Quelques réflexions à la volée



  • Quelques réflexions à la volée

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    albertnonime

    Membre
    18 décembre 2019 à 2 h 38 min

    Que suis-je ? Un arrangement temporaire d’atomes insignifiants qui luttent pathétiquement contre l’entropie. Rien, à l’échelle de l’univers incommensurable. Un rien vivant, certes, un rien pensant, un rien conscient et même plus ; conscient d’être conscient. Et alors ? La belle affaire !

    L’univers visible : une sphère dont nous sommes le centre et dont l’horizon se situe à quinze milliard d’années lumière. Et quelle quantité de matière vivante cette sphère de quatorze mille milliards d’années lumière cube contient-t-elle ? Zéro. Ou pour être plus précis une quantité représentée par un chiffre qui tend vers le zéro, infiniment moins qu’un grain de sel par rapport à tous les océans de la planète… ou de mille millions de planètes.

    Pensant ? Et alors ; c’est bien là le drame, c’est bien là le problème. A quoi cela sert-t-il de penser ? A réaliser que l’on a la chance d’être conscient ? Mais est-ce une chance ? D’ailleurs la conscience n’est pas une exclusivité humaine, le cosmos entier est conscient, chaque molécule, chaque atome est « conscient », L’électron est conscient du noyau, le proton du neutron,  chaque particule à l’échelle quantique est consciente du cosmos. Admettons un instant que l’univers ait un but ; accéder à la conscience de lui-même ; on pourrait dire qu’il y arrive, laborieusement, par le biais de la vie, par moi entre autres, qui suis tout en haut de l’échelle de complexité.  Mais quelle débauche d’énergie, quelle débauche de moyens pour un si piètre résultat ! Et moi là dedans ? Je ne suis qu’un dix millième petit boulon de rechange dans un des dix milliards d’étage de la fusée évolution. Si tout est en tout et réciproquement, cela devrait me consoler et me rendre fier d’être une part consciente de ce grand Tout… ? Et non ! Cela m’indiffère complètement. Je ne trouve aucune consolation dans les fables religieuses, le Tao m’est inconnu, je suis hermétique au concept de vacuité ; je sais juste que quelques nano secondes après l’instant de ma mort, plus rien n’existera, il n’y aura plus de réalité, l’univers aura disparu… et c’est cela qui me console, car la vie est avant tout douleur et je n’éprouve aucune espèce de joie à l’idée d’avoir été embarqué dans cette aventure. Mais d’abord, qui a dit que l’univers aurait un but ? Rien n’est moins sûr. L’univers est principalement vide, que ce soit au niveau de l’infiniment grand comme à celui de l’infiniment petit. Si l’on décortique la matière en allant chercher dans ses composants les plus intimes, il y a un moment où on ne peut plus se la représenter que sous forme d’équations. L’univers est d’abord mathématiques, information ; quasiment virtuel. Si l’on remonte la chaîne de causalité, on peut supposer qu’il y a eu une Cause première qui a engendré l’effet premier qu’est le big bang, et cette origine, avant donc l’espace temps, n’était qu’information. Mais peut-on affirmer qu’elle fut volonté, intention, qu’elle eut un but ? Qu’il y ait eu une sorte de programme, un genre de code génétique, ou quelques règles simples un peu comme dans le jeu de la vie de Conway, le fameux automate cellulaire, que les paramètres parfaits aient été ceux qui ont permis le développement de notre univers (alors qu’une infinité d’autres dans un méta univers auraient avortés) est une chose, mais que tout ceci ait un sens ou soit issu d’une volonté en est une autre. La vie, qui rappelons-le n’apparaît dans le cosmos qu’à l’état de trace, ne pourrait être qu’un aléa, un grumeau, comme un bug sans grandes conséquences dans un programme super redondant, et dans ce cas rien n’a de sens. Mais pourquoi faudrait-il que les choses aient un sens ? Je ne pense pas que cela soit indispensable et je trouve au final plutôt réconfortant de n’être rien dans un grand rien, ne rien espérer, ne prétendre à rien, ne croire en rien. Je suis vivant, quoi que cela signifie, je n’y suis pour rien et j’accepte ce fait, simplement. En attendant il n’y a qu’une chose à faire : jouir et composer avec la souffrance, quand on ne peut l’éviter. Si cela n’est pas possible, chacun doit avoir  (et de fait : a !) le droit au suicide, le droit de refuser, de dire non merci, très peu pour moi. C’est une liberté essentielle. Mais on peut aussi faire avec l’existence et même en jouir, se composer une vie heureuse, être hédoniste, trouver la paix, l’ataraxie et profiter de ce passage entre deux néants. Il n’est pas nécessaire d’aimer être en vie pour en profiter au maximum, faire en sorte que tout se passe le mieux possible dans le meilleur des mondes possibles. Et comme la nature nous a doté d’empathie et que nous ne sommes pas seuls, nous pouvons associer nos égoïsmes pour mieux vivre ensembles, être bienveillants les uns envers les autres, nous consoler d’être là. Jouir et faire jouir voilà qui est Bien. La souffrance est le Mal, nous devons l’éviter de toute notre force, elle ne sert à rien. Il n’est pas besoin d’avoir subi des épreuves pour apprécier la beauté des choses, la souffrance ne grandit pas les êtres, ne les rend pas meilleurs. Dire que ce qui ne tue pas rend plus fort est une ineptie. Je rejette toute forme de dolorisme, triste héritage de notre culture judéo chrétienne et prône le plaisir, le délice, le bien-être pour tous. Jouir et laisser jouir, encore !


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