L’Ă©criture inclusive (langage inclusif ?)



  • L’Ă©criture inclusive (langage inclusif ?)

    ?s=1&d=https%3A%2F%2Frencontre surdoue.com%2Fwp content%2Fuploads%2F2017%2F06%2Frencontresurdoue Anonyme mis Ă  jour Il y a 2 semaines 3 Membres · 6 Messages
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    Anonyme

    Membre
    5 juillet 2020 Ă  19 h 02 min

    Je lance cette discussion sur l’Ă©criture inclusive parce que ce n’Ă©tait pas abordĂ© et pourtant il y a des membres en faveur (moi, entre autres) et d’autres en dĂ©faveurs, ou encore des personnes mitigĂ©xs. Oui, je commence dĂ©jĂ  Ă  tenter de l’utiliser avec le x qui s’est glissĂ© sur un abjectif x) L’utilisation du x pour neutraliser un abjectif vient du portugais. Il s’agit d’une utilisation temporaire puisqu’il n’y a, me semble-t-il, pas encore de projet aboutit d’inclusivitĂ© (notament pour les gens non-binaires, ou pour simplement Ă©viter de genrer dans les situations dans lequelles ce n’est pas pertinent) dans la langue française.

    Je prĂ©fère le terme langage inclusif, et donc un projet dans ce sens, plutĂ´t que tout limiter Ă  l’Ă©criture. Le langage Ă©tant avant tout un outil pour communiquer, avant de l’Ă©crire, il passe par la parole ou les signes avec les mains. Il peut aussi passer par le visage et le corps, mais aussi l’image (dessins, photographie, etc…), la musique, etc… Mais ici, on parlera de langage constituĂ© de règles exprimables pour dĂ©signer le genre d’individus. En l’occurence, ce qui se prononce verbalement et scripturalement.

    Pour introduire la discussion, je me contenterai pour l’instant de mettre une page WikipĂ©dia sur le langage Ă©picène (autre non du langage inclusif) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Langage_%C3%A9pic%C3%A8ne

    Êtes-vous pour, contre, mitigéx vis à vis du langage inclusif ? Quelles critiques avez-vous à exprimer sur le sujet ? Bref, discutons-en 🙂

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    olbius

    Organisateur
    8 juillet 2020 Ă  0 h 11 min

    Bonsoir @AudreySkye

    Je viens de tomber sur un article qui me laisse perplexe. Que penses-tu de ça ? :

    Quand je lis l’expression «colleur·euses» ou «personne à vulve», je ne peux pas m’empêcher de penser que cet outil qu’est l’écriture inclusive, et qui était au départ destiné à nous redonner une place dans le langage, a été dévoyé et qu’il sert désormais à installer la présence des hommes dans la sphère féministe.

    Source : Féminisme : peut-on encore débattre de tout ?

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    Anonyme

    Membre
    8 juillet 2020 Ă  17 h 39 min

    C’est un discours transphobe, et d’ailleurs l’autrice de ces mots l’est, mĂŞme si elle n’aime pas qu’on la qualifie ainsi. Elle n’est pas que ça, puisqu’elle assume ailleurs ĂŞtre aussi islamophobe, entre autres.

    Si parmi les personnes qui ont participĂ©es aux collages il y en a qui se genre au masculin, il n’y a rien d’Ă©trange au fait de choisir d’introduire le masculin avec le fĂ©minin dans le terme colleur.euse. On peut toujours trouver que ça rend la lecture ou la prononciation difficile. Mais, l’explication donnĂ©e par cette militante TERF ne tient pas. On n’invisibilise pas les femmes, pas plus qu’on met les hommes en avant, en Ă©crivant ça.

    Le terme “personne Ă  vulve” est discutable dans la mesure du “Ă ” qui donne l’impression de rĂ©duire les personnes Ă  la possession d’une vulve. J’utilise parfois le terme “personne avec une vulve, ou un vagin” ou “ayant un vagin” lorsqu’il s’agit de parler des règles ou de la capacitĂ© Ă  porter un enfant, car le sujet concerne bien ce point prĂ©cis. Les hommes transgenres, ou non-binaires pouvant posseder l’organe en question. Ceci dit, j’Ă©vite de parler des règles, etc… n’Ă©tant pas concernĂ©e. Par contre, je suis concernĂ©e par les questions liĂ©es Ă  la bioĂ©thique concernant la PMA. Lorsqu’il s’agit de parler du fĂ©minisme, du sexisme, etc… je parle de femmes et donc j’inclue les femmes transgenres (comme moi-mĂŞme). Car c’est le genre qui compte dans ces sujets. On peut aussi considĂ©rer dans une certaine mesure les hommes trans ou les non-binaires, lorsque ces derniers subissent encore le sexisme qui reste fondamentalement misogyne.

    Si le contexte (l’article) de ces passages avait permis de penser que Marguerite Stern voulait critiquer le “Ă ” dans le terme “personne Ă  vulve” en raison de sa nature rĂ©ductrice et donc potentiellement problĂ©matique pour les personnes concernĂ©es, ce serait un avis recevable. Mais, le contexte et des recherches sur cette activiste mettent en Ă©vidence sa transphobie.

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    Anonyme

    Membre
    12 juillet 2020 Ă  18 h 52 min

    Hello tout le monde.

    @AudreySkye a parlĂ© un moment d’Ă©criture inclusive et j’ai trouvĂ© ça qui me parait plus qu’intĂ©ressant, complet et important. J’avoue que c’est bien long, faut un peu s’atteler.

    Ce que je trouve important pour mieux comprendre l’enjeu, c’est la partie :

    “G. Une langue inclusive : mais pourquoi ? citation : Nous pensons qu’intĂ©grer dès le plus jeune âge que « le masculin l’emporte sur le fĂ©minin » n’est pas complètement anodin, que le langage participe de la construction de soi et vĂ©hicule une vision du monde.”

    Ça revient sur l’historique, parle technique, etc, etc, incroyablement complet.

    PARTIE I. DE QUOI PARLE-T-ON ?

    A. Qu’est-ce que l’Ă©criture inclusive ?

    L’« Ă©criture inclusive » est une traduction de l’expression anglaise inclusive writing, une variante de l’inclusive language (« langue inclusive » ou « langage inclusif ») prĂ©sente entre autres dans les milieux acadĂ©miques de certains pays anglophones depuis au moins une dizaine d’annĂ©es. L’inclusive language vise Ă  inclure toutes les personnes pouvant ne pas se sentir reprĂ©sentĂ©es (en matière de sexe, d’ethnicitĂ©, de religion, etc.) par une dĂ©signation. Le gender-inclusive language, qui concerne plus particulièrement l’absence de reprĂ©sentation des diffĂ©rents genres (en l’occurrence du genre fĂ©minin) en est une spĂ©cificitĂ©. Ce qu’on appelle, depuis quelques annĂ©es en France, l’« Ă©criture inclusive » est en fait une Ă©criture inclusive de genre, donc une Ă©criture incluant, c’est-Ă -dire reprĂ©sentant, les diffĂ©rents genres.

    Sources : ceci est un copié-collé de https://www.scribbr.fr/astuces/ecriture-inclusive/

    B. Concrètement ça prend quelle forme ?

    DĂ©jĂ  ce n’est pas une Ă©criture unifiĂ©e : il y a des pratiques diffĂ©rentes.
    Bref, ça peut prendre diverses formes. Mais principalement, ces deux là :

    1. Renoncer au masculin générique

    Ca se matérialise de plusieurs façons. Par exemple par le choix de féminiser des noms de métiers, des grades, de titres et de fonctions (ex : Nadia est cheffe de projet » ; « Marine est conservatrice de musée »). Autre exemple : ne plus dire « les Hommes » mais plutôt « les humains ».

    2. Refus de la règle grammaticale selon laquelle le masculin l’emporte systĂ©matiquement sur le fĂ©minin

    a. La syntaxe

    Le refus de la règle grammaticale selon laquelle le masculin l’emporte sur le fĂ©minin peut se traduire, syntaxiquement parlant, de façons très diffĂ©rentes.

    – Par exemple le Haut conseil Ă  l’Ă©galitĂ© entre les hommes et les femmes dans son guide « Pour une communication publique sans stĂ©rĂ©otype de sexe » soutient la rĂ©habilitation de l’usage de la règle de proximitĂ©, qui consiste Ă  accorder les mots avec le terme le plus rapprochĂ©. Par exemple : « les hommes et les femmes sont belles » ou « les femmes et les hommes sont beaux ». (cf. http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf, p. 25). Il s’appuie ainsi sur un usage ancien (ex : en 1691, le dramaturge et poète Jean Racine Ă©crivait : « Ces trois jours et ces trois nuits entières)

    – D’autres prĂ©fèrent la règle de majoritĂ©. Par ex : « trois femmes et un homme ont Ă©tĂ© prises Ă  la suite de cette campagne de recrutement. »

    – Certain·e·s privilĂ©gient, quand ça ne change rien au sens, l’emploi d’une Ă©criture Ă©picène, c’est Ă  dire « neutre ». Par exemple, pour les noms communs, « L’Ă©quipe enseignante » remplace « les enseignants ». Pour les propositions, il est Ă©galement possible d’employer des formulations neutres. Par ex, sur des sites de musĂ©e vous lirez « Vous travailler dans l’animation et souhaitez visiter le musĂ©e avec un groupe ? » plutĂ´t que « L’animateur est invitĂ© Ă  dĂ©couvrir le musĂ©e avec son groupe ».

    – Certain·e·s utilisent le « doublet ». Par exemple : « L’exposition a Ă©tĂ© organisĂ©e par des illustratrices et les illustrateurs ».

    – Certain·e·s choisissent d’utiliser de nouveaux pronoms, neutres en genre. Exemples : « toustes » (« tous/toutes »), « ceulles » ou « celleux » (« celles/ceux »), ou « elleux » (« elles/eux »), « iels » (« elles/ils»). Remarque : on trouve aussi « ielles » ou « illes ».

    – D’autres prĂ©fèrent mentionner dans l’ordre alphabĂ©tique les termes au fĂ©minin et au masculin (pour Ă©viter toute prĂ©fĂ©rence). Quelques exemples : « celles et ceux », « elles et ils », « les Français et les Françaises », « les Ă©tudiantes et Ă©tudiants », « les agriculteurs et agricultrices ». C’est ce que recommande par exemple l’agence Mots-ClĂ©s qui a Ă©ditĂ© un manuel d’Ă©criture inclusive publiĂ© sur le site de l’UniversitĂ© Toulouse III. (https://www.univ-tlse3.fr/medias/fichier/manuel-decriture_1482308453426-pdf)

    Il y a quelques autres usages. Mais je ne vais pas en parler ici, non pas parce qu’ils ne sont pas intĂ©ressants, mais parce qu’ils sont un peu plus minoritaires dans l’usage et que j’aimerais ne pas passer ma nuit Ă  Ă©crire ce post qui se veut juste une prĂ©sentation/dĂ©finition gĂ©nĂ©rale.

    b. La typographie

    A l’Ă©crit, on trouve diverses façons de rendre compte par la typographie, en un seul mot (pluriel) Ă  la fois du genre masculin et du genre fĂ©minin. Par exemple : « musicien(ne) », « motivĂ©Es », « Ă©tudiant/es », « arrivĂ©.e.s », « italien-ne-s », « acteur·rice·s »,… le fameux « point mĂ©dian » est donc l’une de ces options typographiques, au mĂŞme titre que le tiret ou la majuscule par exemple.

    Remarquons que cette forme typographique Ă©vite Ă  celui ou celle qui s’en sert d’avoir Ă  choisir entre la règle de la proximitĂ© ou de la majoritĂ©. Par exemple : « trois femmes et un homme ont Ă©tĂ© pris·e·s Ă  la suite de cette campagne de recrutement. ». Je n’en suis pas certaine, mais il me semble que pratiquement ca a Ă©tĂ© (et que c’est toujours) un avantage pour la diffusion de son usage (puisque de coup, cet usage remet moins radicalement en cause nos habitudes de langage et les règles en vigueur). Je crois que c’est seulement pour cette raison que cette façon typographique de rendre l’Ă©crit inclusif s’est davantage rĂ©pandue que d’autres façons de la faire (comme la règle de la majoritĂ©).

    (sources : https://www.univ-tlse3.fr/medias/fichier/manuel-decriture_1482308453426-pdf et http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf et https://www.france culture.fr/emissions/le-magazine-de-la-redaction/ecriture-inclusive-un-point-ce-nest-pas-tout et https://legothequeabf.wordpress.com/2017/11/07/recommandations-pour-une-ecriture-inclusive-et-accessible/)

    C. Ca marche Ă  l’Ă©crit, mais Ă  l’oral ?

    Reprenons les diffĂ©rentes formes que peut prendre le choix de l’inclusivitĂ© (point B).

    – Point 1) Renoncer au masculin gĂ©nĂ©rique (ex : choisir de fĂ©miniser les mĂ©tiers, en usant par exemple du terme « autrice »), ca se fait Ă  l’Ă©crit comme Ă  l’oral.

    – Point 2) De mĂŞme, les Ă©lĂ©ments syntaxiques qui permettent de refuser la règle selon laquelle le masculin l’emporterait systĂ©matiquement sur le fĂ©minin au pluriel (point 2)a)) « fonctionnent » aussi bien Ă  l’Ă©crit qu’Ă  l’oral. Par exemple : le choix d’accorder selon la règle de la majoritĂ© ou de la proximitĂ© se dit tout autant qu’il s’Ă©crit.

    – En fait, en première approche, la langue inclusive parait ne poser problème pour l’oral que dans le cas du choix d’une typographie particulière (cf B. 2.b) qui n’est valable par dĂ©finition que pour l’Ă©crit.

    Quel est le rapport entre la typographie spĂ©cifique de l’Ă©criture inclusive et l’oral ?

    En fait, l’absence d’Ă©quivalent direct de cette typographie dans la langue orale est un faux problème. Car l’Ă©criture avec le point mĂ©dian/la parenthèse/le tiret/etc. est la reprĂ©sentation Ă©crite de formes orales. Par ex. dire « les Ă©tudiantes et les Ă©tudiants » peut ĂŞtre retranscrit tel quel Ă  l’Ă©crit ou ĂŞtre Ă©crit de cette façon « les Ă©tudiant·e·s ». De mĂŞme « les Françaises et les Français » peut devenir Ă  l’Ă©crit « les Français·es ». C’est une manière d’Ă©crire Ă©conome en espace et en temps d’Ă©criture. (Pour les matheux et malheureuses, on pourrait presque dire que c’est une façon de factoriser ^^).

    Autre exemple, plus complexe :
    Vous pouvez dire « ces deux femmes et cet homme sont intimidantes » ou «ces deux femmes et cet homme sont intimidants » (selon que vous usez de la règle de proximitĂ© ou de celle de la majoritĂ©). Et cela peut rester tel quel Ă  l’Ă©crit ou devenir « « ces deux femmes et cet homme sont intimidant·e·s ». En revanche, dans l’autre sens, lire « ces deux femmes et cet homme sont intimidant·e·s », vous oblige Ă  faire un choix sur la règle Ă  adopter (majoritĂ©, proximitĂ©, masculin l’emportant)… C’est l’une des raisons qui expliquent qu’un certain nombre de personnes acceptent l’Ă©criture inclusive tout en en refusant de le faire avec ce type de signes typographiques (iels vont prĂ©fĂ©rer l’Ă©criture Ă©picène, les doublets, etc.). Et ça n’en reste pas moins de l’Ă©criture inclusive ! Donc, il faut arrĂŞter de se focaliser sur la typographie (et en particulier sur le point mĂ©dian) comme argument massue pour rejeter en bloc l’Ă©criture inclusive : l’Ă©criture ce n’est pas que ça et ce n’est pas nĂ©cessairement ça. (DĂ©solĂ©e, je me calme ;).

    Conclusion

    Par ailleurs, ce qui apparaĂ®t clairement ici (du moins j’espère) c’est que plutĂ´t que d’Ă©criture inclusive, il serait plus juste de parler de langue (inclusive) : avec sa dimension orale et pas seulement Ă©crite. Et c’est bien d’ailleurs de langue (plutĂ´t que de la seule Ă©criture) dont parle le Haut Conseil Ă  l’Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes (HCE) dans son guide « Pour une communication publique sans stĂ©rĂ©otype de sexe ».

    D. Le point médian

    Ceci est une parenthèse dans mon explication, ça ne devrait pas constituer un vrai dĂ©bat. Mais je me sens obligĂ©e de dire un mot sur le point mĂ©dian parce que bien que l’Ă©criture inclusive ne se rĂ©duise pas Ă  ça ni ne nĂ©cessite le point mĂ©dian (cf B et C et, en particulier, dans C. lire« Autre exemple plus complexe (…) ».), ce « point » fait l’objet de grandes crispations…

    1. Pourquoi le point médian et pas un autre signe de ponctuation ?

    En fait, d’autres signes peuvent servir Ă  fĂ©miniser (voir B. 2. b). NĂ©anmoins l’usage le plus courant qui se dessine est davantage celui du point mĂ©dian.

    Pourquoi ?

    – les parenthèses : utilisĂ©es pendant longtemps ont depuis remises en cause car elles laissent penser que le fĂ©minin peut ĂŞtre simplement mis entre parenthèses, et n’est donc qu’une option supprimable par rapport au masculin, le genre par dĂ©faut. Exemples : « musicien(ne) », « Ă©tudiant(e)s ».
    – le « E » majuscule : utile pour mettre en Ă©vidence la fĂ©minisation, a Ă©galement Ă©tĂ© remis en cause car il ne met pas les deux genres sur le mĂŞme plan ni ne peut ĂŞtre utilisĂ© en lettres capitales. Exemples : « motivĂ©Es », « enseignantE » ;
    – la barre oblique : intĂ©ressante car indique l’alternative entre les deux genres sans prĂ©fĂ©rence pour l’un, mais critiquĂ©e car elle connote une division, une opposition. Exemples : « Ă©tudiant/es », « chirurgien/ne » ;
    – le point : souvent utilisĂ© car prĂ©sent sur tous les claviers, mais pouvant remis en cause pour des raisons pratiques : il peut ĂŞtre confondu avec le point final de la phrase. Exemples : « technicien.ne », « arrivĂ©.e.s » ;
    – le trait d’union : intĂ©ressant dans sa forme mais critiquĂ© car son usage est dĂ©jĂ  fixĂ©. Exemples : « italien-ne-s », « employĂ©-e » ;
    – le point mĂ©dian : le plus fortement rĂ©pandu car il met les deux genres sur le mĂŞme plan et n’a pas d’autre usage actuellement (il Ă©tait autrefois employĂ© entre les mots et a Ă©tĂ© progressivement remplacĂ© par l’espace typographique Ă  partir de l’AntiquitĂ©) . Exemples : « gentil·le », « acteur·rice·s ».

    Source : L’argument est classique dans les milieux militants donc ici je l’ai « copiĂ©-collĂ© de https://www.scribbr.fr/astuces/ecriture-inclusive/. Vous trouverez exactement cette idĂ©e ailleurs (dit diffĂ©remment).

    A titre personnel, j’utilise souvent le point mĂ©dian, parce que (outre les raisons dĂ©jĂ  citĂ©es en B. 2. b. et en C.) c’est un des usages les plus courants de l’Ă©criture inclusive. Il permet donc de se comprendre facilement.

    2. Le point mĂ©dian, pratiquement c’est compliquĂ© Ă  faire avec les claviers ?

    Pour obtenir le point médian sur son clavier, il faut utiliser les combinaisons suivantes :
    – sur Mac : « alt + maj + f » ;
    – sur Windows : « alt + 0183 (pavĂ© numĂ©rique) » ;
    – Autre cas : vous ĂŞtes sur Windows mais vous n’avez pas de pavĂ© numĂ©rique ou l’usage de alt + 0183 ne fonctionne pas (ça arrive). Vous pouvez vous crĂ©er un raccourcis clavier (le site de Microsoft vous explique comment). Ou installer un petit logiciel gratuit qui permet d’avoir un clavier au sein avec le point mĂ©dian. Vous pouvez le tĂ©lĂ©charger sur ce site : https://www.ecriture-inclusive.fr/ dans « accĂ©der au clavier facilitant l’Ă©criture inclusive » (c’est pas forcĂ©ment super simple Ă  installer, mais je trouve ça pratique, c’est ce que j’utilise en ce moment mĂŞme car je n’ai pas de pavĂ© numĂ©rique : raccourci clavier alt gr+ .).

    – sur Linux : « altgr + . », « altgr + : », « altgr + maj + . », « altgr + maj + ; », « altgr + maj + 1 », « maj + * » ou « altgr + * », selon la disposition du clavier.
    Pratiquement sous Linux :
    Ouvrez un terminal et tapez la commande suivante pour connaitre la disposition de votre clavier : setxkbmap -query
    En fonction de votre disposition voici donc la combinaison de touches Ă  utiliser :
    AltGr + ? Maj + ; ( oss / français (variante), oss_latin9 / français (variante, Latin-9 uniquement), mac / français (Macintosh), oss_nodeadkeys / français (variante, sans touche morte), oss_sundeadkeys / français (variante, touches mortes Sun))
    AltGr + ? Maj + 1 (latin9 / français (variante obsolète), latin9_nodeadkeys / français (variante obsolète, sans touche morte), latin9_sundeadkeys / français (variante obsolète, touche morte Sun))
    AltGr + : (français, français (sans touche morte), français (touches mortes Sun), belge)
    AltGr + . ( français Suisse (clavier générique 105 touches PC))
    ? Maj + AltGr + . (bepo / français (Bépo, ergonomique, façon Dvorak), bepo_latin9 / français (Bépo, ergonomique, façon Dvorak, Latin-9 uniquement))
    ? Maj + * (du pavé numérique) ( oss / français (variante), bre / français (breton), oss_nodeadkey / français (variante, sans touche morte), oss_sundeadkeys / français (variante, touches mortes Sun))
    AltGr + * (du pavé numérique) (oss_latin9 / français (variante, Latin-9 uniquement), bepo / français (Bépo, ergonomique, façon Dvorak), bepo_latin9 / français (Bépo, ergonomique, façon Dvorak, Latin-9 uniquement))
    Compose + ^ + . ou Compose + . + – (Avec une touche compose)

    Sources : https://rebellyon.info/Comment-taper-facilement-le-point-median-16767

    E. L’histoire de l’inclusivitĂ©

    On pourrait parler des noms de mĂ©tier qui existaient au fĂ©minin au 15e siècle, du fait que les règles d’accord selon la proximitĂ© ou la majoritĂ© Ă©taient très rĂ©pandues jusqu’au 17e siècle, de la règle qui dit que « le masculin l’emporte sur le fĂ©minin » Ă©tablie au 17e siècle mais qui en fait n’est guère rĂ©pandue dans l’usage courant avant que l’instruction ne devienne obligatoire laĂŻque et publique (soit au 19e siècle), etc.

    Mais 1, ce serait très long de revenir sur toute cette histoire, 2. (et surtout) je ne suis pas qualifiĂ©e. Si ça vous intĂ©resse vous pouvez commencer par regarder de Françoise Vouillot pour le HCE (https://www.facebook.com/hcefh/videos/794701897371916/) ou, mieux, allez lire les ouvrages d’Eliane Viennot (pour celleux qui ne la connaissent pas elle est professeuse Ă©mĂ©rite de littĂ©rature française de la Renaissance Ă  l’universitĂ© Jean-Monnet-Saint-Étienne et, pour rĂ©sumer très rapidement, elle s’intĂ©resse Ă  l’histoire de notre langue et Ă  sa masculinisation progressive au cours des derniers siècles… Vous pouvez trouver une introduction, mais très partisane je vous prĂ©viens, ici https://simonae.fr/sciences-culture/litterature/peril-langue-francaise-eliane-viennot-verite-langage-inclusif-ecriture-inclusive/. Et sinon, Eliane Viennot a fait des livres, a participĂ© a Ă  des Ă©missions de radios, il ya des confĂ©rences d’elle sur youtube, elle a son site, etc. donc c’est pas compliquĂ© Ă  trouver )

    L’important Ă  retenir ici c’est que non la question de rendre plus ou moins inclusive la langue n’est pas rĂ©cente : elle a une (longue) histoire.
    (Cette histoire n’est Ă©videmment pas sans corrĂ©lation avec l’histoire politique et sociale de la place des femmes dans la sociĂ©tĂ©. Mais ça serait allĂ© trop loin que de dĂ©velopper ce point pour notre propos ici, je vous invite donc Ă  vous documenter de votre cĂ´tĂ© si ça vous rend curieux·euses).

    F. Le mot « inclusif »

    Certain·e·s Ă©vitent d’utiliser l’adjectif « inclusif » et lui prĂ©fèrent « non sexiste ». Ce qui est critiquĂ© c’est qu’ « inclure » quelqu’un·e dans un langage, c’est se placer en tant que personne naturellement lĂ©gitime, au centre de celui-ci, et placer l’autre Ă  l’extĂ©rieur.
    Pour ma part, ici et pour rester dans les clous du sujet ouvert par Franch, je vais en rester au terme d’ « inclusif ».

    PARTIE II. L’INCLUSIF SUR LE FOND

    G. Une langue inclusive : mais pourquoi ?

    citation :
    Nous pensons qu’intĂ©grer dès le plus jeune âge que « le masculin l’emporte sur le fĂ©minin » n’est pas complètement anodin, que le langage participe de la construction de soi et vĂ©hicule une vision du monde.

    Sources : https://legothequeabf.wordpress.com/2017/11/07/recommandations-pour-une-ecriture-inclusive-et-accessible/

    En français, il n’y a pas de genre neutre (contrairement au « das » de l’allemand ou au « it » de l’anglais par exemple). Nous n’avons donc pas de 3e genre qui nous sortirait de la binaritĂ© entre genre « fĂ©minin » et genre « masculin » : notre langue est parfaitement binaire de ce point de vue.
    Et le genre masculin est devenu le genre gĂ©nĂ©rique susceptible d’englober le genre fĂ©minin. Par exemples : on parle « des Hommes », on dit « les filles et les garçons sont contents » (et non contentes)… le genre fĂ©minin en est venu Ă  disparaĂ®tre derrière le genre masculin.

    Cette convention langagière a des effets pratiques, concrets dans la sociĂ©tĂ©. La cĂ©citĂ© de notre sociĂ©tĂ© sur un certain nombre d’inĂ©galitĂ©s homme/femme ne me semble en effet pas Ă©trangère Ă  cet usage de la langue. Une langue qui rend les femmes invisibles marque et façonne une sociĂ©tĂ© oĂą ces personnes jouent un rĂ´le de second plan.

    Pourquoi ?

    Parce que la langue est un outil par lequel nous nous saisissons du monde et de nous-mĂŞmes. Les mots, la syntaxe, nos possibilitĂ©s et nos limites de langage façonnent notre conception du monde et donc notre rapport Ă  celui-ci. Ainsi, quand on a des règles de langue qui invisiblent le fĂ©minin, cette invisibilisation n’est pas sans effet sur notre rapport aux autres, Ă  nous-mĂŞmes, et donc Ă  la sociĂ©tĂ©.

    En un mot comme en cent : ce qui est invisibilisĂ© par le langage n’existe pas socialement.

    H. Deux petits « jeux » pour percevoir les effets pratiques de notre langue sur notre représentation du monde.

    L’argument thĂ©orique est simple : ce qui est invisibilisĂ© n’existe pas.

    Mais, quand vous lisez ça, vous vous dites sans doute que ce ne sont que des mots. Pour vous convaincre que c’est aussi très concret, je propose deux expĂ©riences Ă  celleux qui en ont envie.

    1. Faites la devinette du chirurgien Ă  votre entourage.

    « Un père et un fils sont en voiture. Survient un accident. Le père meurt sur le coup. Le fils, dans un Ă©tat grave, est conduit Ă  l’hĂ´pital. Il doit ĂŞtre opĂ©rĂ© en urgence. Dans la salle d’opĂ©ration le chirurgien dĂ©clare « Je ne peux pas l’opĂ©rer, c’est mon fils ». Comment est-ce possible ?

    Dans le contexte de ce forum, la rĂ©ponse est Ă©vidente. Je vous invite donc Ă  la faire sur votre entourage et voir le temps qu’il lui faut pour trouver. C’est une devinette assez connue (celle-lĂ  ou ses variantes) donc les rĂ©sultats seront sans doute très variables, mais je pense que vous serez quand mĂŞme surpris·e dans un certain nombre de cas.

    En fait, le fait même que ça puisse être considérer comme une devinette en dit long.

    Si vous avez une petite fille ou une adolescente Ă  la maison, il y a des chances que le temps qu’elle mette Ă  trouver la solution vous donne un indice de la reprĂ©sentation qu’elle se fait de ses propres possibilitĂ©s professionnelles en tant que femme…
    Qui sait, peut-être que ça donnera envie à certain·e·s de féminiser davantage les noms de métier ?

    En tout cas, je pense que cette petite expĂ©rience vous permettra de voir ce que ça signifie quand on dit que le fait d’invisibiliser le fĂ©minin au profit du masculin dans la langue a pour effet d’invisibiliser les femmes dans le monde rĂ©el.

    2. La discussion inversée

    Un peu plus complexe, mais plus parlant.
    (En tout cas, moi la devinette prĂ©cĂ©dente ne m’aurait pas convaincue, ceci en revanche a changĂ© ma vision des choses.)

    Je vous propose, si vous avez un·e interlocuteur·trice qui accepte de jouer Ă  ce jeu lĂ  avec vous, d’avoir une discussion ou vous inversez systĂ©matiquement les règles grammaticales de telle sorte que le fĂ©minin l’emporte sur le masculin. Je rĂ©pète systĂ©matiquement. Ex : « Elles » pour dĂ©signer un groupe composĂ© d’au moins un hommes et une femme, « les institutrices »/ « les conductrices » pour dĂ©signer un groupe, « les Femmes » pour dĂ©signer un groupe d’hommes et de femmes, mais aussi, tout aussi bien un groupe composĂ© uniquement d’hommes, etc . Ca vous semble facile, et bien essayez. Outre que vous risquez d’y perdre votre latin, si vous avez l’idĂ©e que les mots que vous employez n’affectent pas votre rapport au monde, vous pourriez changer d’avis.
    En tout cas, moi c’est ce qui m’est arrivĂ©. Je vous partage ici mon expĂ©rience.

    Ma petite expérience des effets du langage sur ma conception du monde

    Un jour oĂą j’Ă©coutais une Ă©mission de radio, j’ai entendu une personne narrer une petite scĂ©nette : il s’agissait de la discussion de 4 personnages (deux couples hĂ©tĂ©ros) lors d’une soirĂ©e entre ami·e·s. L’histoire Ă©tait très simple mais elle Ă©tait racontĂ©e selon d’autres règles de langage que celles qui valent habituellement : le fĂ©minin l’emportait sur le masculin (ce sont les règles du 2e jeu que je vous ai proposĂ©). Qui plus est, il y avait une inversion des stĂ©rĂ©otypes de genre (par ex. les femmes discutaient entre elles de foot et de politique, tandis que les hommes parlaient shopping et rĂ©gimes). Eh bien, au bout de quelques minutes, Ă  mon grand dĂ©sarroi, je ne comprenais plus rien. Il n’y avait que 4 personnages, et la conversation Ă©tait simple, pourtant j’Ă©tais incapable de savoir qui disait quoi, qui Ă©tait qui. J’Ă©tais complètement perdue dans l’histoire…

    Ca m’a Ă©branlĂ©e. Je me suis rendue compte que les mots qui pour moi n’Ă©taient jusque-lĂ  que des conventions arbitraires, de peu d’effets en eux-mĂŞmes, en rĂ©alitĂ© affectaient ma conception du monde. Que les formes affectent le sens si vous prĂ©fĂ©rez.

    Avec le recul je me dis que cela vient du fait que notre langue induit une ambigĂĽitĂ© fondamentale dans certains signes. Un mĂŞme signe (par ex. le mot « ils ») peut en effet vouloir dire de choses diffĂ©rentes (« un groupe d’hommes » ou « un groupe d’homme(s) et de femmes(s) »). Le problème c’est qu’on fait comme si cette ambigĂĽitĂ© du langage n’existait pas, et donc qu’elle ne crĂ©ait pas d’incertitudes ou d’erreurs (cet aveuglement apparaĂ®t parfaitement dans la devinette du chirurgien : on croit qu’on sait qu’un chirurgien peut ĂŞtre un homme ou une femme et, pourtant… on cherche pourquoi cette dĂ©claration Ă  la fin). En fait, ces erreurs, ces incertitudes, etc., se produisent sans arrĂŞt car ces signes ambigus (« ils », « eux », « Hommes », « ceux », etc.) sont des mots qu’on emploie tou·te·s et tout le temps. Et donc sans y penser.

    VoilĂ , si vous me demandez pourquoi je pense qu’il faut pratiquer la parole et l’Ă©criture inclusive, je vous rĂ©pondrai ça : parce que ça recrĂ©e du sens, de la justesse de pensĂ©e, dans notre conception inconsciente du monde qui, façonnĂ©e par les règles actuelles de la langue, est actuellement floue, aveugle Ă  une partie importante de ce qui pourtant existe. Bref, que ça Ă©viter les erreurs. Alors oui, c’est un effort quotidien, constant, c’est fatiguant non seulement de changer ses habitudes, mais aussi de dĂ©sambigĂĽiser sans arrĂŞt (parce que c’est un effort pour penser de ce qui est habituellement impensĂ© justement). Mais ça a du sens de le faire.

    I. L’Ă©criture non genrĂ©e : visibiliser les femmes mais pas que…

    Certaines personnes agenres (c’est-Ă -dire ne se dĂ©finissant ni comme des hommes, ni comme des femmes) et certaines personnes trans ne souhaitent pas ĂŞtre dĂ©signé·es par un pronom genrĂ© («il» ou «elle»), ces personnes demandent Ă  ce qu’on ait recours Ă  d’autres formes de langage (par exemple, Ă  la contraction du pronom masculin et du pronom fĂ©minin, comme dans « iel »).

    Les agenres et trans qui revendiquent ce type de langage que nous appelons ici « inclusif » pour simplifier (notons que ca ne les concerne pas tou·te·s) ont beau ĂŞtre largement minoritaires, cela ne signifie pas que leur droit d’ĂŞtre visibles est moins important. Que notre langue permette de dĂ©crire toute personne de façon correcte et respectueuse ne semble pas exactement une absurditĂ©.

    Remarque : il s’agit ici d’une vision large de l’inclusivitĂ© (iels prĂ©fèrent d’ailleurs souvent le terme d’«écriture non genrĂ©e »). Toutefois je voulais la mentionner parce qu’elle est aussi importante. Si cette question vous intĂ©resse, je vous invite Ă  lire ça : https://simonae.fr/sciences-culture/litterature/nommer-exister-alpheratz-troisieme-genre/

    J. L’inclusivitĂ©, est-ce une question accessoire ?

    C’est un argument qu’utilisent souvent celleux qui sont contre.

    1. Pourquoi je crois que c’est essentiel

    Une langue se transforme au grĂ© des idĂ©es et des pensĂ©es qui la traversent. Par consĂ©quent, la langue a une dimension politique. On le voit bien dans le cas qui nous intĂ©resse ici lorsqu’on regarde la façon dont la langue française a Ă©tĂ© inflĂ©chie dĂ©libĂ©rĂ©ment vers le masculin durant plusieurs siècles par des groupes qui s’opposaient Ă  l’Ă©galitĂ© des sexes (sur ce point je vous renvoie au guide du Haut conseil Ă  l’Ă©galitĂ© « Pour une communication publique sans stĂ©rĂ©otype de sexe » et, surtout, pour aller plus loin, Ă  Eliane Viennot). Autrement dit, tant que notre langue vĂ©hicule une conception du monde oĂą ce qui n’est pas le masculin est invisibilisĂ©, et donc tant que notre univers symbolique, notre culture, se construisent lĂ -dessus, il n’y a aucune raison que les inĂ©galitĂ©s disparaissent dans la sociĂ©tĂ©.

    Bien entendu, changer la langue ne rĂ©sout pas tous les problèmes d’inĂ©galitĂ©, d’invisibilitĂ©, etc. Cependant croire qu’on peut changer de paradigme social de ce point de vue sans changer le système de reprĂ©sentations qui le gĂ©nère (et que cet Ă©tat de la sociĂ©tĂ© continue d’alimenter en retour) me semble illusoire. La transformation de la langue (et donc de notre système de reprĂ©sentation) est nĂ©cessaire pour parvenir Ă  une sociĂ©tĂ© vraiment Ă©galitaire .
    Je précise : égalitaire pour les hommes et les femmes, mais pas que (cf. I).

    Donc, de mon point, ce n’est clairement pas une question accessoire, mais essentielle. MĂŞme si ce n’est pas non plus la seule transformation Ă  initier pour parvenir Ă  cette Ă©galitĂ©.

    2. Et mĂŞme si c’Ă©tait une question accessoire…

    MĂŞme si on admettait que c’est une pratique plus secondaire pour parvenir Ă  l’Ă©galitĂ© (ce qui n’est clairement pas mon avis), je ne vois pas en quoi ce serait un argument contre l’Ă©criture inclusive. Il faudrait qu’on m’explique en quoi utiliser cette Ă©criture pourrait empĂŞcher son utilisateur·trice de participer Ă  d’autres formes de combat, qui seraient jugĂ©es plus importantes, pour supprimer ces inĂ©galitĂ©s et injustices. (En fait, d’expĂ©rience, c’est plutĂ´t le contraire : ce sont les personnes qui pratiquent cette Ă©criture qui participent souvent aussi Ă  d’autres formes de lutte sociale, mais passons…).

    PARTIE III. L’INCLUSIF EN PRATIQUE : CONCRETEMENT CA POSE QUELS PROBLEMES ?

    Ce qui suit n’est pas une liste exhaustive.

    K. L’Ă©criture inclusive c’est illisible ?

    Ca dĂ©pend ce qu’on entend par lĂ . Dire que c’est illisible ou dĂ©sagrĂ©able Ă  lire, ça peut vouloir dire deux choses : que cette Ă©criture est laide ou que cette Ă©criture ralentit (fortement) la lecture. Ce qui n’est pas pareil.

    Avant de dĂ©tailler, je remarque que souvent les personnes qui trouvent cette Ă©criture « illisible » en fait parlent seulement de l’Ă©criture typographie (cf B.2.b) et notamment du point mĂ©dian (ce Ă  quoi l’Ă©criture inclusive ne se rĂ©duit pas comme on l’a vu). Mais bien sĂ»r, ce n’est pas uniquement le cas. Il y a aussi des gens qui jugent ça illisible en raison de la fĂ©minisation des noms de mĂ©tier ou de l’apparition de pronoms comme « iels ». Donc, j’englobe ici tous ces cas.

    1. L’Ă©criture inclusive est laide

    La phrase « Je trouve que l’Ă©criture inclusive est parfaitement inĂ©lĂ©gante (ou moche ou horrible) » n’est pas un argument, c’est une opinion. Cette phrase reflète un sentiment (de laideur en l’occurrence) et pas un fait objectif. Comprenons nous bien : je ne dis pas que les sentiments, les opinions sont sans intĂ©rĂŞt, je dis juste qu’on ne peut pas construire un dĂ©bat lĂ -dessus. Pourquoi ? Parce qu’un sentiment est toujours vrai pour celui qui le ressent.

    Si, Ă  cĂ´tĂ© de cette personne qui trouve sincèrement cette Ă©criture laide, une autre dĂ©clare « je trouve que l’Ă©criture inclusive est d’une inĂ©dite beautĂ© syntaxique (ou typographique) » : c’est aussi une opinion. Le sentiment est opposĂ©. Pour autant, ce sentiment est tout aussi vrai que celui de la première personne. On se retrouve donc avec deux personnes qui disent des choses contradictoires et qui sont pourtant toutes les deux parfaitement vĂ©races. Il ne peut pas y’avoir de dĂ©bat lĂ . Les deux personnes ont « raison » : iels affirment ce qu’iels ressentent. En revanche, ce type de phrase ne permet pas de construire un raisonnement, et donc ne permet pas un dĂ©bat argumentĂ©. On se retrouve juste dans l’impasse des oppositions entre « moi j’aime »/ « moi pas » et, au final, en gĂ©nĂ©ral, dans ce genre de cas, c’est le plus fort (c’est-Ă -dire celui qui a le plus de pouvoir) qui gagne. Mais, en fait, ça ne fait pas avancer le raisonnement.

    Comprenons-nous bien, je respecte les gens qui donnent leur opinion, qui tĂ©moignent de leur sentiment, et je crois Ă  l’importance de pouvoir s’affirmer ainsi. Alors, si ça a du sens Ă  vos yeux, faites-le ! Et je n’ai rien Ă  rĂ©pondre ça (ni Ă  celleux qui trouvent ça laid, ni Ă  celleux qui trouvent ça beau).

    C’est aussi parce qu’en fait, d’un point de vue logique, il n’y a tout simplement rien Ă  rĂ©pondre Ă  ça : ce type d’affirmation ne relève pas du plan argumentatif. Bref, ce n’est pas, Ă  proprement parler, de l’ordre du dĂ©bat.

    2. L’Ă©criture inclusive ralentit la lecture.

    L’argument qu’il y a derrière cette phrase c’est que l’Ă©criture inclusive rend plus longs les mots et les phrases, qu’elle nous soumet Ă  des formes inhabituelles de l’Ă©crit, bref elle nous complexifie la tâche et donc nous ralentit.

    DĂ©jĂ , on peut se demander si le but de la lecture est d’aller vite.

    Ensuite, sur le fond : ce n’est pas faux, l’Ă©criture inclusive (mais aussi la parole inclusive) peut clairement vous ralentir.

    Mais c’est un ralentissement qu’il faudrait beaucoup relativiser. Je m’explique :

    a) tout d’abord je mets de cĂ´tĂ© ici l’apprentissage de la lecture en gĂ©nĂ©ral qui, lui, peut ĂŞtre vraiment impactĂ©. (J’y reviens plus bas, en L., en en faisant un point Ă  part parce que c’est une vraie question).

    b) Ici je me concentre donc sur les lecteurs·trices qui ne sont plus au stade de l’apprentissage mais qui lisent sans difficultĂ©, c’est-Ă -dire ce qu’on appelle les lecteurs·trices compĂ©tent·te·s. Et qui dĂ©couvrent donc, sur le tard, l’Ă©criture inclusive (en gros ça concerne tout le monde ici je pense).

    Lorsqu’un·e tel·le lecteur·ice commence Ă  lire en inclusif il va au dĂ©part ĂŞtre nettement ralentit par l’usage de nouveaux mots (ex. « iels », « autrice », etc.), voire d’une typographie dĂ©diĂ©e Ă  l’inclusivitĂ© quand elle est prĂ©sente. Mais, une fois l’habitude prise, cela ne sera plus une cause de ralentissement. Si vous vous demandez pourquoi j’affirme cela, je vous invite Ă  vous intĂ©resser aux diffĂ©rentes voies de lecture et notamment Ă  la voie directe ou procĂ©dure par adressage ou voie lexicale : l’effet de cette procĂ©dure lexicale Ă  l’oeuvre dans la lecture c’est que les mots frĂ©quents sont mieux lus, et plus rapidement, que les mots plus rares (leur « adresse » Ă©tant plus facilement accessible, parce que plus souvent sollicitĂ©e). Pour le dire plus simplement, c’est une histoire de familiaritĂ© : si vous vous retrouvez Ă  lire rĂ©gulièrement des textes en Ă©criture inclusive, vous allez mĂ©moriser les nouveaux mots (fĂ©minisation des noms de mĂ©tiers, « iels », etc.), mais aussi la syntaxe, la typo et, une fois cela fait, vous ne trouverez plus de gĂŞne Ă  ces lectures. Ca vous paraĂ®tra normal. Je dirais mĂŞme que, selon toute probabilitĂ©, si cette Ă©criture devient un jour la norme, qu’elle est courante, ce sera alors l’absence d’inclusivitĂ© que vous jugerez comme perturbante et gĂŞnante pour la lecture (lĂ  encore, en raison de la voie lexicale Ă  l’oeuvre dans la lecture).

    Je vous dis ça aussi d’expĂ©rience, comme tout celleux qui ont appris le français selon les règles, j’ai commencĂ© par « galĂ©rer » un peu lorsque je lisais mes premiers textes en inclusif… aujourd’hui ça ne me ralentit, ni ne me gĂŞne plus. (Il n y’ a pas de miracle, c’est tout simplement parce que j’y suis habituĂ©e).

    La seule chose qui peut encore ralentir ma lecture aujourd’hui c’est la prĂ©sence de doublet (ex : « les dessinateurs et les dessinatrices de cette Ă©cole ») qui allongent (et donc ralentissent) l’Ă©crit, comme l’oral. Mais ça reste un ralentissement plutĂ´t minime, j’imagine que vous en conviendrez.

    L. Ca entrave l’apprentissage du français ?

    1. Le cas de l’Ă©lève lambda

    Comme je l’ai dit, quand on parle d’inclusivitĂ© on parle de langue. C’est-Ă -dire d’oral et d’Ă©crit (cf C.). Or, il est plus facile d’apprendre ce qu’on entend tous les jours. (Par exemple au lieu de demander « quels sont ceux qui ont fini leur travail ? », un·e professeur·e des Ă©coles peut dire « celles et ceux »). Si on habitue les enfants Ă  une parole inclusive, iels l’utiliseront aussi et apprendre Ă  Ă©crire en inclusif ne prĂ©sentera pas de difficultĂ©s spĂ©cifiques pour elleux.

    En fait, ce qui rendrait difficile l’apprentissage de cette Ă©criture en inclusif ce n’est pas l’inclusif en gĂ©nĂ©ral, mais le choix d’utiliser une typographie particulière Ă  cette fin (comme le fameux point mĂ©dian, entre autres – cf. B. 2. b). Mais comme on l’a dit : on peut avoir une Ă©criture inclusive sans cette typographie (mĂŞme si Ă©videmment ça implique d’autres choix…).

    Cependant, si on veut utiliser cette typographie, alors oui ça va compliquer l’apprentissage des enfants. Toutefois, dans des proportions qui semblent raisonnables. Ajouter un «·e » quand le sujet comporte des hommes et des femmes semble Ă  la portĂ©e d’un·e Ă©lève lambda. FĂ©miniser ainsi un texte est loin d’ĂŞtre aussi compliquĂ© qu’accorder des participes passĂ©s en fonction de l’auxiliaire par exemple, ce que pourtant les Ă©lèves du primaire apprennent tou·te·s… Quant Ă  la difficultĂ© de la lecture, elle existe, c’est certain. Toutefois, je remarque que, personnellement, je n’ai pas appris l’addition, la division, la soustraction et la multiplication la mĂŞme annĂ©e. Pourtant je me sers très bien et rĂ©gulièrement des quatre opĂ©rations : ce que je veux dire c’est qu’on n’est pas obligé·e·s de tout apprendre en mĂŞme temps et quand mĂŞme avoir l’usage de tout au final.

    Alors oui, l’inclusif, va rendre l’apprentissage de la lecture/Ă©criture plus compliquĂ©. Mais pas incroyablement plus compliquĂ©. Il ne faut pas exagĂ©rer.

    En fait, j’ai l’impression que l’argument qui dit « trop difficile Ă  apprendre pour les enfants » semble plutĂ´t signifier « ce n’est pas le genre d’apprentissage que je souhaite que mon enfant ait Ă  gĂ©rer parce que j’estime que cet Ă©lĂ©ment n’est pas assez important pour qu’il fasse cet effort ». Bref, ce qu’il y a derrière, c’est peut-ĂŞtre moins la difficultĂ© de l’Ă©lève que l’importance idĂ©ologique qu’on accorde Ă  cette Ă©criture. Pour le dire autrement, au fond, je crois que ce qui se joue lĂ  c’est de savoir quel est l’intĂ©rĂŞt pour l’Ă©lève de faire l’effort de surmonter cette difficultĂ©. Et est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?
    Je reviens lĂ -dessus en 3.

    2. Cette Ă©criture est discriminante pour les dyslexiques ?

    La meilleure réponse est pour moi ici : https://legothequeabf.wordpress.com/2017/11/07/recommandations-pour-une-ecriture-inclusive-et-accessible/

    Je souligne, que c’est vrai, c’est plus difficile pour les dyslexiques.

    Mais qu’il faut plus gĂ©nĂ©ralement avoir conscience d’une chose : l’Ă©criture tout court est discriminante pour les dyslexiques.

    Donc oui, ça rend l’apprentissage de l’Ă©criture/la lecture des dyslexiques nettement plus difficile.
    Plus difficile mais pas impossible.
    Il y a des outils : lĂ  encore, commencer par fĂ©miniser l’usage inclusif Ă  l’oral semble pouvoir grandement faciliter sa transcription Ă  l’Ă©crit. Et lĂ  encore l’usage typographique (par ex. du point mĂ©dian) n’est pas la seule façon de fĂ©miniser : on peut privilĂ©gier les autres formes (comme le doublet). Si on souhaite tout de mĂŞme utiliser les signes typographiques : de ce qu’on en sait, ce type d’Ă©criture inclusive n’est pas impossible pour les dyslexiques, mais (comme pour le reste de l’Ă©criture) des outils adaptĂ©s (par exemple une police de couleur ou du gras pour les terminaisons des mots) sembleraient faciliter leur lecture.

    Pour ma part, je reviens Ă  mon point prĂ©cĂ©dent, comme pour tout Ă©lève : au fond, ce qui se joue lĂ  c’est Ă  mon sens de savoir Ă  quel est l’intĂ©rĂŞt pour l’Ă©lève de faire l’effort de surmonter cette difficultĂ©. Et est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

    3. Quel est l’objectif pĂ©dagogique pour les Ă©lèves ?

    Pour celleux qui jugent que les effets de cette Ă©criture sont importants pour leur enfant, je crois que la difficultĂ© sera considĂ©rĂ©e comme acceptable (et s’il faut faire des sacrifices de simplification de la langue, ces personnes-lĂ  choisiront de les faire ailleurs). Tandis que pour celleux pour qui les effets de cette Ă©criture sont nĂ©gligeables (ou mĂŞme nĂ©fastes) : il est clair que la difficultĂ© sera jugĂ©e monstrueuse (et ce, très logiquement, puisqu’Ă  leurs yeux l’effort fait pour la surmonter n’est rĂ©compensĂ© par rien).

    Bref pour l’Ă©lève lambda, comme pour l’Ă©lève dyslexique, le problème n’est peut-ĂŞtre pas tant celui de la difficultĂ© de l’apprentissage, que celui de savoir si, au regard du gain, l’effort fait pour surmonter cette difficultĂ© en vaut la peine ?

    Alors, que vont tirer les enfants de cet apprentissage de l’inclusif ?

    Et bien, en dehors d’ĂŞtre nos enfants, d’ĂŞtre des Ă©lèves, d’ĂŞtre dyslexiques ou non, ces individus pour une bonne partie sont de genre fĂ©minin et tout·e·s seront demain des citoyen·ne·s. Du coup, si le langage (et donc l’univers symbolique) dans lequel iels sont Ă©levé·e·s invisibilise moins les femmes, si cette langue leur donne une autre perception de soi et du groupe avec lequel iels Ă©voluent, alors on est en droit d’espĂ©rer que la sociĂ©tĂ© qu’iels formeront demain sera plus Ă©galitaire et qu’elle donnera plus de place aux femmes. Si on pense ainsi, peut-ĂŞtre que pour un·e Ă©lève, dyslexique ou non, l’effort en vaut la chandelle…

    J’ajoute que ces considĂ©rations qui touchent Ă  l’Ă©galitĂ© hommes/femmes, sont Ă©galement vraies pour une partie des personnes agenres et trans (voir point I).

    VoilĂ .

    Après, c’est un peu hors sujet ici, mais si vous avez envie de parler de parler d’Ă©criture inclusive avec vos enfants, je vous conseille ce petit docu (moins de 2 minutes), ça peut ĂŞtre une bonne base de conversation s’iels ont des questions :« C’est quoi l’Ă©criture inclusive ? – 1 jour, 1 question »
    voir la vidéo

    M. Et qu’en est-il de la lecture de cette Ă©criture pour les personnes en situation de handicap (hors dyslexiques donc) ?

    On pense notamment aux personnes ayant des problèmes de vue et qui utilisent la vocalisation par des lecteurs d’Ă©cran lorsqu’iels sont devant leur ordinateur. Comme pour les prĂ©cĂ©dents cas, le problème pour iels apparaĂ®t quand il y a une typographie particulière. Et, si on veut utiliser cette forme lĂ  d’inclusivitĂ©, c’est un vrai problème. Dans ce cas, tout comme pour les dyslexiques, il n’y a pas (ou pas encore ?) de rĂ©ponse parfaite. NĂ©anmoins quelques outils qui s’amĂ©liorent peu Ă  peu. Si ça vous intĂ©resse, je vous invite Ă  lire ça : https://www.lelutinduweb.fr/ecriture-inclusive-accessibilite-solutions/ et ça https://legothequeabf.wordpress.com/2017/11/07/recommandations-pour-une-ecriture-inclusive-et-accessible/)

    N. L’inclusif, est-ce un dĂ©bat actuel ?

    Oui et non. Comme je l’ai dit plus haut (voir E), la plus ou moins grande inclusivitĂ© de la langue est en fait dĂ©battue depuis au moins trois siècles (mĂŞme si on n’a pas toujours appelĂ© ça comme ça). LĂ  encore je vous renvoie vers les travaux d’Eliane Viennot.

    Mais pour l’histoire rĂ©cente puisque c’est ça, voilĂ  quelques faits :

    – L’Ă©criture inclusive est dĂ©fendue depuis 2015 par le Haut conseil Ă  l’Ă©galitĂ© entre les femmes et les hommes. Rappel son guide « Pour une communication publique sans stĂ©rĂ©otype de sexe » nouvelle Ă©dition en 2016 est lĂ  : http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/guide_pour_une_communication_publique_sans_stereotype_de_sexe_vf_2016_11_02.compressed.pdf).

    – En mars 2017, les Ă©ditions Hatier ont publiĂ© un manuel scolaire pour les classes de CE2 en employant cette nouvelle forme d’Ă©criture (ex. « grâce aux agriculteur.rice.s, aux artisan.e.s et aux commerçant.e.s, la Gaule Ă©tait un pays riche »). Ca leur a valu un revers de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, qui s’est dit contre. Mais son Ministère a depuis signĂ© la convention du Haut conseil Ă  l’Ă©galitĂ© : « pour une communication publique sans stĂ©rĂ©otype de sexe »…

    – En octobre 2017, le logiciel Word de Microsoft, publie une mise Ă  jour (rĂ©servĂ©e aux abonnĂ©s Office) qui comprend dans ses paramètres de grammaire et de style une option de « langage inclusif ». Selon le site de Microsoft, cette fonctionnalitĂ© «cible le langage genrĂ© Ă  mĂŞme d’exclure, de rejeter ou de stĂ©rĂ©otyper» et propose des alternatives.

    – En 2018 : il y a eu pas mal de publications sur la question. Je signale en particulier (et c’est tout Ă  fait subjectif comme choix) : « Le langage inclusif : pourquoi, comment ?» (Éliane Viennot, Ă©ditions ixe : https://www.editions-ixe.fr/catalogue/le-langage-inclusif-pourquoi-comment/) et « Grammaire du français inclusif » (Alpheratz, Vent Solars : https://www.alpheratz.fr/linguistique).

    – En fĂ©vrier 2019 : l’AcadĂ©mie française adopte un nouveau rapport sur la fĂ©minisation des noms de mĂ©tiers et de fonctions. Cf http://www.academie-francaise.fr/actualites/la-feminisation-des-noms-de-metiers-et-de-fonctions. C’est une petite avancĂ©e pour la langue, mais vu le conservatisme de cette institution sur cette question, le fait qu’elle ait publiĂ© un nouveau rapport sur la question, un peu plus souple, qui autorise « autrice » par exemple, n’est pas anodin.

    – En septembre 2019, un nombre important de collectivitĂ©s et institutions ont signĂ© la convention « pour une communication publique sans stĂ©rĂ©otype de sexe » du HCE : http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/stereotypes-et-roles-sociaux/actualites/article/liste-des-signataires-de-la-convention-d-engagement-pour-une-communication

    – Un exemple pour 2020 : OpenEdition, qui est une plateforme de ressources Ă©lectroniques en sciences humaines et sociales mise en place conjointement par le CNRS, deux universitĂ©s et l’Ecole des hautes Ă©tudes en sciences sociales (EHESS), publie depuis quelques mois ses lettres d’informations en inclusif (ex la dernière lettre, celle d’avril : https://journals.openedition.org/12184?file=1 // si vous comparez avec la lettre d’avril 2019, vous verrez qu’alors ils/elles n’Ă©taient pas encore passé·e·s Ă  l’inclusif : https://journals.openedition.org/11441?file=1 )

    Enfin si vous saisissez « Ă©criture inclusive » (ou « langue inclusive », ou « non genrĂ©e », etc.) dans votre moteur de recherche vous verrez qu’un grand nombre des liens qui s’affichent sont des articles ou vidĂ©os polĂ©miques sur la question (pour ou contre) qui datent des trois dernières annĂ©es.

    Tout ceci a l’air de montrer que, après trois siècles de tripatouillage de la langue, le dĂ©bat est (« encore » ou « toujours » comme vous voulez) d’actualitĂ©.

    En quoi la communication peut véhiculer des stéréotypes sexist...

    [EGACOM] En quoi la communication peut véhiculer des stéréotypes sexistes ? Éléments d’explication en 4’ par Françoise VOUILLOT, présidente de la Commission « Lutte contre les stéréotypes » du Haut Conseil à l'Egalité.Retrouvez le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe 👉 http://bit.ly/2mcyrWV

    Publiée par Haut Conseil à l'Egalité sur Jeudi 8 juin 2017

    En quoi la communication peut véhiculer des stéréotypes sexist...

    [EGACOM] En quoi la communication peut véhiculer des stéréotypes sexistes ? Éléments d’explication en 4’ par Françoise VOUILLOT, présidente de la Commission « Lutte contre les stéréotypes » du Haut Conseil à l'Egalité.Retrouvez le Guide pratique pour une communication publique sans stéréotype de sexe 👉 http://bit.ly/2mcyrWV

    Publiée par Haut Conseil à l'Egalité sur Jeudi 8 juin 2017

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    olbius

    Organisateur
    22 juillet 2020 Ă  11 h 13 min

    Pourquoi je suis opposĂ© Ă  l’Ă©criture inclusive ? Parce qu’elle est exclusive.

    L’utilisation de l’écriture inclusive serait un obstacle majeur pour “la lecture et la comprĂ©hension de certaines personnes en situation de handicap, notamment les aveugles utilisant des synthèses vocales pour la lecture, les personnes dyslexiques ou encore celles avec un handicap cognitif”. (Informations Handicap)

    L’Association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privĂ©es (APHPP) dĂ©nonce une Ă©criture qui “discrimine nombre de personnes en situation de handicap en leur rendant des textes illisibles”.

    Source : L’écriture inclusive du nouveau maire de Lyon ne passe pas chez les handicapés

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    Anonyme

    Membre
    22 juillet 2020 Ă  18 h 46 min

    Merci @anonyme pour ce développement très riche.

    @Olbius, qu’est-ce qui empĂŞche de participer pour proposer quelque chose qui rĂ©ponde Ă  ce problème ? Comme indiquĂ© sur la partie sur la dyslexie dans la rĂ©ponse de Anonyme, l’Ă©criture est discriminante pour les dyslexiques. Ne serait-ce pas l’occasion de travailler Ă  une Ă©criture inclusive pour les personnes handicapĂ©es ? Les propositions d’intĂ©gration de genre neutre pour simplifier la dĂ©signation des personnes et donc limiter les erreurs Ă  la lecture, la prononciation ou la mĂ©morisation, selon les handicaps, ne seraient-elles pas une voie possible vers une solution ? Les technologies de lecture pour les personnes malvoyantes sont-elles adaptĂ©es ? Sinon, c’est une Ă©volution Ă  faire dessus, comme il a bien fallu les dĂ©velopper pour rĂ©pondre aux besoins des personnes concernĂ©es.

    En fait, ce qui m’interpelle c’est de se dire contre le langage inclusif, en donnant ce type de raison, comme-ci le langage inclusif n’avait qu’une seule forme et Ă©tait dĂ©finitive, alors qu’on en est encore plus Ă  un projet avec des propositions et des essais.

    D’ailleurs, l’exemple que tu donnes avec le cas de ce maire de Lyon ne justifie pas vraiment cette position. J’ai fait ma petite recherche et ce maire utilise le point mĂ©diant (français.e.s). Hors, comme indiquĂ© dans la rĂ©ponse de anonyme, mais aussi le rĂ©sumĂ© WikipĂ©dia que j’ai donnĂ©, on peut aussi prĂ©fĂ©rer Ă©crire ainsi : françaises et français. C’est aussi de l’Ă©criture inclusive, et les technologies de synthèse vocale savent lire ça sans problème. Maintenant, utiliser le masculin et le fĂ©minin uniquement exclut la non-binaritĂ©. En ce sens, cela peut aussi bien ĂŞtre exclusif. Bref, ĂŞtre contre Ă  cause d’une approche simpliste du sujet, ça me semble discutable. A la limite, on peut souhaiter se contenter de mettre le masculin et le fĂ©minin cĂ´te Ă  cĂ´te en attendant d’avoir un langage amĂ©liorĂ©. Mais, il faut Ă  minima l’amĂ©liorer et non rester sur une langue qu’il ne faudrait jamais faire Ă©voluer. Comme une langue morte quoi :/


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