Que penser du “principe 90-9-1” ?

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    minos

    Membre
    24 novembre 2022 à 12 h 03 min

    Je me reprends : Lorsque j’écrivais à propos de la violence que “je considère que c’est une composante normale et naturelle des interactions humaines”, j’aurais plutôt dû énoncer que “c’est une composante courante des interactions humaines”… Pour souligner que je ne la cautionne pas, mais qu’étant donné sa récurrence dans nos vies, on ne peut s’en cacher et, si ce n’est, d’apprendre à l’affronter, on devrait être capable “de la regarder en face” pour tenter de comprendre ses tenants et ses aboutissants.

    À cet égard, j’avais visionné il y a quelques années un reportage particulièrement édifiant sur les crimes commis par les khmers rouges au Cambodge durant les années où ils ont dirigé le pays (pendant la deuxième moitié des années 70). Le traitement de ce sujet hautement sensible se présentait sous la forme d’un reportage très épuré (même pas de fond musical dans mon souvenir) qui m’était essentiellement en avant une série d’interviews où s’exprimaient des personnes ayant traversé cette période sombre de leur histoire (victimes (pour les survivants) et bourreaux)… Le réalisateur de ce documentaire ne donnait la parole qu’à ces individus et on n’entendait pas ses questions ; c’était conçu de sorte que c’était inutile pour comprendre ce qu’ils partageaient et seuls ceux “à qui on tendait le micro” (invisible à l’écran, c’était “une perche”) donnaient leurs témoignages. C’était marquant d’écouter ces intervenants, d’écrire assez calmement ou avec une émotion contenue (le plus souvent) comment ils ont vécu ces évènements et l’horreur devenir un quotidien commun et omniprésent dans leurs existences. Entendre ces criminels détailler avec simplicité, tout naturellement et avec nonchalance (parfois même, en souriant) les moyens qu’ils utilisaient pour torturer qui que ce soit qui aurait été accusé de s’opposer à ce régime sanguinaire était véritablement “instructif” au sens premier du terme. Ces traitements inhumains n’étaient pour eux que des pratiques banales pour préserver leur mainmise sur une population dont leurs chefs avaient décrété que beaucoup de ses éléments devaient être “rééduqués” (forcément, à la manière forte) et que nombre d’autres n’étaient pas “récupérables” (avec des issues interpellantes dans les types divers de mises à mort qui leur étaient administrées)… La résilience inimaginable des uns le dispute à l’inconscience ou à l’amoralité des autres. On estime que près de 2 millions de personnes ont été décimés au cours de cette période tragique spécifique…

    Mais il faut bien entendre et savoir que ce genre de drame n’est, somme toute, pas si rare dans ces quelques décennies “passées” (mais proches). Que ces comportements se retrouvent depuis “la nuit des temps” dans l’histoire de l’humanité et que c’est toujours présent, “tout autour de nous”, dans notre actualité (cf. Corée du Nord, Chine, Iran, Russie…) que ce soit à une échelle moins frappante ne remet rien en cause et je crois qu’il faut prendre la mesure de cette réalité que “l’on” (nous, les hommes) crée de toute pièce. En tout cas, ça m’importe à moi, en ce que j’estime qu’on ne peut juger avec assez de clarté un monde si on n’est pas lucide sur tout ce qu’il comporte et, notamment, sur ce dont sont capables “ceux qu’il porte” (l’humanité)… Ce qui induit que je dois aussi pouvoir observer dans leur globalité et “sans détourner le regard” ces pans empreints de noirceur si je veux prétendre à l’analyser sans trop d’erreur, lui et nous.

    En l’espèce, “le cauchemar” peut être très réel… ^^

    Je répondrai plus directement à ton dernier post plus tard @Kitsunebi

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    minos

    Membre
    24 novembre 2022 à 12 h 06 min

    “…qui METTAIT essentiellement en avant…” (désolé)

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    Kitsunebi

    Membre
    24 novembre 2022 à 13 h 22 min

    @minos :

    Oui, on peut n’éprouver aucun remord ou même du plaisir à faire du mal aux autres… A différents degrés… Mais généralement, quand on cherche à détruire quelqu’un c’est qu’on pense qu’il représente un danger pour nous ou les autres. Et j’ai parfois été perçue comme étant un danger. Mais j’ai déjà été aussi perçue comme un sauveur… Alors que je ne vois pas comme étant l’un ou l’autre.

    J’ai déjà rencontré notamment des violeurs qui n’avaient aucun remords, et au contraire justifiaient leurs actes. Un avait même violé sa compagne, sous prétexte qu’elle était trop “passive”, et il voulait simplement “voir” si là aussi elle se laisserait faire… Ce gars était un pompier. Ironique. Il devait sûrement allumer des feux, lui-aussi, qu’il allait éteindre ensuite ? En tout cas, quand tu accompagnes pour la première fois chez le gynécologue une jeune femme qui a subit des violences sexuelles, je ne te dis pas comment elle s’accroche à ton bras et comment elle t’écrase la main, tant elle est terrifiée… Tout peut arriver dans ce monde… Le meilleur comme le pire… Le pire comme le meilleur…

    Lorsque j’étais petite, mes parents me racontaient comment mon grand-père avait échappé à un massacre en Indochine, et toutes ces mains que les anglais avaient coupées quand les français essayaient de monter sur leur bateau du côté de Calais pour essayer de se sauver, ou encore cet ordre qui avait été donné de continuer à combattre alors que la missive pour cesser le combat avait déjà été reçue, ou encore tous ces Lannionnais qui avaient été jetés vivants par des Allemands dans des brasiers… Et eux qui me disaient qu’ils n’avaient pas prévu ni voulu de 3ème enfant s’étonnaient ensuite que la seule chose qui me fasse vraiment peur enfant était de me faire mutiler, et que je n’arrêtais pas de me sauver ou de me cacher… De toute façon, je pensais que tous les adultes étaient des aveugles mentaux qui prenaient les enfants pour des idiots, qu’il fallait protéger les enfants d’eux, et parfois des autres enfants, et même aussi, d’eux-mêmes…

    Mais au bout d’un moment, lorsque tu n’as plus la force de te battre, tu n’as plus envie de protéger personne, même pas toi-même… Mais tant que tu restes en vie, tu peux souvent encore finir par retrouver des forces et te relever et tenir sur tes 2 jambes, afin de pouvoir affronter tout ce qui doit l’être. Mais inutile de se créer encore plus de combats, car il y en a suffisamment à mener comme ça.

    Se mettre hors de soi c’est se combattre soi-même, se mettre en colère c’est bouter les autres dehors pour se protéger d’eux, se mettre en rage c’est aller envahir les autres pour les détruire… Mais j’aime autant la paix si elle est possible.

    Je ne perds jamais de vue que combattre n’est pas la seule option possible, on peut aussi fuir. Et je n’ai aucune honte ou scrupule à le faire pour me protéger… Et encore moins si c’est pour protéger quelqu’un d’autre que moi… Mais parfois il y a des combats qu’il faut absolument mener, et quand on considère que quelqu’un est dangereux, il me semble normal de vouloir le détruire. Si par contre c’est quelqu’un qui ne représente aucun danger… Pourquoi se battre avec lui ? Pourquoi chercher sa destruction ?

    Mais chaque individu est différent… Et il faut tellement de temps pour apprendre à connaître l’autre… Et tout le monde, pour moi, cache quelque chose, ne serait-ce que parfois un humanisme tellement fort que malgré le fait qu’on puisse être gelé, on peut sentir ses membres se réchauffer…

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