Psychologie du zèbre
La psychologie du zèbre / surdoué / Haut Potentiel Émotionnel (HPE) / Haut Potentiel Intellectuel... Voir la suite
HPI Mythe et légende
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HPI Mythe et légende
Le fonctionnement HPI THPI TTHPI est trop souvent réduit à des caricatures émotionnelles ou à des récits de souffrance permanente et ces représentations n’ont pas de base clinique réelle
Le haut potentiel n’est pas un trouble c’est un mode de traitement de l’information particulier parfois très performant parfois coûteux mais jamais pathologique en soi
Le vécu dépend du parcours de vie de l’environnement et de la manière dont la structure identitaire a pu se construire
Certaines personnes ont grandi dans la stabilité la sécurité affective l’encadrement d’autres dans des environnements incohérents invalidants ou chaotiques et ce sont ces contextes qui façonnent l’adulte pas le haut potentiel
La souffrance n’est pas liée au QI un HPI peut être stable aligné solide et vivre simplement un autre peut s’être construit dans la surcharge la solitude le malentendu ou la pression interne et la différence vient du vécu jamais du fonctionnement cognitif
Le mythe du HPI cassé est une construction sociale pas une réalité clinique les études montrent l’absence de surreprésentation des troubles dans la population HPI ce qui crée les difficultés c’est l’absence de reconnaissance du fonctionnement certaines exigences internes un environnement inadéquat ou un manque de pairage
Il existe aussi des profils qui se sont construits dans le feu des personnes HPI qui ont dû assembler leur identité dans des conditions adverses structure instable au départ chaos relationnel absence de repères nécessité de brûler des morceaux d’eux mêmes pour en reconstruire d’autres plus profonds ces parcours existent ils demandent une abnégation rare une résilience inhabituelle une capacité à s’auto analyser et à se reconstruire pierre par pierre pendant que tout tremblait autour
Ces profils arrivent souvent à 35 ou 40 ou 50 ans dans un cabinet épuisés vidés après une vie entière à compenser à tenir à tenter de comprendre un monde qui ne parlait pas leur langue à passer en revue toutes les pathologies possibles pour donner une forme au chaos vécu ils ne cherchent pas un diagnostic ils cherchent une confirmation ils veulent savoir s’ils sont fous et la réponse est presque toujours la même non ils vont bien ils sont structurés ils ont simplement survécu trop longtemps sans repère stable en faisant un travail que beaucoup n’auront jamais la force d’entamer
C’est une trajectoire admirable mais marginale elle ne décrit pas tous les HPI THPI TTHPI elle décrit ceux qui ont dû se forger seuls ceux qui ont dû devenir leur propre refuge leur propre structure leur propre thérapeute et qui atteignent leur potentiel tardivement parce que la vie a demandé une autre forme de croissance
Reconnaître cette réalité a du sens mais l’imposer à toute la population HPI est une erreur la majorité ne suit pas ce chemin et ces récits de reconstruction par le feu ne définissent pas le haut potentiel ils décrivent des parcours singuliers
Il existe aussi une réalité dont les études classiques parlent mal celle des HPI en errance identitaire de longue durée et dans cette population certains peuvent être touchés par de vrais troubles mentaux rien de choquant là dedans c’est une population humaine comme n’importe quelle autre et oui certains arrivent dans les services psychiatriques mais jamais parce qu’ils sont HPI ils viennent parce qu’ils traversent une décompensation un trauma une dissociation un effondrement un moment où tout lâche
Et cela ne transforme pas le HPI en trouble et ça ne transforme pas les psychiatres en machines à tout confondre quand quelqu’un arrive effondré dissocié suicidaire ou en perte de réalité le protocole est clair protéger stabiliser jamais diagnostiquer la structure identitaire en trente minutes un diagnostic structurel ne se pose pas en état aigu et encore moins sur un fonctionnement HPI
L’idée qu’un psy diagnostique un HPI en deux minutes puis change d’avis six mois après n’a aucune base dans la clinique c’est une fiction de forum par contre des HPI qui cumulent surcharge trauma stress blessures anciennes et qui finissent par basculer dans un trouble anxieux ou une dépression sévère ou une addiction oui ça existe et ça ne dit rien du haut potentiel ça dit simplement que ces personnes ont tout porté trop longtemps
Le réel est simple un HPI peut aller très bien un HPI peut aller très mal un HPI peut être stable régulé ou en souffrance mais le haut potentiel n’est jamais la pathologie et ne construit jamais un diagnostic un diagnostic sérieux repose sur la structure sur l’histoire et sur le fonctionnement pas sur une étiquette lancée dans l’urgence
le HPI ne détermine pas votre condition humaine ce qui façonne vos ressentis vos émotions votre manière de regarder le monde votre façon d interagir avec l autre ce n est pas un chiffre ni un label mais votre système relationnel votre histoire vos chocs vos ancrages et surtout votre structure identitaire profonde rien de plus le haut potentiel n offre pas une vision supérieure il donne juste un angle différent parfois plus lucide parfois plus sombre non pas par pessimisme mais parce que certaines évidences apparaissent plus vite l humour noir vient de là la distance aussi mais le cœur reste le même ce qui vous conditionne vraiment ce sont les dynamiques internes que vous portez depuis toujours pas un mot collé sur un test pas une case où on vous range
le plus amusant dans tout ça
c’est que je pourrais passer des heures à rire de tout et de rien
avec un humour noir assez solide pour faire fondre même les plus coriaces
mais là ce n’était pas le sujet
ici ce qui compte, c’est la clarté
pas l’émotionnel
j’avais simplement envie de poser ces repères
nous ne sommes pas nos idées
et nos idées ne sont jamais toute notre structure identitaire
il m’a semblé opportun de laisser ces mots voyager à travers le vent en espérant qu’ils trouvent celles et ceux qui en avaient besoin
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