

    Je méditais il y a peu à ce sujet que j’étendais à la question du suicide. J’avais à l’esprit Le Mythe de Sisyphe d’Albert Camus et me disais qu’effectivement ce n’est pas le malheur à proprement qui nous plonge dans la dépression ou qui nous pousse au suicide. Le malheur, dès lors que l’on en connait la cause, peut devenir supportable. On peut s’en accommoder pourvu que l’on puisse le verbaliser ou le contenir dans tout autre « corps » (tout autre langage que le « parlé »). La plupart du temps les creusets que nous lui trouvons permettent de l’extirper, de lui faire face et d’agir dessus.

    J’ouvre et ferme une parenthèse à ce sujet en soulignant que ce fameux « corps » peut tout aussi bien s’incarner chez un tiers. Beaucoup d’individus se trouvent ainsi des boucs émissaires pour répondre temporairement à leur mal-être. Solution de facilité dont, à mon avis, les zèbres font souvent les frais à cause de leur propension à attirer des personnalités toxiques – empathie oblige. Nous avons tendance qui plus est, à systématiquement interroger le mal-être de l’autre ou à poser les bonnes questions – celles qui fâchent – dans des contextes de crise.

    Ce n’est donc pas le malheur engendré par une succession d’évènements qui nous accable en tant que tel ou qui, dans les pires des cas, nous conduisent jusqu’à attenter à nos jours ; Non, ce n’est pas le malheur, mais « l’absurde ». Notre incapacité à trouver une logique ou une cohérence aux évènements, aux raisonnements, aux comportements qui nous font faces génère une sorte de frénésie intellectuelle. Les connexions ne se font pas en nous ou difficilement ; nos esprits clignotent sans arrêts, désespérément et se mettent en surchauffe. Nous revenons sempiternellement vers l’objet de notre anxiété à la manière d’un diamant sur un disque rayé. Cette accroche peut même s’effectuer au cours de notre sommeil et nous faire paniquer. Panique qui peut aller jusqu’à une forme de paranoïa…

    Je parle d’accroche sachant que nous sommes autant possédés par l’objet de notre angoisse et ses projections à notre encontre, que par notre incapacité à nous en dessaisir. Car le propre de nos semblables – ce qui nous distingue de la majorité – est bien d’appréhender le monde qui nous entoure : de le com-prendre.

    Notre quête éperdue de sens, nous interdit d’admettre qu’il n’y a pas forcément de « raison » dans le cheminement ou l’attitude qui s’oppose à nous. S’il y a bien des causes réelles, nous les considérons anecdotiques, absurdes, irrecevables… et en bout de course, complètement irréelles. La résolution des conflits ou des situations peuvent même nous sembler évidente et finalement accroître notre inconfort. Ce qui relève du simple bon sens à nos yeux, implique en effet une remise en cause inacceptable de la part de nos interlocuteurs.

    Les conséquences de cette possession sont multiples. L’article du Huffington Post, mentionné par Olbius est très éloquent à ce sujet…

    Nos tentatives de rationaliser cet « absurde » nous conduit invariablement vers la somatisation puis, vers une forme aiguë de dépression. Si en plus l’objet de notre angoisse se situe dans le registre affectif, je crois que les effets sont démultipliés (c’est mon cas).

    Pour les HPE tout particulièrement, « l’autre » est une source d’énergie émotionnelle et sensorielle. Nous générons des liens empathiques très forts qui occasionnent en nous un déchirement extrême quand nous sommes en situation de deuils affectifs. Deuils que nous ne réalisons jamais totalement, contrairement aux autres individus…

  • Anonymous

    Member
    23 mars 2018 at 22 h 17 min

    Très belle analyse @jabberwocky. Ca me parle beaucoup.

    @daedalus, Je ne pourrais te conseiller à ce sujet mais on m’en avait également prescrit lors d’une bonne dépression et je ne les ai jamais pris. Je pense que les anti-dépresseurs l’auraient sans doute écourtée mais à quel prix? (peut-être aucun…)

  • Anonymous

    Member
    23 mars 2018 at 23 h 10 min

    Merci @jabberwocky pour ce texte, qui vient déposer, poser des Choses.
    Très jeune, je m”disais en observant le monde : “Mais c’est quoi ce b-o-r-d-e-l ?”. Je ne com-prenais rien du tout ! Il y a eu aussi ce serpent qui se mord la queue, ce cercle vicieux : “Ce monde est fou ! Mais non, c’est toi qui est folle ! Ce monde est fou…”
    Avec le temps, ça se décante et ça se détend avec des compréhensions, des acceptations tant du monde extérieur qu’intérieur. Pas à pas, j’apprends à rire, sourire des absurdités de ce monde (ou plutôt de la société du spectacle) au lieu qu’elles me rongent… à exprimer la colère, à exprimer ce que je trouve absurde au lieu de me taire et me terrer dans ma tanière. Tout ça, ça libère de l’espace, ça aère, ça allège, bref, ça fait un bien fou 😉

  • olbius

    Organisateur
    23 octobre 2018 at 9 h 42 min
  • amonk

    Member
    22 novembre 2018 at 15 h 20 min

    Bonjour,

    Je remonte ce sujet car en recherchant des informations, j’ai constaté que j’étais dans un schéma de crise existentielle (ce qui m’explique beaucoup).

    Qui est passé par ce chemin? Quelle en est votre expérience?

    (après avoir beaucoup observé, et recherché, j’ai pu entrevoir un chemin pour moi-même; je ne comprends pas tout, car c’est pas logique pour moi, mais plusieurs indications me poussent à suivre cette intuition)

  • olbius

    Organisateur
    21 mars 2019 at 12 h 38 min

    Une importante étude visant à soigner les personnes souffrant d’une dépression sévère par stimulation de la région du cerveau liée à la récompense, a montré de meilleurs résultats que les traitements traditionnels.

    Le traitement de la dépression par stimulation cérébrale profonde montre des résultats encourageants

  • Anonymous

    Member
    23 mars 2019 at 9 h 05 min

    Très intéressant, et peu surprenant : l’être humain dès l’enfance se base sur cette notion de plaisir / récompense. La dépression est un sujet récurrent chez les HQI : qui voudrait être systématiquement rejeté dans une discussion, une activité, parce qu’il ne pense ou ne fait jamais rien comme les autres, ou passe systématiquement pour un alien ? Du coup l’esprit (et le corps) mettent en place des mécanismes de défense pour se protéger de ces situations (l’évitement et du coup l’isolation ou la dépression en font partie). Guérir par le plaisir ou la stimulation me semble donc pertinent, pour que la personne puisse à nouveau s’insérer elle-même dans des situations favorables à son bien-être.
    Par contre je suis moins d’accord avec les propos que j’ai pu lire ou entendre auparavant, dans le style “dire à une personne dépressive de se bouger ne sert à rien”. Une personne dépressive ne voit justement plus le plaisir ou ses propres mécanismes mis en place, une aide extérieure est donc parfois nécessaire pour l’aider à réintégrer un chemin serein (psy, rencontres, amis, parfois même un simple livre ou un bon morceau de musique…) ; personne ne mérite de rester seul face à la souffrance.

  • Anonymous

    Member
    23 mars 2019 at 10 h 45 min

    @jabberwocky : C’est beau ce que tu as écrit ; vision inclinée par la compréhension .

    Le malheur, dès lors que l’on en connait la cause, peut devenir supportable. On peut s’en accommoder pourvu que l’on puisse le verbaliser ou le contenir dans tout autre « corps » (tout autre langage que le « parlé »)

    Oui. Pour avoir été plongée quasiment deux ans dans une profonde dépression (existentielle) en connaissance des “causes” qui l’ont générée ; là où le psychiatre (puis le psychologue) ne m’a été d’aucun secours, c’est le jardinage et la culture de mes plantes qui m’ont le plus aidée à m’en sortir et à retrouver le goût de Vivre.

    Adulte, l’écriture a été aussi le moyen le plus adapté que j’ai trouvé pour me confronter à mes pics de dépression ; curieusement, excepté mon journal que je tiens à jour, je n’ai jamais autant ressenti le besoin de “poser des mots sur ma souffrance” que lorsque j’étais assisse au fond du puits.

    Non, ce n’est pas le malheur, mais « l’absurde

    L’absurde, l’incompréhension, l’impuissance aussi et le fait de voir si bien la réalité de la situation telle qu’elle (ou a été).

    “Ce ne sont pas les faits en eux-mêmes – si terribles ou horribles soient-ils – qui nous font souffrir.
    La souffrance vient de ce que l’on n’a pas pu montrer ses sentiments, ni en parler, ni le hurler, ni en pleurer, ni le partager, et qu’on a tout enduré en silence.
    Cette souffrance prend sa source dans le secret, tel un “cadavre dans le placard”, voire un fantôme qui crie vengeance ou demande à être reconnu et pleuré.” Anne Ancelin Schützenberger

    Nous revenons sempiternellement vers l’objet de notre anxiété à la manière d’un diamant sur un disque rayé. Cette accroche peut même s’effectuer au cours de notre sommeil et nous faire paniquer.

    Comme si notre esprit cherchait encore et toujours à perpétuellement “analyser,disséquer” la source objet de ses tourments…il a beau savoir, avoir compris, s’être résigné par l’acceptation ; il cherche malgré tous les malgré, encore des solutions…

    La dépression est le duel à mort, entre la souffrance et la résilience.

  • jabberwocky

    Member
    27 mars 2019 at 21 h 58 min

    @filledelair

    La dépression, c’est l’égarement… la perte du sens… et donc, encore une fois, l’absurde.

    Étymologiquement d’ailleurs, “absurde” veut dire : “Qui est en dehors de l’entendement”…
    Il s’agit donc bien d’une crise de la compréhension.

  • Anonymous

    Member
    28 mars 2019 at 12 h 35 min

    @jabberwoky :

    Il s’agit donc bien d’une crise de la compréhension.

    Une crise de la compréhension ou bien une forme d’insoumission inconsciente à l’incompréhension ?

    Histoire d’extraire quelques substances positives et Bienveillantes des champs de la dépression en action, je vais m’oser à la faire graviter dans les strates Intérieures, non pas pour dessiner ses pleurs, mais pour m’attarder sur les paysages Humains de ses couleurs…là, où, la dépression a aussi ouvert des horizons “penseurs-panseurs-créateurs” et qui parlent d’elles-mêmes.

    Au plus profond de l’hiver, j’ai finalement appris qu’à l’intérieur de moi existe un été invincible. Albert Camus

    “Celui qui connaît la paix intérieure n’est pas plus brisé par l’échec qu’il n’est brisé par le succès. Il sait vivre pleinement ces expériences dans le contexte d’une sérénité profonde et vaste, en comprenant qu’elles sont éphémères et qu’il n’a aucune raison de s’y attacher. Il ne saurait « tomber de haut » lorsque les choses tournent mal et qu’il doit faire face à l’adversité. Il ne sombre pas dans la dépression, car son bonheur repose sur des fondements solides.” Matthieu Ricard

    Et celle qui me “parle le plus” ;

    “La dépression est le voeu de chasteté de nos sens.” Umar Timol

  • lucius

    Member
    28 mars 2019 at 13 h 53 min

    tout va bien

  • Anonymous

    Member
    29 mars 2019 at 20 h 19 min

    @etienne31 :

    En bref, car je désapprouve les dernières interventions qui sont plus des “mon propre avis”, donnant forme à une redéfinition de ce qu’est la dépression.
    Or, on ne peut se permettre de “rigoler” avec le mal être d’autrui.

    Les deux derniers intervenants sur ce fil étant @jabberwocky et moi-même, je me permets juste de clôturer mon intervention en te faisant part de mon incompréhension relative aux mots “se permettre de rigoler” lesquels me semblent quelque peu maladroits (légèrement moralisateurs pour ne pas dire “accusateurs”—->les coupables).

    Il ne me semble pas que les mots que j’ai assemblés soient rigolos ; au cas où d’autres membres de cet espace aient été “heurtés” par la teneur de mes propos, je les prie de bien vouloir m’excuser.

    Je ne citerais personne, car construire sur l’absurde et le faux n’apporte rien de bon, mais je pense que les “coupables” se reconnaîtront. Je n’en tiens aucunement rigueur, simplement qu’il y a une différence à se laisser porter par des idées poétiquement et intégrer et comprendre des cas parfois grave de ce qui peut à tort ou à raison être qualifié de maladie.

    Tu l’as fait très précisément… et si tu “ne leur tenais pas rigueur” ces mots, n’auraient même pas été écrits et posés…et là, nul besoin de lire entre les interlignes.

    Une dernière chose @etienne : La dépression et moi, nous nous connaissions bien…très très bien…
    Et je n’ai pas fait sa connaissance dans les livres de médecine, ni de psychologie, ni lors de mes multiples séances chez les psys ; je l’ai souvent vécue et pleinement ressentie dans la totalité de mon Être.

    Et là, où tous les soi-disant spécialistes en la matière ne m’ont été d’absolument aucune aide ni secours, oui, le jardinage, la poésie, la lecture, l’écriture et la solitude m’ont vraiment aidée à reprendre goût à la Vie.

    De tout, nous pouvons extraire…et oui, l’immense dépressive que j’ai été, que je suis peut-être encore et que je serai certainement encore…a puisé dans une vision “poétique” de la mélancolie et de la dépression.

    Lorsque quelqu’un traverse une tempête, votre présence silencieuse est plus puissante que des millions de mots vides de sens. – Thema Davis

    Dépressivement Vôtre !


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