26 jours pour être qualifié de « bizarre » !

  • 26 jours pour être qualifié de « bizarre » !

    Publié par Membre Inconnu le 24 août 2025 à 0 h 54 min

    Mercredi 20 août, soit le 26ème jour dans les murs de la société que j’ai intégré, je me suis retrouvé catalogué de bizarre par mon DG … et résultat, ça m’a fait rire, là où cela m’aurait rendu « dingue » y’a quelques temps, aujourd’hui ça me fait sourire et ça en dit beaucoup sur ma relation aux autres et sur ma capacité à laisser « couler » sur moi ce type d’interrogations.

    Alors, qu’est-ce qui fait de moi, un collègue bizarre ? :
    – N’avoir jamais fumé.
    – N’avoir jamais pris de de drogue.
    – N’avoir jamais bu d’alcool.
    – Que je sois célibataire et que je vive bien mon célibat
    – Que je me plaigne jamais du travail et que je sois tout le temps souriant malgré certaines tensions.
    – Anticiper certaines tâches et mettre en place des process pour que l’entreprise fonctionne correctement.

    Suite à cette « observation » de la part de mon supérieur, la journée s’est déroulé de manière assez drôle ou tout le monde s’est octroyé le droit de me poser des questions, quand je ne surprenais pas certains collègues a émettre des hypothèses, sur mes potentiels hobbies et comment j’occupais mon temps libre (mes soirées et week-ends).

    Deux jours plus tard vers 20H00, mon DG envoie un message dans un groupe WhatsApp dédié aux cadres, une invitation à sortir « aller faire la fête », bien évidemment, j’ai refusé de sortir, car ça s’apparentait plus à un « guet apens » qu’autre chose.

    Pourquoi, diable, les gens veulent qu’on leur ressemble ? Pourquoi leurs comportements qui ressemblent à une fuite en avant devrait être la « normalité » ?
    Orelsan chante « Avant, j’avais peur d’être pas normal, quand je vois les gens normaux, je suis fier d’être pas normal. »

    Bonne nuit

    Membre Inconnu a répondu il y a 4 mois, 2 semaines 7 Membres · 9 Réponses
  • 9 Réponses

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  • Membre Inconnu

    Membre
    24 août 2025 à 13 h 53 min

    Salut @malcolm,

    Tu poses deux questions (« Pourquoi, diable, les gens veulent qu’on leur ressemble ? » et « Pourquoi leurs comportements qui ressemblent à une fuite en avant devrait être la « normalité » ? »), en fait trois si considère aussi « Alors, qu’est-ce qui fait de moi, un collègue bizarre ? ».

    Tu ne ressembles pas à ceux de tes collègues qui ont déjà fumé (des trucs légaux ou pas), bu, etc. Quant au célibat, je crois qu’il y en a entre 40 et 50 % en France (vu sur Internet), mais qui le vivent bien, je ne sais pas. Ton hygiène de vie + la fait que tu vives bien ton célibat, et le reste, ne font pas de toi quelqu’un de bizarre, mais plutôt casanier.

    Le fait que tu ne te plaignes jamais du travail et que tu sois tout le temps souriant malgré certaines tensions et que tu anticipes certaines tâches et mette en place des process pour que l’entreprise fonctionne correctement, font de toi quelqu’un d’adapté à ton entreprise, ce qui fait de toi quelqu’un de banal sur ce point.

    Sur ton dernier point (la fuite en avant), je n’ai pas bien compris ce que tu voulais dire. Peux-tu développer ?

    Merci.

  • alb69000

    Membre
    24 août 2025 à 13 h 58 min

    😆

  • lorenzo_678

    Membre
    25 août 2025 à 15 h 22 min

    Bonjour Malcolm, à tous, les amis HPI et autres acronymes,

    A lire ton témoignage, je comprends que je ne suis pas (plus) seul. Être atypique, dans un milieu aussi conformiste que la sphère dont je fais partie professionnellement, relève du défit permanent.

    J’ai 50 ans, et de plus, je suis porteur de handicaps sensoriels légers, mais invalidants.Et si ça ne suffisait pas : je suis atypique dans un monde défini par Christelle PETITCOLIN, comme étant « normo-pensant » selon la proportion (qui n’est pas divine celle-là !) de 4 %/96 %.

    Et dans « j’ai pas les codes », Christelle PETITCOLIN explique parfaitement bien le drame de l’atypique : non seulement, il passe pour bizarre, décalé, non conforme, « ayant des réponses bizarres », loufoque, mais en plus, le fait qu’il le soit n’intéresse absolument personne. Mais alors personne…

    En effet, même si vous finissez, comme moi un jour, par comprendre comment vous fonctionnez et ce qui vous anime, ne comptez par sur les normaphates pour s’y intéresser. Ils se fichent de ce qui ne leur ressemble pas.

    Le psychologue du travail m’a récemment qualifié d’HPI et d’atypique (c’est gentil) . Et m’a recommandé de lire « j’ai pas les codes » et « je pense trop » de Christelle PETITCOLIN, ce qui éveillé en moi une brutale prise de conscience. Après des années Freud, Lacan, Cyrulnik, André, Nietzsche (enfin, surtout Nietzsche…)

    Je suis comme vous :

    – je m’emmerde en réunion avec des gens qui se prennent aux sérieux pour des sujets qui m’apparaissent si futiles…si futiles…

    – J’ignore les considérations vestimentaires, sujets ô combien importants pour nombre de mes collègues

    – Je me fiche de la marque de ci ou de ça (dernière voiture, montre, modèle de ci ou de ça)

    – Je me fiche de ragots et commentaires sur la vie privée des autres

    – Je ne cherche pas à m’habiller pour paraître et je me fous d’avoir des vêtements ou des chaussures de marques

    – Je suis toujours décalé en réunion (aussi parce que je suis (aussi) TDAH.

    – Mes réponses étonnent mais les réactions à mes réponses m’étonnent aussi. J’ai tant de mal à comprendre qu’on ne comprenne pas, parce que je cherche toujours à répondre avec avec justesse et sincérité.

    – Je me fous des futiles conflits de Mme machin avec M. Truc, qui est ceci ou cela. Et je refuse de prendre parti dans les conflits ce qui me vaut le qualificatif de « gentil naïf »

    – On me qualifie volontiers de bizarre et d’atypique parce que je fais facilement rire les autres. J’ai d’ailleurs compris récemment que ma liberté de penser et mon indépendance d’esprit – construites à grand peine – , non seulement me dissociaient d’eux en ce qui concerne les références sociales, mais également leur servaient de support afin que, de temps en temps, ils puissent sortir de leur cage normative. C’est si utile d’avoir un bouffon qui en réunion fait rire tout ce monde sérieux avec un jeu de mot ou une citation, un aphorisme bien placé. Depuis, j’assume un peu mieux que ma gueule souriante le matin fasse rire ceux qui font la gueule. Ils sont tous ce qu’ils faut pour être heureux et se plaignent de ne pas l’être, et moi, je suis celui qui vient au bureau heureux d’être là, un jour de plus.Juste un jour de plus.

    Eux, ne m’aiment pas, dans le fond. Sois, je suscite l’admiration, soit, la crainte rien entre les deux. Enfin, professionnellement, ils n’ont pas à m’aimer bien-sûr, mais ils ne me reconnaissent pas comme « un des leurs avec qui ils sont certains que les réponses qu’ils auront en écho à leurs propos du matin, ne les mettra pas mal à l’aise ». Mais moi, j’avoue volontiers que je me suis pris de sympathie pour certains d’entre eux. Je m’amuse observer très nettement visibles, leurs changements d’états de conscience en fonction de leurs émotions (surtout en réunion). Ou encore, les sempiternelles contradictions dans lesquelles ils s’emmêlent car ils sont souvent oublié ce qu’il m’avait affirmé de parfaitement contraire à ce qu’ils affirment aujourd’hui, sur un même sujet. Ce que bien souvent, ils ont eux-mêmes oubliés alors que moi, non et souvent au mot prêt. Je supporte comme je peux. Comme je supporte et j’observe leur adhésion puis répugnance à des codes, tics de langage, et autres modes furtives. Les « du coup » à longueurs de phrases m’insupportent. Pour eux, leur subconscient est rassuré d’entendre et de partager les mêmes codes inconscients. Si rassurant … Tout comme ils sont capables de se battre dans un colloque pour avoir leur chaise par trop loin des huiles qui nous dirigent… des fois qu’on les remarque…

    Parfois même, on me consulte. Mais toujours discrètement bien-sûr, jamais publiquement. Je ne suis pas ingrat. J’assume difficilement le faire d’être atypique, même si c’est difficile.

    Pour conclure, n’attendez rien de gens qui structurellement ne pensent et ne penseront jamais comme vous. Ils ne le peuvent pas, tout simplement. Les moins c…s d’entre-eux finissent par comprendre à grand peine qu’ils peuvent finir par en tirer quelque chose. Mais c’est rare.

    Il faut dire que j’ai 50 ans. Les codes, je commence à m’en moquer très sérieusement. 10 ans de psychanalyse, des années de TTC, et des cycles d’hypnothérapie m’ont rapproché au plus prêt de ce que je suis : un homme libre et un libre penseur. Pour la sagesse, on verra plus tard.

    La liberté d’être atypique est une mauvaise compagne. D’abord parce qu’on ne la pas choisie. On la subit. On finit par s’y habituer. Mais on ne la dompte jamais. Mais mieux vaut cela, que de finir conformiste, écrasé d’angoisse par le fait de ne plus être dans la norme. Car pour eux, les accidents arrivent aussi. Mais ils ne savent pas, les conformistes, les normo-pathes, bien assis dans leurs certitudes, que la baffe dans la g…le dans la vie, ne vient jamais du côté où on l’attend.

    Et finalement, nous les atypiques les HPI, les TDAH, les bizarres avons peut-être une longueur d’avance sur les normo-pensants : nous sommes majoritairement habitués depuis très longtemps à souffrir, subir, le poids du conformisme, de l’exclusion d’une norme inintéressante tout autant qu’inatteignable pour nous. Les normo-pensants, eux, semblent insensibles à la douleur, jusqu’à qu’un emmerdement gravissime les frappent. Souvent, ils ne s’en remettent pas car ils n’ont pas été habitués à supporter un reflet social d’eux-même qui leur apparaîtrait subitement dégradé, et qui finirait par les exclure ce que qu’il ont tant aimé, sans le savoir.

    Dans fond, leur norme, moi je n’en veux pas. Elle est ingrate : il ne suffit pas d’avoir été normopathe pour l’être ad vitam. Ceux qui l’apprennent, le font généralement à leur dépens… car leur norme est indéfinissable. Il s’agit plus, je pense, d’une adhésion spontanée à la norme tribale qui rassure le groupe humain. Celui qui adhère à la norme du chef, se peint les mêmes couleurs et obéis, mange et profite des bien-faits de la tribu. Celui qui n’y adhère pas, par indépendance d’esprit, est banni du groupe. l’atypisme est une peur ancestrale gravée en nous…

    Donc, mes amis et collègues HPI, bizarrres, et autres handicapés du bulbe, vous me direz si vous le voulez de ce que vous pensez de mes constats et réflexions.

    Courage, nous ne sommes pas seuls ! Et les normopathes n’ont qu’à bien se tenir. Car il serait très difficile pour eux de nous exclure du reste de l’humanité, simplement en raison d’un atypisme et d’une norme qui reste à démontrer et qui n’est même pas codifiée…

    Et comme j’expliquais l’autre jour à un agent handicapé qui souffre tous les jours du regard condescendant de collègues incapables de le considérer pour sa belle intelligence à défaut de son physique : « les handicapés, ce sont eux, pas nous ».

    Amitiés à tous, HPI, TADH, RQTH et autres atypiqueset que Malcolm soit rassuré, il est sur la bonne voie.

    Laurent

    HPI, TDAH, RQTH, anticonformiste, imparfait, libre et heureux

  • omkara

    Membre
    28 août 2025 à 16 h 59 min

    @malcolm

    26 jours !

    Moi je te bats amplement, même si je ne travaille pas dans le même contexte que toi, puisque je suis à mon compte, car je me sens incompatible pour le travaille dans une entreprise, que je ne supporte pas le manque de cohérence et que j’ai besoin d’être en adéquation avec mes valeurs, entre autres choses. Il y a peu de temps, un autiste asperger m’a dit que ça se voyait de suite que je ne n’étais pas « normale ». Moi qui pensait qu’il fallait un peu plus de temps pour le détecter. De toute façon enfant déjà, je me sentais différente, avec le sentiment que les autres le sentaient aussi, même si faisais tout pour le cacher à cette époque.

    Je comprends oh combien, ton refus de participer à cette soirée. Moi j’avoue que je ne trouve pas mon compte dans les interactions de groupe. Je préfère largement les échanges individuels, qui me permettent ainsi de pouvoir aller en profondeur

    J’espère que la situation n’est pas trop inconfortable pour toi, au sein de cette boite. Je trouve que tu peux être fier de respecter tes valeurs. Ca pourrait presque être drôle de grossir le trait et d’observer la réaction de tes collègues 😉

  • matty

    Membre
    2 septembre 2025 à 15 h 21 min

    Vous avez dit bizarre ?

    Comme c’est bizarre… et attendu !

  • delfe

    Membre
    7 septembre 2025 à 17 h 37 min

    Je rejoins ta contribution et je me permets de m’y articuler en écho pour proposer une question à la première de Malcolm. Qu’est-ce qui te fait penser que tes collègues voudraient que tu leur ressembles s’ils se posent des questions sur toi ?

  • delfe

    Membre
    7 septembre 2025 à 17 h 39 min

    Oups rectification je rejoins la contribution d’elsavenise

  • matty

    Membre
    7 septembre 2025 à 18 h 56 min

    @delfe

    D’expérience il est courant de constater que les neurotypiques aiment la norme, ils la comprennent, ils la pratiquent, ils la créent. C’est leur boussole, leur étalon, aussi tout ce qui s’en éloigne est suspect, potentiellement risqué. Le plus rassurant est de tout garder ou ramener vers la norme. Heureusement curiosité aidant certains s’approchent, essayent de comprendre, mais ne pouvant changer de cadre de lecture ce qui ressort de leur compréhension est toujours à côté.

    Voilà pour ma part et à l’exclusion d’aucune autre bien sûr.

  • Membre Inconnu

    Membre
    10 septembre 2025 à 8 h 33 min

    Bonjour Omraka,

    Désolé pour le retard de ma réponse, mais je viens de me rendre compte que j’avais quitté le groupe (pourquoi, comment… mystère).

    J’avoue que les interactions « vides de sens » sont devenues extrêmement difficiles à supporter : j’ai refusé de sortir avec un collègue pour mon anniversaire, je ne tiens plus en réunion (je demande à partir dès la fin de ma prise de parole), et je préfère m’isoler pendant mes pauses ou travailler sur d’autres projets plutôt que de participer à des discussions dont les sujets restent inchangés jour après jour.

    Sommes-nous bizarres ? Je ne sais pas. Mais ce qui est sûr, en tout cas pour moi, c’est que je n’ai plus les filtres sociaux nécessaires pour me sentir à l’aise en société.

    Je te comprends lorsque tu parles d’échanges individuels : plus riches et surtout beaucoup moins psychologiquement épuisants.

    Concernant le fait de « grossir le trait », je l’ai fait sans même m’en rendre compte, en me démarquant de mes collègues hommes. Le résultat, c’est que j’ai éveillé la curiosité de mes collègues femmes et attiré les foudres du mâle alpha de l’entreprise. Se sentant menacé, il a fini par démissionner il y a quelques jours, en évoquant des « actes » et de multiples techniques de manipulation « tellement sournoises qu’il n’arrive pas à les identifier » (ça m’a fait rire).

    Je conclurai en te jurant de ne jamais déroger à mes valeurs !

    Belle journée à toi.

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