La catégorisation comme mécanisme d’auto-construction et d’interprétation

  • La catégorisation comme mécanisme d’auto-construction et d’interprétation

    60a4e7b6449e3 bpthumb navi mis à jour Il y a 1 mois, 3 semaines 5 Membres · 7 Articles
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    navi

    Membre
    31 mai 2021 à 15 h 05 min

    Bonjour,

    Au détour d’une longue discussion sur ce qu’implique être HPI et certaines expériences personnelles associées, est venu sur la table le sujet de la catégorisation dont usent certaines personnes pour s’identifier (que cela soit par rapport à un groupe, à leurs proches, à leurs peurs ou bien encore à leur expérience…).

    De mon point de vue, ce besoin de “rentrer dans des cases” répond, en complément d’un mécanisme de construction personnelle, au besoin de bénéficier de “certitudes” figées, de “bases” sur lesquelles se construire en tant que personne.

    Je n’ai par contre pas l’impression que surdoués ou HPI fassent appel fréquemment à cette mécanique de catégorisation (mais je peux me tromper, après tout je n’en connais pas beaucoup autour de moi).

    Le fait de douter sans arrêt, et de percevoir une certaine complexité du monde, me semble incompatible avec la notion de catégorisation.

    De ma perception, la catégorisation est même dans certains cas un signe de faiblesse mentale, surtout à l’âge adulte : “Je ne suis pas assez imaginatif et construit pour me projeter en tant que personne sans le recours à une catégorisation simpliste et faussée de ma personne”.
    Qui plus est, dans une société où le flux d’images et le paraître ont une place prépondérante, c’est via la catégorisation que véhiculent les idées, aussi bien en regardant une télé-réalité ou en écoutant les gens parler de politique : on ne prend plus la peine de considérer la complexité des personnes, on les catégorise pour mieux les décrire, alors qu’en réalité cela ne fait que fausser le tableau.

    Vous sentez vous plutôt “catégoriste” ou bien ressentez-vous le besoin de conserver en toutes circonstances une vision complexe, où chaque personne, chaque idée, chaque chose doit être décrite précisément plutôt que mise dans une case ?

     

    Bien à vous,

    Ivan

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    olbius

    Organisateur
    31 mai 2021 à 17 h 46 min

    Définie comme ça, la catégorisation dont tu parles est l’opposé de l’individualisme.

    Je m’efforce d’être individualiste, donc non “catégoriste” – ou en tout cas le moins possible… J’ai horreur des cases et ai toujours considéré que la catégorisation, qu’elle soit “de gauche” ou “de droite”, était une forme de myopie (incapacité, subie ou voulue, à voir la complexité, faute d’une vision fine à même de déceler la complexité des choses). Et cette myopie aboutit souvent à des horreurs dans l’Histoire.

    A l’heure actuelle, on a le “Ils” des complotistes (“ils veulent nous tuer”, “ils veulent faire du fric”, “ils nous mentent”, “ils veulent casser les services publics”, “c’est eux contre nous”, etc.). Le “Je suis partout” des temps modernes.

    Alors qu’au fond, si “tous les Chinois se ressemblent” pour le Raimu de Pagnol, chaque Chinois est unique 🙂

    Après, est-ce que les surdoués sont moins “catégoristes” que la moyenne ? Selon Kant et si l’on suit ton raisonnement, cela devrait être le cas mais…

    On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter.

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    sylvie7

    Membre
    31 mai 2021 à 20 h 50 min

    @navl

    Tu dis :

    Je n’ai par contre pas l’impression que surdoués ou HPI fassent appel fréquemment à cette mécanique de catégorisation (mais je peux me tromper, après tout je n’en connais pas beaucoup autour de moi).

    pourtant qu’est ce que le WAIS sinon une categorisation de 16 types de personnalités HP? Et combien de personnes arrivent ici en étant content de dire ” moi je suis entrucmuche”, de parler à des personnes qui les comprennent enfin comme s’ils venaient enfin de rejoindre le troupeau?

    Savoir que l’on est hp permet effectivement de se retirer un poids car comprendre son fonctionnement permet d’évoluer vers un mieux être. Mais pour ma part je n’accepterai pas d’être testé pour que l’on mette un chiffre et un profil sur mon prolifique petit cerveau. Selon certains je suis intelligente, selon d’autres stupide, selon d’autres creative, logique, hyper active, paresseuse, douce, violente, agressive,maléfique, maîtrisant la langue et aussi la langue française 😏, poète, espiègle, bienveillante, méchante, manipulatrice, naïve, lucide, gaie, triste mélancolique, pleine de couleurs, mais au finale je suis ….. je suis….. et oui la bas le monsieur au fond , vous avez vu juste : je suis une chieuse🤣🤣🤣🤣.

    Hum je m’égare. En fait je voulais dire que l’humain aime appartenir à une tribu, à une meute pour se sentir sans doute plus fort, plus en sécurité, plus rassuré sur ses propres questionnements et cela vaut aussi pour les hp.

    Enfin ce n’est que mon humble avis 😁😁😁

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    guysk

    Membre
    31 mai 2021 à 23 h 49 min

    @sylvie7

    Je suis du même avis que toi, tout le monde cherche à mettre tout le monde dans une case et nous même cherchons à trouver dans quelle case se ranger.

    Par ampathie, on arrive instinctivement à savoir dans quelle case nous range notre interlocuteur. Par modestie, esprit de contrariété ou par amusement (c’est mon cas), on le laisse faire en se disant “Ah! Si tu savais…”

    Pour ma part, quand des personnes se font mettre en boîte, j’ai tendance à me faire l’avocat du diable pour essayer de rebattre les cartes et faire bouger les positions, car je n’aime pas le trop noir ou le trop blanc, j’aime bien le gris comme Michael Jackson.

    Hitler était en adoration devant ses chiens, comment pourrait-on alors penser qu’une personnalité aimant les bêtes soit foncièrement mauvaise?

    Sûrement, qu’on puisse facilement changer les gens de catégorie ou bien que les lignes de démarcation soient plus flou, mais je ne pense pas qu’on puisse échapper à la catégorisation. Sans être pour autant manichéen.

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    navi

    Membre
    1 juin 2021 à 19 h 48 min

    @sylvie7 @guysk :

    Je suis en partie d’accord avec vous, d’où le “pas […] fréquemment”.

    Mais attention, si on prend l’échelle WAIS, il s’agit d’une catégorisation psychologique, donc visant à caractériser l’individu, et dont la limite est clairement explicitée : on sait en réalisant ce type de test que cela nous aide à nous définir, mais je ne pense pas sain de se catégoriser “catégoriquement” (😋) avec un résultat de test psychologique.

    Pour être plus précis, je perçois souvent ce décalage quand j’échange avec quelqu’un qui se met à catégoriser pour mettre en valeur des défauts qu’il ne sait pas mettre en perspective, ou nommer précisément :

    “Je suis un gros branleur” alors qu’en fait non, c’est juste qu’il n’a pas envie et il le sait très bien, mais se classifier comme branleur lui permet de se justifier et d’éviter la question qui fâche

    “C’est un bobo” ou “c’est un bouseux” ou “c’est un parisien” pour reprendre des expressions populaires, qui ont une connotation péjorative alors qu’elles décrivent pour chacune d’entre elles une immense tranche de la population : généraliser pour mieux critiquer, ce qui s’apparente pour moi à une énorme faiblesse d’esprit. Chaque fois que quelqu’un utilise ce type d’expression en face de moi, de façon sérieuse, c’est lui que j’arrête définitivement de prendre au sérieux : cette personne n’a manifestement pas envie de réfléchir au-delà des images d’épinal dont il s’abreuve bêtement.

    @olbius :

    On mesure l’intelligence d’un individu à la quantité d’incertitudes qu’il est capable de supporter.

    J’ai plutôt tendance à interpréter cette citation comme une validation de ma théorie justement : refuser la catégorisation à tout prix, c’est s’ouvrir pleinement aux incertitudes et à la complexité de chacun d’entre nous, que cela soit pour tenter de décrire ou pour ignorer, tout simplement.

    Sinon, tu parles d’individualisme, je ne vois pas de lien réel avec la question : on peut très bien être pleinement individualiste et catégoriser à outrance : ces deux notions ne sont pas antagonistes…

    … Il n’y a qu’à voir certains parisiens 😬 (humour!)

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    bartorn

    Membre
    1 juin 2021 à 22 h 00 min

    @navI

    “Le fait de douter sans arrêt, et de percevoir une certaine complexité du monde, me semble incompatible avec la notion de catégorisation.”

    Cela me paraît étrange comme propos. J’ai tendance à croire que la majorité des gens doute et que la complexité du monde est aussi perçue par tous.

    Dans le premier cas, l’activité effrénée de l’homme permet de ne pas trop sentir le doute… La vie familiale, le travail, les diverses activités divertissantes permettent de ne pas ressentir ce doute.

    Concernant la complexité du monde, qui peut dire que le monde est simple? Y a des gens qui y pensent et qui aiment ça et d’autres que ça fatigue de penser, alors, certes le monde est compliqué mais y a pas une petite série sympa ce soir?

    Rien avoir avec le schmilblick, rapport à la catégorisation : le besoin de définir. Quand on définit qqchose, elle existe. Si qqchose ou qqun ne rentre pas dans une catégorie, on le rejette souvent par crainte de l’inconnu. L’inconnu étant une catégorisation.

    Un mot c’est glissé dans mon cerveau, c’est “concept”, en association. Petite recherche Google et bingo. J’ai pas lu plus que les titres, bien trop intellectualisé pour moi mais le lien à l’air étroit entre catégorisation et concept. Perso, j’étais parti dans l’idée que sans catégorisation, pas de concept, donc rien. À vérifier, ce n’est que mon idée. Donc pas le choix, obligatoire de catégoriser…

    Pour répondre simplement sinon, oui, j’ai tendance à catégoriser mais j’ai pas l’impression que ce soit très orthodoxe comme approche.

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    navi

    Membre
    2 juin 2021 à 11 h 35 min

    J’ai tendance à croire que la majorité des gens doute et que la complexité du monde est aussi perçue par tous.

    Je croyais aussi cela, jusqu’à ce que je sorte cette phrase devant mon psy qui me retorqua “absolument pas”, 10 min après m’être fait diagnostiquer surdoué.

    Et à dire vrai, “il fallait s’en douter” est ce que j’ai répondu après un temps de pause…

    Le sentiment de décalage bien connu de nous tous, vient pour moi majoritairement du fait que je n’ai jamais compris comment la plupart des gens ne se posent pas certaines questions en agissant comme ils agissent. Evidemment, difficile de sortir de cette logique analytique quand on est réellement surdoué : c’est quasi-impossible (en tout cas, pour moi, je ne sais pas vous…).

    Alors non, la majorité des gens ne perçoit pas la complexité du monde, ou en tout cas ne la visualise pas. Et beaucoup de personnes ont mis le doute à la poubelle depuis bien longtemps : quand je regarde mes diverses expériences professionnelles, et les personnes que j’ai pu rencontrer, tout le prouve… Faut vraiment se les coltiner, ces personnes qui sous prétexte d’une carrière se laissent aller à des certitudes sur des sujets divers, du moins important au plus vital. Une PLAIE.

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