Les surdoués et les autres



  • Les surdoués et les autres

    5e2d5994be427 bpthumb ju-u mis à jour Il y a 8 mois 5 Membres · 10 Messages
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    olbius

    Organisateur
    16 février 2018 à 12 h 31 min

    “Les surdoués et les autres” de Carlos Ticono, Sandrine Gianola et Philippe Blasco

    Résumé du livre “Les surdoués et les autres” :

    D’habitude, la douance est décrite, jamais expliquée et on propose aux « surdoués » des outils censés les aider à s’adapter. Dans cet ouvrage, l’intelligence est replacée dans une perspective anthropologique, celle d’un être humain dont la conscience du temps et de la mort conditionne toute la cognition. Non seulement l’énigme des « surdoués » s’y résout, mais cela éclaire certaines angoisses généralement passées sous silence.

    Dans ce livre il s’agit d’analyser la « folie » ordinaire, celle des gens « normaux », pour en finir avec la prétendue « immaturité affective » des « surdoués ». Ce renversement de perspective permet aussi de modifier radicalement la manière de poser certains problèmes très contemporains : crise de l’autorité, crise des valeurs, quête de la subjectivité, mythe de la modernité désenchantée.

    On part ici de l’anthropologie, on emprunte à la philosophie, l’épistémologie, la sociologie, les neurosciences, la psychanalyse, mais il ne s’agit pas que de théorie : les auteurs travaillent aussi à partir de leur expérience concrète, de cliniciens, d’enseignants, d’êtres humains ayant vécu dans leur chair la souffrance de ce décalage parfois abyssal. Parce qu’il y a urgence à comprendre pour sortir de la sidération.

    • Normalien, agrégé de philosophie, ex-enseignant, Carlos Tinoco exerce comme psychanalyste. À dix ans, il a intégré l’un des premiers centres en France dédiés aux enfants dits « précoces » : Jeunes Vocations artistiques, scientifiques et littéraires. Il est l’auteur d’Intelligents, trop intelligents / Les « surdoués » : de l’autre côté du miroir.
    • Sandrine Gianola est psychanalyste. Fondatrice de l’association L’Écho errant – Art et Psychanalyse, elle y propose des ateliers artistiques à l’attention des « surdoués ». Elle a activement contribué à l’élaboration des hypothèses et à l’écriture du premier essai.
    • Philippe Blasco est jardinier, auteur et psychanalyste. Il a fondé le magazine Globe-Mémoires puis la maison d’édition en sciences humaines : Epistèmes. Il travaille actuellement sur des films dédiés à Maria Montessori.

    Quel est votre avis sur le livre “Les surdoués et les autres” de Carlos Tinoco, Philippe Blasco et Sandrine Gianola ?

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    olbius

    Organisateur
    28 avril 2018 à 23 h 34 min

    Voici l’avis de @zebulon75 sur ce livre :

    “« Les ‘surdoués’ et les autres – Penser l’écart » – JC Lattès, février 2018

    Où il est question d’intelligences, tout autant que de sens donnés à l’existence. Cet ouvrage n’a, semble-t-il, pas d’équivalent (*). Les auteurs y confrontent longuement leurs ressentis et expériences, ainsi que ceux de leurs patients, en partant d’une solide base théorique et de différents postulats. Sandrine Gianola, Carlos Tinoco et Philippe Blasco poussent le lecteur, au-delà de questionnements universels, à s’émanciper de son désir de conformité, à en finir avec le sentiment de « dette » et l’angoisse qui va avec. Et globalement, à « enchanter le monde » en prenant la place « d’auteur » qui lui revient au sein de sa propre existence – lui qui a parfois le sentiment d’être « le gêneur, le provocateur, l’imbécile du groupe ».

    Neuro-atypiques eux-mêmes, ou plutôt « surdoués » – avec la nuance et la pudeur des guillemets -, les auteurs sont tous trois psychanalystes. Mais également, qui, paysagiste, qui enseignant, ou encore musicien, philosophe, comédien…

    Certes exigeante mais jamais jargonneuse ou volontairement élitiste, cette somme brillante de presque 500 pages est d’une grande richesse et d’une densité presque intimidante. On a d’emblée la sensation d’aller au fond des choses – et même, à la racine : anthropologie (beaucoup), épistémologie, sociologie, philosophie ou encore psychanalyse (bien peu, finalement) sont, dans la partie théorique – écrite par le seul Carlos Tinoco – tour à tour convoqués. Ainsi les chasseurs-cueilleurs de Lévi-Strauss permettent-ils d’envisager le sens donné au temps qui s’écoule. Tout comme l’analyse du processus « d’identification », côté neuro-atypique, vue à travers le fonctionnement… des gangs.

    Sont entre autres abordés, d’un point de vue typique comme atypique, la construction du très précaire « récit singulier » et la manière d’aborder les « personnages » ; l’omniprésence, dans nos sociétés, des « codes de conduite ». Ou encore l’articulation entre récit singulier et récit collectif.
    Écrite à trois cerveaux et (un peu) plus abordable, la seconde partie se donne pour ambition de mesurer, au plan pratique, les « écarts » caractéristiques entre comportements « surdoué » et typique, face notamment à la mort et à l’écoulement du temps, face à l’ennui, à l’émotion, au langage ; face à la notion de choix, face au désir, aux postures, etc.

    L’écart face au « moment d’agir » pose ainsi la redoutable question du sens du travail – et, du point de vue du neuro-atypique, de la quête effrénée du « faire œuvre » ou de l’instant de grâce à la Cyrano de Bergerac. L’occasion pour les auteurs de revisiter, au passage, la lecture de quelques notions (procrastination, volonté vs désir…). Voire de tordre le cou à certaines interprétations, comme le (mauvais) rôle attribué au lièvre dans la célèbre fable de La Fontaine.

    Un bouquin qui devrait apporter beaucoup, beaucoup de charbon à la chaudière des neuro-atypiques ; tout en se révélant également très intéressant pour les typiques curieux. Un bouquin qu’on dévore une première fois en ayant conscience de l’avoir survolé ; puis qu’on explore davantage en profondeur. Et qui devient, ensuite, une source inépuisable de picorages gourmands.

    Un indispensable !

    (*) le fait que je découvre à peine l’univers neuro-atypique devrait, certes, me conduire à tempérer mon enthousiasme ; j’ai pourtant du mal, je l’avoue, à ne pas être dithyrambique, tant ce livre a été pour moi une révélation.”

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    iso

    Membre
    29 avril 2018 à 2 h 03 min

    Des videos de Carlos Tinoco, un des auteurs :
    http://www.demonstrer.fr/

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    iso

    Membre
    29 avril 2018 à 20 h 28 min

    Je viens de craquer, j’ai commandé ses 2 bouquins sur amazon…

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    olbius

    Organisateur
    18 mai 2018 à 18 h 05 min

    « Les “surdoués” et les autres – Penser l’écart » – JC Lattès, février 2018

    RENCONTRE AVEC LES AUTEURS,
    Sandrine Gianola, Carlos Tinoco et Philippe Blasco,
    samedi 12 mai, à 15h,
    Librairie du Rideau Rouge,
    42, rue de Torcy 75018 Paris (métro Marx Dormoy)

    Attention, places limitées !
    Contact : sandrine.gianola@sfr.fr

    Communiqué de Sandrine Gianola :

    Chers lecteurs,

    Philippe, Carlos et moi-même organisons une seconde rencontre le samedi 12 mai à 15h, dans le 18ème arrondissement, à la Librairie du Rideau Rouge qui se trouve au 42 de la rue de Torcy, métro Marx Dormoy. Cette invitation est gratuite. Tous ceux qui souhaitent prendre place à bord de cette fameuse « Quatrième Chaise » seront les bienvenus, mais attention : le nombre de places sera encore une fois limité, afin de rester dans la convivialité qui fut celle d’hier soir !

    Synthèse de cette première rencontre : les vertus de la démonstration

    Panser ou penser l’écart ? Hier soir, il aura plus été question de « panser » que de « penser ». Rien de surprenant : les lecteurs sont à peine en train de découvrir notre essai, sa densité, et les hypothèses que nous y avons fondées. Soulagement, effets thérapeutiques ? Oui, bien sûr. La perspective de penser l’écart, en s’extrayant de l’endroit où sont aujourd’hui assignés les « surdoués », pour prendre de la hauteur et permettre qu’une vue d’ensemble se dégage enfin est déjà en soi « thérapeutique ». Penser panse. Mais ce qui est thérapeutique l’est d’autant plus, paradoxalement, que l’on s’intéresse à l’au-delà de la souffrance. Non pour la nier, mais tout au contraire, pour s’en distancier, pouvoir enfin l’interroger, et mieux la comprendre. D’où le titre du premier acte auquel nous invitons nos lecteurs : ni rire ni pleurer, comprendre. C’est cette première « sortie de cadre » que nous proposons, à ceux qui n’en peuvent plus de se sentir enfermés dans les descriptions souffreteuses de la littérature consacrée à leur sujet.

    « Démonstrer » l’écart traumatique qui met en tension deux façons résolument antagonistes d’habiter le monde nous paraît une urgence pour tous ceux que notre société a si malheureusement nommés les « surdoués ». Car ce qui est « monstrueux » (et fait trauma) n’est jamais que ce que nous n’avons pas encore pu rendre intelligible, c’est-à-dire ce dont la cohérence interne nous échappe encore. Et cette monstruosité est double, de part et d’autre du miroir dans lequel se contemplent, sidérés, les « surdoués » et les « autres ». D’un côté, que l’on ait été ou pas identifié « surdoué », il y a ce vertige demeuré imparlé face à la folie ordinaire du monde. Il y a aussi cette mystérieuse liste de traits psychologiques dont aucun n’est nécessaire et ne constitue pas par conséquent de dénominateur commun, et leur non moins mystérieuse corrélation à l’efficience cognitive, formant un portrait plus énigmatique qu’explicatif du fameux « surdoué » tel que se le figure notre époque. De l’autre, il y a cette fascination pour les performances hors norme, alimentant les fantasmes que les médias entretiennent avec obstination, qui revient à une mise à l’écart symbolique de cette minorité de la population, une façon de se protéger du pouvoir subversif inhérent à ce mode d’être et de la violence qu’il constitue pour la plupart des gens : car un « surdoué » ne peut travailler à produire son récit subjectif qu’en touchant à l’intouchable du récit collectif, des croyances qui le fondent, et des fétiches où s’y arrêtent d’ordinaire la pensée.

    Si l’intelligence libre en acte se caractérise par une indépendance forte à l’égard des récits collectifs et des croyances qui les sous-tendent, pourquoi les “surdoués” cessent brutalement d’être “surdoués” très exactement à ce point du trauma que constitue l’écart ? Force est de constater, en effet, que le besoin d’appartenir à un tout est si puissant chez les « surdoués » qu’ils sont prêts à adhérer au récit collectif produit à leur sujet et s’y laissent enfermer, enzébrer : les voilà qui se réassurent les uns et les autres dans cette identité pour s’y cloîtrer en répétant ad libitum les mots et les phrases préécrits à leur sujet : un comble pour ceux qui se caractérisent habituellement, d’abord et avant tout, par l’autonomie !

    Mais cela nous renseigne aussi sur l’urgence et la cruauté du manque d’un véritable récit collectif sur lequel nous puissions enfin prendre pied. Non un récit figé, essentialiste, mais un récit vivant, ouvert, et constamment en travail. C’est justement ce que nous tentons de faire, en écrivant ce livre, en ouvrant des ateliers divers, en invitant nos lecteurs à la réflexion commune, en appelant de nos vœux leurs objections : ce qui serait absurde, en effet, c’est que nos hypothèses viennent à leur tour occuper la place et le rôle de ces litanies addictives qui soulagent au début puis entretiennent la souffrance des « surdoués » ! Que serait une société intelligente, travaillant constamment son récit collectif ? Il faut se figurer que l’équilibre d’un tel récit ne saurait relever de la stase du récit actuel et des résistances à ce que viennent y déranger les « électrons libres », mais un équilibre fort et dynamique, un peu comme il est possible d’avancer en marchant sur un ballon, ou en pédalant : de révolution en révolution, de remaniement en remaniement, de refondation en refondation, de déséquilibre en déséquilibre, un équilibre d’autant plus fort serait possible ! Car l’humanité a tout à gagner à libérer l’intelligence.

    Si vous souhaitez poursuivre cette réflexion collective, inscrivez-vous sur sandrine.gianola@sfr.fr

    Sandrine Gianola

    Merci @zebulon75 🙂

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    olbius

    Organisateur
    21 mai 2018 à 18 h 31 min

    L’avis de @paradiso :

    Un grand merci à @Olbius et à @zebulon75 pour m’avoir donné l’envie de lire “Les surdoués et les autres – Penser l’écart” !
    Je m’y suis plongé comme dans une eau à 37°… Un bonheur d’y retrouver tous ces questionnements si familiers à l’intérieur de soi, souvent sans personne à qui en parler faute d’écho, comme si par ces témoignages je trouvais un peu de cette cohérence, de ce liant qui permet à ces morceaux de soi de devenir un!
    Une pépite sur le chemin de l’acceptation…

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    playground

    Membre
    26 juillet 2019 à 15 h 59 min

    Une discussion à trois voix en deux “actes”, un premier très théorique, dense, mais passionnant, et un second beaucoup plus fluide et accessible. Des chapitres aux thématiques larges et précises à la fois,  qui se répondent et se recoupent. Je n’ai pas lu tous les livres sur le sujet, loin de là, mais cet ouvrage fut pour moi une révélation!

    Loin des listes de caractéristiques, il nous parle d’expériences vécues, de sentiments, d’émotions… Les auteurs se mouillent, tentent, expérimentent, et c’est jouissif! Durant toute la lecture de cet ouvrage, j’ai ri, pleuré, parlé tout seul, à coup de “mais oui c’est exactement ça!”, de “c’est fou!” et de nombreuses autres exclamations…

    Le postulat de départ est celui-ci : le “surdoué” est définissable selon les auteurs en regard à son rapport avec les divers “récits collectifs” qui lui sont proposés. L’anthropologie, la psychologie, la psychiatrie, la philosophie et la politique sont utilisées pour étudier de manière à la fois très subjective et profonde le thème de la douance… Je ne vous en dit pas plus!

    Non seulement je vous le conseille, mais plus encore, je vous le recommande comme une référence incontournable, dont le tome 2 sortira dans les mois à venir.

    J’ai hâte!

    Version “poche” du tome 1 à paraitre le 11 septembre 2019.

    https://www.lalibrairie.com/livres/les-surdoues-et-les-autres–penser-l-ecart_0-5957675_9782253257509.html?ctx=1a953b143e00c8176e34d1484333c2b2

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    jasminblanc

    Membre
    25 août 2019 à 14 h 04 min

    Playground : je veux te remercier ! Parmi tous les livres que j’ai lus, celui dont tu as parlé est une perle (surtout la 1ère partie, extrêmement précise et détaillée). J’ai enfin compris le malaise qui m’anime !

    Il me manquait des éléments pour comprendre sur quoi la structure des croyances et son cadre se posaient !  À quel point le plus grand nombre les maintienne et pourquoi elles ne sont pas remises en question, surtout si elles ont perdus leur sens.

    C’est une magnifique découverte qui me permet de rajouter une pièce à mon puzzle.

    merci 🙂

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    jasminblanc

    Membre
    25 août 2019 à 14 h 35 min

    @olibius

    Oups ! Je vois à l’instant que c’était toi qui en avais parlé en premier, avec grand renfort d’infos.

    Un grand merci  🙂

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    ju-u

    Membre
    20 janvier 2020 à 21 h 58 min

    Au regard des éloges précédents, mon commentaire sera simple, il y a un avant et un après ce livre. Il a un regard si atypique sur ces questions qui nous animent , pas seulement une simple liste de traits dans lesquels on se reconnaît volontier mais j’y vois les briques de la construction si complexes de notre personnalité et qui dans mon cas avait besoin de ce ciment philosophique (et bien plus) pour m’aider à me construire afin de voir un épanouissement poindre là où je ne l’attendais plus.


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