Libéralisme

  • Libéralisme

    Posted by olbius on 19 janvier 2019 à 12 h 12 min

    Allez, vu que je lis pas mal de contresens sur le libéralisme (et tous les mots à la mode qui veulent pas dire grand chose mais qui font peur, comme “néolibéralisme” ou “ultralibéralisme“), je me décide à ouvrir un sujet pour parler du libéralisme.

    Car, vraiment, je cherche à comprendre comment il est possible de penser qu’un Etat omniprésent est, aux yeux de certains, un signe de libéralisme voire d’ultra-libéralisme. Ou encore qu’un Etat qui empêche les banques de faire faillite l’est également. Alors que, par définition, tout ceci est le contraire du libéralisme.

    Et j’essaie aussi de comprendre du même coup pourquoi tant de HP, en tout cas de HP français, se disent si farouchement anti-libéraux.

    Pour rappel, voici la définition du libéralisme que l’on trouve dans le dictionnaire Larousse :

    • Doctrine économique qui privilégie l’individu et sa liberté ainsi que le libre jeu des actions individuelles conduisant à l’intérêt général.
    • Doctrine politique visant à limiter les pouvoirs de l’État au regard des libertés individuelles.
    • Attitude de compréhension qui pousse à la tolérance : Faire preuve de libéralisme dans ses opinions.
      Dans la religion protestante, équivalent du modernisme catholique.

    Source : libéralisme (définition Larousse)

    Bouh, c’est vrai que c’est terrifiant 😅

    Mais concrètement, c’est quoi le libéralisme ?

    Historiquement, le libéralisme est une doctrine de philosophie politique et morale fondée sur la liberté et la reconnaissance de l’individu. Le libéralisme repose sur l’idée que chaque être humain possède des droits fondamentaux naturels précédant toute association, et qu’aucun pouvoir n’a le droit de violer, et prône la liberté d’expression des individus.

    Source : libéralisme (Wikipedia)

    Les valeurs libérales sont la liberté individuelle, la créativité individuelle, la responsabilité individuelle, l’indépendance personnelle, le respect des droits individuels, etc. On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l’on retrouve dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen :

    • l’égalité en droit;
    • la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
    • la propriété privée ;
    • le droit de résistance à l’oppression;
    • la recherche du bonheur et la sûreté.

    L’éthique libérale découle des droits naturels, elle se ramène au principe de non-agression : ne pas voler autrui, ne pas utiliser la coercition ou la violence envers autrui, sauf pour se défendre d’une agression. C’est donc une éthique de tolérance, contraire au relativisme moral du collectivisme (selon lequel la fin justifie les moyens ou l’intérêt général doit prévaloir sur les options individuelles)

    Source : libéralisme (Wikiberal)

    J’ai l’habitude des “arguments” du type “ce dont tu parles est le libéralisme, mais le néolibéralisme c’est autre chose” voire parfois “le libéralisme d’aujourd’hui c’est l’inverse du libéralisme”. Mais alors, les gens, si ça n’a rien à voir avec le libéralisme, voire même si c’est son contraire, pourquoi utiliser un terme trompeur, mensonger même, dans le sens où il fait croire que le problème de fond est le libéralisme ? Est-ce qu’on qualifierait de la même façon un hippie de “néonazi” ? Ou d'”ultranazi” ? La liberté c’est l’esclavage ?

    J’entends aussi souvent “le libéralisme politique, philosophique, c’est bien. Le libéralisme économique, c’est mal”. Mais comment l’un pourrait-il fonctionner sans l’autre ?

    Le libéralisme économique désigne l’application des idées libérales au domaine économique.

    Certains restreignent le libéralisme à son volet économique, alors que pour les libéraux ce volet est inséparable (et totalement dépendant) du droit et du respect de la liberté individuelle.

    Source : libéralisme économique (Wikiberal)

    En résumé, une citation de Jacques de Guenin :

    Le libéralisme c’est d’abord une morale individuelle, ensuite une philosophie de la vie en société dérivée de cette morale, enfin seulement, une doctrine économique qui se déduit logiquement de cette morale et de cette philosophie.

    Bref, je sais qu’il y a beaucoup de zèbres qui se disent ennemis du libéralisme. Mais parle-t-on, déjà, de la même chose ?

    A vous 😉

    pepito99 a répondu il y a 2 années 6 Membres · 8 Réponses
  • 8 Réponses
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    astrolabe

    Membre
    22 janvier 2019 à 12 h 15 min

    C’est vrai que le terme d’antilibéralisme par exemple peut porter à confusion pour quelqu’un qui ne connait pas le sens dans lequel il est utilisé couramment (contre les excès du libéralisme, pas contre le libéralisme en lui-même). Le signifiant n’est pas très pertinent. Il aurait mieux fallu comme terme “anti-ultralibéralisme”.

    Le problème du libéralisme à mon sens c’est son lien avec la notion très générale de l’intérêt personnel, et de l’idée que le libre jeu de ces intérêts profitent à tous. Par intérêt personnel ne peut-on pas entendre le fait de s’enrichir au détriment des autres? On rétorquera que s’enrichir au détriment des autres n’est pas dans mon intérêt, car cela peut mettre mon existence en danger. Mais on peut dire raisonnablement que ça n’est pas mésuser du terme que de dire que par intérêt on peut aussi entendre quelque chose qui se fait au détriment d’autrui ou des normes établies. Par exemple n’est-ce pas dans l’intérêt d’un voleur de ne pas se faire prendre? Du coup, étant donné la polysémie de cette notion, l’idée qu’un bien commun sorte comme par magie du libre jeu des intérêts personnels ne semble pas tenir la route.

    Au final c’est le terme même de libéralisme qui peut porter à confusion, étant donné que, comme la notion d’intérêt personnel, la notion de liberté est très vague. Et bien que le libéralisme ne prône pas une absence d’éthique il ne prône pas non plus une action tournée nécessairement vers le bien commun.

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    olbius

    Organisateur
    11 juillet 2020 à 0 h 59 min

    La conception des Français est ambiguë. Il est très étonnant de revendiquer la notion de liberté, un mot à la connotation très positive, et dans le même temps de considérer de manière dominante le terme de libéralisme comme quelque chose de critiquable. Cette dissonance est surprenante. Les Français sont favorables à la liberté, mais pas au libéralisme qu’ils perçoivent comme la cause de nombreuses difficultés. Beaucoup d’individus revendiquent la liberté pour eux-mêmes, mais souhaitent limiter la liberté d’autrui pour essayer d’en profiter. L’ambiguïté française réside dans la politisation extrême de la société qui conduit les individus à adopter des positions contradictoires.

    Source : Pascal Salin : « Non, la France n’est pas libérale »

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    red_pills_distributor

    Membre
    11 juillet 2020 à 1 h 07 min

    Traduction : Les français sont des cons Rolling Eyes

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    olbius

    Organisateur
    11 juillet 2020 à 12 h 37 min

    Je pense surtout que l’illettrisme général dans ce pays dans certains domaines, notamment tout ce qui touche à l’économie en général et au capitalisme en particulier, justement, conduit de nombreuses personnes à des contre-sens. Mine de rien, j’ai croisé des tas de personnes qui se disaient totalement opposées au libéralisme, alors qu’elles étaient totalement libérales dans leurs propos. Pour certaines, ça a d’ailleurs été un choc de le réaliser, presque une seconde naissance 😅

    A mal nommer les choses…

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    dankk

    Membre
    11 juillet 2020 à 14 h 30 min

    Hello,

    Tu réponds toi même à ton sujet ici.

    La conception des Français est ambiguë. Il est très étonnant de revendiquer la notion de liberté, un mot à la connotation très positive, et dans le même temps de considérer de manière dominante le terme de libéralisme comme quelque chose de critiquable. Cette dissonance est surprenante. Les Français sont favorables à la liberté, mais pas au libéralisme qu’ils perçoivent comme la cause de nombreuses difficultés. Beaucoup d’individus revendiquent la liberté pour eux-mêmes, mais souhaitent limiter la liberté d’autrui pour essayer d’en profiter. L’ambiguïté française réside dans la politisation extrême de la société qui conduit les individus à adopter des positions contradictoires.

    Dans la majorité des cas, la liberté est employé de cette façon :
    “Je veux être libre de travailler pour moi même en créant ma petite entreprise avec le moins de contraintes possible et le maximum de liberté.
    En revanche, si quelqu’un souhaite faire la même chose que moi mais que cette personne est plus douée, son plan et ses produits meilleurs et qu’il écrase mon propre business, alors c’est mal ! A mort au libéralisme !”

    La liberté, on l’aime seulement quand elle nous arrange… On se dit fervent défenseur des libertés … Mais de quelles libertés ? Toutes ? Ou seulement les notre ?

    Etre contre le libéralisme ne résoudra aucuns des problèmes de fond, beaucoup sont contre uniquement car ils sont eux même incapables d’exploiter leur propre liberté et d’en faire quelque chose.
    C’est simplement de l’hypocrisie politique citoyenne 😀

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    Usager supprimé

    Membre
    11 juillet 2020 à 14 h 35 min

    Ca ne vous vient jamais à l’esprit que les gens peuvent avoir des pensées et comportements libéraux précisément parce qu’iels vivent dans une société fortement influencée par le libéralisme ? Dire qu’iels sont d’accord, c’est soit naif, soit malhonnête. Les gens ne se construisent pas tout seuls.

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    pepito99

    Membre
    14 septembre 2020 à 19 h 27 min

    vive le libéralisme, l’école autrichienne d’économie et leurs apôtres

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    pepito99

    Membre
    14 septembre 2020 à 19 h 36 min

    Je ne peux que rejoindre cette analyse et la plupart des autres dans ce topic par ailleurs, je me souviens de la nuit ou au hasard d’errements sur le net je me suis retrouvé sur la critique du socialisme de Ludwig Von Mises et ou j’ai ensuite commencé a m’intéresser au libéralisme, le sentiment d’approcher l’orgasme intellectuel, et pratiquement personne avec qui en discuter. car le libéralisme et sa notion ont été complètement dévoyés, terrible injustice et triste perte pour le monde. pas faute d’avoir essayé d’échanger avec les idées de gauche, mais a part des arguments moraux, je ne trouve toujours toujours pas de mécanismes concrets étant censés conduire la société vers un monde meilleur… pas faute d’essayer, j’ai envie d’être de gauche ça permet d’être moins ostracisé mais j’y arrive vraiment pas.