Réflexion sur le travail marchand



  • Réflexion sur le travail marchand

     nolls mis à jour il y a 5 mois 5 Membres · 20 Articles
  • nolls

    Member
    17 juillet 2019 at 23 h 53 min

    Bonjour
    Je souhaite ouvrir une réflexion sur le travail marchand.
    En effet, je considère que les activités humaines marchandisées sont trop souvent nuisibles à notre environnement naturel et humain, à la santé mentale et physique des travailleurs ou simplement inutiles à la société des hommes et des femmes. Stress, embouteillages aux heures de pointes, pollution, sur-consommation compensatoire, burn-out tels sont les récompenses qui attendent le travailleur.
    Peut on trouver des alternatives au travail?
    Comment s’organiser pour limiter toute cette agitation, fatigue harassante, alienante, perte de sens, bureaucratie et même addiction insensée ?
    Des termes comme: “il n’est pas de sot metier”, “gagner sa pitance”, “vaillant travailleur”,  démontrent la sacralisation du travail. “La création d’emplois” devient un argument imparable. On parle de “bassin d’emploi” comme d’un bien précieux. C’est presque blasfemer que d’avancer des idées qui considèrent que supprimer des emplois est une chose positive. Le travail semble exister pour empêcher de manger ceux qui n’adhère pas à cet incroyable dogme.
    Le bénévolat, l’open source, le goût pour pour l’observation, les études, la recherche de la simplification de nos vies… je suis certain qu’il existe toutes sortes de solutions.
    Les chasseurs cueilleurs vivaient paraît-il mieux que les agriculteurs du néolithique avec une alimentation plus variée, moins de problèmes d’ossature, des naissances plus espacées, un meilleure sort pour la gente féminine… Pourquoi en sommes nous arrivés là?
    Moi le premier, je fais des heures à  n’en plus finir et reste esclave de cet état de fait. J’ai peur que ma famille ne s’en sorte pas ou je crains le “qu’en dira t’on”… bref je suis comme tout le monde mais je me sens désemparé….
    Comment voyez vous les choses?

  • hututri

    Member
    18 juillet 2019 at 0 h 52 min

    Dans un environnement où les ressources sont rares, l’envie matérielle et les capacités à passer devant les autres sont des qualités de survie. Genre si t’as pas envie d’amasser des ressources encore et encore, ben en général tu ne survis pas à l’hiver.

    Maintenant on a les ressources, mais on n’a pas perdu l’envie matérielle.

    Idéalement, on devrait avoir moins envie.

    Mais la réalité  c’est que c’est un trait hérité qui a joué un rôle essentiel à notre espèce, et qui en jouera un si jamais elle subit un cataclysme.

    C’est juste que si tous les individus sont matérialistes, si certains vont piocher dans les ressources naturelles, d’autres vont piocher chez leur prochain,de façon indirecte.

    Donc non, c’est tout à fait normal, ce sont des traits de survie qui s’expriment, et qui tu trouves cela scandaleux,, ça signifie deux choses:

    – ta réflexion n’est pas encore aboutie, car au final tout devrait être explicable

    – la moralité que tu suis (donc celle qui t’a été enseignée et qui est généralement admise) est peut-être juste stupide.

    En fait  cette morale t’impose de penser le monde d’un angle (nous sommes égaux, nous devrions être en paix  etc), on t’a tellement fourré ça dans la tête que tu trouves cela naturel et normal, et le souci c’est que ton observation du monde ne colle pas avec ça.

    Tu passes en mode dissonance cognitive, et tu viens poster ton message où tu trouves le monde injuste. Ce monde est tout à fait juste.

    Si tu me demandes ce que signifie pi, je peux t’expliquer son utilité et comment il a été défini. Je suis convaincu .

    Si tu me demandes mon avis sur une opinion donnée  je peux t’expliquer mon raisonnement argumenté . Parce que c’est une opinion que j’ai construite .

    Mais si tu demandes à une personne si la paix est une bonne chose , elle ne pourra pas te répondre de façon argumentée. Elle te sortira un argument fallacieux . “c’est évident ‘”,” tu préfères vivre dans un pays en guerre ? “, “ça ne te dérange pas de voir les gens mourir ?” .

    Pareil pour des notions évidentes comme la liberté, l’égalité…

    C’est évident mais personne ne sait ce que c’est . L’opinion n’est pas construite, elle est répétée, complètement intégrée.

    Ça s’appelle l’endoctrinement. Si tu acceptes de remettre en question ce qui te semble évident, à la fin tu seras en paix avec toi même  ainsi qu’avec ce monde.

  • Anonymous

    Member
    18 juillet 2019 at 9 h 35 min

    nolls

    Te voilà bien avancé… et potentiellement stupide comme ta moralité.

    hututri

    Puisque tu conclus sur l’endoctrinement aux valeurs humanistes, peut-on te questionner sur la doxa ultra-libérale qui te fait considérer que ce monde est juste et que l’envie matérielle constante est naturelle ?

    Je ne suis pas sûr qu’au final tout soit explicable et malgré les avancées fulgurantes de la science vers l’étude du big bang ou du génome, il restera encore de la place aux philosophes pour questionner le pourquoi…

    Enfin, à propos de ton introduction : “Maintenant on a les ressources”, en pensant à Desproges je pouffe en la lisant. En pensant au milliard de nos semblables qui n’ont pas accès à une eau potable, je m’arrête de rire.

    Passons malgré tout une bonne journée

  • nolls

    Member
    19 juillet 2019 at 3 h 56 min

    Je souhaite la réflexion et en aucun cas la polémique et encore moins l’invective.
    Je crois comprendre que les “ressources rares” dont vous parlez concernent celle du chasseur-ceuilleur. Vous pensez qu’il se demandait “que vais-je manger demain ou cet hiver ?”,  “Comment nourrir mon groupe ?”. Je suis convaincu qu’il pensait nécessairement en mode collectif et qu’il était bien plus conscient qu’aujourd’hui que, seul, sa vie était bien fragile.
    Mais l’invention du travail consécutive à celle de l’agriculture, puis du travail marchand lié au stockage et à sa monétisation a changé la donne.
    Très vite les activités de collecte, de recherche de nourriture ou de moyens pour se mettre à l’abri des intempéries se sont transformées en veritable labeur (labour). L’alimentation est devenue moins variée, les céréales sont devenues denrée essentielle. La sédentarité a recentré notre mode de pensée. Tout ce qui est laborieux est devenu image de mérite et de valeur en excluant progressivement un mode de pensée ou la connaissance encyclopédique de la nature et de ses opportunités c’est amoindri au point de devenir un objet contre lequel nous devons nous opposer sans cesse, lutter contre la nature devient un acte héroïque.
    Par ailleurs la monnaie, donc la notion de dette matérielle fut créée ultérieurement dans les premières cités-états du bassin de l’Euphrate dans le but de collecter un impôt sur la production agricole d’une manière bien plus efficace que par le prélèvement de grain directement chez les cultivateurs. Lire absolument “Dette 5000 ans d’histoire” de David Graeber économiste et anthropologue. Le piège parfait, on invente le travail puis on le taxe. Il est bien aisé de monter une belle armée avec l’outil monétaire. Lire aussi “Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’Histoire” de Jean-Paul Demoule paléo-anthropologue.

    Quand à votre opinion, qui semble s’apparenter à du darwinisme social, elle est quelque peu éloignée du sujet “Réflexion à propos du travail marchand” et des aliénation qu’il est susceptible de générer. Avancer l’idée qu’une dynamique qui tente de promouvoir l’accaparement des ressources s’apparente à un mode d’évolution inné chez l’humain demande une démonstration.
    Je ne trouve pas le monde injuste comme vous l’avancez mais étonnamment aveugle.

    Je suis conscient que le travail marchand ait encore de beaux jours devant lui. Mais imaginer qu’il s’agit du meilleur chemin pris par les sociétés humaines m’interpelle fortement. Je pense qu’une analyse scientifique de la situation doit pouvoir nous éclairer. Sans repasser par la case chasseur-ceuilleur car la pression démographique ne le permet pas, il est  possible d’imaginer d’autres chemins qui ne mènent plus au raisonnement qui fait du travail marchand le Graal de toute organisation économique. N’oublions pas qu’aujourd’hui la production de biens est largement suffisante pour assurer la sécurité alimentaire et sanitaire de la population mondiale. Le problème est la gestion du superflu et de ses déchets.

  • Anonymous

    Member
    19 juillet 2019 at 10 h 11 min

    On ne fait pas n’importe quoi avec l’homme qui n’est pas une marchandise comme les autres” ….mots terrifiants…

    Les Êtres Humains ne sont pas de la matière première, inépuisable, intarissable …De la naissance à la “mort”, on ne peut nier cette “exploitation” marchande par un système (un monstre) qui est hors-contrôle…

  • Anonymous

    Member
    19 juillet 2019 at 10 h 21 min

    filledelair

    Je ne retrouve pas la première occurrence de ta citation “On ne fait pas n’importe quoi avec l’homme qui n’est pas une marchandise comme les autres”.

    Mais comme ta vidéo m’a inspiré, et peut être parce que je vais le voir en concert ce soir, une chanson en écho…

    Sourire

    PS : Sinon, j’irai bien voir du côté de Proudhon avec ce livre dont je viens d’entendre parler.

  • Anonymous

    Member
    19 juillet 2019 at 10 h 28 min

    @et-pourtant : Ce sont les mots prononcés par NS à la fin de la vidéo….

  • Anonymous

    Member
    19 juillet 2019 at 10 h 44 min

    filledelair

    Suis-je bête ! (et au passage te voilà moins seule…)

    Je n’avais pas déroulé la vidéo jusqu’à l’ultime..

    Bon, pour aujourd’hui (et le weekend) je décroche et file en Ardèche

    Sourire

  • nolls

    Member
    19 juillet 2019 at 11 h 10 min

    Parenthèses à propos de Proudhon, j’ai un petit souci concernant certaines de ses positions que les circonstances liées à l’époque ne me semblent pas suffisantes pour ne pas en tenir compte.

    Extrait du média en ligne Hérodote.net :
    <div class=”encadre”>

    La face noire de Proudhon

    Soulignons que le révolutionnaire Proudhon n’a pas poussé l’audace jusqu’à prôner l’émancipation des femmes et la libération sexuelle. En conformité avec les préjugés de son temps, il a écrit des propos ineptes sur l’infériorité présumée des femmes, au mental comme au physique !

    Plus gravement, si l’on peut dire, il a exprimé dès 1847 un antisémitisme violent, inspiré moins par des préjugés religieux que par des préjugés sociaux (confusion entre le Juif et le banquier ou l’oppresseur capitaliste). Il se range à ce titre parmi les précurseurs de l’« antisémitisme de gauche ».

    </div>

  • nolls

    Member
    21 juillet 2019 at 0 h 05 min

    À propos de Darwinisme social, car c’est ainsi que j’interprète les termes de Hututri, dixit Wikipedia :

    Selon l’historien des sciences Patrick Tort, de son vivant Charles Darwin se serait opposé avec vigueur à l’application de la sélection naturelle au sein des sociétés humaines, avec la publication en 1871 <i>La Filiation de l’homme et la sélection liée au sexe</i><sup id=”cite_ref-4″ class=”reference”><span class=”cite_crochet”>[</span>4<span class=”cite_crochet”>]</span></sup>. Toujours selon Patrick Tort, dans cet ouvrage, Darwin avance que la sociabilité et l’empathie ont été sélectionnées au cours de l’évolution humaine …


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